‹ Thérapeutique des maladies de la peauChapitre 23 sur 201 · PALE · texte numérisé non relu

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un rôle important dans la symptomatologie de la gale et réclament parfois un traitement spécial.

Les lésions de la gale peuvent occuper presque toute la surface cutanée (l'extrémité céphalique exceptée), mais ont des sièges de prédilection : mains et en particulier espaces interdigitaux, partie antérieure des poignets, partie postérieure des coudes, paroi antérieure de l'aisselle, seins chez la femme, région de la ceinture, fesses, organes génitaux de l'homme, creux poplités, pieds surtout chez l'enfant. C'est dans ces diverses régions qu'il faut rechercher les lésions caractéristiques ; mais, alors même que l'affection semble localisée à quelqu'une de ces régions, les parasites l'ont déjà dépassée et le traitement local réduit aux points lésés serait insuffisant pour guérir la maladie.

L'acare se déplace surtout pendant la nuit, sous l'influence de la chaleur, d'où la transmission habituellement nocturne de la gale. Pendant ses déplacements, il peut quitter la surface de la peau, errer sur les vêtements, sur les draps du lit, et la maladie peut ainsi se transmettre indirectement.

Les espèces d'acares propres aux animauxpeuvenl émigrerchez l'homme : le plus souvent elles y meurent vite, et les gales d'origine animale guérissent rapidement et presque spontanément. Quelques-unes cependant sont tenaces etparticulièrement intenses : telles sont : la gale du loup (Mégnin), qui provoque chez les sujets cachectiques des lésions pustuleuses et croûteuses considérables connues sous le nom de gale norvégienne, et la gale du cheval, qui dans certains cas (Besnier) détermine des lésions généralisées avec érythrodermie et éruptions vésiculeuses miliaires.

Prophylaxie. Quoique la gale ne se transmette habituellement que dans les contacts nocturnes, les personnes qui se trouvent en relation avec les galeux devront prendre des soins de propreté minutieux.

Les vêtements et le linge de lit des galeux doivent être désinfectés soit par le passage à l'étuve (l'étuve sèche suffit en pareil cas), ou au soufroir, soit par la lessive. Cette précaution doit toujours être prise au moment même où le malade est soumis au traitement, afin d'éviter les récidives ultérieures provoquées par la persistance des acares dans les vêtements.

Dans le mêmebutprophylactique, tous les membres d'une même famille doivent se traiter simultanément, pour ne pas devenir l'origine de nouvelles contaminations successives.

Traitement. — Le traitement local est seul applicable à la gale. Il doit se proposer de détruire le parasite et de guérir les lésions cutanées provoquées par lui directement ou indirectement.

Le traitement classique de la gale est le traitement par les préparations soufrées : il a été formulé par Bazin, perfectionné par Hardy ; c'est lui qui est appliqué journellement à l'hôpital Saint-Louis, où il est désigné sous le nom vulgaire de frotte.

Il consiste en trois opérations successives :

1° Friction énergique pendant 20 minutes avec du savon noir, au moyen des mains, en commençant par les parties inférieures du corps, remontant successivement sur toute la surface cutanée et insistant surtout sur les régions qui sont le siège de prédilection des lésions. A la frotte publique, la friction est faite par le patient lui-même sur les extré-

mités et la face antérieure du corps, par un autre malade sur la région dorsale. Au traitement payant, elle est exécutée par un infirmier.

2° Bain tiède de 3/4 d'heure, pendant lequel le malade doit se frictionner encore énergiquement.

3° Friction surtout lecorps, exécutée, pendantvingt minutes comme la friction au savon, avec la pommade d'Helmerich modifiée par Hardy :

Soufre sublimé et lavé 50 gr.

Sous-carbonate de potasse 25

Axonge 300

Le malade, tout en conservant la pommade, revêt ses vêtements qui ont été passés à l'étuve pendant la durée du traitement et prend un bain tiède le lendemain.

Les diverses phases du traitement sont faciles à comprendre : la friction avec le savon noir ramollit l'épiderme, facilite l'ouverture 'des sillons, des lésions vésiculeuses et pustuleuses ; le bain continue son effet, enlève le savon : l'acare et ses œufs sont ainsi mis à nu et cessent d'être protégés contre le parasiticide, qui les atteint sûrement pendant un contact prolongé de plusieurs heures.

Ce traitement rapide permet de ne pas hospitaliser les galeux et guérit 90 à 95 0/0 d'entre eux (Besnier). Il est applicable à la grande majorité de ces malades. Il conviendrait seulement de ne pas prolonger, autant que le veut la coutume, le contact de la pommade soufrée : chez les sujets à peau irritable ou irritée, cette pratique provoque souvent des lésions cutanées trop intenses (Besnier).

Celles-ci sont d'ailleurs assez fréquentes pour que la plupart des médecins de l'hôpital Saint-Louis prescrivent une série de bains amidonnés à prendre pen-

en

daht les jours qui suivent le traitement de la *al

Le traitement précédent peut être appliqué dehors de hôpital avee quelques modifications, et M. Besnier le formule de la façon suivante •

1° Frictions pendant dix minutes de toute la surace du corps, et spécialement des régions de prédi- Jectmn de la gale, à l'aide d'une brosse à main un peu large, avec de l'eau chaude etdu savon àvolonté.

2° Bain tiède de vingt minutes pendant lequel le malade continue à se frictionner et à la sortie duquel il s'essuie avec une serviette un peu rude.

3» Friction sur tout le corps, également à l'aide d une brosse à main, avec la pommade suivante :

Soufre précipité 40

Carbonate de potasse 10

Menthol n ok • i

.Lanoline j

Vaseline ou axonge j aa *M S1'-

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