‹ Thérapeutique des maladies de la peauChapitre 41 sur 201 · TRIGHOPHYTIES DES RÉGIONS GLABRES JJ · texte numérisé non relu

TRIGHOPHYTIES DES RÉGIONS GLABRES JJ

gistes, peuvent revêtir des formes très diverses Une première catégorie est constituée par les trichophyties circinées, dont l'aspect assez multiforme est en rapport avec la multiplicité des espèces parasitaires, presque toutes d'origine animale, qui les produisent. D'une façon générale et sans entrer dans les détails encore incomplètement déterminés des formes cliniques appartenant à chaque parasite, elles sont constituées par des plaques régulièrement arrondies, uniques ou plus rarement multiples, à progression centrifuge rapide, de coloration rouge ourosée ; leur bord est formé de soulèvements épidermiques miliaires ou un peu plus volumineux, vésiculeux ou ne renfermant pas de liquide, plus rarement pustuleux. La partie centrale, parfois recouverte de vésicules ou de pustules rares ou nombreuses, est plus souvent rouge et légèrement squameuse.

Ces lésions occupent des régions diverses : le plus souvent le dos des mains, le cou ou la face au voisinage du cuir chevelu, plus rarement les régions génito-crurales, ou les cercles sont souvent multiples et réunis en surfaces irrégulières à contours polycycliques,plus rarement encore le tronc ou les parties supérieures des membres.

Cette forme de trichophytie des parties glabres est la plus fréquente ; elle coïncide parfois avec la trichophytie du cuir chevelu, qu'elle peut précéder ou à laquelle elle succède : dans ce dernier cas, les lésions (trichophytie accessoire des teigneux de M. Besnier) ne sont souvent constituées que par des taches rouges, peu squameuses.

Rappelons ici que l'Ecole de Vienne désigne à tort sous le nom de trichophytie tonsurante maculeuse l'affection connue en France sous le nom de pityriasis

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rosé de Gibert, dans laquelle le triehophyton fait absolument défaut.

Dans d'autres cas, qui ont été parfois considérés comme des folliculites microbiennes, en raison de la difficulté de la recherche du triehophyton dans les lésions suppuratives, la trichophytie des régions glabres donne lieu à des lésions semblables à celles désignées au cuir chevelu sous le nom de kerion Celsi, caractérisées par des placards saillants, généralement arrondis, de coloration rouge foncé ou violacée, parsemés de perforations par lesquelles sourdent des goutteleLtes de pus.

L'affection désignée souslesnoms de teigne imbriquée de P. Manson, d 'herpès imbriqué, de toMau, et qui appartient à la pathologie exotique, n'est autre qu'une trichophytie généralisée; celte affection, observée seulement chez des sujets habitant l'extrémité de la presqu'île de Malacca, les îles Fidji, les îles voisines et les Nouvelles-Hébrides ou originaires de ces régions, est caractérisée par le développement de squames rectangulaires imbriquées, disposées en cercles concentriques qui se confondent les uns avec les autres et finissent par recouvrir la presque totalité du tégument, la tète et la région palmaire des mains exceptées.

Les trichophyties des régions glabres sont le plus souvent d'origine animale, sauf peut-être le tokelau, sur lequel on manque de données étiologiques précises ; elles se transmettent cependant de l'homme à l'homme par contagion.

Traitement. — Le traitement des trichophyties des régions glabres consiste essentiellement dans l'emploi des agents de desquamation épidermique, qui entraînent mécaniquement les lamelles cornées ren-

TRicnopnYTiiis nus régions glabres 101

fermant le parasite et les poils follets sur lesquels il végète.

Le plus simple et le plus pratique, en même temps que le plus actif peut-être, de ces agents de desquamation est la teinture d'iode. M. Besnierinsiste avec raison sur la nécessité défaire les applications iodées avec énergie, de frictionner les téguments malades avec le pinceau et de ne pas se contenter d'un simple badigeonnage. L'iode colore en brun foncé, acajou, les contours de la plaque trichophytique, qui se dessinent ainsi nettement sur un fond moins coloré. Une seule friction suffit le plus souventà arrêter la marche de la maladie. Il est prudent cependant de renouveler les frictions deux ou trois fois à intervalles de 4 jours, pour enlever les parasites qui n'auraient pas été détachés lors de la première et surtout ceux qui persistent au niveau des poils follets.

Ce traitement, applicable même aux formes irritatives de la trichophytie circinée, doit être employé chez tous les sujets qui ne redoutent pas la présence d'une plaque jaunâtre d'iode pendant quelques jours.

Chez ceux qui n'acceptent pas ce traitement, on a proposé de faire le soir un badigeonnage d'iode et de décolorer la plaque le lendemain matin au moyen de lavages avec une solution de carbonate de potasse ou d'iodure de potassium : l'effet de ces substances est plus théorique que réel, lorsque la friction iodée date de plusieurs heures; elles demandent un temps d'application fort long, des frictions énergiques et irritantes et n'aboutissent pas toujours au résultat demandé. Nous ne saurions donc recommander celle pratique.

Si donc les malades ne veulent pas se soumettre

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