RÉSUMÉ DU TRAITEMENT LOCAL DES SÉBORRHÉES DU CUIR CHEVELU
Séborrhée sèche. — Couper les cheveux courts chez l'homme, et dans les cas intenses chez la femme •
pommade soufrée, additionnée d'acide salicylique, de résorcine et de baume du Pérou, appliquée le soir; le matin, lavage à. l'eau chaude savonneuse, suivi d'une lotion au sublimé; plus tard, pommade au naphthol et continuation des lotions au sublimé.
Séborrhée grasse. — Couper les cheveux, détacher les croûtes au moyen de pulvérisations ou d'onctions huileuses; après la chute des croûtes, chez l'enfant, pommade soufrée et salicylée faible ou huile naphtholée; chez l'adulte, pommade soufrée ou lotions soufrées, ou pommade au naphthol, le soir; le malin, lavage à l'eau chaude savonneuse, et lotion au sublimé.
Séborrhée huileuse. — Poudre soufrée et salicylée, ou poudre absorbante additionnée d'acide salicylique ou de salicylate de bismuth, lavages modérés à l'eau chaude et au savon de naphthol ou de goudron.
Exposé cliniqne et ctiologiqne. — Les séborrhées des parties glabres peuvent, comme les séborrhées des régions pileuses, présenter des aspects cliniques différents.
La séborrhée sèche est caractérisée par la production de squames sèches, fines, furfuracées, plus ou moins adhérentes, occupant les diverses parties du corps; au visage, il est difficile de la distinguer des formes pityriasiques de l'eczéma; sur les membres, son aspect rappelle celui de l'ichthyose, avec laquelle on a confondu certains cas de séborrhée sous le nom d'ichthyoses des cachectiques ou des convalescents.
La séborrhée (jrasse est constituée par la production de plaques jaune sale, ou brunâtres, plus ou moins
étendues, occupant en particulier le visage chez les sujets jeunes et lymphatiques; ces plaques sont d'épaisseur variable, se détachent facilement et reposent sur des téguments rouges et tuméfiés.
La séborrhée huileuse se rapproche de la forme précédente; elle siège également au visage, principalement sur le nez et les joues, et se traduit par la présence sur la peau d'une couche huileuse qui graisse le papier; les téguments n'offrent d'autre modification qu'une augmentation du diamètre des orifices folliculaires, et parfois un certain degré de rougeur diffusé.
Les verrues séborrhéiques ne sont autres que des séborrhées croûteuses localisées avec développement papillomateux de leur base. Elles sont constituées par des plaques de coloration jaunâtre ou brunâtre aplaties et à peine saillantes ou faisant une saillie plus ou moins nettement pédiculée; lorsqu'on arrache la couche brunâtre qui les recouvre, on trouve au-dessous d'elle une surface irrégulière recouverte de saillies papillaires disséminées. Ces lésions se développent chez les vieillards, d'où le nom de crasses sèniles qui leur a été parfois donné; elles occupent souvent en grand nombre le tronc et la face, plus rarement les membres. Elles diffèrent essentiellement des verrues vulgaires, maladie inoculable et contagieuse, et peuvent être l'origine d'épithéliomas.
Une autre variété de lésions séborrhéiques, à laquelle on a donné le nom d'acné sébacée concrète, peut également être l'origine de lésions épilhéliomateuses, ou plus exactement semble être la première manifestation d'un épithélioma débutant par les glandes sébacées; pour cette raison, nous l'avons étudiée au chapitre de l'épithélioma cutané. (Voir T. II, p. 79.)
Enfin, la séborrhée des parties glabres peut, comme celle des régions pileuses, s'accompagner de lésions eczémateuses qui ont été désignées sous le nom d'eczémas séborrhéiques, et que nous avons étudiées précédemment (voir T. II, p. 371), ou accompagner d'autres dermatoses, comme le psoriasis et les syphilides.
Les causes des séborrhées des parties glabres sont les mêmes que celle des séborrhées des régions pilaires; nous n'y reviendrons pas à nouveau. Ajoutons seulement qu'on peut observer chez les enfants nouveau-nés une séborrhée grasse généralisée, due sans doute à une malformation des glandes cutanées, affection rare qui a été parfois confondue avec l'ichthyose fœtale.
Traitement. — Le traitement général des séborrhées ne diffère pas, qu'elles siègent sur les régions pileuses ou sur les parties glabres ; nous renvoyons à ce que nous avons dit plus haut au sujet du traitement des séborrhées des régions pileuses. (Voir p. 119.)
Le traitement local de la séborrhée consiste surtout dans l'emploi des préparations soufrées, aidées de lavages à l'eau savonneuse chaude.
Dans la séborrhée sèche, on aura recours aux pommades soufrées à 5 ou 10 0/0, additionnées de 1 à 2 0/0 d'acide salicylique, aux lavages avec de l'eau chaude et du savon au naphthol ou au goudron, et, dans les formes étendues, aux onctions de glycérine comme dans le traitement de l'ichthyose.
Dans la séborrhée grasse, qui est particulièrement rebelle, on emploiera surtout les lavages au savon de naphthol, de soufre, de goudron, précédés de l'ablation des croûtes au moyen des pulvérisations
et suivis de lotions soufrées ou d'applications de poudres renfermant 10 à 15 0/0 de soufre précipité, ou de lotions alcooliques. Lorsque ces moyens ont échoué, on obtient parfois de bons résultats des applications de savon noir, comme clans le traitement de l'acné. (Voir T. II, p. 139.)
Dans la séborrhée huileuse, le traitement est analogue à celui de la séborrhée grasse, mais on emploiera de préférence les poudres absorbantes additionnées ou non de soufre.
Les bains au carbonate de soude et surtout au borate de soude sont utiles dans les séborrhées généralisées.
Les verrues séborrhéiques doivent, quoi qu'en aient dit quelques auteurs et malgré la répugnance de la plupart des vieillards pour un traitement actif de ces lésions, êLre traitées, afin d'éviter leur extension et leur transformation possible en éphithélioma.
