ENVELOPPEMENTS -,J
ment. On réserve cependant plus spécialement ce ternie aux pansements humides appliqués sur les surfaces malades et aux applications de tissus imperméables, destinés à empêcher l'évaporation des diverses sécrétions cutanées et dont le caoutchouc est Le type (voir ce mot, p. 206).
Les enveloppements humides sont employés dans les dermatoses suintantes et dans les dermatoses irritalives à la période inflammatoire.
Ils peuvent avoir pour but de mettre au contact des parties malades des substances antiseptiques, d'absorber leurs sécrétions, et de maintenir les surfaces malades dans des conditions de chaleur et d'humidité qui favorisent la résolution des phénomènes inflammatoires.
La première indication est remplie par les solutions de sublimé à 1 pour 1000, 2000 ou 4000, par les solutions de phéno-salyl à 1 pour 300 ou pour 500, par l'eau boriquée,par la solution de salicylate de soude à 2 0/0 additionnée de 1 0/0 de bicarbonate de sonde (Besnier).
Pour remplir les deux autres, on peut employer à peu près indifféremment l'eau bouillie, les décoctions de camomille, de fleurs de sureau. Dans les eczémas aigus de l'enfance, M. Besnier emploie fréquemment l'eau amidonnée et boriquée (une cuillerée abouche d'amidon etune cuillerée à café d'acide borique pour deux verres d'eau tiède).
Des compresses de toile line, ou mieux encore des doubles de tarlatane sans apprêt, ou un morceau de lint sont trempés dans le liquide choisi, puis exprimés de façon à enlever L'excès du liquide et posés à. plat, sur les surfaces à recouvrir. Par-dessus, on applique, pour empêcher l'évaporation, soit une
ÉPIDERMINE
feuille de gutta-percha laminée, soil un morceau de taffetas gommé souple ou de makintosch, qu'on maintient au moyen d'une bande ou de tout autre pansement approprié à la forme de la région.
Les enveloppements humides doivent être renouvelés au moins une fois par jour, plus souvent si les sécrétions sont abondantes.
Il s doive ni être supprimés lorsque l'épiderme prend une teinte blanche, qui dénote sa macération, cl perd de son adhérence; si les téguments s'irritent au contact des enveloppements humides, on doil Chercher si l'irritation provient des substances en solution dans les liquides employés ou simplement du contact prolongé de corps humides, et, dansée dernier cas, changer le mode de traitement.
Kplderraine,
H. V. Hebra el S. Kohn (1) donnent ce nom à un mélange de :
Cire
Gomme arabique
Glycérine
Eau distillée ....
préparé à chaud. Ce mélange forme une masse demifluide, d'aspect laiteux, à laquelle on peut incorporer divers médicaments et qui, appliquée sur la peau eu couche fine, s'y dessèche rapidement sous forme , d'une pellicule très adhérente. Celle préparation peut être employée comme vernis médicamenteux dans diverses affections. (Voir Vernis, p. 352.)
(1) Internation. Min. Rundschau, 1892, n° 15.
Épîlation.
L'ablation des poils peut être pratiquée par des procédés multiples : extraction mécanique sans altération préalable de la papille pilaire, agents chimiques et physiques amenant la chute du poil par suite des modifications qu'ils provoquent dans la
papille pilaire.
Chacun de ces procédés répond à des indications
différentes.
L'extraction mécanique est applicable aux affections dans lesquelles la vitalité du poil n'est pas compromise, ou ne l'est pas assez profondément pour qu'on ne puisse espérer sa repousse normale après la guérison de la maladie du poil ou du follicule pilaire. C'est le procédé usuel.
Il est surtout employé dans les affections parasitaires du cuir chevelu.
L'épilation a été surtout mise en honneur dans ces affections par Bazin. Elle permet d'enlever les poils envahis ou entourés par le parasite, d'extraire avec eux un grand nombre d'éléments parasitaires que les agents chimiques du traitement ne pourraient détruire ou stériliser. Mais ce rôle d'élimination du parasite est très incomplètement rempli par l'épilation pour deux raisons : les poils parasités sont souvent plus friables «pie les poils normaux, ils se brisent sons les efforts de traction et la portion du poil qui persiste dans le fond du follicule pilaire renferme encore un nombre considérable de parasites; en outre ceux-ci n'habitent pas toujours exclusivement le poil, ils occupent souvent encore ses gaines qui viennenttrès incomplètement àl'épilation
el la papille pilaire qui n'est pas extraite avec le poil. Malgré ses avantages incontestables, l'épilation des poils malades est donc une méthode très insuffisante de traitement des trichomycoses et ne saurait être mise seule en usage dans ces afl'ections.
