ACIDE SALICYLIQUE
dans les kératodermies des extrémités, dans les eczémas squameux avec infiltration des téguments.
Acide salicylique .
Oxyde de zinc , J
Vaseline j aa 50 gr.
(Besnier.)
OU
Acide salicylique • 2 o-r
Amidon " , ^ °
Oxyde de zinc j aa 23 gr.
Vaseline 50 gr.
OU
Acide salicylique ^
Amidon ^ n> '
Oxyde de zinc j aa 15 gr.
Vaseline i ^
Lanoline ^ aa 25 g
(Lassar) (1).
(Dans les eczémas avec desquamation modérée et dans les dermatoses inflammatoires à leur période de déclin).
Acide salicylique \
Résorcine ' ^ i
Baume du Pérou \
Soufre précipité 5àl0 et.
Vaseline et axonge ~
a aa 50 gr.
(Besnier)
(Dans les séborrhées sèches).
L'addition de 1 à 3 grammes 0/0 d'acide salicylique facilite l'action des diverses préparations employées contre le psoriasis (Brocq).
Collodion.
Acide salicylique Ià2 gr.
Collodion élastique à l'acétone 10 gr.
(Dans les verrues et les diverses productions épi- Ci) Monatsh. f. prakt. Dermat., 18S3, n° 4.
dermiques de petites dimensions; son emploi est souvent douloureux.)
Emplâtres renfermant 8 à 10 0/0 d'acide salicylique. (Dans les verrues, les cors, les durillons. On les découpe en petites rondelles qui doivent recouvrir actuellement la partie malade sans déborder sur les surfaces voisines.)
Emplâtre renfermant de 0, 50 à 1 0/0 d'acide salicylique pour décaper les placards d'eczéma sec et de \ichen corné.
Emplâtre renfermant 10 0/0 d'acide salicylique, 10 0/0 de résorcine, dans les néoplasies fibreuses, chéloïdes, etc., dans les lupus vulgaires torpi des, dans le lupus érythémateux, — préparations très irritantes qui ne doivent être employées qu'avec grandes précautions, surtout dans le lupus. (Voir T. I, p. loi.)
Salol.
Le salol est une combinaison d'acide salicylique et de phénol, se présentant sous la forme d'une poudre blanche, cristalline, d'odeur aromatique rappelant celle de la rose, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, l'éther et les huiles.
Les propriétés antiseptiques du salol en font un topique très utile contre diverses ulcérations cutanées; il forme une croûte sous laquelle la cicatrisation se fait aseptiquement, mais avec une certaine lenteur.
Le salol est surtout employé à l'état pur pour saupoudrer les ulcérations, ou mélangé aux poudres inertes destinées à protéger les surfaces d'adossement des téguments, principalement chez les enfants.
32G savons
Sa solution alcoolique peut servir a l'antisepsie du tégument non dénudé.
Le salol ne doit jamais être employé en pommades, en raison de sa décomposition sous l'influence des corps gras : le phénol mis en liberté provoque alors des éruptions érythémato-vésiculeuses qui peuvent se généraliser. Ces accidents se produisent parfois à la suite de son emploi en poudre et doivent en faire suspendre immédiatement l'usage.
Savons.
Les savons jouent un grand rôle dans le traitement des maladies de la peau et dans l'hygiène du tégument.
Ils peuvent être à base de potasse (savons mous) ou à base de soude (savons durs).
Les savons mous sont surtout utilisés en raison de leurs propriétés irritantes, pour obtenir la desquamation épidermique, clans le psoriasis, dans le lupus érythémateux, dans les verrues, les nsevi verruqueux, dans les kératodermies ; pour mettre à nu les parasites dans la gale ; pour produire une irritation substitutive dans les acnés, les séborrhées.
Ils s'emploient en nature sous forme de frictions, ou d'emplâtres, ou mélangés à d'autres substances irritantes, ou en solution alcoolique.
