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TRAITEMENT DU FAVUS DES ONGLES

Puis leur base d'implantation sera soumise à des badigeonnages énergiques à la teinture d'iode répétés deux ou trois fois à quatre ou cinq jours d intervalle. Les pommades soufrées, les pommades à l'acide chrysophanique ou les badigeonnages avec une solution d'acide chrysophanique dans le chloroforme, suivies de l'application d'une couche de traumaticine, pourront également être employés comme parasiticides et comme exfoliants.

Le même traitement sera appliqué sur tous les points où une desquamation épidermique fera présumer la présence du parasite. Il sera renouvelé dès qu'apparaîtront des lésions suspectes : le favus des parties glabres récidive en effet avec une facilité désespérante alors même que, depuis un certain temps, les godets ont disparu.

Traitement du favus des ongles. — Cette localisation du favus est particulièrement rebelle au traitement, en même temps qu'elle constitue un danger permanent de reproduction de la lésion sur le cuir chevelu ou sur les parties glabres.

Le seul procédé radical est l'ablation de l'ongle, suivie d'enveloppements avec des compresses imbibées de solution de sublimé au 500me ou même au 200™°.

Lorsque le sujet est pusillanime, on peut tenter d'enlever tous les points infectés au moyen de la curette, ou de les mettre à nu en usant les lames superficielles avec une lime ou un morceau de verre, puis les soumettre aux applications de sublimé, de teinture d'iode ou de perchlorure de fer (Vidal). La mise à nu de ces points est facilitée par le ramollissement préalable delà couche superficielle de l'ongle au moyen d'emplâtres (emplâtre de Vigo, emplâtre

l'ROPIIYLAXIE DU FAVUS °1

diachylon, etc.), ou du port permanent d'un doigtier de caoutchouc; mais ces moyens sont souvent insuffisants ou trop lents.

Prophylaxie dn favns. — La mise en traitement des sujets atteints de favus, l'attaque de toutes les lésions dont ils peuvent être porteurs sur le cuir chevelu, les portions glabres du tégument et les ongles, constituent la plus utile des mesures prophylactiques, mais non la seule.

L'isolement de ces sujets est indispensable dans nombre de cas, toutes les fois qu'ils ne peuvent recevoir chez eux les soins nécessaires ; leur éloignement des écoles est plus nécessaire que pour la trichophytie et la pelade, en raison du faible développement intellectuel de la plupart d'entre eux, dont il est difficile d'obtenir le moindre soin de propreté et la moindre précaution. '

La fréquence du favus chez les animaux, domestiques ou non, la multiplicité des espèces animales susceptibles d'en être atteintes devront faire porter l'attention sur les hôtes animaux des maisons occupées par des faviques.

Deux causes, sur lesquelles M. Feulard (1) a justement attiré l'attention à plusieurs reprises, contribuent pour une large part à expliquer la persistance et la fréquence du favus en France, où il est beaucoup plus répandu que dans presque toutes les autres nations d'Europe. Ce sont d'une parties prescriptions des règlements militaires qui exemptent du service les sujets atteints de favus et d'alopécies post-faviques étendues, d'autre part le défaut dans presque tous les départements d'établissements affectés au

(I) Thèse de Paris, 1886.— Annales de Dermatologie, 1892,

TRICUOPUYTIES

traitement des faviques; malheureusement le médecin est désarmé contre elles.

TRICHOPHYTIES

Le groupe des affections trichophytiques, naguère encore considéré comme homogène et produit par un parasite toujours identique à lui-même, le trichophyton tonsurans de Malmsten, a subi dans ces derniers temps des transformations considérables. Le dogme de l'unicité du trichophyton ne peut plus être admis : les recherches de M. Sabouraud ont montré que les variétés cliniques nombreuses des trichophyties, attribuées jadis à des conditions topographiques différentes ou à des réactions différentes de l'organisme vis-à-vis du parasite, étaient dues à la multiplicité des espèces trichophytiques, chacune d'elles déterminant des lésions spéciales chez les divers sujets et dans les diverses régions.

Il y a donc lieu de décrire un nombre déjà considérable, que l'avenir augmentera sans doute encore, de trichophyties étiologiquement et eliniquement distinctes. Bien plus, les affections jusqu'ici appelées trichophyLiques ne relèvent pas toutes de la germination d'un parasite du genre trichophyton : l'une d'elles — la plus grave, par sa longue durée, de celles qui se développent sur le cuir chevelu — est due à un parasite qui doit recevoir le nom botanique de microsporon Audouini et devrait être appelée trichomicrosporie et non trichophytie.

Nous ne pouvons entrer ici dans le détail de la description clinique et de la parasitologie de ces affections : elles nous entraîneraient hors du cadre essentiellementpratique de cetouvrage, et nous renvoyons

TRicnornYTiES 0,)

sur ces points le lecteur à la très remarquable thèse de M. Sabouraud (1), où il trouvera également tous les renseignements sur la recherche clinique des trichophytons. Nous indiquerons seulement chemin faisant quelques particularités propres aux différentes formes de trichophytie. D'ailleurs, ces recherches toutes récentes n'ont pas encore amené de modifications clans le traitement des trichophyties, qui doit seul nous préoccuper : nous n'en voulons nullement inférer qu'elles ne conduiront pas quelque jour à une pratique plus rationnelle dans la thérapeutique de quelques-unes au moins de ces affections ; mais c'est à peine si actuellement on peut le soupçonner.

Les affections trichophytiques peuvent occuper le cuir chevelu, les autres régions velues, les parties glabres du tégument et les ongles. Leurs symptômes et leur traitement doivent être exposés séparément suivant ces diverses localisations.

Les trichophytons diffèrent non seulement par les formes cliniques que revêtent leurs lésions, mais encore par les espèces animales sur lesquelles ils vivent. Un grand nombre d'entre eux ne sont pas propres à l'homme, mais lui sont transmis directement ou indirectement par les animaux qui en sontporteurs ; réciproquement ils peuvent être transportés de l'homme aux animaux qui sont susceptibles d'en être atteints. Cette notion est très importante aupoint de vue prophylactique. Les animaux qui peuvent être l'origine des trichophyties humaines sont: le cheval, d'où provient le champignon des trichophyties à forme folliculaire, le bœuf, le mouton, la chèvre, le chat, la poule, etc.

(I) Thèse de Paris. 1891.

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