La dissémination des verrues séborrhéiques en nombre variable sur des surfaces étendues rend leur traitement assez laborieux. On devra tout d'abord faire tomber le revêtement séborrhéique et croûteux des verrues au moyen de bains savonneux ou au moins de lotions savonneuses répétées, suivies de frictions avec un tampon d'ouate imbibé d'alcool alcool pur, eau de Cologne, alcoolat de lavande); pour les lotions, les savons additionnés d'acide salicylique, de résorcine, seront préférables au savon ordi naire ; la macération au moyeu de cataplasmes, si les lésions sont étendues, ou d'un emplâtre (emplâtre de Vigo, ou emplâtre diachylon) facilitera leur action.
Après ce décapement de la surface, on provoquera la dessiccation et l'exfoliation du corps papillaire hypertrophié au moyen d'applications locales de sa-
ACNES
von comme clans les verrues communes, ou au moyen d'emplâtre salicylé ou résorciné, et lorsque les papilles seront desséchées, on les grattera avec une curette ; les attouchements répétés au ndtratè d'argent pourront aider à la destruction des lésions. Rarement il sera nécessaire de recourir à la cautérisalion chimique ou thermique; cependant, cette dernière serait indiquée si l'on voulait détruire rapidement une verrue séborrhéique située en un point où elle est soumise à des irritations mécaniques ou si un accroissement rapide de ses dimensions faisait redouter sa transformation épithéliomateuse.
Lorsque ces verrues auront disparu, il sera nécessaire de continuer les bains ou les lotions savonneuses et alcooliques pendant un certain temps pour s'opposer aux récidives fréquentes, in situ ou à dislance.
Acnés.
On donne le nom d'acnés à des lésions des glandes sébacées dans lesquelles les altérations glandulaires s'accompagnent généralement de la rétention des produits de sécrétion.
En réalité les limites à établir entre les acnés d'une part, les séborrhées et les folliculites sébacées d'autre part, sont très artificielles et certaines affections pourraient être aussi bien rangées dans un groupe que dans un autre (1).
(I) Nous rappellerons que le lupus érythémateux a été désigné par Ghausit sous le nom d'acné atrophique, que Bazin donnait le nom d'acné varioliforme au mollugcum contagiosum dont on a à tort localisé le processus dans les glandes sébacées, et que certaines formes de séborrhée préépithéliomaleuse ont été appelées acné sébacée concrète.
ACNÉS
Nous décrirons dans le chapitre des acnés:
1° Les lésions des glandes sébacées caractérisées uniquement par la rétention du produit de sécrétion de ces glandes :
Acné comédon ou acné ponctuée ;
Acné miliaire ou milium ;
2° Les lésions des glandes sébacées avec participation des tissus adjacents au processus inflammatoire :
Acné simplex, ou disséminée, ou pustuleuse ; Acné rosée ou couperose, dont l'acné hypertrophique ou rhinophyma n'est qu'une forme extrême; Acné chéloïdienne ;
Acné nécrotique, ou acné pilaire, encore appelée acné varioliforme par les auteurs allemands.
Enfin nous étudierons, en appendice, la psorospermose folliculaire végétante.
Il est fréquent de voir les diverses variétés d'acné coïncider les unes avec les autres chez un même sujet, parfois même s'accompagner, dans les formes intenses, de lésions plus accusées des glandes sébacées, telles que les kystes sébacés qui sont du ressort de la chirurgie. Elles coïncident fréquemment aussi avec les différentes formes de séborrhée, plus rarement avec les affections auxquelles on est convenu de réserver le nom de folliculiles.
Les diverses variétés d'acné sont reliées entre elles non seulement par leur coïncidence habituelle, mais encore par leur développement sous l'influence des mêmes causes, qui sont très fréquemment des troubles digestifs : il est vraisemblable que les substances toxiques, élaborées dans les états pathologiques de l'estomac et de l'intestin, provoquent ens'éliminant par les glandes sébacées une altération de
'«W acné comédon
celles-ci, qui "se traduil sous la forme acnéique.
Quelques substances médicamenteuses, les composés iodiques et bromiques en particulier, déterminent également des modifications dans la sécrétion sébacée et sont des causes d'acné.
En outre, certaines substances, comme les goudrons et spécialement l'huile de eade, peuvent, soit en oblitérant mécaniquement l'orifice des glandes sébacées, soit en pénétrant dans leur conduit et en agissant directement sur leurs cellules sécrétantes, produire des lésions acnéiques.
Le rôle des agents microbiens dans la pathogénie de l'acné, affirmé par quelques auteurs même pour l'acné comédon, est des plus discutables, et des recherches nouvelles seraient nécessaires pour déterminer leur action dans les formes pustuleuses, dont le développement pourrait, dans un certain nombre de cas au moins, être indépendant de l'action des microorganismes pyogènes.
ACNÉ COMÉDON OU PONCTUÉE Exposé clinique et ctiologiqnc. — L'acné comédon
est caractérisée par la présence d'une saillie aplatie, souvent à peine appréciable, de même coloration que les parties adjacentes, dont la partie centrale esl occupée par une tache brunâtre ou noirâtre de dimensions inférieures à celles d'une tête d'épingle. La pression localisée fait émerger la tache brunâtre centrale et provoque l'expulsion d'une niasse blanchâtre de matière sébacée, concrète, comme passée à la filière, qui se contourne sur elle-même en sortant et offre l'aspect d'un petit ver blanc â tête foncée.
Le comédon peut renfermer un parasite vermi-
ACNÉ COMÉDON l3l
forme de l'ordre des acariens, le demodexfollimlorum, dont les rapports exacts avec cette variété d'acné ne sont pas déterminés.
L'acné comédon s'observe fréquemment sur le visage, sur le nez, les joues et le front en particulier, et sur les parties antéro et postéro-supérieures du thorax. Elle se développe sous l'influence de troubles digestifs ; elle est particulièrement fréquente chez les jeunes sujets lymphatiques, au moment de la puberté, et constitue un des éléments de l'acné polymorphe des lymphatiques.
' On la voit aussi se développer au niveau des cicatrices irrégulières de diverses origines : gommes scrofulo-tuberculeuses, variole, etc.
Traitement. — Quoique l'acné comédon ne constitue qu'une simple difformité, le médecin est souvent consulté pour elle, principalement par les jeunes tilles et les jeunes femmes.
