CAOUTCHOUC -U
indications le traitement de l'eczéma, T. I, p. 387), et à celui de quelques formes suintantes de prurigo de Hebra avec lésions eczématiformes. L'application du caoutchouc calme le prurit; de plus, sous son influence, les sécrétions pathologiques sont d'abord exagérées, prennent souvent une odeur nauséeuse, la peau devient rouge vif et est macérée; au bout de quelques applications, les sécrétions deviennent moins abondantes et moins odorantes, la peau est d'un rouge moins vif et se recouvre d'une couche épidermique lisse; plus tard, la sécrétion est presque nulle, la peau devient rosée, le revêtement épidermique plus épais. On peut alors cesser les enveloppements et recourir à d'autres modes de traitement.
Il est indispensable, quand on pratique les enve-. loppements caoutchoutés, de changer le caoutchouc dès que le suintement est abondant et que le malade commence à éprouver une sensation de prurit; au début, le pansement doit être renouvelé plusieurs fois par jour, suivant l'abondance des sécrétions; au bout de quelques jours, il suffit de le changer matin et soir. A chaque changement de pansement, on doit nettoyer doucement, avec un linge fin ou un tampon d'ouate hydrophile imprégné d'une solution antiseptique faible, et sans frotter, les parties malades et réappliquer rapidement le caoutchouc : si on tardait trop à le faire, on verrait les sécrétions se concréter en croûtes plus ou moins épaisses, la peau s'enflammer de nouveau avec intensité et on perdrait en peu d'heures le bénéfice du traitement antérieur.
A la fin du traitement, il y a au contraire avantage à espacer les applications du caoutchouc de linéiques heures pendant lesquelles on recouvre les
CAouTciion:
parties-malades de pommade ou de poudres inertes préparant ainsi le changement de traitement.
Chez les sujets à peau fine et irritable, il est quelquefois utile, surtout au début du traitement par le caoutchouc, alors que les sécrétions sontabondantes, d'interposer, entre la peau et le tissu imperméable, des linges fins, toile, mousseline ou tarlatane sans apprêt, imbibés d'eau boriquée faible et bien étanchés (Besnier), qui absorbent ces sécrétions; niais jamais on ne doit appliquer d'autres topiques, poudres ou pommades, sur les surfaces qui doivent être recouvertes de caoutchouc.
On doit avoir soin de ne pas appliquer le caoutchouc au delà des limites de l'affection à traiter; les sécrétions provenant des surfaces malades, retenues par l'enduit imperméable, risqueraient d'irriter les parties saines de la peau et de provoquer une extension de la lésion première.
L'enveloppement de caoutchouc peut être réalisé soit au moyen de caoutchouc pur (feuille anglaise), soit au moyen de toile caoutchoutée : cette dernière est préférable au caoutchouc pur; elle doit être mince, sufiisammentsouple ; lorsqu'elle n'est enduite de caoutchouc que sur un côté, c'est celui-ci qui doit être appliqué sur la peau. Pour éviter qu'il ne prenne de l'odeur, le tissu doit, après chaque application, être lavé à l'eau froide, simple ou boriquée, sans savon (Besnier), et séché à l'air : aussi les malades doivent-ils se pourvoir d'une quantité de lissu caoutchouté suffisante pour permettre la remise en état de propreté de celui qui a été employé aux pansements précédents.
Pour le tronc et la partie supérieure des membres, l'enveloppement peut être fait avec la toile taillée