‹ Thérapeutique des maladies de la peauChapitre 8 sur 201 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA THÉRAPEUTIQUE DES AFFECTIONS CUTANÉES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA THÉRAPEUTIQUE DES AFFECTIONS CUTANÉES

Comme les revêtements muqueux et plus qu'eux encore, le revêtement cutané est un organe complexe dans sa structure, dans ses fonctions, soumis, de la part des agents extérieurs, à des influences très diverses et, de la part des organes internes, à des influences non moins diverses.

Aussi les conditions qui influent sur son état d'intégrité sont-elles des plus multiples. Sauf les difformités cutanées et quelques affections parasitaires de cause externe, il n'y a pour ainsi dire pas de maladies propres h la peau; la plupart même des dermatoses parasitaires subissent l'influence du milieu intérieur et se ressentent des modifications imprimées au tégument externe, comme aux autres parties de l'organisme, par les altérations des humeurs et les lésions des divers systèmes. Elles-mêmes peu-

vent retentir sur l'économie entière, modifiant son chimisme par les obstacles qu'elles apportent au fonctionnement de la peau, ou influençant le système nerveux par l'intermédiaire de l'action qu'elles exercent sur ses terminaisons cutanées.

Malgré leur apparence de lésions locales, apparence exagérée par leur siège extérieur et l'objectivité de leurs caractères, les dermatoses ne sont donc le plus' souvent que la traduction, sur la peau, d'un état pathologique de l'organisme tout entier ou de quelqu'un <le ses organes.

Déplus, des causes multiples s'associent souvent pour produire une dermatose: la lésion humorale, les désordres viscéraux affaiblissent la résistance de la peau; celle-ci réagit de façon variable suivant la prédisposition héréditaire du sujet, suivant les lésions dont elle a été précédemment le siège, suivant l'état de ses vaisseaux propres; les causes extérieures, • •il particulier les agents pathogènes auxquels le tégument sert de support normalement ou accidenhdlement, interviennent encore pour modifier ta lésion cutanée primitive.

La thérapeutique rationnelle et vraiment médicale des dermatoses doit tenir compte de tous ces éléments complexes et associés, sous peine de rester stérile ou même de les aggraver par une intervention incomplète et systématiquement limitée à un seul des éléments étiologiques.

L'étude complète du malade, la recherche de ses antécédents personnels et héréditaires, l'examen de ses différents viscères, l'analyse de ses sécrétions les plus importantes, la constatation de son genre de vie, de ses habitudes hygiéniques, etc., sont donc de rigueur pour établir en toute connaissance de

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES o

cause. le traitement qui convient à l'affection cutanée dont il est porteur.

Nous ne pouvons, dans cet ouvrage, exposer en détail tous les moyens que le médecin aura à mettre eu œuvre pour arriver à ce but : ce serait passer en revue toute la Lhérapeutique des maladies générales et des maladies des organes internes. Nous indiquerons, à propos des diverses causes de dermatoses, le traitement qui convient spécialement à celles provoquées par les lésions viscérales, et, à l'occasion de chaque dermatose en particulier, nous rappellerons sommairement les indications auxquelles le médecin aura plus spécialement à obéir.

Dans ce chapitre d'entrée en matière, nous voulons seulement insister sur quelques points d'intérêt général.

Nécessité de traiter les affections cutanées.

On a parfois prétendu que les affections cutanées, oudu moins certaines affections cutanées, ne devaient pas être traitées.

Cette assertion, reliquat de l'humorisme ancien, est encore émise par quelques médecins, plus souvent par des personnes étrangères à la médecine.

Nous n'hésitons pas à nous inscrire en faux contre elle, ii déclarer que toutes les dermatoses doivent être traitées. Reste à savoir comment, et s'il est indifférent d'arriver rapidement à les guérir. Sur ce point, il y a lieu de faire quelques réserves.

Les partisans de l'abstention font observer que la peau est un émonctoire naturel; de môme que, chez certains sujets, la santé générale ne se conserve intacte que s'ils ont quotidiennement des évacuations

intestinales abondantes et diarrhéiques, de même la suppression des sécrétions dune dermatose peut entramer des troubles graves des différents viscères ■ cerveau, poumons, cœur, etc. L'alternance des manifestations cutanées et viscérales dans certains étals diathésiques est encore invoquée pour justifier cetlc expectation.

Il y a, dans cette doctrine, une petite part de vérité et une très grande part d'erreur.