Le savonmou de potasse (savon noir du commerce, contenant un excès d'alcali, la plus grande partie à l'état de carbonate) est le plus employé en France ; plus rarement on se sert du savon vert.
Le savon vert français est un savon mou de potasse contenant, comme le savon noir français, un excès d'alcali libre, mais coloré en vert par du sul-
fate d'indigo. Le savon vert allemand est un savon de potasse gélatiné qui a une odeur se rapprochant de celle de l'huile de poisson.
Les frictions au savon noir sont faites comme préliminaire du traitement de la gale.
Elles sont très utiles dans le traitement des acnés pustuleuses : la friction est faite au moyen d'eau chaude et de savon, la mousse de savon ainsi produite est laissée en place pendant un temps variable de 1/2 heure à 5 ou 6 heures suivant l'irritabilité du tégument, puis enlevée au moyen d'eau chaude, et la peau est poudrée à l'amidon. Ce procédé de traitement, véritablement héroïque dans des cas rebelles, est très irritant et doit être surveillé de très près sous peine de voir survenir une inflammation intense. Les frictions ne doivent pas être répétées plus de trois ou quatre jours de suite, et doivent être suivies d'applications émollientes ou résolutives.
Les frictions de savon noir sont encore applicables aux lupus érythémateux non irritables, aux placards de lichen corné, d'eczéma corné, aux kératodermies.
Les emplâtres de savon noir se préparent en étendant sur des pièces de linge ou de flanelle de la dimension exacte des parties à recouvrir une couche de savon de 1 millimètre d'environ d'épaisseur ; ils sont appliqués et maintenus en place au moyen d'un bandage approprié, enlevés au bout de quaLre à six heures suivant l'irritation produite, puis la partie malade est lavée à l'eau chaude et poudrée à l'amidon. Ce traitement, également très irritant, est applicable aux lupus érythémateux non irritables, aux placards de lichen corné, aux kératodermies, aux verrues.
Les savons mous nCèdicincmx sont préparés par addition de soufre, d'huile de cade, au savon noir du commerce.
Savon noir ^ ^
Soufre précipité ( aa 50 gr.
(Bksnier.)
Savon noir .
Soufre précipité • âa 30 gr.
Huile de cade )
(Lailler.)
(Dans les acnés pustuleuses et dans le psoriasis, à appliquer comme le savon noir pur.)
Ces préparations très irritantesne doivent être employées qu'avec les plus grandes précautions, et il est préférable de leur ajouter un tiers de vaseline ou de lanoline.
Savon noir 50 gr.
Pierre ponce finement pulvérisée 30 à 50 gr.
(Excellente préparation pour décaper rapidement des surfaces recouvertes de squames épaisses telles que les placards épais de psoriasis, les formes graves d'ichthyose, etc.).
Ahoolès de savon.
Savon vert. . .
Alcool rectifié
F. digérer et filtrez.
Celte préparation, désignée sous le nom d'esprit de savon de potasse de ffeira, est très employée à Vienne dans le traitement d'un grand nombre de dermatoses (eczémas rebelles, acnés, lupus érythémateux) ; elle est à peu près inusitée en France.
100 gr.
c. . . 15 a 30 gr. Savon noir °
Alcool rectifié Â ^L'
Eau distillée ™
Alcoolat de romarin 15
(Dans les acnés pustuleuses.)
Les savons durs (à base de soucie) sont plus employés que les savons mous. Ce sont ceux qui servent presque exclusivement à la toilette. En thérapeutique, ils sont également utilisés, soit pour les soins de propreté des parties malades, soit additionnés de différentes substances comme agents principaux du traitement.
Les savons durs doivent être neutres et doux à la peau; la plupart des savons de toilette vendus dans le commerce ne répondent pas exactement à ces qualités, et, surtout pour la toilette du visage, sont très loin d'être inofl'ensifs; ils produisent, surtout chez les sujets qui en font un usage très répété, un état rugueux du tégument et des excoriations plus ou moins tenaces, qui disparaissent lorsqu'on emploie des préparations de meilleure qualité.
