DERMATOSES LIÉES AUX TROUBLES HÉPATIQUES
Les médecins anglais accordent aux troubles des fonctions hépatiques une importance considérable dans la production d'un grand nombre d'états morbides, et en particulier des dermatoses. Cette opinion, sans doute exagérée pour la généralité des cas, comporte une part de vérité.
11 est incontestable que certains prurits sont liés à des obstructions des voies biliaires, soit aiguës soit chroniques, spécialement dans la lithiase biliaire ; l'urticaire, des érythèmes divers, des lésions purpuriques peuvent se développer au cours des affections hépatiques avec ictère; le xanthome plan coïncide ordinairement avec l'ictère ou tout au moins avec des troubles des fonctions hépatiques; certains eczémas semblent également sous la dépendance de troubles fonctionnels passagers ou persistants du foie.
Ces troubles doivent donc être recherchés et traités dans les affections précédentes et, d'une façon générale, dans les dermatoses à marche chronique.
Les alcalins, les purgatifs et en particulier le calo-
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mel, les antiseptiques intestinaux, la révulsion sur la région hépatique, compléteront, suivant les cas, le traitement local à instituer contre la dermatose.
DERMATOSES LIÉES AU DIABÈTE
Les complications cutanées sont fréquentes au cours du diabète. A côté des lésions gangréneuses se produisant à l'occasion d'un traumatisme ou d'un anthrax, dont l'étude et le traitement sont plus spécialement du domaine de la chirurgie, il faut ranger quelques formes d'érythème, un prurit parfois violent occupant soit les organes génitaux, soit les membres et spécialement leurs extrémités, souvent accompagnéde papulesde prurigo, deslésions eczémateuses très prurigineuses à localisation génitale et périgénitale, le xanthome des diabétiques, et enfin la mélanodermie qui se développe dans les cas de diabète avec cirrhose hypertrophique pigmentaire du foie.
Le prurit génital et les eczémas méritent seuls une mention particulière dans ce chapitre.
En raison du contact de l'urine sucrée, les parties génitales sont fréquemment le siège d'un prurit généralement intense, plus accusé chez la femme que chez l'homme ; il est parfois la première manifestation clinique du diabète et, pour cette raison, l'urine de toute femme atteinte de prurit vulvaire doit être examinée.
Le symptôme prurit peut exister seul ; mais, s'il persiste un certain temps sans traitement, on voit apparaître, sous l'influence combinée du grattage et de l'irritation par l'urine, des lésions cutanées : érythème plus ou moins étendu, puis eczéma.
DERMATOSES LIÉES AU DIABÈTE
L'eczéma des diabétiques peut occuper des régions diverses: face, membres, tronc; dans ces diverses localisations il est toujours remarquable par l'intensité et la ténacité du prurit qui l'accompagne, par la sécheresse habituelle de sa surface. Mais son siège le plus fréquent et le plus caractéristique est la région génitale et périgénitale : gland, prépuce, scrotum chez l'homme; vulve, périnée, région inguinale, pubis chez la femme. Dans ces points, il se traduit par une rougeur intense, avec tuméfaction et suintement séreux abondant, dans les cas à marche aiguë ; par une rougeur moins intense, un épaississement lichénoïde de la peau dans les cas à marche chronique. Chez l'homme, le prépuce se rétrécit sous l'influence de l'infiltration de la peau ; il en résulte un phimosis parfois très étroit.
Traitement. — L'eczéma des diabétiques, lorsqu'il occupe la région génitale, réclame des soins locaux particuliers. De même que le prurit, il est dû à des causes complexes : irritation par l'urine modifiée dans sa composition, altération des sécrétions de la région sous l'influence combinée de l'urine et des microorganismes qui y pullulent.
La propreté la plus absolue est donc nécessaire : lavages et injections chez la femme au moyen de liquides antiseptiques (eau boriquée, solution de sublimé à 1 pour 4000, eau phéniquée à 1 pour 200) ou alcaline (solution de bicarbonate de soude à 1 0/0, eau blanche) répétés plusieurs fois par jour et, autant que possible, après chaque miction; chez l'homme, on aura recours, outre ces lavages, aux injections de solution de nitrate d'argent à 1 0/0, lorsque la balanite est intense. Après le lavage, applications de pommade boriquée et de poudre de
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talc additionnée de sous-nitrate de bismuth, de dermatol ou d'oxyde de zinc; jamais de poudre d'amidon en raison de la facilité avec laquelle elle s'altère ; puis interposition d'un linge ou d'un tampon d'ouate hydrophile saupoudré de-la môme poudre.
