DUES A DES CONTACTS IRRITANTS
chloroforme; huiles minérales : pétrole, schisle.
A l'action de ces corps se rattachent les éruptions professionnelles des chimistes, des droguistes, des fabricants de couleurs, des teinturiers, des chirurgiens, des plumassiers, des électriciens, des galvaniseurs,des savonniers, des blanchisseurs, des maçons, des plâtriers, des graveurs, des raffineurs de pétrole, des épiciers, etc.
b) Produits organiques non altérés :
d'origine animale : canlharides (ouvriers recueillant et préparant les cantharides) ; vers à soie (mal de ver ou de bassine chez les ouvriers cpii dévident les cocons), divers papillons;
d'origine végétale : huiles essentielles, térébenthine (dermatoses des teinturiers et des ébénistes), essence d'oranges amères (chez les ouvriers employés à les peler), goudrons, huile de cade, rhus toxicodendron, rue, ellébore, clématite (sertàsimuler des éruptions, d'où son nom d'herbe aux gueux), renoncules, ortie, moutarde, thapsia; croton tiglium, etc., etc.
c) Produits organiques altérés par décomposition chimique :
d'origine animale : graisses rances (éruptions consécutives aux applications de pommades, éruptions professionnelles des imprimeurs, des mécaniciens, des fileurs de laine, etc.); cuirs préparés (éruptions professionnelles des mégissiers, des tanneurs, des criniers); animaux macérés (éruptions des ouvriers en nacre de perle) ;
d'origine végétale : lin roui (éruptions des fileurs et varouleurs de lin; huiles rances, etc.).
E. Dermatoses provoquées par des substances organiques agissant par l'intermédiaire des agents pathogènes auxquels elles servent de véhicule :
d'origine animale : cuirs et cornes (éruptions des mégissiers, des pelletiers, des ouvriers en cornes), animaux morts (équarisseurs) ou vivants (éruptions professionnelles des vétérinaires);
d'origine végétale : roseaux (maladie des cannes produite par un champignon parasite de l'arundo donax).
Cette énumération, forcément et volontairement très incomplète, montre combien sont multiples et variées les causes extérieures qui peuvent agir sur le tégument.
Elle suffit à faire comprendre combien peuvent être diverses les réactions cutanées dont elles sont l'origine. Encore faut-il ajouter à la diversité des agents l'inégalité de réceptivité des téguments suivant les sujets.
Si certaines des substances que nous venons d'énumérer provoquent chez tous les sujets des lésions àpeu près identiques, il en est nombre d'autres qui, moins irritantes, demandent une prédisposition particulière pour déterminer des lésions cutanées. Cette prédisposition ne se traduit souvent que vis-à-vis d'un petit nombre des agents précédents ; elle peut être constante et innée ou résulter d'une modification passagère ou plus persistante de l'économie sous l'influence de troubles des divers viscères : estomac, intestins, reins, foie, utérus ; elle se révèle souvent par la forme de la dermatose tout autant que par la facilité avec laquelle celle-ci se développe.
Les dermatoses artificielles peuvent donc revêtir les formes les plus variées.
Tantôt elles se traduisent par une congestion vasculaire, par un éry thème plus ou moins intense, avec ou sans infiltration des téguments, suivi ou non
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de desquamation et analogue à la brûlure au premier degré.
Cet éry thème peut être accompagné ou suivi du développement de phlyctènes (vésication).
D'autres fois, avec ou sans érythème, on voit apparaître sur le tégument des soulèvements vésiculeux, à évolution plus ou moins rapide, se rompant dans l'espace de quelques heures et ne laissant après eux qu'une mince desquamation, ou plus persistants ; la rupture des vésicules peut être suivie d'une exsudation de sérosité filante, se concrétant en croûtes analogues à celles de l'eczéma, s'accompagner d'infiltration profonde et lichénoïde du derme ; on peut même, chez les sujets prédisposés, voir un eczéma véritable, de longue durée, succéder à une éruption initialement de cause externe.
Les vésicules peuvent, lorsqu'elles sont infectées par les agents pyogènes qui se rencontrent à la surface du tégument, se transformer en pustules de dimensions variées, rappelant les folliculites ou l'ecthyma, d'autres fois évoluant suivant le type de l'impétigo.
Les caustiques déterminent la production de lésions plus profondes encore : eschares sèches ou humides.
La substance irritante peut rester adhérente aux téguments, modifiant l'aspect de l'éruption dont on a ainsi sous les yeux la cause même.
Les éruptions artificielles reproduisent par leur topographie la surface d'application ou d'action des agents irritants : elles sont souvent symétriques, d'autres fois régulières, géométriques. Cependant, lorsqu'elles sont produites par des substances volatiles, elles peuvent dépasser la région en contact direct avec celles-ci, occuper toutes les parties décou-
vertes, souvent même les parties couvertes dont l' épiderme est mince, comme les organes génitaux : les érythèmes vésiculeux de la face, consécutifs aux applications d'emplâtre de thapsiasur le thorax, sont un exemple frappant des éruptions artificielles à distance. En outre, certaineslésions,unefoisdéveloppL'('s en un point du corps, peuvent, par réinoculations ultérieures, être transportées en d'autres régions.
Les éruptions à type eczématiforme et surtout les éruptions pustuleuses se compliquent fréquemment de lymphangites et d'adénites.
Traitement. — La multiplicité des causes et des caractères cliniques des éruptions artificielles de cause externe rend très complexe l'étude de leur traitement, dont nous ne pouvons indiquer ici que les lignes générales.
Malgré l'apparence purement locale des lésions, il est souvent nécessaire de recourir à un traitement général : la prédisposition individuelle, les états dia- Lhésiques, des lésions viscérales diverses jouent un trop grand rôle dans le développement, la persistance et les transformations de nombre d'entre elles pour ne pas appeler l'attention du médecin et nécessiter une thérapeutique appropriée. C'est par une médication sévère, amenant la régularisation des fonctions digestives, rénales, hépatiques ou utérines, qu'on parviendra fréquemment à atténuer une poussée éruptive en activité, parfois à prévenir les retours ultérieurs d'une éruption professionnelle.
La médication préventive est souvent cependant incapable de combattre la prédisposition individuelle à ces dermatoses : il n'y a alors d'autre ressource pour les éviter que d'abandonner la profession qui expose aux contacts irritants ou de protéger les té-