AFFECTIONS DES GLANDES SÉBACÉES
Nous étudierons dans ce chapitre les affections des glandes sébacées, les séborrhées et les acnés.
Séborrhées.
Nous rangeons, en vertu de l'usage, les séborrhées parmi les affections des glandes sébacées. En réalité, il résulte des recherches modernes, et en particulier de celles de Unna, que les affections désignées sous le nom de séborrhées ont aussi bien et peut être plus pour siège les glandes sudoripares que les glandes sébacées.
Actuellement, les séborrhées doivent être définies : des ^affections caractérisées par des troubles de
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sécrétion des glandes de la peau, donnant lieu à la production soit d'un liquide huileux, soit de squames plus ou moins grasses.
Les limites de la séborrhée et de l'acné sont assez difficiles à trancher, les deux affections coïncidant fréquemment.
Nous ne décrirons dans ce chapitre que les séborrhées simples, renvoyant aux chapitres de l'eczéma (Voir T. I, p. 371) et de l'alopécie (Voir T. II, p. 159) pour ce qui concerne l'eczéma séborrhéique et l'alopécie séborrhéique.
Nous devons étudier séparément les séborrhées des régions pilaires et celles des régions glabres comprenant les unes et les autres plusieurs types cliniques.
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Exposé clinique et étiologiqoe. — Leur siège le plus habituel est le cuir chevelu, mais on peut les rencontrer également aux sourcils, plus rarement au niveau des cils et de la barbe.
Elles peuvent revêtir des formes cliniques différentes.
La séborrhée sèche, encore connue sous le nom de pityriasis du cicir chevelu, est caractérisée par la présence de squames de petites dimensions, sèches et fines, de coloration grisâtre, sans autre lésion appréciable du cuir chevelu, ou avec atrophie ou tuméfaction légère de celui-ci. Cette affection, très fréquente, s'accompagne souvent d'alopécie plus ou moins prononcée.
Elle occupe surtout la partie supérieure du crâne. Dans quelques cas, les squames sont épaisses, imbriquées les unes surles autres, et forment par places
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des couches grisâtres, que les cheveux traversent obliquement; en soulevant ceux-ci, on détache des productions squameuses d'aspect fibreux, d'où le nom de teigne amiantacèe donné à ces formes intenses de la séborrhée sèche.
La séborrhée grasse est caractérisée par la formation de croûtes grisâtres ou jaunâtres, d'aspect et de consistance plus ou moins nettement graisseux, au-dessous desquelles le cuir chevelu est parfois humide. Ces productions constituent les croûtes laiteuses des enfants; elles s'observent également, mais plus rarement, chez les adultes, où elles ont tendance à déborder le cuir chevelu.
La séborrhée huileuse, encore désignée sous le nom d'acné sébacée fluente ou huileuse, mériterait mieux le nom d'hyperhidrose huileuse; elle est caractérisée par une sécrétion de liquide gras, plus ou moins abondante, qui enduit les cheveux et s'accompagne fréquemment de la chute de ceux-ci.
Les lésions précédentes peuvent coïncider avec des lésions eczémateuses plus ou moins manifestes et constituent alors l'eczéma séborrhéique du cuir chevelu, que nous avons fait rentrer clans les eczémas. (Voir T. I, p. 398.)
Les diverses formes de séborrhée s'observent chez les adolescents et surtout chez les adultes; chez l'enfant, on n'observe guère que la séborrhée grasse, dans la production laquelle le manque de soins de propreté joue un rôle important.
Les adolescents et les adultes atteints de séborrhée sont le plus souvent des arthritiques, plus [rarement des lymphatiques et des anémiques ; chez ces ^derniers, on observe surtout la forme huileuse;
Les troubles digestifs, la constipation habituelle,
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une alimentation défectueuse, trop riche en graisses, en substances avariées ou excitantes, les troubles des organes génitaux, le surmenage physique ou intellectuel, et la convalescence des maladies graves, parmi lesquelles il faut faire une place importante à la variole, sont les causes du développement, de la persistance ou de l'exagération de ces lésions.
