Auboutd'une heure, pendant laquelle le malade
se couvre entièrement le corps, y compris les mains, lavage dans le bain ou avec une éponge, de l'eau chaude et du savon, puis application de pommade de zinc, de vaseline ou de cold-cream, et poudrage à l'amidon.
Si les sillons étaient nombreux, si le médecin constate le lendemain la persistance de sillons intacts et si la peau n'est pas trop irritée, renouveler le traitement.
Ces traitements rapides, pour lesquels on peut d'ailleurs modifier les formules de pommade soufrée suivant l'état des téguments (on peut également modifier l'excipient, en remplaçant les graisses par la glycérine comme dans la pommade de Bourguignon ou se servir de la solution de Vleminckx : soufre
GALIi
précipité 12o grammes, chaux vive 75 grammes, eau 125 grammes, réduirepar ébullition à750 grammes), font de la gale une des dermatoses les plus facilement et les plus rapidement curables.
Il ne faudrait cependant pas croire qu'ils doivent ou peuvent être prescrits indistinctement à tous les galeux.
Les lésions cutanées les contre-indiquent souvent, soit qu'elles revêtent le type eczémateux, auquel les applications soufrées donneraient une poussée énergique, remplaçant par des lésions irritatives considérables une dermatose relativement bénigne, — soit qu'elles se traduisent par des pustules dont la rupture rendrait très douloureux l'emploi de la pommade soufrée et qui risqueraient de devenir l'occasion d'inoculations multiples dans tous les points mis à nu par les frictions.
Dans ces cas, on peut, avant de recourir à un traitement actif, soigner les complications eczémateuses par les émollients (bains d'amidon, cataplasmes de fécule de pommes de terre, enveloppements humides, pommade à l'oxyde de zinc additionnée de menthol ou d'acide phénique), faire disparaître les lésions pustuleuses au moyen des pansements antiseptiques humides indiqués pour le traitement de l'ecthyma, et, lorsque les lésions secondaires auront disparu, recourir au traitement de la gale. Il est préférable encore d'employer des substances qui, tout en détruisant le parasite, n'irritent pas le tégument et même calment son irritation.
Le naphthol |3, préconisé par Kaposi, rend en pareil cas de grands services : on l'emploie en pommade à 10 ou 15 0/0, additionnée de menthol ou d'acide phénique ; cette pommade est appliquée plu-
uu GALE
sieurs jours de suile, pendant lesquels le malade prend chaque jour un bain simple ou savonneux; il faut reconnaître que ce mode de traitement s'il vient parfois assez rapidement à bout de la gale, échoue souvent; mais il peut toujours servir à atténuer les symptômes de la gale jusqu'à ce que les complications inflammatoires aient disparu, et qu'il soit possible alors de faire subir au malade le traitement rapide.
Le baume styrax et le baume du Pérou, incorporés à la vaseline ou à l'huile dans la proportion de 5 à 25 0/0, avec addition de 0,25 à 1 0/0 de menthol (Besnier), constituent encore des agents antipsoriques fort utiles dans ces cas.
Les onctions d'huile simple ou mentholée, suivies d'un saupoudrage au soufre précipité (Sherwell), répétées 5 ou 6 soirs de suite, permettent de guérir la gale sans trop irriter les téguments.
Ces traitements conviennent encore chez les sujets auxquels un état pathologique des viscères (cœur, poumons) ne permet pas d'administrer les bains suivant la formule classique de l'hôpital Saint-Louis, chez ceux qui sont atteints d'albuminurie antérieure à la gale ou provoquée par celle-ci et dont les téguments doivent être ménagés, chez les femmes enceintes, auxquelles les bains répétés et les vives excitations cutanées doivent être épargnés. Dans ces divers cas, les bains ne doivent être administrés que dans la mesure raisonnable, et l'enduit laissé par les pommades serait de préférence enlevé au moyen de lavages à l'eau savonneuse chaude.
