CORNES CUTANÉES
Des lésions semblables ont été observées en d'autres régions : scrotum, région fessière, etc., toujours avec les mêmes caractères cliniques.
Elles renferment des figures de psorospermies, mais la question de savoir si ces figures correspondent à des parasites reste ouverte, comme pour les autres maladies dans lesquelles elles ont été décrites.
La maladie de Paget se développe le plus souvent chez des femmes ayant dépassé l'âge de 40 ans.
Traitement. — La présence de figures de psorospermies a fait essayer dans le traitement de la maladie de Paget la série des parasiticides. Les substances qui semblent avoir le plus d'action à la période préépithéliomateuse sont les pommades à l'acide pyrogallique au 10e, à l'acide salicylique au 20e, les cautérisations au chlorure de zinc au 1/3 (J. Darier), et l'emplâtre de Vigo. On peut encore essayer les badigeonnages au bleu de méthylène et surtout faire des pansements antiseptiques. Lorsque les lésions résistent à ces traitements, il sera prudent de procéder à leur ablation par la rugination ou à leur destruction par la cautérisation ignée, mieux encore, s'il s'agit d'un sujet encore jeune et si la maladie marche rapidement, à l'ablation de la mamelle qui est destinée à être atteinte de cancer. Cette dernière opération ne devra pas être différée dès qu'on aura constaté les signes de l'envahissement cancéreux de la glande.
Cornes cutanées.
Exposé cliniqne. — On donne le nom de cornes cutanées à des productions dures, coniques ou plus souvent contournées sur elles-mêmes, de coloration grisâtre, rappelant plus ou moins par leur aspect et
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leur structure histologique les cornes des animaux.
Ces lésions, qui s'observent surtout au cuir chevelu, à la face, sur le gland, reposent toujours sur une tumeur épithéliale et doivent être considérées comme le résultat d'une évolution spéciale des parties superficielles du tissu épithéliomateux ; elles ne semblent constituer des lésions autonomes que parce que la production cornée s'implante fréquemment sur toute l'étendue du néoplasme.
Traitement. — Le seul traitement applicable aux cornes cutanées est l'ablation de la base sur laquelle elles reposent, ablation suffisamment large pour comprendre toute l'étendue de la lésion épithéliomateuse ; cette ablation sera faite au bistouri plutôt qu'au moyen des cautérisations chimiques ou thermiques.
Sarcomes.
Exposé clinique et étiologiqne. — Les sarcomes de
la peau peuvent être mélaniques ou non mélaniques.
Les sarcomes non mélaniques peuvent revêtir 2 types : sarcome généralisé primitif et sarcome localisé primitif.
Le sarcome généralisé primitif (sarcome pigmentaire de Kaposi) se traduit au début par un gonflement d'aspect œdémateux des extrémités (mains et pieds), puis par des taches d'aspect généralement livide ou rougeâlre; ces taches correspondent à de petites tumeurs dont le volume augmente lentement, en même temps que des tumeurs semblables se développent sur les autres segments des membres et sur le tronc. Lestumeurs,dontle volumevariede celui d'une tête d'épingle à celui d'une noisette et plus, peuvent
SARCOMES 91
occuper la peau ou le tissu cellulaire sous-culané, être sessiles ou pédiculées. Elles peuvent disparaître par résorption ou plus rarement s'ulcérer. La maladie aboutit ordinairement à la généralisation viscérale et à la mort.
Le sarcome localisé primitif se développe ordinairement sur un naevus, pigmentaire ou non, en particulier sur un naevus molluscoïde, et constitue une tumeur de volume variable, dure, sans changement de coloration de la peau, qui s'ulcère fréquemment. Il peut se généraliser si l'ablation n'en a pas été faite à temps.
