‹ Thérapeutique des maladies de la peauChapitre 171 sur 201 · ÉPILATION PAR L'ÉLECTROLYSE · texte numérisé non relu

ÉPILATION PAR L'ÉLECTROLYSE

des poils, de commencer par en attaquer un petit nombre sur différents points de la surface hypertrichosique, et d'attendre une quinzaine de jours pour observer les effets obtenus.

Les inconvénients de l'épilation électroly tique sont : la repousse d'un certain nombre, un dixième au moins, des poils opérés, qu'il faut attaquer à nouveau; l'impulsion donnée par l'irritation électrique à la poussée des poils peu volumineux, à peine apparents, poils follets qui deviennent adultes el qu'il faut détruire après ablation de la première couche de poils, quelquefois même la pousse successive de deux et Irois couches nouvelles; enfin la longue durée du traitement, qui demande des séances très multipliées, en raison du nombre relativement faible de poils qu'on peut opérer à chaque séance.

Malgré ces inconvénients, l'épilation éleclrolylique est actuellement le seul moyen radical de destruction des poils. Elle doit, chez les sujets qui veulent être sûrement débarrassés d'une hypertrichose, être préférée de beaucoup à l'emploi des pâtes dépilatoires, qui altèrent le tégument, ne détruisent qu'une infime proportion de poils, et exagèrent la croissance des autres, à l'épilation par la pince et à la rasure qui activent d'une façon prodigieuse la pousse des poils et leur font acquérir rapidement des dimensions considérables.

indications. — L'épilation électrolytique peut être appliquée aux diverses variétés d'hypertrichose. Elle est surtout indiquée dans les hypertrichoses localisées, dans les cas où un petit nombre de poils volumineux se sont développés sur le visage d'une femme jeune ou aux régions mammaire et intermammaire, ou sur un naevus pigmentaire. Lorsque les poils exis-

EUHOPHÈNE

tenten grand nombre sur le visage elle peut^core être proposée aux femmes qui veulent a tout prix Tel débarrasser, mais le médecin doit les prévenir explicitement de la durée extrêmement longue du traitement.

Eupliorine.

L'euphorine ou phényluréthane s'obtient par l'action de Téther cbloroxycarbonique sur l'aniline. C'est une poudre blanche, d'odeur aromatique rappelant celle du clou de girofle, assez soluble dans un mélange d'eau et d'alcool. Elle a été préconisée par Peroni et Bovero (1) et par Cao (2) dans les ulcéralions vénériennes et syphilitiques, comme succédané de l'iodoforme, dans les eczémas aigus et chroniques, dans la tuberculose cutanée, la trichophytie, le zona, etc Elle a été employée sous forme de poudre, de solution alcoolique de 10 à 50 0/0, de pommades à doses de 10 à 20 0/0.

Nous n'avons aucune expérience de cette substance.

Europhène,

Cette substance, résultant de l'action de l'iode sur l'isobutylorthocrésol, est une poudre amorphe, de couleur jaune, d'odeur aromatique rappelant un peu celle du safran. Elle a été surtout préconisée comme succédané de l'iodoforme dans le traitement des ulcérations vénériennes et syphilitiques. Elle a été employée avec plus ou moins de succès dans les

(1) Giomale délia R. Accad. di medic. di Torino, 1891, p. 30 J.

(2) Riforma medica, 18, 19 et 21 novembre )892.

z'4 GALLA.MIL

ulcérations tuberculeuses, le pityriasis versicolore la trichophytie des parties glabres de la peau, la lèpre. Eichhoff (1) lui dénie toute influence dans les eczémas parasitaires, le psoriasis et le favus. Elle a été utilisée sous la forme de poudre pure, de pommades à 2 ou S 0/0, etc.

Nous ne croyons pas que cette substance ait été expérimentée en France.

Gallacélophénone.

Le gallacélophénone est un trioxybenzol se rapprochant de l'acide pyrogallique, mais moins oxydable que ce dernier, se présentant sous l'aspect d'une poudre légèrement jaune qui cristallise facilement en aiguillés, à peine soluble dans l'eau froide, facilement soluble dans l'eau chaude, l'alcool, l'éther et la glycérine. Il a l'avantage de ne pas tacher le linge.

Rekowski (2) et Goldenberg (3) en ont obtenu de bons résultats dans le psoriasis et dans l'eczéma séborrhéique, en pommade à 10 0/0.

Nous n'avons aucune expérience de cette substance.

Gullanol.

On a donné ce nom à l'anilide de l'acide gallique, connu à l'état impur dans l'industrie sous le nom de gallol, et purifié pour l'usage médicinal.

(1) Therapeutische Monatshefte, 1891, p. 379 et Monatsh. f. prakt. Dermat. 1893, XVII, p. 312.

(2) Therapeutische Monatsh., 1891, p. 487.

(3) New-York medic. Journal, G février 1892, p. 153.

GLYCÉROLÉS

Ce corps, cristallin, blanc, 1res peu soluble dans l'eau froide, esl soluble dans l'alcool et L'étker.

Il jouit de propriétés réductrices et a été van lé, en pommades à 10 0/0 et à 25 0/0, dans le psoriasis et dans l'eczéma, par MM. Cazeneuve et Rollet (1). Ses effets nous ont paru des plus médiocres.

Glycérine.

La glycérine est fréquemment employée pour lubréfier le tégument chez les sujets à peau sèche, lïlle peut être mêlée à l'eau de toilette ou servir en mictions, étendue de 1/2 ou 3/4 d'eau, après la toilette, dans les cas de séborrhée légère du visage (dartres farineuses, dartres sèches). Dans l'ichthyose et la xérodermie pilaire, les onctions de glycérine servent encore à maintenir la souplesse du tégument H à empêcher la reproduction des squames après le traitement de ces maladies (Lailler); mais les onctions deglycérolé d'amidon sont préférables.

On doit avoir soin de ne se servir que de glycérine rigoureusement neutre, cette substance s'altérant avec une grande facilité et devenant alors irritante pour la peau.

Glycérolés ou glycérés.

On donne le nom de glycérolés ou glycérés à des pommades à base de glycérine; ces préparations, un peu trop fluides pour beaucoup d'applications, adoucissent le tégument comme la glycérine, à la condition de n'être pas altérées.

(t) Lyon médical, 9 avril 1893, p. 507.

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