Dans le traitement de ces afl'ections, l'épilation n'est pas seulement employée pour avulser les poils malades et les parasites qu'ils renferment. M. Besnier a insisté avec beaucoup de raison sur la nécessité d'enlever non seulement ceux-ci, mais encore les poils sains qui les entourent, de façon à établir autour des parties malades une zone de calvitie artificielle, qui empêche l'envahissement des poils encore respectés, une zone de 'protection et de surveillance, comme il l'appelle ajuste titre. Cette zone doit comprendre une étendue de 5 à 6 millimètres au pourtour de toutes les lésions reconnues par un examen attentif. Les lésions ainsi circonscrites cessent presque toujours de s'étendre ; l'affection est limitée et il ne reste plus qu'à traiter les lésions existantes.
L'épilation mécanique peut encore être pratiquée dans les affections inflammatoires des follicules pilaires: dans les folliculites pilaires, le sycosis, les eczémas des régions velues et surtout de la barbe. Le poil, qui joue le rôle de corps étranger, irrite par sa présence seule le follicule dans lequel il persiste, sert de protection à une foule de microorganismes pyogènes el son extirpation facilite la guérison de ces lésions.
Enfin, dans les lésions diverses de la barbe cl <ln cuir chevelu nécessitant l'emploi de topiques irritants ou des pansements rigoureusemenf antiseptiquesflupus vulgaireou érythémateux, épithéliomas,
chancre syphilitique, etc.), l'épilation pratiquée sur la bordure des lésions, en mettant celles-ci complètement à jour et en permettant de mieux apprécier leurs limites, facilitera les applications locales.
On a parfois reproché à l'épilation de faciliter l'inoculation de lésions suppuratives de voisinage, de provoquer l'éclosion de folliculites au niveau des poils extirpés. Nous croyons cette crainte vaine, ou du moins nous croyons que la pratique rigoureuse des précautions antiseptiques empêche toujours l'apparition de lésions secondaires de quelque importance : la preuve en est clans la limitation des foyers inflammatoires à la suite de l'épilation de voisinage. L'emploi du rasoir pour faire tomber les poils qui entourent un de ces foyers est autrement à redouter que l'épilation.
Vèpilation par les agents chimiques et physiques qui modifient l'état de la papille pilaire est destinée, non plus à faire tomber les poils sans compromettre leur repousse ultérieure, mais à provoquer lachute de poils développés en des régions normalement glabres; c'est essentiellement le traitement des hypertrichoseSj c'est-à-dire de lésions disgracieuses plutôt que de maladies à proprement parler; accessoirement, et dans des circonstances rares, elle peut servir à détruire définitivement des poils que leur situation rend gênante (trichiasis) ou dontles lésions ne peuvent guérir qu'avec une lenteur excessive par des procédés moins radicaux (par exemple, certains eczémas de la barbe indéfiniment récidivants ou des poils trichophytiques disséminés et rebelles au traitement. (Voir T. I, p. 94)
Celte méthode comprend deux procédés: l'emploi
des agents chimiques el ; l'emploi de l'électricité (électrolysej.
Des agents chimiques divers ont été préconisés sous forme de pâtes et de poudres dépilatoires (Voir ce mot, T. II, p. 236) pour faire tomber les poils anormaux : on a espéré qu'ils détermineraient la chute du poil et que, détruisant définitivement la papille pilaire, ils la mettraient dans l'impossibilité de reproduire ultérieurement un nouveau poil. En réalité, ers agents semblent plutôt compromettre l'adhérence du poil à la papille que détruire celle-ci; le poil tombe, mais la papille reste le plus souvent vivante; modifiée dans sa nutrition, elle reproduit encore un poil, el ce poil est souvent plus volumineux et plus résistant que le poil primitif. En outre, ces pâles ont l'inconvénient d'irriter les téguments, de les rendre rugueux et de substituer souvent à l'hypertrichose d'autres altérations non moins disgracieuses. Elles peuvent, à la rigueur, servir à faire tomber des poils follets. Mais leur emploi est, somme toute, très limité par leurs inconvénients.
