DURILLON
Le durillon, ou callosilé, est constitué par un épaississement localisé de l' épidémie consécutivement à des pressions ou à des frottements répétés.
Son siège, très variable suivant la cause de ces pressions, dont il peut servir à reconnaître l'origine (durillons professionnels, stigmates de certains métiers), correspond généralement à des saillies osseuses ; le plus fréquemment, les durillons occupent les extrémités (mains et pieds).
Traitement. — Leur traitement, très analogue à celui des cors, consiste surtout dans l'emploi des cataplasmes, ou mieux des emplâtres (savon noir, acide salicylique, etc.), ou de poudres d'amidon ou de talc, renfermant 20 à 30 0/0 d'acide salicylique ; les applications de ces topiques sont répétées pendant plusieurs jours de suite (de 4 à 12 ou 15 jours suivant l'épaisseur du durillon) pour ramollir et exfolier l'épiderme ; après quoi on le fait tomber dans un bain chaud prolongé.
Les soins de propreté et les pansements antiseptiques sont indispensables chez les sujets atteints de durillons, surtout lorsqu'il existe des fissures profondes habitées par des microorganismes divers, qui peuvent devenir l'origine de complications inflammatoires très graves.
GERÇURES ET CREVASSES
Exposé clinique el éliologique. — Les gerçures sont constituées par de petites érosions linéaires,
GERÇURES ET CREVASSES
plus ou moins étendues el de forme variable, comprenant l'épiderme seul el accompagnées souvent d'un léger degré de rougeur de voisinage.
Les crevasses sont plus profondes, intéressent les couches superficielles du derme ; leurs bords sont souvent épaissis, renversés en dehors, leur fond sanguinolent.
Ces lésions sont dues à l'action du froid el de l'humidité, souvent aux deux causes réunies.
Elles s'observent fréquemment aux mains pendant la saison froide, surtout chez les sujets qui se livrent à des professions exigeant le séjour plus ou moins prolongé des mains dans l'eau ou dans des liquides irritants ; l'usage habituel de l'eau chaude pour la toilette, lorsqu'on n'a pas soin d'assécher convenablement les mains avant de s'exposer au froid, y expose également.
On les rencontre encore, surtout chez les sujets lymphatiques, aux lèvres sur leur bord libre ou à son pourtour, et plus rarement à la face en hiver.
Les crevasses du mamelon sont fréquentes pendant la grossesse et surtout la lactation, lorsque les femmes ne prennent pas un soin suffisant de cette région et y laissent séjourner le produit de la sécrétion mammaire, qui s'altère et irrite le tégument; elles rendent l'allaitement douloureux ou impossible et peuvent être laporte d'entrée d'agents infectieux déterminant des abcès du sein.
Traitement. — ■ L'usage exclusif de l'eau froide, de savons non irritants, l'essuyage des mains avec des linges fins suivi de l'application de poudres inertes pour compléter leur assèchement, l'usage de gants souples, suffisent souvent pour protéger contre le développement des gerçures des mains. Beaucoup de
GERÇURES ET CREVASSES
sujets prédisposés se trouvent bien d'enduire les mains pendant la nuit de glycérine pure et neutre, de cold cream très frais ou de lanoline additionnée d'essence de roses.
Ces moyens, les pommades légèrement astringentes (tanin ou extrait de ratanhia au 30°) ou balsamiques (baume du Pérou au 50°), les lotions alcooliques et astringentes (eau-de-vie camphrée étendue d'eau, solution aqueuse de tanin à 1 pour 200, par exemple) suffisent à guérir les gerçures peu développées.
Contre les crevasses, les applications émollientes sont indiquées si elles sont enflammées ; sinon, on recourra aux applications de pommade à l'oxyde de zinc, au sous-nitrate de bismuth, de vaseline boriquée ou aux emplâtres non irritants (emplâtre adhésif boriqué, emplâtre rouge de Vidal).
Le collodion pourra encore être employé contre les gerçures, à la condition qu'il soit très élastique, et on donnera pour cette raison la préférence au collodion à l'acétone.
Les gerçures du sein peuvent être prévenues par les lotions alcoolisées pendant les dernières semaines de la grossesse, les lavages à l'eau boriquée chaude après chaque tétée. Lorsqu'elles se sont produites, on aura recours, si elles sont peu profondes, aux applications de vaseline boriquée, aux louons alcoolisées et astringentes, aux lotions avec une solution de chloral au 100e, aux badigeonnages avec une solution de cocaïne au 100e après la tétée ; si elles sont plus profondes, aux attouchements avec le nitrate d'argent, aux applications de dermatol en poudre; le collodion rend la succion moins douloureuse pour la nourrice, mais plus difficile pour l'enfant.
GERÇURES ET CREVASSES
Sur les gerçures des lèvres, on appliquera de la vaseline boriquée, du cold-cream très frais additionné d'essence de roses ou de tanin (1 pour 400), et au besoin on cautérisera légèrement au nitrate d'argent.