Outre le traitement général des troubles digestifs, sur lequel nous insisterons spécialement à propos de l'acné pustuleuse,et le traitement du lymphatisme et de l'anémie que l'on aura presque toujours à combattre pareil cas, on en devra recourir au traitement local pour faire disparaître cette affection.
Lorsque les comédons sont volumineux, on peut les extirper par la pression au moyen des ongles des deux pouces ; on a proposé dans ce but divers instru- F;'*' t inents spéciaux : tels sont le Komedonenquetscher de Hebra (la figure ci-jointe représente cet instrument, modifié par M. Besnier,qui a remplacé le
i32 ACNÉ COMÉDON
tube terminal par un simple anneau à larges Lords; cette modification rend plus facile le nettoyage de l'instrument), et Yacne sprudde Robinson, présentant à leur extrémité un tube ouvert à ses deux extrémités et terminé par un bord circulaire mousse que l'on applique au pourtour du comédon et avec lequel on exerce une pression suffisante pour le faire saillir ; ces instruments sont surtout utiles lorsque les comédons reposent sur un plan résistant ou dans les plis où la pression avec les ongles est plus difficile.
L'extraction des comédons doit être renouvelée toutes les fois que ceux-ci se reproduisent et être suivie de lotions avec un liquide alcoolique, eau de Cologne, ou alcool saturé de salol ou d'acide borique, ou alcool additionné de 2 à 3 0/0 d'acide salicylique.
Lorsque les comédons sont peu volumineux, leur cliute peut être obtenue par l'usage répété des lotions alcooliques et mieux encore par les préparations savonneuses et salicylées ou ichthyolées : lavages répétés avec du savon à l'ichthyol ou à l'acide salicylique,lotions avec la décoction de bois de Panama, lotions avec l'esprit de savon de Hebra additionné de 2 à 3 0/0 d'acide salicylique, suivis des lotions alcooliques précédemment indiquées; dans les cas où les comédons sont très abondants, M. Besnier emploie un mélange à parties égales de savon noir et de soufre additionné de 2 0/0 d'acide salicylique qu'il fait étendre chaque soir sur les parties malades.
Ces topiques ont surtout pour but de ramollir et de désagréger la substance cornée, matière sébacée altérée, qui forme les points noirs des comédons, el de faciliter ainsi la sortie de ceux-ci; en outre, ils
ACNÉ MILIAIRE
provoquent une certaine irritation de la peau qui modifie la nutrition des glandes sébacées ; lorsque cette irritation devient trop intense, il convient de la calmer par des applications adoucissantes telles que les pommades à l'oxyde de zinc légèrement salicylées et les poudres inertes.
ACNÉ MILIAIRE, MILIUM OU GRUTUM
Exposé cliniqne et étiologiquc. — On donne ces noms à de petites saillies blanches, planes ou hémisphériques, du volume d'une tête d'épingle, dues à l'oblitération du conduit des glandes sébacées, à l'accumulation et à la transformation de leurs produits de sécrétion.
Ces lésions s'observent sur le visage, particulièrement les paupières et le front ; sur le scrotum, où leur contenu peut subir la transformation crétacée ; elles atteignent des dimensions plus considérables que sur la face.
On les observe parfois en grand nombre sur le visage de sujets jeunes, fréquemment atteints de lentigo. Elles accompagnent souvent le lupus vulgaire de la face.
Leur étiologie précise n'estpas déterminée, et elles semblent plus souvenl être dues à une malformation congénitale des glandes sébacées qu'à un état pathologique véritable.
Traitement. — Les frictions au savon, les applications d'acide salicylique, etc., employées dans le traitement de l'acné ponctuée sonl insuffisantes pour obtenir la disparition des petites tumeurs du milium.
Lorsque les sujets qui en sont porteurs tiennent à en être débarrassés, le seul traitement efficace est l'incision de la couche épidermique qui les recouvre,
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suivie de l'ablation de la tumeur avec l'extrémité tranchante d'un scarificateur, ou mieux encore la cautérisation ignée avec la pointe fine du galvano-cautère. La cicatrice qui résulte de cette cautérisation est si peu étendue qu'elle cesse bientôt d'être apparente, pour peu que l'action de l'instrument ait été limitée à la tumeur.
ACNÉ CORNÉE
Exposé clinique. — On décrit, avec Hardy, Vidal et Leloir, sous le nom d'acné cornée une affection caractérisée par le développement de saillies jaunâtres, grises ou noires, acuminées, dont la pression fait sortir des masses cornées et résistantes; ces lésions sont réunies en groupes irréguliers ou disséminées sur le front, le nez, le tronc ou les membres, et ont une évolution très lente.
Les causes de l'acné cornée ne sont pas déterminées.
Traitement. — Il consiste en applications de savon noir, d'emplâtres hydrargyriques et de pommades salicylées; l'expulsion des masses cornées au moyen de la pression des doigts facilite la guérison de cette affection fort rare.
ACNÉ PUSTULEUSE Exposé clinique et étiologiqne. - Cette variété
d'acné, encore désignée sous les noms d'acné sîmplex et d'acné inflammatoire, est caractérisée parle développement de saillies d'apparence papuleuse, de coloration rouge, acuminées ou hémisphériques renfermant presque dès leur début une gouttelette de pus. Celui-ci, au bout d'un temps variable, s approche de l'épiderme et le soulève en formant une
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pustule de dimension variable, qui laisse après elle une cicatrice rougeâtre plus ou moins persistante.
Les éléments acnéiques présentent des dimensions très variables suivant les cas et chez un même malade; d'où le polymorphisme des lésions encore accru par la coïncidence d'autres variétés d'acnés, polymorphisme surtout remarquable chez les jeunes sujets lymphatiques (acné juvénile).
La base rouge sur laquelle reposent les pustules peut être peu étendue, ou au contraire large et diffuse ; la pustule présente également des dimensions très variables : d'où les noms d'acné hordéolaire, indurée, tuberculeuse, phlegmoneuse, donnés aux divers aspects cliniques de l'acné pustuleuse.
Ces lésions laissent après elles des cicatrices d'autant plus accusées que la pustule a été plus volumineuse et les lésions inflammatoires de voisinage plus étendues.
Leurs sièges de prédilection sont la face, particulièrement les joues, le- front, le nez, et les parties supérieures du thorax, principalement le dos.