Le grand défaut de laplupart des savons est d'être trop riches en alcali, trop pauvres en matière grasse ; chez tous les sujets à peau irritable et clans tous les usages thérapeutiques, il y a avantage à employer les savons avec excès de graisse (savons surgras) qui se préparent actuellement d'une façon courante.
l ima, qui a surtout contribué à généraliser ces idées, recommande spécialement la formule suivante de savon, à laquelle il donne le nom de savon fondamental avec excès de graisse (1) :
(1) Samml.ung kliniscTier Vortraege, 1S85
ÔÔU SCARIFICATIONS
Graisse de bœuf très pure 59 33 j?r
Huile d'olives ^'4 '
Lessive de soude à 38° Beaumé 22,2 —
Lessive de potasse n\
Lamollitie (1) n'est autre qu'un savon de potasse et de soude pâteux, surgras; elle se compose de 100 parties de graisse (graisse péri-rénale très pure fraîchement fondue et huile de coco très pure), 40 parties de lessive de potasse mélangée à une petite quantité de lessive de soude et 30 parties de glycérine.
Les savons types précédents se prêtent à l'addition de substances jouissant de propriétés thérapeutiques :
Ichthyol dans les acnés, les eczémas secs;
Soufre dans les dermatophyties, l'eczéma séborrhéique ;
Borax dans les mêmes affections;,
Pierre ponce pulvérisée dans le psoriasis, le pityriasis versicolore ;
Acide salicylique clans les dermatophyties, les séborrhées ;
Ecorce de Panama dans les affections du cuir chevelu;
Naphthol dans les affections du cuir chevelu.
Scarifications.
On donne le nom de scarifications à des incisions du tégument répétées en grand nombre au voisinage les unes des autres.
Volkmann, qui a introduit leur emploi dans la thérapeutique cutanée, se servait d'aiguilles à cataracte, avec lesquelles il ponctionnait en différents sons les
({) Kirsten. Monalsh f.prakt.Dermat. 1886, p. 338.
SCARIFICATIONS
tissus morbides: c'est là la scarification ponctuée encore employée quelquefois pour la diBomon des tubercules lupiques.
Le procédé à peu près seul en usage a 1 heure actuelle est le procédé de Balmanno Sqmre, ou scarifications linéaires, consistant en incisions étendues et parallèles.
indications. - Ce procédé, introduit en France et perfectionné par E. Vidal et par M. Besnier, est employé dans le traitement d'un certain nombre d affections cutanées.
Il a pour but de sectionner les vaisseaux des régions malades : le processus cicatriciel, produit leur rétrécissement, diminue l'afflux du sang, ce qui influence favorablement certaines affections à caractère congestif ou inflammatoire chronique etsurtoul les lésions primitivement et uniquement vasculaires ; de plus, et c'est là l'effet qu'on lui demande dans certaines affections chroniques comme le lupus, il modifie la nutrition des tissus morbides par l'anémie consécutive. Le dégorgement des vaisseaux, la saignée locale, jouent aussi un rôle utile dans certaines lésions congestives, tandis qu'ils doivent être réduits au minimum dans la plupart des autres affections qu'on Lraite par ce moyen.
Les cicatrices vicieuses peuvent être améliorées par les scarifications dans des proportions véritablement étonnantes; elles semblent agir dansces cas en libérant des adhérences et en permettant le déplacement des couches épidermiques, tout en modifiant, par la section des vaisseaux, la nutrition du tissu inodulaire sous-jacent.
Les scarifications linéaires, ont d'abord été appliquées au traitement du lupus vulgaire'- nous avons
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exposé assez longuement, àpropos de cette affection, leurs avantages et leurs inconvénients, leurs^indications et leurs contre-indications pour n'avoir pas à y revenir ici. (Voir T. I, p. 164.)
Elles sont encore utilisées dans le lupus érythéma7 teux, dans les acnés inflammatoires, dans les télangiectasies acquises, dans quelques variétés de ntevi vasculaires.