L'épilalion par l'électrolyse, qui mériterait mieux le nom de tricholyse électrique que celui d'épilation, puisqu'elle consiste dans la destruction des moyens d'adhérence et de reproduction du poil, a remplacé les pâtes épilatoires dans le traitement des hypertrichoses. Elle a sur ces pâtes l'avantage d'agir directement et réellement sur les papilles, de les détruire. Lorsqu'elle est pratiquée avec la prudence nécessaire, elle ne laisse pas à la suite de lésions appréciables de la peau. Son action est dune ù la l'ois plus sûre et plus inoffensive que celle des pâtes dépilatoires. Ses inconvénients sont la longue durée du traitement et les sensations pénibles qu'elle provoque.
ÉPILATION ZKiô
Procédés mécaniques dépllation, - Les poils peuvent être extirpés avec les doigts, avec une pince ou ,au moyen d'emplâtres agglutinatifs.
L'épilation avec le doigt est un procédé rudimentaire et très insuffisant, qui expose à rompre facilement les poils et surtout à ne débarrasser que très incomplètemnt les parties malades.
Les emplâtres agglutinatifs ont été très employés dans le traitement des affections parasitaires du cuir chevelu, pour extirper les cheveux malades : l'antique calotte de poix, dont on recouvrait la tête des teigneux et qu'on enlevait d'un seul coup, était un procédé brutal, justement abandonné. Les bandelettes d'emplâtres agglutinatifs à la poix (voir T. II, p. 253) appliquées sur les parties malades peuvent être employées à titre exceptionnel pour pratiquer une épilafion grossière dans les Irichomycoses : comme nous l'avons dit à propos de la trichophytie et du favus (voir T. I, p. 76 et 91), c'est un pis-aller, préférable à l'abstention complète quand on ne dispose pas d'un aide assez intelligent pour faire fonction d'épileur; mais toutes les fois qu'on peut pratiquer ou faire pratiquer l'épilation à la pince, c'est à elle qu'on doit avoir recours. Les emplâtres, même en bandelettes, sont toujours d'un emploi plus douloureux que la pince, et surtout ne permettent pas de pratiquer au pourtour des lésions une zone de protection indispensable dans le traitement de ces a ffections.
L'épilation à la pince est donc le véritable moyen d'épi lation mécanique.
Les pinces à épi 1er sont des pinces à mors plats, mesurant environ 3 millimètres de long sur S de large; les mors doivent s'adosser exactement l'un à
l'autre sur toute leur étendue et non pas seulement sur leurs bords, qui risqueraient alors de sectionner le poil.
La pince peut être articulée ou à ressort; ce dernier modèle nous parait préférable.
M. Ehlers a imaginé, pour la pince à épiler, une
Fig. 5. — Pince à épiler à ressort.
monture spéciale, constituée par un épais manche métallique en forme de poire, à l'extrémité de laquelle la pince est articulée en genou de façon à se mouvoir en tous sens : cette pince est surtout destinée à empêcher les crampes qui se produisent chez certains sujets après une séance pro-
Fig. 6. — Pince à épiler articulée.
longée d'épilation; elle a l'avantage de se placer automatiquement en main, et nous a paru utile pour extirper les poils attaqués par l'électrolyse, la durée dos séances devenant une cause de l'aligne pour les doigts de la main gauche qui tiennent la pince
Le manuel opératoire de l'épilafion esl assez
simple pour n'avoir pas besoin d'être décrit. Il faut cependant faire remarquer que cette petite opération demande une certaine souplesse de main, qu'elle doit, surtout dans les trichomycoses, se faire sans à-coup, mais bien par une traction lente sur le poil dans la direction même de celui-ci, qui, sans cette précaution, se romprait souvent.