L'acné simplex se rencontre surtout chez les sujets jeunes, de quinze à vingt-cinq ans, mais peut se montrer à une époque plus avancée de l'existence, offrant alors une moindre intensité.
Elle s'observe plus spécialement chez les sujets lymphatiques, plus rarement chez les arthritiques.
La cause en est souvent dans les troubles digestifs dus à une alimentation vicieuse, etles écarts de régime sont très fréquemment la cause provocatrice d'une poussée aiguë. Les troubles des organes génitaux jouent également un rôle important dans la production de cette affection : la coïncidence des éruptions acnéiques avec le développement de la puberté prouve
ld« ACNÉ PUSTULEUSE
la réalité de cette influence; la continence et l'onanisme, les troubles menstruels, l'approche des règles, en sont souvent les causes déterminantes. Il n'est pas rare de voir l'acné disparaître après une première grossesse; mais, inversement, celle-ci peut être la cause d'une éruption acnéique chez des jeunes femmes qui n'en avaient pas été atteintes auparavant, quoique, dans ces conditions, on observe plus souvent l'acné rosée.
Toutes les causes de fatigue, le surmenage physique ou intellectuel, l'insuffisance du sommeil peuvent également provoquer l'apparition de l'acné pustuleuse.
Nous avons déjà signalé plus haut le mode d'action de ces causes et le rôle des causes externes à propos de l'acné en général : nous n'y reviendrons pas.
Traitement. — Le rôle des causes générales dans Le développement de l'acné simplex montre assez l'importance du traitement interne.
Chez les jeunes sujets lymphatiques , on aura recours à l'huile de foie de morue, dont l'expérience montre les bons effets, malgré les idées théoriques qui la feraient exclure dans une maladie où le produit de sécrétion des glandes sébacées est altéré, aux ferrugineux, aux arsenicaux.
Chez les arthritiques, on prescrira les alcalins à doses convenables.
L'alimentation sera l'objet d'une attention particulière, et on en exclura les aliments excitants tels que les boissons alcooliques (Lewin permet seulement l'eau-de-vie de grains qui, d'après lui, n'aurait pas l'effet nocif des autres alcools), le thé, le café, les épices, les graisses, la charcuterie, les aliments ren-
ACNÉ PUSTULEUSE W
fermant des composés toxiques, comme le gibier faisandé, les conserves, les poissons, les crustacés, les fromages fermentés.
On traitera par les moyens appropriés les troubles digestifs; on recourra à l'antiseptie intestinale qui doit être considérée comme à peu près indispensable dans tous les cas d'acné simplex, surtout au moment des poussées aiguës, et on évitera soigneusement la constipation. (Voir, pour plus de détails, le traitement des dermatoses liées a des troubles digestifs, T. I, p. 280.)
Les troubles menstruels et génitaux doivent être égalementrecherchésettraitésparlesmoyensappropriés.
Il convient en outre de prescrire aux acnéiques des exercices corporels modérés, des frictions excitantes sur le tronc et les membres; ils doivent éviter les refroidissements et surtout le froid aux pieds, qui exagère la congestion faciale.
Divers médicaments internes ont été préconisés dans l'acné, le soufre en particulier et l'ichthyol proposé par Unna à la dose de 15 centigrammes à 1 gramme par jour, l'arsenic qui ne paraît pas avoir d'action spéciale sur la lésion cutanée. Les médicaments vaso-moteurs, quinine, digitale, ergotine, ont été également employés, mais sont moins efficaces dans l'acné pustuleuse que dans l'acné rosée.
Le traitement local joue un grand rôle clans la guérison de l'acné simplex, mais il ne saurait a aucun litre être prescrit seul; si on ne modifie pas par le Iraitement interne les affections qui déterminent et entretiennent l'acné, si on ne combat pas la tendance à la production de cette affection, tous les topiques ne sauraient procurer qu'un amendement passager et précaire.
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Les topiques sont d'ailleurs, dans cette affection, d'un maniement particulièrement difficile : ceux qui sont véritablement actifs ne doivent leur efficacité qu'à l'irritation cutanée qu'ils provoquent et celte irritation doit être maintenue dans des limites raisonnables, au risque de provoquer, à son tour, des lésions secondaires plus intenses, plus désagréables que la maladie primitive et parfois difficiles à guérir.
Il faut bien savoir, en effet, que le tégument des acnéiques supporte d'une manière très variable les divers topiques; si l'on voit les acnéiques à peau épaisse et grasse, parsemée d'orifices folliculaires larges, mieux tolérer les irritants que les acnéiques à peau fine et souple, il y a encore entre les sujets de ces deux catégories des différences assez considérables au point de vue de l'irritabilité cutanée. Le médecin ne saurait donc agir avec assez tic prudence dans le choix et le dosage des préparations qu'il prescrit aux acnéiques : la durée des applications surtout varie très notablement suivant les susceptibilités individuelles. L'acné pustuleuse, malgré sa banalité, est une des dermatoses les plus difficiles à traiter, une de celles qui demandent à être observées le plus attentivement en cours de traitement, si l'on veut éviter à la fois deux écueils qui sont : agir trop brutalement et agir trop lentement.
Les sujets atteints d'acné simplex ne doivent se servir pour les soins de la toilette que d'eau tiède ou mieux encore d'eau chaude, qui décongestionne les téguments; l'addition d'alcools aromatiques, d'acide borique ou d'une petite quantité de sublimé (1 pour 10.000 environ) est utile dans beaucoup de cas, quoique l'origine microbienne de l'affection soit loin d'être démontrée.
ACNÉ PUSTULEUSE
Les savons de toilette leur sont utiles pour dégraisser le visage, mais ces savons ne doivent jamais être acides et, malgré le rôle de la graisse dans l'étiologie de cette affection, il y a toujours avantage à se servir de savons surgras, beaucoup mieux supportés que les savons ordinaires. Les savons médicamenteux au soufre, à l'ichthyol, au naphthol, à l'acide salicylique, etc., peuvent être employés pour les soins de la toilette lorsque la peau les supporte.