Des causes locales interviennent également dans leur production : ce sont l'absence de soins de propreté du cuir chevelu, l'abus des préparations cosmétiques grasses et irritantes, le port trop prolongé de coiffures lourdes et chaudes.
Des parasites divers ont été accusés de produire les séborrhées, et surtout la séborrhée sèche, mais de nouvelles recherches sont nécessaires pour établir leur action réelle.
Traitement. — Le traitement général des séborrhées du cuir chevelu se confond avec celui des eczémas: comme dans ces derniers, on se préoccupera de L'état constitutionnel des sujets et des troubles viscéraux qu'ils peuvent présenter ; nous ne pouvons revenir une fois de plus sur les indications que nous avons formulées à plusieurs reprises et sur lesquelles nous avons insisté en particulier à propos des eczémas (Voir T. I, p. 379) ; ajoutons seulement que l'arsenic est plus souvent indiqué dans les séborrhées que dans les eczémas, cette substance paraissant activer la pousse des cheveux dont la vitalité est souvent compromise.
Au point de vue de l'hygiène alimentaire, on devra particulièrement réduire la quantité de graisses absorbées, et on interdira les aliments irritants ou avariés (conserves, poissons, fromages fermentes, etc.).
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Vhygiene locale ne devra pas être négligée, les malades devront se couvrir la tête le plus légèrement possible, et le moins longtemps possible, ne jamais la laver à l'eau froide, ne pas se servir de brosses trop rudes ou de peignes à dents trop rapprochées ou trop pointues.
Les cheveux doivent autant que possible être tenus courts. Chez l'homme et chez l'enfant il n'y a aucune difficulté à l'obtenir et aucun inconvénient à l'exiger. Chez la femme, nous croyons que la même règle doit être suivie quand la séborrhée est abondante et accompagnée d'une alopécie prononcée ; les soins sont plus faciles à exécuter, et la repousse ultérieure des cheveux est singulièrement favorisée ; on peut d'ailleurs se contenter de faire couper les cheveux dans les parties où les lésions sont le plus accusées ; mais, dans la plupart des cas, on peut parfaitement traiter la séborrhée sans exiger le sacrifice de la chevelure.
Le traitement local proprement dit consiste surtout dans l'emploi des préparations soufrées.
Dans les formes sèches, les pommades constituent le meilleur mode d'application du soufre. La pommade soufrée au dixième peut être prescrite ; mais il est préférable de se servir de la pommade que prescrit habituellement M. Besnier, pommade composée de 5 à 10 grammes de soufre, de 50 centigrammes à 1 gramme d'acide salicylique, de résorcine et de baume du Pérou pour 50 grammes de vaseline et de lanoline. S'il existe un certain degré d'irritation du cuir chevelu, on peut porter la dose de baume du Pérou à 2, 3 ou 5 grammes. Cette pommade est appliquée le soir, chaque jour au début du traitement lorsque les lésions sont accusées, puis à
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intervalles plus éloignés ; on doit recommander aux malades de l'appliquer directement sur le cuir chevelu, en écartant les cheveux, qu'il est inutile d'en enduire.
Il est préférable de faire laver la tête à l'eau chaude et au savon doux de toilette, au savon de naphthol ou avec la décoction de bois de Panama le lendemain des applications de pommade ; mais les malades trouvent souvent cette obligation fastidieuse et ils peuvent ne faire les lavages que tous les 2 ou 3 jours, à la condition d'employer seulement une petite quantité de pommade et de la déposer exactement sur le cuir chevelu, afin de ne pas former un enduit de soufre sur les cheveux.