Le sarcome mélanique, qu'on confond souvent, faute d'examen histologique, avec l'épithélioma mélanique, débute ordinairement au niveau ou au voisinage d'un naevus pigmentaire irrité. La tumeur, arrondie ou mamelonnée, de volume variable, de coloration ardoisée ou noire, peut rester longtemps stationnaire ou s'ulcérer et donner lieu à une ulcération recouverte de fongosités violacées ou noirâtres. Elle aboutit à la généralisation, soit spontanément, soit à la suite d'une intervention chirurgicale, et à la mort rapide.
Traitement. — Le sarcome mélanique n'est justiciable d'aucune intervention thérapeutique : il récidive à peu près constamment à la suite de toute tentative d'extirpation, même faite largement; la seule chance de quelque survie est précisément l'abstention de toute tentative de traitement opératoire. Il suffît de protéger la tumeur contre les irritations extérieures. Lorsqu'elle s'ulcère, on recourra aux topiques que nous avons indiqués comme palliatifs à propos des épithéliomas inopérables.
Le sarcome non mélanique localisé est au con-
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traire une tumeur essentiellement susceptible d'être traitée chirurgicalement, à la condition que la généralisation ne se soit pas produite et que l'ablation soit complète ; elle devra donc être extirpée largement aussitôt son existence constatée.
Le sarcome généralisé primitif peut être guéri par le traitement arsenical, de préférence par les injections sous-cutanées de liqueur de Fowler (Kubner) étendue de son volume d'eau, à dose progressive de 8 à 20 gouttes. Ce traitement doit, pour être efficace, être prolongé pendant un temps très long. Le traitement local des tumeurs, lorsqu'elles sont ulcérées, est le même que celui des tumeurs du mycosis fongoïde.
Colloïdome miliaire.
Exposé clinique. — Cette affection, décrite sous les noms de colloïd-milium (Wagner), colloïdome miliaire (Besnier), dégénérescence colloïde du derme (Feulard et Balzer), est une véritable rareté pathologique. Elle est constituée par le développement de petites saillies miliaires, jaune citron, transparentes, ayant l'aspect d'une vésicule, mais ne renfermant pas de liquide ; lorsqu'on les écrase, on constate qu'elles sont formées d'une matière gélatineuse translucide. Ces saillies, toujours nombreuses, occupent surtout le visage, principalement sa partie centrale, plus rarement les oreilles et les bras. Elles tendent à persister indéfiniment.
Traitement. — Le seul traitement applicable à cette affection, qui est plutôt une difformité qu'une maladie, est l'extirpation avec la curette tranchante. Celte opération ne présente aucune difficulté, en
MYCOSIS fONGOÏDB 93
raison de la mollesse du tissu morbide, et ne donne lieu qu'à un très faible écoulement sanguin ; elle sera suivie d'un pansement antiseptique.
MYCOSIS FONGOÏDE.
Exposé cliniqne et étiologique. — On désigne sous ce nom une affection caractérisée, à sa période d'état, par la présence de tumeurs de consistance ferme ou molle, de volume variable, pouvant aller jusqu'à celui du poing; ces tumeurs hémisphériques ou irrégulières, quelquefois pédiculées, ont une coloration rouge et un aspect vernissé ; elles tendent à s'ulcérer, et offrent à cette période un aspect comparable à celui de la coupe d'une tomate. Ces tumeurs sont précédées, sauf exceptions (Vidal et Brocq) très rares, par une période plus ou moins longue, durant parfois pendant 8, 10, 20 ans, clans laquelle la maladie se manifeste par des lésions cutanées plus ou moins généralisées : prurit souvent très intense, avec ou sans papules ortiées, érythrodermie généralisée avec infiltration des téguments et adénopathies volumineuses, et surtout lésions d'apparence eczémateuse ou lichénoïde.
La maladie a une marche progressive ; les tumeurs se multiplient, la mort arrive par cachexie, sans généralisation viscérale, avec un retentissement ganglionnaire nul ou modéré. Les faits de guérison sont extrêmement rares ; mais il n'est pas rare de voir, au cours de la maladie, un certain nombre de tumeurs rétrocéder spontanément.