Il est incontestable que, chez certains sujets, la disparition rapide d'une dermatose, surtout d'une dermatose ancienne et étendue, est suivie à bref délai de manifestations viscérales parfois graves; mais encore faut-il se demander si, en pareil cas, les troubles viscéraux sont la répercussion de la lésion cutanée, si la disparition de celle- ci n'est pas la conséquence du développement même de la lésion viscérale, si l'intervention thérapeutique doit supporter le poids à la fois de l'honneur d'avoir guéri la dermalose et de l'accusation d'avoir provoqué les désordres internes. Bien souvent elle ne mérite ni l'une ni l'autre; la marche naturelle de la maladie générale, ou une cause accidentelle (coup de froid, écart de régime ou autre) a produit simultanément les deux effets : de même que les « gouttes remontées » ne sont souvent que des gouttes mal traitées (non localement, mais par des agents qui irritent les voies digestives) ou compliquées, de même les « dermatoses rentrées » ne sont presque jamais que des dermatoses au cours desquelles survienl quelque incident étranger à la thérapeutique locale.

Les faits, extrêmement rares, de répercussion ou de métastase viscérale ne doivent donc pas imposer l'abstention systématique dans les dermatoses,

même dans les dermatoses étendues et rebelles, et le médecin ne doit pas y trouver prétexte à négliger ou à interdire systématiquement toute intervention tliérapeutique.

Il doit seulement, comme le disent très justement MM. Besnier et Doyon (1), « examiner la situation spéciale du patient et se comporter suivant les circonstances, et non selon une formule absolue ».

S'il s'agit d'un sujet prédisposé aux congestions pulmonaires, aux troubles psychiques, aux désordres intestinaux, si surtout des accidents de ce genre se sont déjà produits ou ont déjà paru se produire après la disparition, spontanée ou thérapeutique, d'une dermatose antérieure, — et cette règle est principalement applicable chez les enfants et les vieillards, — si la dermatose à forme eczémateuse (c'est en effet presque uniquement dans les eczémas que ces répercussions viscérales ont été observées) est étendue, très suintante, qu'elle évolue suivant le mode aigu ou suivant le mode chronique, le médecin doit agir avec prudence et modération, observer soigneusement les effets de sa médication sur la lésion cutanée et sur les viscères. Il convient en pareil cas de ne pas recourir aux agents de traitement rapide de la dermatose, ou de ne les appliquer que sur des surfaces restreintes; on suspendra leur emploi, au besoin même on exercera une révulsion suffisante sur les parties saines du tégument (ou même, en cas de danger imminent, sur les régions qui viennent d'être guéries), si des troubles viscéraux succèdent à l'amendement des lésions cutanées.

(I) Kaposi. Patholor/ie et traitement des maladies de la peau. 2° édition française. Paris, 1891, T. I, p. 109.

Dans tous les cas, l'état général sera l'objet des préoccupations du médecin, qui y trouvera des indications lui permettant de prévenir les troubles viscéraux.

Dans les dermatoses d'origine diathésique le traitement interne, associé au traitement local permettra presque toujours, en agissant sur la cause commune de la dermatose et des manifestations viscérales, de guérir la première sans laisser aux secondes l'occasion de se produire.

Mais, sous bénéfice des remarques précédentes, nous pensons qu'aucune dermatose ne doit être abandonnée à elle-même, et rester sans traitement.

La théorie de l'abstention, étendue comme elle l a été par quelques-uns, aux dermatoses suppuralives. aux manifestations cutanées de la tuberculose, a produises plus déplorables résultats : l'infection générale de l'économie, des lésions viscérales graves et par- Ibis mortelles en ont été les conséquences; le traitement local les aurait évitées, alors que les partisans de l'abstention croyaient voir dans les lésions cutanées un mode de dépuration de l'organisme!

Même dans les affections qui ne sont pas primitivement d'origine microbienne, l'infection de surface et plus tard l'infection sanguine peuvent survenir lorsque la dermatose n'est pas convenablement traitée : il y a donc toujours nécessité, quand on n'esl pas autorisé à agir énergiquement et à tenter une médication curative, d'instituer une médication palliative, prophylactique des infections secondaires.

Aussi résumerons-nous celte discussion en disant que, si quelquefois les affections cutanées ne doivent pas être guéries, ou tout au moins ne doivent pas être guéries rapidement, elles doivent toujours èlre traitées.

Cette règle ne souffre d'exceptions que pour quelques dermatoses qui ne s'accompagnent pas d'effraction épidermique et qui, n'offrant aucun danger de généralisation ou de retentissement sur les viscères, sont plutôt des infirmités que des maladies.

