TRAITEMENT DES TRICHOPHYTIES DU CUIR CHEVELU
apporte; de plus il fait saigner les plaques, ce qui n'est peut-être pas sans inconvénient, et nous y avons renoncé après quelques essais.
Les emplâtres agglutinalifs peuvent être utilisés dans quelques cas, à défaut d'épileur ou d'aide suffisamment intelligent, mais seulement à titre exceptionnel et comme pis-aller; ils ne peuvent servir à enlever les poils qui bordent les plaques, et c'est là leur grand inconvénient.
L'épilation d'une plaque Irichophytique présente une difficulté particulière en raison de la fragilité des poils malades, qui se rompent déjà spontanément et cassent plus facilement encore dès qu'on exerce une traction un peu brusque ; elle demande donc, pour être bien exécutée, un peu de dextérité et d'expérience. Elle ne doit pas se borner à l'enlèvement des poils malades, mais porter également sur les poils de la bordure des plaques : l'ablation de ceuxci, dans une étendue de 6 à 8 millimètres, établira, autour de la plaque, une zone de protection et de surveillance (Besnierj, qui s'opposera à l'envahissement excentrique de la maladie ; c'est même, nous semble-t-il, dans l'établissement de cette zone que réside la plus grande utilité de l'épilation : une plaque ainsi circonscrite s'arrêle presque toujours dans son extension. L'épilation peut être faile, suivant l'étendue des lésions, en une séance ou en plusieurs séances rapprochées ; elle doit porter sur tous les points malades, sur les plaques les plus petites, ne comprenant qu'un ou deux poils atteints, dont il faut rechercher l'existence par un examen attentif à la loupe de la totalité du cuir chevelu.
Le badigeonnage à la teinture d'iode de la totalité du cuir chevelu, en rendant plus apparentes les lé-
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sionsépidermiques,faciIiteladécouverte desplaques les plus minimes et peut être employé pour leur recherche (Sabouraud).
Un grand nombre d'auteurs recommandent de aire, après l'épilation, des lotions avec des solutions fortes de sublimé, ou des onctions avecdespommades mercunelles ou soufrées : ces pratiques ont l'inconvénient d'exagérer l'irritation consécutive à cette pet.te opération (miliaire d'épilation) et n'ont pas une action parasiticide suffisante ; nous leur préférons de beaucoup les lotions avec une solution de sublimé faible (1 pour 2000 ou 3000) ou une solution de pheno-salyl à 1 pour 300, ou les pansements avec ces solutions pendant quelques heures après l'épilation, à litre d'émollients et d'antiseptiques tout à la fois, ou encore les applications de vaseline boriquée.
L'épilation doit être renouvelée sur Loute l'étendue de la plaque tant qu'on y rencontre des poils malades (ce dont on s'assure par l'examen microscopique de tous les poils cassés ou suspects par leur volume). Ces séances doivent être répétées une ou deux fois par semaine au début de la maladie ; elles peuvent être espacées plus tard, maisalors les enfants doivent être examinés attentivement tous les dix à quinze jours et l'épilation répétée dès qu'on trouve des poils malades. On peut cependant, lorsque le nombre de ceux-ci a beaucoup diminué, restreindre l'étendue des surfaces épilées et se contenter d'établir une bordure autour de chacun des poils reconnus trichophytiques, à la condition de tenir en observation attentive toute l'étendue des plaques anciennes.
L'épilation remplit donc en réalité le double rôle de procédé éliminateur des poils malades et de moyen protecteur du reste du cuir chevelu, et nous ne pou-
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vons comprendre comment certains auteurs la déclarent inutile. Elle est pour nous, comme pour M. Besnier, d'absolue nécessité, et cela dès la constatation d'une plaque trichophytique du cuir chevelu.
Lorsque les lésions trichophytiques du cuir chevelu sont tout à fait à leur début, caractérisées par un simple cercle de desquamation épidermique sans envahissement du poil, on pourrait à la rigueur se dispenser de l'épilation; mais l'intégrité absolue des poils est si difficile à affirmer que ces cas ne sauraient apporter une exception à la règle précédente.
Lorsque les plaques ont été épilées, les squames qui les recouvraient tombent d'elles-mêmes ; une friction avec un tampon d'ouate hydrophile imprégné d'alcool boriqué, ou salolé, ou simplement un lavage à l'eau chaude savonneuse suffisent à les faire disparaître.
Pendant tout le cours du traitement, la totalité du cuir chevelu doit être lavée chaque jour, au moyen de savon de toilette, ou d'un savon au goudron, au naphthol, au sublimé ou à l'acide phénique. De la sorte on le maintient en état de propreté absolue, ce qui est le meilleur procédé pour empêcher les réinoculafions du parasite.
Il est utile, après le lavage, de faire sur les plaques une friction avec un tampon d'ouate hydrophile imprégné d'une solution antiseptique (liqueur de van Swieten lorsqu'on n'emploie pas la teinture d'iode, ou solution de biiodure de mercure, solution de phéno-salyl, etc ); mais cette pratique ne saurait être considérée comme indispensable.
La protection des parties saines du cuir chevelu peut être réalisée par l'application sur les plaques d'une couche de collodion, préconisée depuis longtemps par M. Bucquoy, par les badigeonnages au
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stérésol. Os procédés ont l'inconvénientde provoquer souvent une irritation assez vive du cuir chevelu surtout lorsqu'on additionne le collodion de substances parasiticides; de plus l'enduit emprisonne les produits de sécrétion des glandes pilo-sébacées et al inconvénient d'être difficile à enlever
Pour ces raisons, il est préférable de'pratiquer 1 occlusion des plaques au moyen d'emplâtres adhésifs; 1 emplâtre de Vigo est le plus fréquemment employé ; lorsqu'on fait simultanément des applications de teinture d'iode, il a l'avantage de provoquer le développement des folliculites qui, en raison de la concurrence vitale de leurs parasites avec le trichophyton, pourraient, ainsi que l'ont montré les recherches de M. Sabouraud, entraver le développement du trichophyton ; mais encore faut-il que ces folliculites n'atteignent pas une trop grande intensité, auquel cas elles deviendraient sans utilité la cause d'une alopécie persistante; si donc l'irritation devenait trop considérable, on substituerait à l'emplâtre mercuriel l'emplâtre adhésif borique ou l'emplâtre rouge de Vidal. Les rondelles d'emplâtre doivent être taillées de façon à recouvrir exactement les plaques trichophytiques et la bordure d'épilation périphérique, elles doivent être changées chaque jour au moment du lavage.
A ces procédés de prophylaxie individuelle plutôt que de traitement, il nous paraît avantageux d'associer les badigeonnages de teinture d'iode qui produisent l'exfoliation des couches épidermiques et facilitent la chute des poils infiltrés. Les badigeonnages doivenl être répétés tous lôs jours, en les suspendant de temps à autre pendant un jour ou deux afin d'enlever l'enduit épidermique qui se forme à la surface des plaques, enduit que l'on détache par le grattage