Les causes du mycosis fongoïde sont totalement inconnues; le rôle des parasites observés par Rind-
y4 MYCOSIS FONGOÏDE
fleisch, Vidal, etc., est encore loin d'être établi Anatomiquement, les tumeurs mycosiques sont constituées par un tissu adénoïde (réticulum avec cellules lymphoïdes) qui les a fait considérer par M. Ranvier comme une manifestation de la lymphaclénie; cette opinion est contredite par les auteurs allemands, qui décrivent le mycosis fongoïde sous le nom de granulome fongoïde et le rapprochent de la sarcomatose cutanée (Kaposi, etc.); la plupart des dermatologistes français (Vidal, Besnier, Brocq) tendent à admettre cette dernière interprétation.
Traitement. — Un grand nombre de médicaments ont été essayés sans succès manifeste contre le mycosis fongoïde : l'iodure de potassium, le mercure, les alcalins, les préparations sulfureuses, le sulfate de quinine, etc.
L'arsenic, à l'emploi duquel on a été amené surtout par les relations supposées de l'affection avec la lymphadénie, mérite peut-être plus de confiance. Kôbner, Marianelli (1) l'ont employé dans des cas terminés par la guérison. II peut être administré par la voie gastrique, sous la forme de liqueur de Fowler, à doses croissantes, en ayant soin de le suspendre ou de diminuer les doses, s'il survient des phénomènes d'intolérance. Les injections de liqueur de Fowler, soit dans le tissu cellulaire sous-cutané, soil dans le tissu même des tumeurs mycosiques, onl été également préconisées. Cependant, la lenteur avec Laquelle se manifestent leurs effets, la nécessité de les renouveler fréquemment découragent souvent le malade et le médecin. La liqueur de Fowler peut être injectée pure, ou additionnée de trois quarts
(1) Giornale italiano délie malattie vcncrcc, 1892, p. 173.
MYCOSIS FONGOÏDE »5
d'eau de mélisse. Kôbner (4) a atteint la dose quotidienne de 10 gouttes de liqueur de Fowler. Cette médication nécessite une surveillance très attentive et doit être suspendue dès que paraissent des phénomènes d'intoxication.
L'état général des sujets atteints de mycosis fongoïde nécessite souvent, outre l'usage de l'arsenic, celui de préparations toniques : quinquina, fer, huile de foie de morue, etc. Leurs voies digestives seront tout particulièrement surveillées, en raison de la fréquence de la diarrhée, qui vient ajouter un élément à la production de la cachexie et est parfois la cause prochaine de la mort.
Le traitement local\ varie suivant la période et les manifestations de la maladie.
Lorsque celle-ci se traduit par un prurit intense avec ou sans production de papules ortiées, le traitement sera celui du prurit et de l'urticaire; le plus souvent, d'ailleurs, l'existence du mycosis fongoïde ne pourra alors être que soupçonnée ; le seul diagnostic porté sera celui de prurit ou d'urticaire chronique ; les lotions anti-pnrrigineuses, les enveloppements avec des compresses imbibées de solution de résorcine, d'ichthyol, etc., les applications de pommades à l'oxyde de zinc additionnées de menthol, de naphthol, etc., de glycérolé tartrique pourront procurer un certain soulagement, mais celui-ci sera de courte durée. Les applications de colles médicamenteuses pourraient également être tentées à cette période.
C'est encore à ces topiques, principalement sous la forme de pommades, qu'on aura recours dans les
(1) KObneh. Congrès des médecins et naturalistes allemands, 188G.
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cas où la période prémycosique est caractérisée par des éruptions eczématiformes ou lichénoïdes.
11 n'y a, en réalité, dans la nature de ces éruptions aucune indication spéciale : leur traitement local est uniquement symptomatique.
Le traitement des tumeurs mycosiques ne présente malheureusement pas une base plus certaine que celui des lésions prémycosiques. Un topique véritablement actif et spécifique est encore à trouver.
