‹ Thérapeutique des maladies de la peauChapitre 62 sur 201 · DUES A DES CONTACTS IRRITANTS · texte numérisé non relu

DUES A DES CONTACTS IRRITANTS

guments contre ces contacts par des vêtements imperméables et des gants de caoutchouc, à moins que les lavages fréquemment répétés et les onctions grasses ne suffisent à ce rôle protecteur.

Le traitement local doit remplir deux indications : 1° débarrasser les téguments des substances irritantes qui ont provoqué l'éclosion des lésions et qui peuvent rester à leur surface ; 2° guérir ces lésions.

On a conseillé, lorsque la dermatose était causée par des substances acides, de faire des lotions avec une solution alcaline, et, lorsqu'elle était produite par des caustiques alcalins, de lotionner avec des solutions acides faibles (eau vinaigrée par exemple). L'action de ces substances est le plus souvent épuisée lorsque le sujet vient consulter le médecin, et il n'y a que rarement indication à les neutraliser.

Les substances pulvérulentes peuvent être enlevées au moyen de lavages et de bains.

Les vernis adhèrent trop à la peau pour espérer les enlever, et leurs dissolvants chimiques risqueraient d'exagérer l'inflammation cutanée : il faut donc se contenter des applications humides qui font tomber plus lentement l'enduit.

Dans les formes érythémateuses simples, le meilleur traitement consiste dans les lavages avec un liquide légèrement astringent ou faiblement antiseptique : eau de camomille, eau de feuilles de noyer, eau boriquée, eau blanche, et dans les larges applications de poudres inertes, parfois les applications de vaseline boriquée. S'il y a des phlyctènes, on les rompra aseptiquement et on pansera à la vaseline boriquée ou, si l'inflammation est intense, au Uniment oléo-calCaire.

Dans les éruplionsde vésicules fines, abondantes, et

peu durables, comme celles produites par l'acide phénique, le salol, l'iodoforme, les applications de poudres inertes sont de beaucoup préférables à celles de corps gras ; on devra surtout éviter les lavages trop répétés et ne jamais employer de pansements humides.

Les éruptions hydrargyriques se trouvent au contraire rapidement améliorées par les applications de vaseline boriquée suivies de saupoudrage à l'amidon.

Dans les éruptions vésiculeuses se rapprochant de l'eczéma, qui constituent la grande majorité des éruptions professionnelles, le traitement est le même que dans l'eczéma, et consiste surtout dans les enveloppements avec des compresses trempées dans de l'eau bouillie ou dans de l'infusion de camomille, ou dans une solution faiblement antiseptique : eau boriquée, solution de phéno-salyl à 1 pour 500; s'il y a des lésions pustuleuses, si surtout les voies lymphatiques sont enflammées, on emploiera de préférence la solution de sublimé à 1 pour 2000, au moins pendant les premiers jours, sauf lorsque l'éruption est provoquée par des composés mercuriels ou lorsque ce pansement provoque une irritation tégumentaire. Si les croûtes sont épaisses, on activera leur chute par des cataplasmes de fécule de pommes de terre ou par des pulvérisations tièdes de liquides antiseptiques.

Lorsque les croûtes seront tombées, dès que le suintement aura cessé ou que la peau commencera à se macérer, on remplacera les pansements humides par des applications de pommades à l'oxyde de zinc ou au bismuth additionnées ou non d'acide salicylique. Nous ne pouvons poursuivre ici l'exposé des méthodes de traitement applicables à ces cas,

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qui se confondent au point de vue thérapeutique avec l'eczéma. (Voir T. I, p. 384.)

Les éruptions pustuleuses seront traitées par les applications de vaseline boriquée lorsque les pustules sont peu volumineuses, comme celles qui succèdent aux frictions d'huile de croton, par l'enveloppement avec des compresses imbibées de solution de sublimé et des applications d'emplâtres si elles se rapprochent du type de l'ecthyma. (Voir le traitement de cette affection, T. I, p. 228.)

Les lésions gangréneuses nécessitent souvent les enveloppements humides (solution de sublimé, eau boriquée) qui n'offrent aucun inconvénient ici, la gangrène étant limitée ; les ulcérations qui leur succèdent seront pansées aseptiquement, de préférence à sec et leur réparation sera surveillée attentivement pour éviter les cicatrices vicieuses.

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Exposé clinique et étiologique. — On donne le nom d'intertrigo à des lésions caractérisées par le développement, dans les plis cutanés, de placards d'abord érythémateux, pouvant devenir suintants plus tard et prenant alors l'apparence eczémateuse.

