TRAITEMENT DES TRICUOPIIVTIES DU CUIR CHEVELU J
précédé ou non d'applications émollientes pendant quelques heures.
Ce mode de traitement que nous avons trouve institué dans le service de M. Besnier, nous a paru favorable dans La plupart des cas, et nous n'hésitons pas à le recommander, au même titre que les onctions quotidiennes avec la vaseline iodée au centième préconisée par Lailler, de préférence à tous les topiques proposés par les auteurs ; rémunération de ceux-ci n'offrirait aucun intérêt, et nous ne croyons pas utile de la donner ici, leur inutilité étant pour nous flagrante.
En résumé, le traitement de la trichophytie du cuir chevelu peut être synthétisé de la manière suivante :
1° Couper et tenir ras les cheveux.
2° Épiler suivant les règles ci-dessus indiquées.
3° Laver chaque jour le cuir chevelu au savon et à l'eau chaude.
4° Badigeonnages à la teinture d'iode ou onctions avec la vaseline iodée.
5° Application d'emplâtre de Vigo, d'emplâtre Vidal ou d'emplâtre boriqué.
Ce traitement convient aussi bien au kerion Celsi qu'à la trichophytie tonsurante vulgaire; cependant, dans le kerion, surtout au début, il y aura souvent avantage à modérer l'intensité des phénomènes inflammatoires par des pansements antiseptiques humides (solution faible de sublimé ou de phénosalyl, eau boriquée), .ou par des cataplasmes de fécule de pommes de terre.
Le traitement des trichophy Lies du cuir chevelu demande toujours un temps fort long; sa durée se compte par mois. Tout prophylactique qu'il est, plu-
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tôt que curatif à proprement parler, il doit être con tmué pendant tout ce -temps sans irruption sous peine- de voiries lésions s'étendre à nou , au 'e de perdre en quelques jours le résultat de plusLr semaines de soins antérieurs.
Lorsque la maladie semble approcher de la guénson, il convient de ne pas se relâcher dans ces soins Lorsque, enfin, on ne trouve plus à un examen attentif du cuir chevelu aucun poil malade ou lorsque les poils suspects sont démontrés sains par l'examen microscopique, nous ne saurions assez recommander de tenir les enfants en observation pendant quelques semaines encore, ainsi que le fait M. Besnier ■ le Irai tement est alors suspendu, on se contente de faire tenir le cuir chevelu en état de propreté au moyen de lavages quotidiens, et, si des examens répétés à dix ou quinze jours de distance ne révèlent plus, pendant six a huit semaines, aucune trace de la maladie l enfant peut seulement alors être considéré comme guéri. Si, au cours d'un de ces examens, on constate la présence de poils malades, on doit reprendre de suite le traitement dans toute sa rigueur.
Lorsqu'il ne reste plus qu'un très petit nombre de poils malades (deux ou trois sur une plaque), on peut, ainsi que l'a conseillé M. L. Wickham (1), abréger la durée de la maladie en les détruisant par un attouchement localisé à l'huile de croton, ou en les extirpant au moyen de l'électrolyse, mieux encore en les cautérisant avec une pointe fine de galvano-cautère.
Prophylaxie La prophylaxie de la teigne tondante est à la fois individuelle et publique. La prophylaxie individuelle est réalisée par le trai-
- (li) Annales de Dermatologie) 1 89 i, p. 629.
PROPHYLAXIE l>i:s TRICHOPHYTIES T)U CUIR CHEVELU 95
tement précédent, auquel on aura seulement à ajouter le port de coiffures de toile changées fréquemment et lavées à l'eau bouillante, et le nettoyage des brosses par immersion dans une solution alcoolique de sublimé et au besoin leur dégraissage clans de l'eau lé gère ment ain mo niacale .
La prophylaxie publique comprend l'individualisation des objets de toilette : les coiffures des trichophytiques, leurs peignes, leurs brosses, leurs serviettes ne doivent jamais servir à d'autres. Leur tète doit être constamment couverte lorsqu'ils sont en présence d'autres enfants.
Les animaux qui sont en contact avec eux doivent être surveillés de très près : car ils peuvent, danscertaines formes de trichophytie, être l'origine de la maladie ou servir de réceptacle au parasite. Aussi, lorsqu'on sera en présence d'une trichophytie nonspéciale à l'espèce humaine, sera-t-il préférable d'éloigner complètement de l'enfant les animaux domestiques.
Pour les enfants vivant dans leurs familles ces précautions suffisent, à la condition d'être exécutées ponctuellement, à préserver leur entourage.
Dans les agglomérations d'enfants, elles suffiraient aussi si elles étaient applicables, et nous avons vu dans des établissements d'instruction intelligemment dirigés des épidémies de trichophylies'arrêter par l'usage des précautions suivantes : inspection attentive et répétée du cuir chevelu de tous les enfants de l'établissement, dont les cheveux étaient coupés et tenus courts pendant quelques semaines ; mise en traitement immédiat et régulier de tous les enfants reconnus malades, qui sont relégués dans un dortoir spécial; obligation pour tous
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ces enfants de conserver pendant les cours et récréalions la tête couverte d'une coiffure de forme différente de celle des autres enfants.
Tous les établissements qui ne se prêtent pas à 1 exécution ponctuelle de toutes ces prescriptions ne doivent pas continuer à recevoir des enfants trichophytiques. L'exclusion immédiate de ceux-ci est donc de rigueur dans la plupart des écoles (avec l'exclusion des enfants malades, le médecin doit imposer l'examen également immédiat et répété pendant plusieurs semaines de tous ceux qui ont pu être contaminés par eux). A Paris, les enfants exclus des écoles communales pour cause de trichophytie sont reçus à l'externat de l'hôpital Saint-Louis, dont la fondation est due à l'initiative de Laitier; cette institution peut servir de type à des établissements analogues, quidevraientse multiplier dans les grandes villes.
Ti'icliopliyties tle la barbe.
Exposé clinique. — Les trichophyties de la barbe se montrent tantôt sous la forme de lésions squameuses, tantôt sous celle de lésions folliculaires.
La forme pilyriasique (pityriasis alba parasitaire des auteurs) est caractérisée par le développement de squames blanchâtres, ^disposées sous forme de plaques plus ou moins régulières, au niveau desquelles on trouve quelques poils volumineux et cassés.
La forme folliculaire, encore appelée sycosis trichophytique (sycosis parasitaire de Bazin, qui ne soupçonnait pas l'existence de lésions folliculaires dues à un autre parasite que le trichophylon), est consti