Lorsque les tumeurs ne sont pas ulcérées, qu'elles siègent en des points où elles sont exposées à des Frottements répétés ou à des irritations, elles seront protégées au moyen d'une couche d'ouate avec interposition d'une poudre inerte.
Les tumeurs ulcérées seront pansées avec des topiques antiseptiques humides, non irritants (solution de sublimé, d'acide phénique, de résorcine, de phéno-salyl, d'acide borique) ou secs (poudre d'acide borique, de salol, d'iodoforme, etc.). M. Besnier s'est bien trouvé de l'emploi d'une poudre contenant une partie de salol pour neuf parties de sous-nitrate de bismuth; le pansement est complété par une couche de gaze recouverte d'ouate hydrophile. Il y aura avantage à alterner l'emploi de ces divers topiques.
Le naphthol camphré peut être utilisé pour les pansements, soit sous forme de pommades au dixième ou au vingtième, soit mieux encore à l'état pur en badigeonnages répétés chaque jour. On a vu parfois, sous l'influence de ces applications, le volume des fumeurs se réduire sensiblement. M. Brocq a eu recours, dans un cas, aux injections interstitielles de naphthol camphré dans les tumeurs, et a produit ainsi des eschares dont la chute laissait à nu des ulcéra-
LYMPnOUEHMIE PERNICIEUSE 97
tions qui, sous l'influence d'un pansement avec la même substance, se cicatrisaient rapidement; peu à peu, toutes les tumeurs ont disparu ; le seul inconvénient de ce traitement résidait dans les démangeaisons insupportables que provoquait le pansement ouaté avec lequel on recouvrait les lésions. Cette substance mérite donc une mention particulière.
On s'est encore parfois servi avec avantage de l'ichthyol sous forme de pommades à 50 0/0 (1).
Vidal s'était servi, pour irriter et ulcérer la surface des tumeurs mycosiques et les détrure, de pommades à l'acide pyrogallique au dixième ou au cinquième; mais les propriétés toxiques de cette substance ne permettent de l'employer qu'avec les plus grandes précautions.
Lorsque les tumeurs sont gênantes en raison de leur siège, et que la région permet leur ablation, cette opération peut être faite avec d'autant plus de raison qu'un fait de M. Besnier montre qu'on n'a pas à craindre la récidive. Mais ce traitement chirurrurgical n'est jamais que palliatif, et ne saurait être appliqué à la totalité des tumeurs dont le sujet est porteur. M. Hallopeau (2) y a eu recours pour arrêter l'extension d'une lésion mycosique qui menaçait d'envahir les paupières.
LYMPIIODERMIE PERNICIEUSE
Exposé clinique. — Kaposi a décrit sous ce nom une affection qui présente des relations assez étroites avec le mycosis fongoïde et se caractérise par des
(1) Blanc. Journal of Cutancous Discases, 1888.
(2) Cité par Brodier. Gazette des hôpitaux, 1893, p. 1121.
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lésions eczémateuses diffuses ou en foyers, avec prurit intense, épaississement de la peau, puis par des nodosités cutanées et sous-cutanées mollasses ou dures, tendant à l'ulcération; les ganglions lymphatiques et la rate sont tuméfiés, il y a un certain degré de leucocythémie, l'état général s'altère et la mort survient dans la cachexie. A l'autopsie, les néoplasies cutanées ont les caractères des lésions lymphadéniques.
Traitement. — La thérapeutique paraît impuissante à arrêter la marche de cette affection.
Les indications sont les mêmes que dans le mycosis fongoïde ; mais, en raison des relations évidentes de la lymphodermie avec la lymphadénie et la leucocythémie, l'emploi de l'arsenic à doses élevées et surtout les injections hypodermiques de liqueur de Fowler sont plus particulièrement indiqués.
XANTHOME
Exposé clinique et «tiologiqne. — On désigne SOUS
le nom de xanthome ou de xanthélasma une affection ou plutôt des affections caractérisées par le développement de taches ou de nodosités de coloration jaune ou jaunâtre.