Uôle dn traitement interne dans les dermatoses.

Ce qui précède suffit à montrer que nous accordons une part importante aux médications internes dans le traitement des dermatoses et en cela, contrairement à l'école de Vienne, nous sommes d'accord avec tous les dermatologistes français.

La disposition constitutionnelle, qu'on lui donne le nom de diathèse avec Bazin, ou qu'on la regarde comme une anomalie de la nutrition avec M. Bouchard, intervient clans la production de la plupart des affections cutanées; si elle peut rarement être regardée comme la seule cause de celles-ci, elle se traduit par la facilité avec laquelle les causes extérieures ou les désordres des divers viscères les provoquent. Elle doit donc être combattue toutes les fois qu'on la rencontre, toutes les fois qu'elle peut, avec quelque apparence de raison, être accusée d'être la cause du développement ou de la persistance d'une dermatose.

Le lymphatisme fournit à ce point de vue des indications précieuses dans nombre de dermatoses infantiles et dans un certain nombre de dermatoses des adultes : les négliger expose à voir s'éterniser el récidiver sans cesse ces dermatoses.

L'arthritisme est plus souvent encore en cause dans les dermatoses rebelles et étendues : la médication alcaline et diurétique doit alors être associée

aux traitements dirigés contre la dermatose ellemême et contre les localisations viscérales de la diathese qui, elles aussi, contribuent au développement et à la persistance de l'affection cutanée.

L'herpétisme, tel que le comprenait Bazin, a disparu de la nosographie. Il n'est plus guère resté de cette partie de la doctrine du grand maître de la dermatologie française que l'emploi de l'arsenic dans certaines dermatoses, emploi systématique et souvent irraisonné contre lequel nous ne saurions assez protester.

Loin de nous l'idée de nier l'importance réelle des préparations arsenicales dans certaines dermatoses; on verra dans le cours de ce livre que nous les préconisons fréquemment. Mais, de l'utilité de ces préparations dans des cas bien déterminés, il ne faut pas induire que l'arsenic est le spécifique de ces dermatoses, qu'il agit contre elles comme le mercure contre les lésions syphilitiques.

La doctrine des médicaments ou des médications spécifiques n'est actuellement applicable, en dehors des manifestations de la syphilis, à aucune dermatose ; il n'est pas un médicament qui, employé seul et dans tous les cas d'une dermatose donnée, amène constamment sa guérison : c'est là un fait d'observation dont il faut êtrebien pénétré lorsqu'on aborde l'étude de la thérapeutique dermatologique.

L'arsenic n'y apporte pas d'exception : il est utile dans un grand nombre de cas d'affections cutanées, il. aide à leur guérison, non pas — même dans les dermatoses squameuses pour lesquelles il jouil d'une réputation quelque peu usurpée — par une action élective sur les lésions cutanées, mais parles modilications qu'il apporte dans la nutrition géné-

raie : c'est un reconstituant de premier ordre dans la plupart des étals dyscrasiques ; ses indications résultent non d'une formule constitutionnelle et permanente méritant ou non la dénomination d'herpétisme, mais d'un affaiblissement général de l'organisme produit par des causes diverses, souvent accidentelles. Fréquemment il est indiqué chez des arthritiques débilités par une maladie intercurrente, par des fatigues excessives, etc.

C'est donc dans l'examen complet du malade bien plus que dans la forme d'une dermatose ou même dans les tendances constitutionnelles du sujet qu'on trouvera les raisons de recourir à la médication arsenicale.

Ce que nous venons de dire de l'arsenic s'applique à tous les médicaments prescrits à titre de reconstituants ou de dépuratifs. C'est au médecin à reconnaître ceux qui s'appliquent à chaque cas particulier, et, à propos de chacune des dermatoses, nous ne rappellerons qu'à titre d'indications ceux qui lui sont plus particulièrement applicables (1).

(1) Nous devons à ce propos faire remarquer que quelques formes de dermatoses constituent des contre-indications à l'emploi de certains médicaments : dans les affections .bulleuses, on se gardera de prescrire les iodures; ceux-ci et les bromures ne doivent être employés qu'avec grandes précautions chez les acnéiques; l'arsenic ne doit jamais être donné au moment de poussées inflammatoires intenses et d'exacerbations des [dermatoses.