Dans les séborrhées grasses, le soufre peut encore être prescrit sous forme de pommade, et spécialement la pommade que nous avons empruntée à M. Besnier, dans laquelle nous conseillons de porter la dose de baume du Pérou à 2 ou 3 grammes. Il est souvent préférable de le prescrire sous forme de lotions analogues à celles qui servent dans le traitement de l'acné (Voir T. II, p. 431); ces badigeonnages sont répétés aux mêmes intervalles que les applications de pommades; le malade doit avoir soin de ne pas laisser couler la lotion sur la peau voisine du cuir chevelu qu'elle pourrait irriter; le badigeonnage étant fait le soir, le soufre est enlevé le lendemain matin au moyen d'un lavage à l'eau savonneuse chaude ou avec la décoction d'écorce de bois de Panama.
Les poudres soufrées ont l'avantage de ne pas mouiller le cuir chevelu; elles peuvent remplacer les pommades et les lotions dans les formes précédentes, mais sont plutôt applicables dans les formes huileuses qui supporLentmal les préparations grasses
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ou liquides. En pareil cas, on se trouve bien de l'emploi d'une poudre renfermant 10 à 15 grammes de soufre précipité pour 1 à 3 grammes d'acide salicylique dans un mélange de poudre d'amidon et de talc ou d'oxyde de zinc. Cette poudre est appliquée le soir, avec une légère friction, et enlevée le lendemain matin au moyen d'eau savonneuse chaude.
Le naphthol peut encore être employé pour le traitement des séborrhées du cuir chevelu sous la forme de pommade à 5 ou 10 0/0, d'huile naphtholée à 1 ou 2 0/0; il peut être combiné aux préparations soufrées ou mieux encore alterné avec elles.
La nature parasitaire probable de certaines séborrhées conduit à les traiter par les préparations mercurielles et, en particulier, par les lotions de sublimé en solutions au 1000me, au 2000me ou au 3000me. Nous considérons ce mode de traitement comme un adjuvant très utile des préparations soufrées, mais nous le croyons incapable de les remplacer complètement.
Dans les séborrhées huileuses, il y a souvent avantage à se servir uniquement de poudres absorbantes additionnées d'acide salicylique (1 à 3 0/0) ou de salicylate de bismuth (4 à 8 0/0) avec lesquelles on fait chaque soir sur le cuir chevelu une friction plus ou moins énergique.
Les savons entrent pour une part dans le traitement des diverses formes de séborrhée : les savons au soufre, au naphthol, au goudron ou à l'ichlhyol, sont particulièrement utiles pour le lavage du cuir chevelu dans les formes sèches et grasses. Lorsque le cuir chevelu est irritable, il y a avantage à les remplacer par le savon de Panama et mieux encore par la décoclion d'écorce de bois de Panama. Les
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lavages ont parfois l'inconvénient de rendre les cheveux trop secs et cassants et de compromettre leur vitalité. Aussi les malades doivent-ils enduire très légèrement les cheveux après le lavage avec un corps gras non irritant ; le meilleur est l'huile de ricin pure.
Il est à peine besoin de faire remarquer que, lorsque la séborrhée revêt la forme grasse, on devra, avant de commencer le traitement, débarrasser le cuir chevelu des croûtes qui existent à sa surface : les pulvérisations tièdes peuvent suffire à remplir celte indication ; mais le plus souvent, les onctions grasses (huile d'amandes douces, huile d'olives, huile de ricin, pures ou légèrement naphtholées) atteindront mieux le but; on laissera l'huile en contact pendant une heure ou deux avec les croûtes, pour les ramollir, puis on les détachera au moyen de lavages avec de l'eau savonneuse chaude ; on peut encore, surtout chez les enfants, se servir de beurre I rais, ou d'huile et de jaune d'œuf : on enduit alors les croûtes de jaune d'œuf qu'on enlève au bout de quelques heures au moyen d'huile d'olives ou d'huile d'amandes douces.
Dans la séborrhée sèche à forme de teigne amiantacée, les applications huileuses sont souvent insuffisantes à faire tomher les amas de squames, dont on peut amener la chute au moyen des cataplasmes • le fécule de pommes de terre ou de la calotte de caoutchouc.