Dans les formes légères de l'acné simplex, les lotions à l'eau chaude suivies d'applications de poudres absorbantes, les lotions avec l'eau alcoolisée au moyen de l'eau de Cologne, de l'alcool camphré ou de l'alcool saturé d'acide borique ou de salol (1/4 à 1/iOdecespréparations), les applications de tampons d'ouate hydrophile imbibés des mélanges précédents et laissés en place pendant quinze à quarante-cinq minutes, les badigeonnages de teinture d'iode sur les éléments naissants peuvent suffire à arrêter leur évolution.
Dans les formes plus intenses, ces moyens sont ou inefficaces ou inapplicables, et il convient de recourir à un traitement plus actif.
Les substances qui, actuellement, semblent les plus recommandables pour le traitement de l'acné simplex sont le savon noir, le soufre et l'ichthyol.
Le savon noir est incontestablement l'agent le plus actif dutraitement de l'acnésimplex etcclui qui donne les résultats les plus remarquables dans les formes pustuleuses et chez les sujets dont la peau est peu irritable. Les frictions au savon et à l'eau chaude sont faites le soir, en laissant dessécher à la surface île la peau la mousse ainsi produite; le lendemain matin, on enlève avec l'eau chaude le reste du savon
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et on poudre à l'amidon, ou mieux on applique une pommade à l'oxyde de zinc additionnée de 1 à 2 0/0 d'acide salicylique. Les applications de savon noir sont répétées les soirs suivants jusqu'à irritation suffisante et remplacées alors par des applications de pommade à l'oxyde de zinc pour calmer l'inflammation. Si les résultats obtenus sont insuffisants, on recommence une ou deux séries successives d'applications après la chute de l'inflammation provoquée par la série précédente. En général, chacune des séries dure trois ou quatre jours, mais on doit recommander au malade de suspendre les applications de savon si l'irritation devenait trop considérable avant ce terme. Cette méthode échoue rarement contre l'acné simplex, mais elle demande une surveillance attentive, et on ne doit jamais l'employer sans avoir prévenu le malade de ses effets irritants, qui peuvent l'obliger à suspendre ses occupations pendant plusieurs jours.
On peut modérer cette irritation en ne laissant séjourner la couche de savon sur la peau que pendant quelques heures, ce qui prolonge la durée du traitement, mais le rend plus supportable.
Le savon noir peut encore être utilisé en lotions alcooliques au quart ou au dixième, en pommades à base de vaseline ou de lanoline à 25 ou 50 0/0, addilionnées de naphthol et d'acide salicylique; mais ces modes d'emploi, plus facilement tolérés par la peau, sont, au point de vue de leurs effets curatifs, de beaucoup inférieurs au précédent.
Dans les cas rebelles, le savon noir peut être associé au soufre par parties égales additionnées de 2 0/0 d'acide salicylique (Besnicr) ou- de naphthol ; mais ces préparations très irritantes demandant
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encore plus de ménagements que' le savon noir pur.
Le soufre est encore un topique très utile dans le traitement de l'acné simple* : jl peut être employé de différentes manières et à doses variables suivant l'irritabilité de la peau. Il convient spécialement poulies acnés du visage avec lésions pustuleuses peu volumineuses et infiltration périphérique modérée, et pour les acnés du tronc.
Le mode d'emploi le plus fréquemment utilisé en France consiste dans les lotions avec des alcoolés renfermant en suspension du soufre précipité (Voir pour les formules, Lotions soufrées, T. II, p. 341). Ces liquides, qu'il faut avoir soin d'agiter avant de s'en servir, sont étendus le soir sur les parties malades au moyen d'un pinceau; le lendemain, le reliquat est enlevé au moyen d'eau chaude et de savon, et les parties malades sont poudrées à l'amidon ou enduites de pommade à l'oxyde de zinc salicylée. Lorsque l'irritation est suffisante, ce qui arrive au bout de un à quatre jours, on suspend les badigeonnages et on se contente d'appliquer le soir une pommade à l'oxyde de zinc; puis, après la chute de l'inflammation, on fait une nouvelle série de badigeonnages soufrés. En général, avec deux ou trois séries analogues, ou obtient une amélioration considérable.
Les pommades soufrées au dixième ou au huitième, additionnées de 1 a 3 0/0 d'acide salicylique ou de naphthol, peuvent être employées dans les formes modérément intenses d'acné et dans les cas où on a déjà obtenu un amendement par les méthodes précédentes. Elles sont beaucoup moins actives et par suite mieux supportées que les lotions soufrées.
Les savons au soufre peuvent être employés comme succédanés du savon noir, mais lui sont inférieurs
ACNÉ PUSTULEUSE
comme résultats ; ils sont surtout utiles comme compléments d'autres traitements et servent alors aux soins de la toilette.
L'ichthyol, qui est encore un composé soufré, a été introduit dans la thérapeutique de l'acné par Unna. qui le vante tout spécialement.
On l'emploie surtout en solutions éthérées et alcooliques renfermant de 5 à 80 0/0 de sulfo-ichthyolate d'ammoniaque à doses progressivement croissantes; les badigeonnages peuvent être répétés tous les soirs; le matin, on enlève l'enduit à l'eau chaude, puis on recouvre la peau d'une couche de pommade à l'oxyde de zinc : la marche à suivre est la même que pour les applications de savon noir et les lotions soufrées. La tolérance de la peau pour l'ichthyol est très variable suivant les sujets, mais généralement plus grande que pour le savon noir et les préparations soufrées fortes; son action est certainement aussi moins rapide, et on ne peut guère l'utiliser que dans les acnés d'intensité moyenne ou faible, avec lésions pustuleuses peu développées, mais il est assez efficace contre l'infiltration de voisinage. L'odeur désagréable de l'ichthyol est, chez certains sujets, un obstacle à son emploi dans le traitement de l'acné de la face.
On a encore proposé contre l'acné simplex l'emploi des préparations mercurielles, du chlorhydrate d'ammoniaque, de l'acide salicylique, du naphthol, de la résorcine, etc. Ces trois dernières substances peuvent être utilement associées aux préparations précédentes. Les premières et une foule d'autres que nous croyons oiseux d'énumérer ont moins de valeur thérapeutique.