Les idiosyncrasics jouent également un rôle dans l'action de quelques médicaments : le sulfate de quinine, l'antipyrine, l'acide phénique, qui rendent do grands services dans [certaines formes d'urticaire et de prurits, provoquent par contre l'apparition de ces dermatoses chez quelques sujets; on ne devra donc jamais prescrire les médicaments susceptibles de déterminer une éruption sans s'être assuré, par l'interrogatoire du malade, qu'ils n'ont jamais été la cause de ces accidents et, même en l'absence d'an-

Dans les dermatoses à marche rapide, à caractère inflammatoire, et dans les poussées aiguës des dermatoses chroniques, le traitement interne acquiert une importance particulière. Les antiphlogistiques les purgatifs, les divers agents susceptibles de modérer l'afflux du sang vers la peau, et en particulier les médicaments vaso-moteurs comme la quinine la belladone, l'ergotine, jouent dans leur thérapeutique un rôle au moins aussi important que dans celle des inflammations viscérales. L'antisepsie intestinale, en modérant les fermentations, les diurétiques, en facilitant l'élimination des produits toxiques de toute origine, contribuent à la guérison de nombreuses lésions cutanées.

Les affections prurigineuses sont considérablemenl amendées par certains médicaments internes.

Le traitement interne des dermatoses comprend non seulement les médicaments propres à combattre les tendances constitutionnelles du malade, les troubles généraux de la nutrition, et à agir sur la lésion cutanée par l'intermédiaire du système nerveux ou du système circulatoire, mais encore le traitement deslésions viscérales qui engendrent, accompagnent ou compliquent la dermatose et les prescriptions hygiéniques corrélatives, principalement an point de vue du régime. Nous reviendrons avec détails sur ces points dans les chapitres consacrés aux dermatoses d'origine viscérale.

On voit par ces considérations que la thérapeutique médicale proprement dite ne doit pas être négligée dans les affections cutanées : ses indications

térédents de ce genre, on devra en surveiller les effets, pour ne pas s'exposer à attribuer à la marche naturelle de la maladie les conséquences du traitement.

son! multiples el demandent toutes à être remplies. Les méconnaître est faire œuvre incomplète, indigne d'un médecin.

Rôle du traitement externe dans les affeclions cutanées.

Les anciens dermatologistes ne recouraient guère qu'au traitement interne, négligeant à peu près complètement les applications locales.

Hebra a entrepris, contre ces tendances, une réaction, qui, comme presque toutes les réactions, a dépassé le but, laissant presque absolument de côté la thérapeutique interne et le traitement des causes générales ou viscérales qui influent sur les dermatoses.

L'équilibre, qui n'a jamais été complètemenl rompu en France entre ces deux manières de faire, tend à s'établir de plus en plus au profit d'une thérapeutique rationnelle, utilisant, suivant les besoins de chaque cas, les moyens de traitement internes el externes.

L'exemple des manifestations syphilitiques suilirait, s'il en était besoin, à prouver que les topiques sont souvent nécessaires à la guérison des affections sur lesquelles le traitement général a le plus de prise : il est, en effet, de pratique commune, et de bonne pratique, d'agir localement sur certaines syphilides de la peau ou des muqueuses que le traitement spécifique à lui seul modifie peu ou modifie lentement et qui ne sont rapidement guéries que par l'adjonction des caulérisalions ou des lavages.

En ce qui concerne les dermatoses propremenl dites, il en est peu que le traitement interne guérisse

à lui seul; presque toutes les affections cutanées même celles qui relèvent d'une cause générale ou interne, sont modifiées, aggravées ou déformées par des agents extérieurs et, seules, les applications locales peuvent, en agissant sur le terrain cutané luimême et en éloignant les agents modificateurs, faire disparaître les lésions externes.

Certaines d'entre elles, dues uniquement à des causes locales dont l'action est indépendante des troubles de la santé générale ou dans lesquelles ceux-ci n'interviennent que pour en modifier la réaction et les caractères cliniques, ne sauraient guérir sans un traitement local. Dans quelques cas, celui-ci doit être seul mis en œuvre, le traitement général étant impuissant à agir en quoi que ce soit sur la lésion cutanée d'ordre uniquement externe.

^ Nous n'avons pas à indiquer ici les différents modes d'emploi des topiques, qui seront décrits à propos de chacune des dermatoses et étudiés plus spécialement à la fin de cet ouvrage.

Signalons seulement, d'une façon générale, les indications du traitement externe.