Ces mêmes prescriptions s'appliquent au traitement du prui-it génital.
Pour les lésions des cuisses et de la région abdominale, on aura recours aux traitements habituels de l'eczéma.
Mais ces traitements locaux seraient absolument insuffisants — et cela s'applique aux autres manifestations cutanées du diabète — si on se bornait à eux et si on ne leur adjoignait le traitement général du diabète, dans les détails duquel nous ne pouvons entrer ici : c'est seulement lorsque, par ce traitement, on aura fait baisser le taux de la glycosurie, qu'on verra les lésions cutanées s'amender notablement et disparaître, exposées d'ailleurs aux récidives si le malade cesse de prendre des soins locaux suffisants et de se soumettre à la médication générale.
DERMATOSES D'ORIGINE NERYEUSE
L'influence du système nerveux se révèle dans un grand nombre d'affections cutanées, soit par leur coïncidence avec des manifestations nerveuses, auxquelles elles se superposent ou s'associent, soit par leur développement à la suite d'émotions morales.
Si on voulait, comme quelques auteurs ont tenté de le faire, décrire sous le nom de dermato-neuroses toutes les affections cutanées dans lesquelles le
DERMATOSES D'ORIGINE NERVEUSE
système nerveux joue un rôle, ce cadre pourrait englober la plupart des dermatoses.
Le système nerveux n'intervient le plus souvent que comme un intermédiaire entre la cause première de la maladie et la lésion cutanée : il en est ainsi dans un grand nombre d'érythèmes toxiques, dans la plupart des urticaires, des prurits, vraisemblablement dans les lichens; les herpès, voire même le zona, la plus nettement névropathique des affections de ce groupe, n'ont de nerveux que le mécanisme et sont dus aune cause infectieuse à déterminer; dans les eczémas dits nerveux, les lésions des nerfs périphériques ne font que localiser une éruption due à une cause générale diathésique ; pour le psoriasis, la question est plus discutable, mais encore doit-on reconnaître qu'il faut au système nerveux pour le produire un primum movens de nature inconnue ; à plus forte raison dans la lèpre, dans les névrites périphériques d'origine infectieuse ou toxique, les nerfs ne font-ils que réagir sous l'influence d'une cause locale pour produire les lésions cutanées.
Le même raisonnement pourrait s'étendre aux ■lésions cutanées déterminées par des affections du système nerveux central.
Quoi qu'il en soit de ces données de pathogénie des dermatoneuroses, il faut reconnaître que les affections, troubles fonctionnels ou lésions organiques, du système nerveux central ou périphérique jouent un rôle dans le développement d'altérations cutanées très diverses.
Nous ne ferons qu'énumérer celles qui font l'objet de chapitres particuliers, pour indiquer avec plus de détails celles où le rôle du système nerveux est primordial.
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Parmi les éruptions uniquement congestives, il faut noter les érythèmes, les urticaires, les purpuras névropathiques; parmi les affections papuleuses, les lichens; parmi les affections vésiculeuses et huileuses, l'herpès, le zona, certains eczémas, la dermatile herpétiforme, les éruptions pemphigoïdes de la lèpre, celles que l'on observe parfois chez les hystériques (pemphigus hystérique) ; exceptionnellement des éruptions à forme ecthymateuse, résultat combiné de l'influence trophoneurotique et d'infections d'origine externe ; parmi les affections ulcéreuses et gangréneuses, certaines ulcérations trophiques et le mal perforant, la gangrène symétrique des extrémités, les eschares du décubitus ; en outre les états ichthyosiques consécutifs à des lésions du système nerveux central comme le tabès, ou aux névrites périphériques, les oedèmes névropathiques et hystériques, la sclérodermie, des troubles delà pigmentation cutanée et en particulier le vitiligo, la chute des ongles ou leurs dystrophies, les alopécies d'origine nerveuse rappelant plus ou moins complètement la pelade, enfin les troubles de sécrétion des glandes cutanées.
Ces dermatoses peuvent s'observer dans les étals pathologiques les plus divers du système nerveux : névroses, lésions du système nerveux central (tabès, myélites aiguës ou chroniques, atrophie musculaire progressive, syringomyélie, etc.) ou périphérique, dont elles viennent compliquer les symptômes déjà existants ou dont elles révèlent l'existence (dermatoneuroses indicatrices de Leloir).
Traitement. — Elles peuvent, par elles-mêmes, réclamer un traitement local particulier; mais surtout elles exigent le traitement général ou local de la