Le traitement chirurgical de l'acné simplex se réduit
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à l'ouverture des pustules les plus volumineuses au moyen d'un scarificateur ou de l'aiguille à arrêt de Hebra, qui n'offre aucun avantage sur les aiguilles a scarifier de Vidal (Voir Scarifications, T. II, p. 330), ou mieux encore au moyen d'une pointe fine de galvano-cautère avec laquelle on ponctionne la pustule et on cautérise sa paroi. Ce traitement rend de grands services dans les formes intenses de l'acné pustuleuse, mais il ne s'applique généralement qu'à un nombre restreint d'éléments, et ce serait une erreur d'espérer arriver avec lui à la guérison de l'acné.
L'électrolyse, préconisée par quelques auteurs anglais et américains dans le traitement de l'acné simplex, ne pourrait être employée que dans les cas justiciables du traitement chirurgical; elle est trop lente dans son action et trop douloureuse pour pouvoir être conseillée.
Les eaux minérales les plus diverses ont été préconisées dans le traitement de l'acné simplex : en dehors de celles qui peuvent être indiquées par l'état constitutionnel du sujet, nous signalerons seulement celles dont l'emploi topique est particulièrement efficace dans cette affection : ce sont les eaux chlorurées sulfurées d'Uriage, les eaux sulfurées de Cauterets, Luchon, Barèges, Saint-Honoré, les eaux arsenicales de la Bourboule et les eaux bicarbonatées sodiques de Royat.
ACNÉ ROSÉE ET ACNÉ nVPERTROPDIQUE Exposé cliniqno et ctiologiqne. — L'acné rosée,
encore désignée sous les noms d'aenôe. rosacée, de couperose, est constituée par deux éléments : 1° des lésions papuleuses ou pustuleuses de dimensions généralement inférieures à celles de l'acné simplex,
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parfois cependant volumineuses; 2» une congestion vasculaire plus ou moins prononcée.
La congestion vasculaire, qui peut cliniquemenl précéder les lésions des glandes sébacées, se traduil par des plaques érythémateuses passagères aboutissant par leur répétition à la production de dilatations vasculaires : ces télangiectasies constituent plus spécialement la forme d'acné appelée couperose. A ces Iclangieclasies s'ajoute souvent par la suite une infiltration du derme qui est rouge, tuméfié, avec des orifices folliculaires dilatés.
La tuméfaction peut atteindre un degré très accusé. Iiypertrophier irrégulièrement ou en masse les tissus atteints; à ces formes auxquelles on donne le nom d'acné hypertrophique, appartient le type décrit sous la dénomination de rhinophyma : les lésions occupant le nez donnent lieu à une déformation plus ou moins considérable de cet organe, dont les téguments sont tantôt mollasses et tantôt indurés, rouges ou violacés, souvent parsemés de dilatations vasculaires. avec des orifices folliculaires énormes, d'où la pression expulse des comédons volumineux.
Le siège de l'acné rosée est la face, principalement le nez et la partie moyenne des joues.
Les causes de l'acné rosée sont très analogues à celles de l'acné simplex, sauf toutefois qu'elle ne s'observe pas cbez les jeunes sujets lymphatiques si souvent atteints de cette dernière affection.
L'acné rosée est plus fréquente chez la femme que chez l'homme, qui cependant est presque exclusivement atteint d'acné hypertrophique.
Chez la femme, les troubles des fonctions utérines ont une grande importance dans sa production : la grossesse, surtout chez les femmes ayant dépassé la
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Lrentaine, en provoque parfois le développement; les affections utérines s'accompagnant de leucorrhée ou d'aménorrhée sont fréquemment cause de la couperose, et la ménopause y donne souvent lieu. La constipation, qui est si habituelle chez la femme, joue un rôle non moins important dans sa production, et c'est presque toujours elle qui joue le rôle intermédiaire entre les diverses dyspepsies et l'acné rosée.
Chez l'homme, les troubles gastriques et surtout ceux provoqués par l'abus des alcools sont la cause ordinaire de cette affection; mais il ne faudrait pas de la présence de l'acné rosée, même de sa forme hypertrophique, induire l'existence de l'alcoolisme : il est certains sujets, particulièrement des arthritiques, chez lesquels cette cause n'entre nullement en jeu.
La congestion faciale, si fréquente après les repas chez les dyspeptiques, chez lesquels elle est provoquée soit par les troubles de circulation abdominale, suit par les intoxications d'origine gastro-intestinale, permet de comprendre la facilité avec laquelle ces malades sont atteinls d'acné.
Des influences extérieures, comme l'action de l'air extérieur, du vent, du froid ou au contraire de la chaleur, interviennent dans la production de l'acné rosée et expliquent, en partie au moins, sa fréquence chez les travailleurs de la campagne, les cochers, les marins, les chauffeurs, les mécaniciens, les forcerons, etc.
Enfin les lésions chroniques des fosses nasales s'accompagnent fréquemment d'acné rosée, soit que, par un mécanisme encore mal déterminé, elles en provoquent le développement, soit que les deux affec-
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tions soient sous la dépendance d'une même cause de perturbations dans la vascularisation de la face.
Traitement. — Les données étiologiques précédentes montrent quelle importance présente le traitement général dans l'acné rosée et quelle direction on doit lui donner.
Chez la femme, on doit porter toute son attention sur les troubles menstruels et sur la constipation : les irrigations vaginales chaudes sont presque toujours indiquées; la constipation sera combattue par les laxatifs et plus spécialement par les drastiques légers, dont l'aloès est le type, qui ont l'avantage d'exagérer l'abondance du flux menstruel très souvent diminué chez les femmes acnéiques.
Chez l'homme, c'est surtout dans les troubles gastriques qu'on trouvera les indications du traitement interne.
Dans les deux sexes, on diminuera par l'usage des antiseptiques les fermentations des voies digestives et on écartera du régime alimentaire toutes les substances excitantes : les boissons alcooliques seront sévèrement proscrites et remplacées aux repas par le lait et les infusions amères ou aromatiques; les aliments épicés, les conserves, la charcuterie, les poissons, les crustacés, les mollusques, les fromages fermentés seront interdits.
Chez les arthritiques, on interdira en outre les légumes et les fruits acides et on prescrira les alcalins et les diurétiques.
La quinine, la digitale, l'hamamelis et surtout l'ergotine (10 à 30 centigrammes par jour) pourront servir à diminuer la congestion faciale.
