‹ Thérapeutique des maladies de la peauChapitre 182 sur 201 · POMMADES · texte numérisé non relu

POMMADES

peau, coulent sur les parties déclives et adhèrent aux vêtements qu'elles salissent. Lorsqu'on fait usage, sur les parties couvertes, de pommades peu consistantes, on doit le plus souvent saupoudrer d'amidon ou d'une poudre inerte les surfaces enduites de pommades et toujours appliquer un linge de toile fine qui est maintenue par une bande souple ou par la pression des vêtements.

Les pommades ne doivent, sauf contre-indication, être appliquées qu'après lavage des parties malades; celles-ci doivent, en outre, être asséchées avec les précautions voulues, les corps gras n'adhérant pas aux surfaces humides.

Les pommades doivent surtout leur action aux substances qu'on leur incorpore.

Cependant l'excipient est loin d'être toujours indifférent : l'axonge rance devient irritante, la vaseline et la lanoline ne sont pas toujours supportées par les téguments même lorsqu'elles sont additionnées de substances émollientes ou résolutives. Aussi fautil tenir compte de ces susceptibilités dans la prescription des pommades.

La lanoline, en raison de son absorption réelle ou supposée, est plus spécialement employée lorsque les substances qui entrent dans la composition de la pommade doivent agir sur les couches profondes du tégument ; la vaseline, qui n'est jamais absorbée, est réservée aux pommades qui doivent agir directement et uniquement sur les couches superficielles.

L'association de la vaseline et de la lanoline en proportions variables suivant la teneur en substance active permet de modifier suivant les besoins la consistance de la pommade.

L'addition d'essence de violettes, de roses, de

POUDRES dUJ

mille-fleurs, de teinture de benjoin, etc., permet de donner aux pommades une odeur qui convienne au malade : c'est là un point qui ne doit pas être négligé avec certains sujets, surtout lorsque la pommade doit être appliquée sur les parties découvertes et qu'elle renferme des substances pourvues d'une certaine odeur.

Pour les pommades à appliquer sur la face, Brooke (1) conseille l'addition d'une matière colorante (rouge d'Arménie et ambre naturel) non irritante en proportions convenables pour imiter le teint du sujet.

Poudres.

Les poudres sont surtout utilisées en dermatologie comme absorbants et comme isolants ; elles peuvent aussi servir à modifier l'étatdes lésions sur lesquelles on les applique.

Les poudres usitées sont nombreuses.

Les unes sont des poudres inertes, d'origine végétale ou minérale. Aux premières (amidon, lycopode, arrow-root, etc.) on doit presque toujours préférer les secondes (talc, oxyde de zinc, sous-nitrate et carbonate de bismuth, craie, kaolin, carbonate de magnésie, etc.), qui ont l'avantage de ne pas fermenter sous l'influence des sécrétions cutanées. Les poudres à base de sels plombiques doivent être rejetées, en raison des phénomènes d'intoxication dont elles peuvent être la cause.

L'oxyde de zinc, le carbonate de magnésie donnent des poudres douces, très absorbantes, le talc est

(1) British Journal of Dtrmatology, 1890, p. 186.

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