Vidal, qui les avait expérimentées dans un grand nombre de dermatoses, en a obtenu de bons résultats dans quelques eczémas rebelles, dans la chéloïde.
Nous renvoyons à l'étude de ces diverses affections pour l'exposé de leurs indications précises et de quelques détails de technique opératoire applicables plus spécialement à certains cas.
Nous n'exposerons ici que les règles générales de la pratique des scarifications, règles minutieuses, dont le médecin ne doit jamais se départir lorsqu'il veut les mettre en usage.
instrumenta lion. — B. Squire employai t pour les scarifications un appareil (fi g. 13)coniposédel61ames
parallèles qui n'a pas tardé à être abandonné et qui doit être rejeté en raison de la difficulté que pré-
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sentent son entretien et le maintien ^S,p^opreté e, de son asepsie. On a proposé pour le remplacer
oute la série L scarificateurs employés en ocuh ùe. Le plus pratique de tous les instrumen s préconisés est l'aiguille à scarifier de Vidal (f g. 14.),
::"tnéepavunelan,ede,onùlUmètresdeongsur
2 de large, terminée par une pointe triangulaire de 2 millimètres de longueur: la lame, tranchante sur les deux côtés jusqu'à l'extrémité de la pointe, est fixée sur un manche métallique aussi léger que pos-
S L'Instrument doit être maintenu en parfait état
Fig. 14.
de propreté, ses bords doivent être absolument réguliers et leur tranchant parfaitement coupant. 11 sera rendu aseptique, soit par le passage à l'étuve, soit par immersion dans une solutionphémquee forte ou dans une solution d'oxycyanure de mercure à 1/200. On devra avoir à portée de la main une quantité suffisante de tampons d'ouate hydrophile sèche. Il sera bon d'avoir, en outre, d'autres tampons d'ouate hydrophile trempés dans un liquide antiseptique et essorés pour enlever l'excès de liquide, ou mieux encore des tampons passés à l'autoclave : l'ouate Légèrement humide laisse sur les surfaces couvertes de sang beaucoup moins de filaments que l'ouate sèche.
Position du malade. — Le malade doi t, autant que possible, être couché sur un lit ou sur un canapé ré SUJtant, placé bien en face du jour. Quelques derma-
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tologistes opèrent le malade assis : cette pratique nous parait à la l'ois gênante pour le médecin, qui est beaucoup moins à l'aise, et auquel le patient risque d'échapper s'il n'est pas maintenu par un aide, et pour le malade qui, en outre, pour peu qu'il soit pusillanime, est plus exposé à la syncope ou aux vomissements.
Aiiesthésie. — Il est très rarement nécessaire de recourir à l'anesthésie : avec un peu d'habileté manuelle, la scarification se fait assez rapidement pour être peu douloureuse. L'anesthésie générale est, comme le professe M. Besnier, inapplicable à une opération qui doit toujours être répétée un plus ou moins grand nombre de fois et exposerait à plusieurs reprises aux accidents de la chloroformisation.
L'anesthésie locale par congélation modifie trop profondément la coloration et la résistance des tissus dans les lupus, où l'opérateur doit diriger son instrument en se guidant à la fois sur la vue et sur les sensations tactiles. Elle n'est guère applicable que dans les chéloïdes et seulement pour les premières opérations, les malades préférant encore subir la douleur provoquée par les scarifications que s'exposer aux sensations autrement pénibles et persistantes qui accompagnent le retour de la sensibilité.
L'anesthésie par la cocaïne, qui nécessite l'introduction du médicament par la voie hypodermique, provoque encore trop souvent des accidents, légers ou graves, pour qu'on doive y avoir recours dans la pratique des scarifications.