Chez les jeunes enfants, l'irritabilité du tégument ne permet pas non plus l'emploi du traitement rapide de la gale, et on devra se contenter des pommades au
(il
naphthol, au baume styrax el au baume du Pérou et des onctions huileuses avec applications de soufre précipité. Ces traitements peuvent même, lorsqu'on en fait porter l'application sur la totalité du corps, provoquer des accidents graves, impuLables soit à une intoxication, soit à la perturbation des fonctions cutanées ; il sera donc prudent, chez les très jeunes sujets, de ne pas faire les onctions sur toute l'étendue des téguments (Besnier), mais de traiter successivement des territoires restreints, deux membres à la fois parexemple : la durée du traitement sera ainsi allongée, mais il sera inoffensif; les bains répétés qu'on peut administrer sans crainte aux enfants contribueront d'ailleurs à l'abréger.
Les divers traitements de la gale, et surtout les traitements actifs, provoquent fréquemment une albuminurie passagère, dont il faut connaître la possibilité, mais dont on aura rarement à se préoccuper.
Ils provoquent également des poussées inflammatoires du tégument; bien des malades, croyant que le traitement devait les débarrasser immédiatement de toute lésion cutanée, s'imaginent qu'il a échoué parce qu'ils éprouvent encore les jours suivants des démangeaisons, parfois même plus intenses qu'auparavant, et que leur peau estexcoriée, souvent irritée. Des bains d'amidon répétés, des applications de pommade de zinc lorsque les bains sont mal supportés ou que les lésions ont quelque intensité, en viennent à bout rapidement si l'on a soin d'y adjoindre une hygiène alimentaire supprimant toute cause gastro-intestinale d'irritation cutanée.
Mais, à côté de ces faits où le prurit et les irritations cutanées sont pour ainsi dire normaux, rentrent dans le plan habituel des phénomènes consécutifs au trai-
temenl de la pale, il en est, d'autres où ces phénomènes sont anormaux par leur prolongation et par leur intensité.
Trois cas peuvent alors se présenter.
Ou bien il s'agit d'une rechute de la gale : tantôt le traitement a été incomplet, quelques sillons ont résisté aux frictions, et les acares qu'ils renfermaient n'ont pas tardé à proliférer; tantôt la désinfection des vêtements n'a pas été complète et le malade s'est réinfecté. On constate alors, au bout de quelques jours ou de quelques semaines, des Jésions récentes, des sillons entiers qui ne peuvent laisser de doute sur l'existence actuelle de la gale. Il faut alors prescrire un nouveau traitement, en insistant tout particulièrement sur la désinfection des vêtements et des linges de corps du malade.
Ou bien, il s'agit d'un sujet à peau prédisposée, chez lequel l'irritation acarienne ou thérapeutique a provoqué le développement de lésions eczémateuses persistantes, comme l'aurait fait toute autre irritation tégumentaire. Il faut alors, après avoir constaté l'absence de toute lésion de gale, traiter le malade en eczémateux qu'il est.
Ou bien encore le malade, le plus souvent un nerveux, à antécédents névropathiques plus ou moins manifestes, éprouvant un prurit quelconque, ou simplement suggestionné par sa maladie antérieure, se croit de nouveau atteint de gale : il en raconte complaisamment les symptômes, insistant sur l'intensité du prurit, sur ses ressemblances plus ou moins éloignées avec le prurit acarien. Le caractère du prurit, moins nettement nocturne que dans la gale, les localisations des lésions qui ne correspondent pas à celles de la gale, l'absence de toute lésion
ROUGET u<>
propre à celle-ci, permettent de reconnaître qu'on a affaire à un acarophobe ' et non à un acarophore. Eteste à en convaincre le malade, à lui faire accepter Le traitement régulier de l'affection dont il est atteint, les médicaments nervins et les douches tempérées qui calmeraient son excitabilité nerveuse. Parfois, à bout de ressources, le médecin est forcé de conseiller, à titre expérimental si le sujet est de ceux qui se laissent convaincre par ce procédé, à litre suggestif en cas contraire, un nouveau traitement de la gale, qu'il aura soin de mitiger autant que possible, en s'adressant de préférence aux applications de naphthol ou aux pommades soufrées faibles.
DERMANYSSES
Ces acariens, parasites des gallinacés, provoquent, chez les éleveurs de volailles et chez les sujets qui les plument, une éruption de papules accompagnée de prurit, occupant les mains et les avant-bras.
Le traitement de cette éruption peu rebelle consiste dans des applications de pommade soufrée au 50e, l'emploi des bains sulfureux, ou des lotions à l'eau vinaigrée ouphéniquée a 1 0/0.
DEMODEX FOLLICULORUM
Voir Acné (T. II, p. 131).