L'avulsion du poil détermine une sensation assez analogue à celle d'une piqûre, plus agaçante que douloureuse : elle ne mérite pas la qualification de torture qu'on lui a parfois donnée. Cependant, surtout chez les enfants, et lorsqu'il s'agit d'établir une bordure d'épilalion autour de plaques étendues de trichomycose, elle peut devenir assez pénible pour ne pas pouvoir être pratiquée entièrement en une seule séance; il convient alors de la fractionner à intervalles convenables. Les anestbésiques locaux ne sont pas applicables à l'épilation : la cocaïne ne pénètre pas ou ne pénètre que difficilement et en petite quantité à travers l'épiderme sain, et la durée de l'opération ne permet pas d'utiliser ses propriétés aneslhésiques ; les goudrons (huile de cade, etc.), l'huile phéniquée, peuvent modérer la douleur de l'épilation; mais il ne. faut pas trop compter sur cet effet et ils ont parfois l'inconvénient d'être irritants.
L'épilation provoque ordinairement, surtout lorsqu'on la pratique pour la première fois, un certain degré d'inflammation des follicules pilaires, se traduisant par l'apparition de très petites pustules à. leur niveau fini Maire d'épilalion). Cette éruption disparait en l'espace de quelques jours, sous l'influence d'applications humides.
Bazin faisait suivre l'épilation de l'application de parasiticides, et spécialement de pommade au tur-
26fi ÉPILATION PAR L'ÉLECTROLYSE
bith. Cette pratique est à peu près abandonnée : elle a l'inconvénient d'exagérer l'intensité de la miliaire d'épilation. Il est préférable de laver la surface épilée avec une solution de sublimé, ou de l'eau boriquée, ou mieux encore avec de l'alcool boriqué ■ou salolé; après les premières séances d'épilation, il est souvent utile d'appliquer pendant quelques heures un pansement humide au sublimé ou à l'acide borique et même, si l'inflammation atteint une certaine intensité, de faire mettre quelques cataplasmes de fécule de pommes de terre; après quoi, on panse pendant un jour ou deux avec la vaseline boriquée.
Lorsque l'inflammation fait défaut, ou après sa disparition, on fait exécuter le traitement nécessité par la maladie qui a fait recourir à l'épilation.
Épilation par l'électrolyse.
L'électrolyse a été appliquée pour la première fois à la destruction des follicules pileux par L. Le Fort, qui s'en servait pour le traitement du trichiasis. Elle a été utilisée, dans ces dernières années, pour le traitement des diverses hypertrichoses par les dermatologistes américains. L'épilation électroly tique a été vulgarisée en France par M. Brocq (1), qui a fixé les règles de son emploi.
Les instruments nécessaires pour l'épilation éleclrolytique sont ceux employés pourrélectrolyse en général. Il faut cependant mentionner spécialement les aiguilles. La plupart des dermatologisles se servent d'aiguilles en platine iridié. Avec M. Dubreuilh (2).
(1) Bulletin de la Société médicale des hôpitaux, 1886, p. 248. el 1888, p. 147. — Bulletin de la Société de dermatologie. 1891, p. 198.
(2) Journal de médecine de Bordeaux. 14 juin 1891.
ÉP IL ATI ON PAR l'ÉLECTROLYSE 267
nous trouvons les aiguilles en acier de beaucoup préférables : on obtient ainsi des instruments beaucoup plus fins, et la finesse de l'aiguille est, indispensable pour pénétrer dans le conduit folliculaire de certains poils très minces, comme ceux de la lèvre supérieure. On n'a pas à craindre une détérioration rapide des aiguilles d'acier, celles-ci étant toujours reliées au pôle négatif, et d'ailleurs leur bas prix permet de les remplacer dès qu'elles sont altérées; la seule difficulté est d'obtenir une bonne trempe des aiguilles qui, lorsqu'elles sont flexibles, se laissent courber pendant l'opération, et lorsqu'elles sont trop dures, risquent de se briser.
On a proposé des aiguilles munies d'un index qui permet de reconnaître la profondeur à laquelle elles sont enfoncées : cette disposition augmente le prix des aiguilles. Elle est d'ailleurs inutile si on se sert d'aiguilles coudées à un centimètre de leur pointe, comme l'a proposé avec raison M. Brocq : la coudure à angle obtus ou mieux à angle droit facilite beaucoup l'introduction de l'aiguille.
