AXONGE
auteur l'a vantée dans l'eczéma séborrhéique, dans le lupus, dans la gale, la trichophytie cutanée, etc. Dans ces diverses affections elle était employée sous forme de pommade à 10 ou 20 0/0.
Actuellement l'aristol n'est plus utilisé qu'à l'état de poudre, comme succédané de l'iodoforme, dans les ulcérations de diverses natures ; on ne peut nier qu'il agisse favorablement sur ces lésions. M. Brocq l'a même employé avec succès dans les ulcérations cancéreuses.
Les emplâtres à l'aristol ne nous ont jamais paru présenter d'avantages appréciables sur les emplâtres au dermatol ou sur lesemplâlres adhésifs simples.
Axonge.
L'axonge, ou graisse de porc purifiée, entrait dans la composition de presque toutes les pommades avant l'emploi de la vaseline et de la lanoline. Elle tend de plus en plus à être remplacée par ces deux graisses, qui ont sur elle l'avantage de ne pas subir de décomposition chimique. Celles-ci ne peuvent cependant pas toujours lui être substituées : il est des sujets, atteints de dermatoses inflammatoires, qui ne peuvent supporter ni la vaseline ni la lanoline et chez lesquels l'axonge, fraîchement préparée, est le seul topique innocent; il en est ainsi particulièrement dans les eczémas aigus et dans certains psoriasis très irritables tendant à se généraliser.
L'axonge doit toujours être employée fraîche, préparée par la fusion à température douce de panne de porc tué depuis peu et passée à travers un linge après sa fusion. Elle doit être renouvelée tous les trois à quatre jours.
L'addition de 5 grammes de teinture de benjoin par kilogramme (axonge benzoïnée) permet de la conserver plus longtemps sans altération.
Bains.
Les bains sont fréquemment employés en dermatologie.
Ils peuvent servir à nettoyer les surfaces malades, à les débarrasser des restes de pansements antérieurs ou des sécrétions accumulées à leur surface, à exercer sur les lésions cutanées une action calmante ou substitutive, enfin à agir sur la nutrition générale, à titre de sédatifs ou d'excitants. De ces derniers nous n'avons pas à nous occuper ici.
Les effets des bains dans les affections cutanées varient considérablement suivant leur durée, leur température, leur composition chimique.
La durée du bain doit généralement être courte, ne pas dépasser 20 à 25 minutes. Cette règle ne doit surtout pas être enfreinte dans les dermatoses exsudativeset irritables, dans lesquelles un bain trop long provoque souvent des poussées inflammatoires intenses.
Dans les affections squameuses, le psoriasis en particulier, les bains prolongés, durant 5 à 6 ou 8 heures, procurent souvent une amélioration très notable.
Enfin dans les dermatoses généralisées et graves, le pityriasis rubra, la dcrmatite exfoliatrice, le pemphigus foliacé, les bains continus ont élé mis en honneur par l'École de Vienne: les malades séjournent dans le bain pendant plusieurs semaines et plusieurs mois. Il faut bien dire que les essais de
bains continus, tentés à plusieurs reprises en France, notamment par Lailler et par M. Besnier, n'ont pas été encourageants : l'installation faite à l'hôpital Saint-Louis d'un appareil à bains continus et à température constante est restée depuis plusieurs années sans emploi.
On sait cependant qu'à Louèche les bains continus de piscine sont parfois utilisés avec succès.
La température du bain ne doit pas être trop élevée, sous peine de produire des exacerbations dans les dermatoses irritables: le bain tiède, de 32 à 35°, est le plus convenable.
La composition chimique du bain a une influence non moindre.
Les bains simples, à l'eau de source ou à l'eau de pluie, ont peu d'indications dans les dermatoses; ils sont uniquement détersifs et sédatifs et, lorsqu'il n'y a pas à remplir d'indications spéciales, il est préférable de prescrire des bains émollients.
Ceux-ci conviennent dans les dermatoses irritables, dans les eczémas, dans les éruptions artificielles, dans les cas d'urticaire justiciables de la balnéalion.
•Les bains émollients sont les bains d'amidon, de son, de gélatine.
Les bains d'amidon se préparent en délayant 200 à 500 grammes d'amidon dans de l'eau dégourdie pour le faire gonfler, puis dans de l'eau chaude qu'on verse dans le bain.
Les bains de son se préparent en faisant bouillir 1 à 2 kilogrammes de son dans de l'eau, ou mieux en le renfermant dans un nouet de linge qu'on plonge dans le bain et qu'on malaxe de temps à autre jusqu'à ce que l'eau ait pris un aspect trouble.