Manuel opératoire. — L'opérateur, après avoir procédé à la désinfection de ses mains par les moyens appropriés, désinfecte égalementle champ opératoire au moyen d'un lavage avec de l'eau savonneuse, puis
QQSi
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avec l'alcool boriqué ou salolé, et finalement avec Loueur de Van Swieten, en laissant en place un tampon d'ouate imbibé de cette solution « moment où il va procéder à la scarification. Ces piecautions, trop souvent négligées, sont pour nous de Igueur absolue; la scarification est une opération chirurgicale, et elle doit être exécutée avec toutes les précautions dont s'entourent les chirurgiens, cela sous peine de voir survenir des accidents, des complications inflammatoires locales d'ordre microbien, plus fréquentes qu'on ne le pense généralement et qui, pour être souvent légères au point de passer inaperçues ou d'être mises sur le compte de la seule incision des téguments, n'en doivent pas moins être évitées.
La présence d'un aide n'est pas indispensable pour les scarifications; elle est cependant souvent utile : pendant que l'opérateur scarifie une région, l'aide, qui préalablement aura eu soin de désinfecter ses mains, tend les téguments avec ses doigts, ce qui en diminuant la congestion vasculaire, permet à l'opérateur, surtout dans le lupus, de discerner plus exactement les lésions souvent noyées dans une surface érythémateuse; en outre, la tension du tégument diminue dans des proportions très notables l'hémorragie consécutive aux sections de la peau, et, dans certaines régions où la peau est mobile, donne une résistance qui facilite l'acte opératoire.
La région à scarifier étant entourée de morceaux d'ouate hydrophile sèche, destinés à absorber le sang qui s'écoule des incisions et à l'empêcher de souiller la peau et les vêtements du patient, l'opérateur tient l'instrument entre les doigts à la manière d'une plume à écrire, et, par des mouvements qui
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se passent exclusivement dans le poignet, le coude et l'avant-bras restant immobiles, exécute sur la surface malade des incisions parallèles les unes aux autres, disposées comme les hachures d'un dessin (E. Besnier). Lorsqu'il a fait une série d'incisions parallèles les unes aux autres, il complète l'opération par une nouvelle série de scarifications croisant les premières à angle aigu, de façon à couvrir la surface malade d'une sorte de quadrillage analogue à celui qui représente les ombres dans un dessin.
En règle générale, on doit commencer les scarifications par les parties les plus déclives, de façon à ne pas être gêné par le sang qui s'écoule des incisions précédentes. Lorsque la surface à scarifier offre une certaine étendue, on procédera par fractions mesurant quelques centimètres carrés de superficie, sur lesquelles on exécutera successivement les deux séries de scarifications quadrillées, puis on recouvrira la partie scarifiée d'un tampon d'ouate hydrophile pendant qu'on scarifiera une nouvelle fraction de cette surface. Si les lésions sont très étendues, il y a avantage à scarifier d'aborclleur bordure tout entière, en procédant par fractions de 4 ou 5 centimètres sur lesquelles on exécute des scarifications quadrillées el serrées, puis on attaque la partie centrale où les hachures peuvent être plus espacées que sur la bordure.
Il faut toujours avoir soin de manier le scarificateur perpendiculairement à la surface de la peau, ainsi que l'enseigne M. Besnier; de la sorte, on respecte l'épidémie qui recouvre le sommet des papilles et les vallons interpapillaires, et la cicatrisation des incisions, aidée par l'intégrité de cet
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épiderme, se fait sans laisser aucune trace de l'opération. .
La profondeur à laquelle les incisions doivent pénétrer varie suivant la nature de la maladie à traiter. Elle doit être suffisante pour atteindre la lésion dans toute son étendue, souvent pour la dépasser. Dans le lupus vulgaire, elle est indiquée par la différence de résistance entre les tissus sains et les tissus morbides. Dans les autres affections, elle est souvent plus difficile à apprécier.
Les scarifications doivent être espacées en moyenne de 1 à 5 millimètres.