Au point de vue clinique, on peut en distinguer deux variétés, bien que leurs limites ne soient pas nettement établies et que les lésions anatomiques soient identiques de part et d'autre :
1° Le xanthome congénital, ou juvénile, se développant dans l'enfance ou l'adolescence, affection souvent familiale, dans laquelle les lésions sont constituées ordinairement par des tumeurs de colo-
XANTI10ME -JJ
ration jaunâtre, parfois rougeâtre, variant de la dimension d'une tête d'épingle à celle d'une noisette ou d'un œuf de pigeon.
Ces tumeurs, généralement 'symétriques, occupent de préférence les fesses, la partie postérieure des coudes, le sommet des articulations des doigts, les genoux, la face dorsale du pied, la région postérieure de celui-ci au voisinage du tendon d'Achille, plus rarement le tronc, exceptionnellement la face.
Des lésions analogues peuvent se développer sur les tendons.
L'affection ne s'accompagne pas de lésions du foie ni d'ictère; elle évolue lentement et tend à se généraliser.
Il s'agit d'une lésion, d'origine congénitale, analogue aux naevi.
2° Le xanthome acquis, qui peut donner lieu au développement de tumeurs nombreuses, occupant la plupart des sièges propres au xanthome congénital, mais généralement moins volumineuses; le plus souvent il se traduit par la présence de papules du volume d'un grain de mil à celui d'un pois, de coloration jaune pâle, dont les sièges de prédilection sont la région fessière et les plis de la paume des mains, ou par des taches d'un jaune brunâtre, souvent feuille morte ou chamois, occupant les paupières. Il s'accompagne fréquemment de coloration brunâtre de la totalité du tégument.
Le xanthome acquis se développe presque toujours chez des sujets éprouvant quelque trouble des fonctions hépatiques (lésions hépatiques de même ordre que les lésions cutanées, lithiase biliaire, cirrhoses du foie). Dans un certain nombre de cas il est en relation avec le diabète, et ses manifesta-
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lions suivent les progrès de la glycosurie. Il peut être considéré comme la conséquence de troubles nutritifs en rapport avec la diathèse arthritique et ses manifestations viscérales.
Traitemeut. — Dans le xanthome acquis, les relations étroites de l'affection avec l'arthritisme, les troubles des fonctions hépatiques et le diabète imposent un traitement général en rapport avec ces notions : l'usage prolongé des alcalins, à dose suffisante, est indiqué dans la plupart des cas et donne, surtout dans les cas de diabète justiciable de ce traitement, des résultats très appréciables; les antiseptiques intestinaux, les mercuriaux, les révulsifs sur la région hépatique, l'hydrothérapie contribuent également à l'amélioration des lésions xanthélasmiques quand elles sont en rapport avec une lésion ou un trouble fonctionnel du foie révélé par l'examen complet des urines. Nous devons nous borner à ces indications générales.
M. Besnier a obtenu des succès au moyen de l'emploi de l'huile phosphorée (1 à 6 milligrammes de phosphore par jour pendant 8 à 10 jours), suivi de celui de la térébenthine (5 à 10 grammes par jour pendant un mois). Cette médication, destinée à provoquer des modifications dans la substance grasse, qui constitue la plus grande partie des tumeurs xanthomateuses, demande une extrême prudence et une surveillance assidue, et M. Besnier se contente aujourd'hui d'associer à la cure alcaline l'usage de l'essence de térébenthine.
Le traitement local, seul applicable au xanthome congénital, se réduit actuellement à l'ablation au bistouri des tumeurs gênantes par leur situation ou leur volume, ou à leur destruction par la cautérisation
XANTHOME lul
ignée. L'électrolyse peut encore être employée clans ce but. Les applications de caustiques semblent moins recommandables; mais il faut reconnaître que peu d'essais ont été tentés dans ce sens et que la question demande de nouvelles études; les injections interstitielles de caustiques ou de dissolvants chimiques, à doses convenables, mériteraient tout particulièrement d'être tentées.