Enfin on veillera à ce que les malades ne s'exposent pas au froid ou à la chaleur et à ce que leurs
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extrémités inférieures ne se refroidissent pas.
Le traitement local de l'acné rosée ne diffère pas sensiblement de celui de l'acné pustuleuse. Les substances employées sont les mêmes et les modes d'emploi identiques. Nous ne les décrirons pas à nouveau; nous ferons cependant remarquer, avec M.Brocq, que les préparations d'ichthyol sont moins efficaces ici que dans l'acné simplex. La préférence doit être donnée très habituellement aux lotions soufrées, surtout dans l'acné hypertrophique.
Il faut également ajouter que l'acné rosée est particulièrement irritable et que les applications de savon noir ou de soufre provoquent souvent des inflammations vives du tégument : lorsque celles-ci sont très prononcées, les pommades adoucissantes ne suffisent plus à les combattre et il faut avoir souvent recours aux applications de cataplasmes de fécule de pommes de terre ou aux corps gras simples, tels que faxonge fraîche, le cold-cream récemment préparé, la vaseline ou le Uniment oléo-calcaire.
Pour la même raison, les séries de badigeonnages avec la lotion soufrée ou d'applications de savon doivent être plus espacées et ne doivent être répétées qu'après disparition des phénomènes inflammatoires provoqués par la série précédente. Dans les intervalles, on aura souvent grand avantage à appliquer, dès que l'irritation se modérera, des pommades à l'oxyde de zinc additionnées de là2 0/0 d'acide salicylique, de 2 à 8 0/0 de naphthol et de 5 à 8 0/0 de soufre.
De même que dans l'acné simplex, les sujets atteints d'acné rosée devront se servir pour la toilette du visage d'eau chaude, additionnée ou non d'alcools
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aromatiques ou de solutions alcooliques de substances antiseptiques.
Le traitement chirurgical présente une plus grande importance dans l'acné rosée que dans l'acné pustuleuse. Il y prend le pas, dans beaucoup de cas, sur les autres traitements locaux.
Contre les lésions pustuleuses de l'acné rosée, on peut employer les cautérisations ignées ponctuées, absolument comme dans l'acné simplex. On a encore proposé l'emploi de l'électrolyse, qui ne nous paraît pas donner des résultats bien encourageants.
Les scarifications linéaires constituent le véritable traitement chirurgical de l'acné rosée et s'appliquent à toutes ses formes vasculaires : couperose télangiectasies, acné hypertrophique. Lorsque' l'acné rosée s'accompagne du développement de pustules, on doit toujours, avant de recourir aux scarifications, obtenir, par l'emploi des topiques appropriés, savon, soufre, etc., ou des cautérisations ignées, la disparition des lésions pustuleuses : c'est là d'ailleurs une règle formelle applicable à toutes les affections accompagnées de lésions suppuratives du tégument et qui découle de la nécessité de conserver l'asepsie des surfaces scarifiées.
L'emploi des scarifications dans l'acné rosée doit également être précédé du traitement des états séborrhéiques concomitants et de l'acné comédon : lorsqu'on aura déjà, par les topiques appropriés, amendé l'état des glandes sébacées, l'effet utile des scarifications sur les lésions vasculaires se fera sentir avec plus de rapidité encore et, dans un temps souvent court, on verra la congestion et l'infiltration se réduire dans des proportions considérables. Ce n'est guère que dans les formes vasculaires pures
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en apparence, dans la couperose proprement dite, que l'on peut d'emblée recourir aux scarifications.
Les scarifications ont pour but, dans l'acné rosée, de sectionner les vaisseaux, de réduire leur volume par la rétraction que la cicatrisation fait subir à leurs parois; accessoirement, elles provoquent au moment même de l'opération une hémorrhagie plus ou moins abondante, saignée locale qui décongestionne les parties malades, mais dont les effets sont passagers.
Les scarifications doivent être faites avec les précautions aseptiques et antiseptiques d'usage et suivant le mode opératoire habituel (voir T. II, p. 334). Elles doivent être très rapprochées dans les formes vasculaires pures avec télangiectasies fines ; dans les acnés avec congestion intense et infiltration dermique, les sections peuvent être plus espacées. On fera d'ordinaire, après une première série de scarifications parallèles, une deuxième série de scarifications coupant obliquement les premières; ces incisions seront faites sur toute l'étendue des parties malades, plus rapprochées au voisinage de leurs bords; leur profondeur variera suivant le siège des vaisseaux malades.
Quoique la saignée locale aide à la décongestion des régions acnéiques, on ne devra pas chercher à produire une hémorrhagie trop abondante et on prendra toujours toutes les précautions d'usage pour éviter de souiller inutilement les régions adjacentes.
Le pansement consécutif aux scarifications sera fait suivant les règles habituelles.
C'est seulement après la cicatrisation complète qu'on pourra recourir à l'emploi des topiques irri-
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tants, et encore est-il préférable, au moment des premières séances de scarifications, de suspendre l'emploi des autres topiques et de répéter l'opération dès que les incisions sont cicatrisées, c'est-à-dire au bout de 5 à 6 jours; on active de la sorte la guérison.
Les scarifications donnent des résultats remarquables dans les différentes formes d'acné rosée; elles sont surtoutefficacesdansl'acnéhypertrophique, dont elles réduisent les lésions avec une rapidité d'autant plus grande qu'elles sont plus congestives.
Il est des cas d'acné hypertrophique dans lesquels les topiques précédents et les scarifications sont incapables de provoquer autre chose qu'une réduction du volume des parties : les lésions périglandulaires sont constituées par la production de tissu fibreux sur lequel ces traitements sont sans action; l'ablation avec le bistouri est alors le seul mode d'intervention thérapeutique applicable ; c'est dans ces cas que la décortication du nez donne des résultats très remarquables, mais nous ne pouvons insister ici sur ce point, qui est exclusivement du ressort de la chirurgie.
Nous ne reviendrons pas, à propos de l'acné rosée, sur l'usage thérapeutique des eaux minérales ; nous renvoyons à ce que nous avons dit sur ce sujet à propos de l'acné pustuleuse.