Pansement eonséeutif. — Une fois les scarifications terminées, on enlèvera les tampons d'ouate qui ont été appliqués successivement pendant le cours de l'opération et qui sont imprégnés de sang, on les remplacera par un ou plusieurs tampons d'ouate hydrophile fraîche qui seront maintenus avec la main exerçant une légère compression ; au bout de quelques minutes, l'hémostase étant assurée par ce moyen, on lavera avec précaution toute la surface opérée au moyen de tampons d'ouate imprégnés de liqueur de Van Swieten. Il ne restera plus qu'à faire un pansement.
Toutes les fois qu'il sera possible, le meilleur pansement sera le pansement antiseptique humide, fait avec des compresses ou de l'ouate trempées dans l'eau boriquée, dans une solution de phéno-salyl à 1 /500, ou mieux encore, si elle est supportée, dans la liqueur de Van Swieten étendue de moitié ou 2/3 d'eau bouillie; le pansement sera complété par un morceau de taffetas gommé, plus large que les pièces sous-jacentes, puis par de l'ouate, et maintenu en place par un bandage approprié. En trois ou quatre
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jours, moins encore dans les affections n'ayant pas de tendance à l'ulcération (acnés, lupus érythémateux, etc.), la cicatrisation est complète, et on évite tout phénomène inflammatoire et toute complication septique.
Mais, pour des malades non hospitalisés, ce pansement est gênant; ne fût-ce que pour rentrer à leur domicile, ilsdemandent un appàreilmoins compliqué, et on est bien obligé de se départir quelque peu des prescriptions précédentes, d'autant que les séances de scarifications doivent être souvent répétées. Les emplâtres rendent alors de grands services : l'emplâtre de Vigo, mince, souple et récemment préparé, lorsqu'il est supporté, et, en cas contraire, l'emplâtre rouge de Vidal, ou mieux l'emplâtre adhésif borique, peuvent être appliqués sur les surfaces scarifiées après lavage à la liqueur de Van Swieten et assèchement à l'ouate. Mais, lorsque le sujet est de retour # chez lui, il doit appliquer un pansement humide et le conserver pendant la journée de l'opération; les jours suivants, on peut l'autoriser à appliquer de nouveau l'emplâtre pendant le jour; mais, pendant les deux nuits suivantes, il doit revenir au pansement humide antiseptique. Ces règles, un peu différentes de la pratique de la plupart des dermatologistes, sont pour nous absolues et peuvent seules mettre à l'abri, à la condition que les pansements soient bien exécutés, contre les complications inflammatoires et septiques.
La durée et la nature des pansements consécutifs peuvent d'ailleurs être modifiées suivant la nature de l'affection contre laquelle on emploie les scarifications; mais toujours l'antisepsie est de vigueur tant que les incisions ne sont pas cicatrisées.
SOUFRE ^9 Intervalle «les séances opératoires. — Au début du traitement, les scarifications peuvent être répétées lorsque les incisions sont cicatrisées; en gênerai, et quelle que soit la maladie à traiter, il y a avantage à les répéter tous les six à huit jours; en les espaçant davantage avant que les vaisseaux n'aient subi des modifications accusées, on laisse ceux-ci reprendre leurs dimensions primitives, et le bénéfice du traitement est moins considérable. Ultérieurement, on peut les espacer davantage.
Soufre.
Le soufre est très employé en thérapeutique dermatologique sous forme de soufre précipité, de soufre sublimé, de polysulfures ; l'ichthyol (voir ce mot, p. 279) semble agir surtout par le soufre qu'il renferme.
Le soufre précipité et le soufre sublimé (fleur de soufre) sont prescrits à peu près indifféremment; mais on doit donner la préférence au soufre précipité, qui est moins irritant pour le tégument. Ces deux substances jouissent de propriétés parasiticides qui sont utilisées dans le traitement des affections parasitaires et surtout de la gale. L'irritation substitutive qu'elles provoquent les font également employer dans les dermatoses rebelles et en particulier dans les eczémas chroniques, où elles ne doivent jamais être prescrites qu'après la disparition des phénomènes inflammatoires.
Le soufre précipité et le soufre sublimé entrent dans la composition de pommades, de lotions et de savons.