Les dermatoses inflammatoires requièrent, presque toujours, un traitement émollient ou résolutif à leur début, ou au cours de leurs poussées aiguës : c'est seulement lorsque les phénomènes inflammatoires se sont calmés, lorsque la lésion cutanée est parvenue à sa période d'état ou de déclin, lorsqu'elle tend à s'établir d'une manière chronique, qu'on peut tenter l'emploi des médications substitutives.

La mise en œuvre de ces deux ordres de médications demande une très grande attention : le choix des émollients (cataplasmes, enveloppements, corps gras, bains, poudres inertes, etc.) est particulièremenl

embarrassant, en raison de la variabilité des réactions de la peau vis-à-vis d'un même agent, suivant les susceptibilités individuelles et suivant les dermatoses; tel agent, anodin en apparence, devient irritant pour certains sujets et occasionne des poussées inflammatoires intenses qui forcent à suspendre son emploi et qui ne se reproduiront peut-être plus, si on vient à- l'utiliser à une période plus avancée de la maladie. Il n'y a, sur ce point, aucune règle générale à formuler, l'observation des effets de la médication dans chaque cas peut seule guider le médecin : la prudence et la surveillance assidue doivent lui être conseillées dans l'emploi de ces traitements.

La médication substitutive, dont les agents sont des plus variés, ne réclame pas moins d'attention, dans le choix de ses agents d'abord, dans le moment de leur emploi en second lieu.

En dehors des dermatoses chroniques et peu irritables, dans lesquelles il faut, pour obtenir un effet thérapeutique, provoquer un degré un peu accusé de réaction inflammatoire, cette médication ne doit être utilisée qu'avec modération, sous bénéfice de la constatation répétée deses effets. Toujours, d'ailleurs, l'emploi des agents substitutifs sera suivi de celui des résolutifs, pour calmer l'irritation thérapeuliquement produite.

Dans les dermatoses aiguës ou irritatives, la médication substitutive ne doit être instituée que lorsque les poussées aiguës sont calmées par les émollients et les résolutifs, et qu'il n'y a plus à craindre devoir survenir une inflammation trop considérable : là est précisément la difficulté d'interprétation et de pratique. A notre avis, le médecin ne saurait être trop prudent dans ces cas; chercher à obtenir par les

Les tâtonnements sont souvent nécessaires non,determmerle moment où ceux-ci doivent Xe a donnés e remplacés par les substitutifs : c'e t à " aib e qu'on doit tout d abord prescrire ces dern s

suffi ! i TTter 168 d0SGS Si obtenu e" :

suffisant et „ la peau parait s'accoutumer au médicale prurit, qui constitue l'un des phénomènes les -pénibles pour les sujets atteints de dermatoses e. lame souvent une intervention locale; de nom- ^euxage nts, que nous signalerons à propos du prurigo et de l'urticaire, permettent de le modérer et peuvent être associés aux agents des autres médira-

Les caustiques chimiques ou thermiques, les procédés chirurgicaux (exérèse, grattage, scarifications, electrolyse) sont seuls applicables à certaines dermatoses que les topiques simples ne peuvent guérir et rendent des services inappréciables.

Dans les affections parasitaires, les parasiticides sont seuls susceptibles de détruire l'agent de la maladie. Us en seraient l'unique base de traitement s ils atteignaient sûrement et toujours le parasite et si celui-ci ne déterminait pas des réactions cutanées diverses. Mais, ainsi que nous le verrons à propos des •lermatomycoses, ces subtances détruisent souvent les tissus cutanés avant d'être arrivées à doses suffis

santés au contact du parasite. Dans tes affections parasitais d'origine animale, les phénomènes inflammatoires provoqués par la présence du parasite obligent parfois à faire précéder l'emploi des parasiticides d'un traitement émollient ou résolutif, et les agents parasiticides eux-mêmes déterminent souvent des lésions cutanées secondaires qui doivent être traitées ultérieurement.

L'antisepsie occupe une place importante dans la thérapeutique des affections cutanées et devrait y occuper une place plus importante encore. Le siège de ces maladies, qui les rapproche des maladies dites chirurgicales, leur infection possible par les parasites habitant normalement la peau ou provenant de l'extérieur, le rôle primordial des parasites dans la production de certaines d'entre elles, tout indique qu'elles doivent être traitées par les procédés qui font l'honneur et la sécurité de la chirurgie moderne. Et cependant, il a été fait peu de progrès dans cette voie, où est pour nous l'avenir de la thérapeutique dermatologique.