Quant aux porte-aiguilles métalliques et volumineux qui sont employés par quelques opérateurs, nous en rejetons absolument l'emploi : ils sont toujours pesants et gênants dans une opération qui exige de la dextérité et une grande sûreté de main. L'aiguille doit donc être montée simplement sur une pièce métallique aussi légère que possible, cylindrique ou à pans coupés, de 3 à A millimètres de diamètre sur 11/2 à 2 centimètres de longueur, percée d'une embouchure centrale dans laquelle s'engage la barrette terminale du fil conducteur. L'aiguille elle-même doil mesurer environ A centimètres. (Voir p. ~2 \\.
^68 ÉPILATION PAR L ELECTROLYSE
Le courant électrique traversant presque exclusivement la pointe de l'aiguille, en vertu de la loi bien connue d'électricité et en raison de la résistance moindre au niveau de la papille pilaire qu'au pourtour du conduit pilaire, il est inutile de l'isoler électriquement dans son trajet intra-épidermique au moyen d'un vernis ou de toute autre substance qui augmenterait son volume sans aucun profit.
A l'instrumentation ordinaire il faut ajouter une pince à épi 1er pour extraire les poils opérés, et, pour celle opération, nous donnons la préférence à la pince à manche de Ehlers qui tient très bien en main.
Manuel opératoire. — Le sujet étant placé bien en face du jour, de préférence étendu lorsqu'il s'agit d'une hypertriçhose de la face, et tenant en main le cylindre-éleclrode, on introduit l'aiguille le long du poil, comme pour cathétériser le conduit pilaire, suivant la très juste comparaison de M. Broeq ; lorsqu'elle est exactement conduite, elle glisse le long du poil, et la main n'éprouve de résistance qu'au moment où la pointe de l'aiguille arrive au fond du follicule, au niveau de la papille ; il faut alors s'arrêter, pour ne pas pénétrer dans le derme sur lequel il est inutile et dangereux de faire agir le courant: si on éprouvait une résistance insolite avant d'avoir atteint le niveau présumé de la papille, — ce dont la coudure de l'aiguille servant de repère permet de s'assurer, — c'est qu'on aurait fait une fausse route à travers le derme ; il faudrait retirer l'aiguille cl l'introduire à nouveau. Lorsqu'on a atteint le fond du follicule et que le courant est établi, on doil bien se garder d'exercer une pression sur l'aiguille : elle dépasserai! le niveau du follicule, pénétrerait plus
ÉPILATION PAU l'électrolyse 269 facilement qu'avant le passage du courant et on risquerait de provoquer des lésions du derme.
L'aiguille étant en place, on manœuvre — ou on fait manœuvrer par un aide — le collecteur de la pile, de façon à obtenir un courant de 2 à h milliampères. 11 est inutile de dépasser ce dernier chifire, et il peut être dangereux de le faire, les courants trop intenses ayant le grave inconvénient de provoquer une désorganisation trop violente des tissus avoisinants et de produire des cicatrices.
La manœuvre du collecteur exige toujours un certain temps; elle réclame presque nécessairement la présence d'un aide, et cet aide doit à chaque manœuvre prendre soin de ne pas dépasser l'intensité voulue. Son seul avantage est de fournir un courant d'intensité progressivement croissante, déterminant une sensation moins pénible qu'un courant maximum d'emblée. Cette dernière considération peut avoir quelque importance chez les sujets très nerveux et surtout pendant les premières séances .d'électrolyse. Sauf dans ces cas, on peut remplacer la manœuvre du collecteur par d'autres procédés de fermeture et d'ouverture du courant : M. Brocq a proposé dans ce but fie faire établir et interrompre le courant par le malade lui-même qui, sur l'ordre de L'opérateur, saisit le cylindre-électrode au moment où l'aiguille est en place, et le fait progressivement et lentement pour éviter les secousses brusques, et le lâche alors que le poil est défruit. Cet expédient ne nous a pas paru met I re à l'a bri des secousses brusques et réclame de la part des malades une attention et une obéissance parfois difficiles àobfenir. Nous préférons de beaucoup l'interruption faite par le médecin lui-même, et, pour ne pas entraver la