Ces lésions débutent par la parLie profonde du pli sous forme d'une plaque rouge, prurigineuse, qui s'excorie facilement ou conserve les caractères de l'érythème ; la plaque s'étend, finit par envahir toute la surface d'adossement de la peau, la débordant souvent quelque peu; elle peut conserver l'aspect purement éryLhémaleux, ou s'accompagner de la production de vésicules qui, en se rompant,

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donnent lieu à un suintement séreux plus ou moins abondant et à la formation de croûtes sur la périphérie du placard.

L'intertrigo, dans ses formes légères et purement érythémateuses, disparaît facilement, mais a une grande tendance à récidiver; sa durée est longue dans les formes suintantes et croûteuses.

Il se développe le plus souvent à la partie supérointerne des cuisses, sur les parties adjacentes des organes génitaux, dans l'espace interfessier, dans les régions inguinales, poplitées, aux aisselles, dans le pli sous-mammaire, plus rarement dans les plis de la paroi abdominale antérieure et à l'ombilic.

L'intertrigo s'observe surtout chez les sujets gras, chez lesquels l'adossement de la peau dans une grande étendue favorise les frottements pendant les mouvements, et l'accumulation dans les plis de tous les produits de sécrétion épidermique; la chaleur et l'humidité déterminent leur macération et leur décomposition sous l'influence des parasites habituels de la peau.

L'absence de soins suffisants de propreté facilite le développement de l'intertrigo; les exercices fatigants, la marche prolongée par les grandes chaleurs le provoquent souvent chez les sujets gras les plus soigneux; il constitue pour certains alpinistes une véritable infirmité.

Chez la femme, la leucorrhée est fréquemment la cause de l'intertrigo crural et l'approche des règles le provoque souvent.

Les sujets atteints d'intertrigo sont le plus souvent des arthritiques, dont l'état dialhésique favorise à la fois la tendance à l'obésité, l'exagération des sécrétions cutanées et la vulnérabilité de la

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peau : aussi l'intertrigo coïncide-t-il souvent avec l'eczéma, et en particulier l'eczéma séborrhéique, et l'irritation locale peut-elle devenir l'origine d'éruptions eczémateuses véritables. Les troubles digestifs facilitent la production de l'intertrigo et sa transformation eczémateuse.

Traitement. — Malgré le rôle important que jouent les causes locales dans la production de l'intertrigo, le traitement général est nécessaire pour combattre la disposition à cette dermatose : ce traitement général est très analogue à celui de l'eczéma (voir T. I, p. 379); il doit lutter contre les tendances constitutionnelles du sujet, combattre la disposition à l'obésité et en même temps les troubles digestifs qui peuvent exister : le régime sec de M. Bouchard, aidé des alcalins et des laxatifs, est, chez beaucoup de sujets disposés à l'intertrigo, le meilleur moyen de venir à bout de cette affection.

Localement, on peut prévenir l'apparition de l'intertrigo par des soins de propreté minutieux, lavages répétés avec de l'eau Liècle légèrement alcoolisée, ou avec des liquides faiblement astringents, comme la décoction de feuilles de ronce, de rose de Provins, une solution de borax ou d'alun, l'eau blanche, etc. Après ces lavages, la peau doit être essuyée doucement, puis poudrée au talc, à l'amidon ou à l'oxyde de zinc.

On doit en outre supprimer le contact avec la peau des vêtements irritants, de la flanelle en particulier, interdire l'emploi des tissus de caoutchouc dont les femmes ont l'habitude de garnir leurs corsages et qui exagèrent la transpiration, etc., enfin traiter les affections qui produisent des sécrétions irritantes, comme la leucorrhée.

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Lorsque l'intertrigo s'est développé, si l'irritation est peu considérable, les moyens précédents peuvent encore suffire à son traitement; mais, si les parties malades sont fortement enflammées et sécrètent abondamment, il convient de recourir aux émollients : cataplasmes de fécule de pommes de terre, enveloppements humides avec des compresses imbibées de liquides légèrement antiseptiques et lavages répétés avec ces liquides.

Une fois l'irritation calmée, on doit appliquer des pommades ou mieux des pâtes à l'oxyde de zinc additionnées de 1 à 2 0/0 d'acide salicylique, d'acide phénique ou de menthol, et, en cas d'échec des pommades, revenir à l'emploi des astringents.

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