Il est vrai que l'occlusion par les emplâtres, que les lavages avec les solutions antiseptiques faibles, que les applications de pommades renfermant des substances principalement ou accessoirement antiseptiques réalisent déjà en partie cette indication; mais à côté de ces procédés incomplètement et parfois inconsciemment antiseptiques, que de fautes contre l'antisepsie el l'asepsie on commet journellement dans la pratique!

Les liquides employés an lavage des surfaces malades ne sont pas stérilisés; les pommades préparées sans la moindre précaution sont conservées avec moins de soins encore, souillées par les pous-

sières extérieures, appliquées par des aides qui nonl même pas pris la précaution de se laver les lin, --Plâtres restent exposés au contac de £ H de tous les microorganismes qu'il contient- le 1 qm servent aux pansements ne sont pas dé , X

sui des surfaces suintantes; celles-ci restent sans pansement pendant un temps plus ou moins 1m, Le médecin doit réagir contre toutes ces imperfec-

n ;rer iui-même de vjsevii

pendant et après les petites opérations dermatolo^ giques, mais encore pour les pansements les plus simples en apparence. Il évitera de la sorte plus d une complication attribuée à la maladie cutanée elle-même, et qui n'est autre que le résullat de l'inlection par les agents extérieurs ubiquitaires ou par ceux auxquels servent de support les objets de pansement et les mains des panseurs. Sur ce point notre conviction est absolue : une dermatose, pou,' peu qu elle s'accompagne d'effraction épidermique doit être pansée avec autant de soin qu'une plaie chirurgicale.

En dehors de ces principes généraux de proprelé antiseptique et aseptique, que nous n'aurions pas rappelés si nous ne les voyions si fréquemment méconnus, l'antisepsie cutanée joue un rôle curatif important dans nombre de dermatoses : les emplâtres occlusifs, les collodions simples ou médicamenteux, les pommades à base de substances antiseptiques cl surtout les enveloppements humides avec des linges imbibés de liquides antiseptiques en sont les principaux moyens d'action. Ces derniers sont particulièrement utiles dans les dermatoses suppuraiives

ou simplement suintantes; ils associent à l'action émolliente et résolutive de l'enveloppement les propriétés antiseptiques du liquide employé, et, surtout au début du traitement, servent à combattre les m- Fections locales surajoutées à la dermatose. Il convient seulement de remarquer que leur emploi dod être surveillé de près, la plupart des substances antiseptiques, et entre autres la plus efficace de toutes, le sublimé, pouvant déterminer des irritations cutanées intenses chez certains sujets.

Les antiseptiques pulvérulents peuvent également servir au traitement d'un certain nombre de dermatoses, infectieuses ou infectées.

L'antisepsie dans les maladies de la peau est surtout une antisepsie de surface; ses agents ne peuvent servir à détruire les microorganismes contenus dans les tissus : contre ceux-ci les caustiques chimiques ou thermiques, les irritants qui gênent leur développement en modifiant la vitalité des tissus sont seuls à employer.

L'hydrothérapie est d'usage courant contre les dermatoses. Elle peut être employée sous forme de douches froides ou chaudes, qui agissent plutôt sur l'état général que sur la lésion locale, ou sous forme de bains qui, à l'action locale, émolliente, résolutive, antiseptique, joignent une action générale sur l'économie.

Les eaux minérales les plus diverses peuvent être employées dans certaines dermatoses : quelquesunes jouissenl à ce sujet d'une réputation méritée. Leur action topique, réelle dans quelques affections cutanées, cède cependant presque toujours le pas à l'action générale sur l'économie : leurs indications sont donc fournies, moins par les caractèresspécianx

de k l^ion cutanée que par l'état constitutionnel du sujet. Il convient d'ajouter que le traitement hydrique proprement dit n'est qu'un des éléments dekpro ^tion des effets très remarquables obtenus pa , séjour dans les stations thermales : le change^ dans les conditions d'existence, le séjour à l'air ! exercice, le régime alimentaire auquel les malades doivent s astreindre, le repos intellectuel y prennent de 1 avis de tous, une part importante. Nous ne saunons ici, entrer dans de plus grands détails suies indications des eaux minérales dans les dermatoses : elles relèvent à la fois de la médecine générale et des ressources propres à chaque station; nous indiquerons àpropos de chacune des formes d'affections cutanées les stations qui lui conviennent plu. particulièrement.

Comme l'hydrothérapie, le massage et l'électrisationsonl plus souvent des moyens propres à modifier la nutrition générale ou les fonctions des divers organes que des procédés de traitement local des dermatoses.

Page 1