ACNÉ NÉCROTIQUE
Exposé clinique et étiologique. — On a décrit SOUS les noms d'acné pilaire (Bazin) , d'acné frontale , d'acné varioliforme (les auteurs allemands), d'acné rodens (Vidal), etc., une affection que C. Bceck a proposé avec plus de raison d'appeler acné nécrotique ;
ACNÉ NÉCROTIQUE l°x
cette forme d'acné se traduit par la nécrose des tissus qu'elle atteint et laisse après elle des cicatrices analogues à celles de la variole.
Elle est caractérisée par le développement de nodosités saillantes rouges ou violacées dont le centre se recouvre d'une sorte de croûte jaunâtre, eschare superficielle très adhérente ; lorsqu'on extirpe cette croûte, on trouve au-dessous d'elle une dépression à peine suintante, régulièrement arrondie et profonde, qui se transforme plus tard en une cicatrice blanche de même forme et persistante.
Les éléments d'acné nécrotique varient de 1 à 5 ou 6 millimètres de largeur ; ils se développent par poussées, comprenant un nombre variable d'éléments et occupent certaines régions d'élection : le front, à la bordure des cheveux, le sommet du crâne lorsqu'il est déjà en partie dénudé, le nez, les sillons naso-géniens-, plus rarement les autres parties de la face ou le thorax.
Les récidives se reproduisent pendant des années et parsèment les régions atteintes de cicatrices irrégulières et dépilées.
Cette affection n'a avec la syphilis d'autre rapport qu'une analogie extérieure avec certaines syphilides papuleuses et papulo-croûteuses. Elle est plus fréquente chez l'homme que chez la femme. Elle s'observe particulièrement chez des sujets arthritiques, atteints ou non de troubles dyspeptiques.
La nature microbienne ou toxique de ses lésions n'est pas déterminée et en réalité son étiologie est fort mal connue.
Traitement. — Le traitement interne de l'acné nécrotique consiste, en raison du terrain diathésique sur lequel elle se développe, dans l'emploi des alca-
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lins à doses modérées. C'est à tort et par suite de la confusion avec les syphilides qu'on a, eu recours au traitement mercuriel, lequel est sans effet sur l'acné nécrotique; par contre, les iodures, qui exaspèrent la plupart des autres formes d'acné, semblent avoir parfois une influence favorable sur celle-ci.
Les troubles digestifs doivent également être traités et on a souvent à recourir à l'emploi des antiseptiques intestinaux.
. Le traitement local consiste essentiellement dans l'emploi des émollients et en particulier des pulvérisations tièdes de liquides antiseptiques pour faciliter la chute des eschares, et dans l'emploi des préparations antiseptiques faibles: vaseline boriquée, lotions avec une solution de sublimé au 1 /000, de phénosalyl à 1/300 ou à 1/500, etc. Les applications soufrées et en particulier les lotions soufrées et les pommades soufrées à 5 ou 6 0/0 semblent également utiles.
Il faut bien savoir que ces modes de traitement externe ne guérissent pas l'acné, n'empêchent pas le retour de ses poussées : ils font disparaître les lésions développées, facilitent leur réparation, mais n'ont pas d'effet appréciable sur la maladie ellemême. L'usage prolongé des préparations antiseptiques et soufrées, aidé de la médication alcaline et de l'antisepsie intestinale, doit être cependant conseillé à titre préventif.
Les lésions ont tendance à se réparer rapidement après la chute des croûtes; parfois même avant leur chute l'épiderme recouvre déjà toute la dépression sous-jacente. Sauf dans des cas tout à fait exceptionnels, où il persiste des ulcérations, il n'y a aucun avantage et il peut y avoir inconvénient à faire des
ACNÉ CHÉLOÏDIENNE lt>«>
cautérisations énergiques avec le nitrate acide de mercure, et en pareil cas nous donnons la préférence aux cautérisations ignées.
ACNÉ CHÉLOÏDIENNE Exposé clinique et étiologique . — On donne le
nom d'acné chéloïdienne, de sycosis chéloïdien ou de chéloïde acnéique à une affection caractérisée par le développement de folliculites suppurées présentant les caractères de l'acné et s'accompagnant de la production de masses de tissu fibreux semblables aux chéloïdes. Cette affection a pour siège la partie supérieure de la nuque, à la limite du cuir chevelu.
Elle débute par une inflammation portant sur plusieurs follicules pileux voisins avec infiltration profonde du derme et pustules peu volumineuses analogues à celles de l'acné simplex, centrées par un poil; l'infiltration dermique, au lieu de rester limitée au pourtour de ces pustules, s'étend à leur voisinage, formant une traînée dure, allongée ou irrégulière qui offre les caractères de la chéloïde.
Cette affection s'observe surtout chez l'homme ; la pression du faux-col semble contribuer à lui donner ses caractères spéciaux ; son étiologie se confond avec celle de l'acné, dont on trouve d'ailleurs des éléments sur d'autres points des téguments ; c'est en réalité une chéloïde de siège particulier succédant à une lésion acnéique. Les causes de la production du tissu chéloïdien sont aussi mal déterminées que celles des chéloïdes d'autres sièges et d'autres origines.
Traitement. — Le traitement de l'acné chéloïdienne
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se confond au début avec celui de l'acné et plus tard avec celui des chéloïdes.
Les lésions acnéiques de la nuque doivent être traitées avec soin dès leur apparition, et ainsi on empêchera dans un certain nombre de cas leur transformation chéloïdienne.
Les badigeonnages de teinture d'iode, les lavages avec l'eau chaude et le savon au soufre, à l'ichthyol, au naphthol, les lotions soufrées, les lotions avecune solution de sublimé sont particulièrement à recommander pour ce traitement préventif. Nous avons la conviction d'avoir, par ces applications et par la suppression de toutes les causes d'irritation (faux-cols trop élevés, etc.) empêché la transformation chéloïdienne dans quelques cas d'acné de la nuque.
Lorsque la chéloïde est développée, son traitement ne diffère pas de celui des lésions analogues occupant d'autres régions : nous renvoyons au chapitre Chéloïde (T. II, p. 70) pour les indications de ce traitement, dans lequel nous recommandons spécialement les scarifications, l'emplâtre de Vigo, les emplâtres résorcinés et salicylés .