Les bains de gélatine se préparent en faisant dissoudre 250 à 500 grammes de colle de Flandre dans 10 litres d'eau bouillante, qu'on verse dans la baignoire. Ces bains sont souvent beaucoup mieux supportés que les précédents dans les dermatoses suintantes.
Les bains calmants, de tilleul, de valériane, de feuilles d'oranger, etc., se préparent en faisant infuser 1 kilogramme de ces substances dans 10 litres d'eau qu'on ajoute au bain. Ils [sont quelquefois utiles dans les dermatoses prurigineuses, chez les sujets nerveux.
Les bains médicamenteux proprement dits sont les bains alcalins, les bains sulfureux, les bains salés, les bains de sublimé et les bains vinaigrés.
Les bains alcalins se préparent en faisant dissoudre 100 à 250 grammes de sous-carbonate de soude dans l'eau du bain. Us sont souvent irritants et doivent être réservés aux dermatoses sèches.
Les bains au borate de soude (50 à 250 grammes pour un bain) sont souvent employés par M. Besnier et donnent en particulier de bons résultats dans les formes sèches de l'eczéma séborrhéique.
Les bains sulfureux, dits bains de Barèges, renferment 100 grammes de trisulfure de potassium. Pour se rapprocher davantage de la composition des eaux de Barèges il faudrait, d'après M. Dujardin- Beaumetz (1), faire usage du mélange suivant :
Trisulfure de sodium cristallisé 60 gr.
Chlorure de sodium cristallisé 60
Carbonate de soude 30
On dissouL d'abord ces substances dans 1 litre
(l) L'art de formuler . Paris, 1894, p. 225.
■d'eau chaude qu'on verse dans la baignoire après dissolution complète. Les bains sulfureux, très employés dans les dermatoses parasitaires, ne doivent être prescrits qu'avec précaution dans les autres affections cutanées; ils sont à rejeter de la thérapeutique des dermatoses irritables ou suintantes.
Les bains salés (5 kilogrammes de sel gris), comme les bains d'eau de mer et d'eau de salines, sont très utiles dans les dermatoses en relation avec le lymphatisme, mais ne doivent pas être prescrits dans les formes suintantes de ces dermatoses.
Les bains de sublimé nous paraissent avoir plus d'inconvénients que d'avantages. Ils ne doivent jamais être prescrits chez les sujets présentant des effractions épidermiques par lesquelles pourrait se faire une absorption du sel toxique. Quelques ailleurs les préconisent encore dans les affections parasitaires de la peau, dans lesquelles nous les proscrivons pour ce motif; on les a vantés égalemenl dans le psoriasis. La dose de 15 grammes de sublimé et de sel ammoniac, généralement indiquée par les -auteurs, nous paraît trop élevée, et nousconseillons, lorsqu'on croira devoir recourir à ces bains, de ne jamais dépasser 8 à 10 grammes de sublimé.
Les bains vinaigrés, quelquefois utiles dans les dermatoses prurigineuses, se préparent en versant 1 litre de vinaigre simple ou aromatique dans l'eau du bain qui peut être un bain simple ou un bain de son ou d'amidon.
Nous avons, dans le cours de ce chapitre, suffisamment indiqué les inconvénients que les bains peuvent présenter dans diverses affections, pour n'avoir pas •a formuler de nouveau des réserves sur leur emploi dans certains cas où ils sont trop souvent prescrits
BASSORXNE
de façon banale au détriment des malades. Nous avons d'ailleurs, à propos des dermatoses en particulier, indiqué déjà les contre-indications à l'emploi des bains et les inconvénients qu'ils pouvaient présenter.
Nous insisterons une fois de plus ici sur les soins à prendre au sortir du bain. Dans les dermatoses suintantes, les malades ne doivent pas être soumis à des frictions trop vigoureuses : l'assèchement du tégument sera obtenu au moyen de linges fins sans exercer de frottements; de plus, le pansement sera réappliqué aussitôt que possible, afin d'éviter La dessiccation des sécrétions et la formation des croûtes. Ces deuxprécautions sont indispensables pour ne pas provoquer une exacerbation que le bain peut déjà produire à lui seul.
On prépare, en Amérique, avec le mucilage retiré de la gomme Bassora, une pâte dont voici la formule :
Celte pâte est de couleur fauve, inodore, de réaction neutre, se desséchant à l'air. Etendue en couche mince, elle constitue une sorte de vernis très adhérent, qui n'irrite pas la peau.
On peut lui incorporer des goudrons, de l'oxyde de zinc, des poudres inertes, de l'ichthyol, etc.
Elliot(l) vante cette préparation dans les affections
(l) Journal qf Cutaneous and Genito-Urinan/ Diseases, 1891, p. 48, et 1802, p. 181.
Bassorino (Pâte de).
Bassorine Dextrine.
Glycérine Eau
48 gr.