CHAPITRE II
hémianesthésie'.
Nous avons vu dans l’aphasie un premier exemple de symptôme correspondant à des lésions de siège fixe. Nous allons en trouver un second, de démonstration plus récente, mais aussi nette, dans l’hémianesthésie.
La plupart des hémiplégiques ne sont paralysés que du mouvement : leur sensibilité reste intacte. Mais, dans un certain nombre de cas, qui sont moins fréquents sans être exceptionnels, il y a une hémianesthésie plus ou moins complète du côté hémiplégique.
Les accidents se développent brusquement, après une attaque d’apoplexie, ou graduellement comme les autres hémiplégies. Le malade dit qu’il ne sent pas son côté paralysé, qui est comme mort. En examinant de près, on trouve alors une insensibilité complète de tout le côté, s’arrêtant à la ligne médiane en avant et en arrière. Cette délimitation n’est pas mathématique ; il y a souvent une petite région de sensibilité diffuse autour de la ligne médiane, qui est due aux anastomoses des nerfs des deux côtés du corps.
La peau a perdu toutes ses espèces de sensibilité : sensibilité au contact, à la douleur, cà la température. Une épingle profondément enfoncée, un corps froid mis en contact avec les téguments, le chatouillement, les courants électriques, etc., ne sont pas perçus. Dans les cas moins accentués, on peut mesurer avec l’œsthésiomètre ki sensibilité comparée des deux côtés.
Les parties profondes peuvent être également anesthésiées: la pression n est pas perçue. On peut faire contracter les muscles par un coulant électrique, on peut même ainsi tétaniser un membre, sans produire de la douleur.
Cependant Déjerine et Thuilant* ont signalé, dans un cas classique
à tous les autres points de vue, l’absence d’anesthésie des parties prolondes de la peau.
Le sens musculaire est affaibli et peut être aboli. Le malade, les yeux ermes, n a pas conscience des mouvements spontanés et provoqués qu il exécute. Ainsi, si l’on invite le sujet à porter la main anesthésiée sur un point sain, les yeux étant fermés, il ne s’apercevra pas d’un
Voj. Charcot ; Leç. sur les mal. du syst. nerveux, Lom. I.
Veyssiere; Th. de Paris, 1874, ^379.
Rendu; Th. d’agreg., Paris, iS75.
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Raris, 1881. — Rev. in Arc h. de Neurol., 1882 IV 67 — Sensibilité, m Noue. Dicl. de Mid. et de Chir. prêt. ' 7’
DsœuiNE et Tkoilahtj Bull. Soc. Atmt., ,888, ,,ag.
Grasset, 4° édit. ^
et art.
obstacle
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produit le contact, aloi s que son^ faciiement entraîner dans une
assez droit lc* ^ ^cuiaire dès qu’on exerce une pression légère sur
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semenï qui peut aller jusqu'à a» ou 3% et dont le malade n a pas cou-
également peut ^ tre t’ouchée avec une barbe de plume sans que le
malade s’en doute. , rpsie sensible. Magnan fait
On a constaté s®"le^ q"emée d’une part et la conjonctive palpéremarquer, ace sujet, que V u indépendante
braie et selérotidlenne de 1 autre. »! une ^ ^ 'qu.après
dans une certaine mesui • *• , i - „ ja cornée perd sa
P avulsion du ganglion La con-
sensibilité, tandis que le reste de la co ^ ^ ^ ^ u cinquième paire, jonctive reçoit ses nerfs sensitif ophtalmique. La strychnine
tandis que la cornée les reçoi c u 0 o péther et le curare font l’ininsensibilise la cornée avant la cm " ' une lésion peut pro-
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dT„ mte temps, quelques p“
Ainsi, souvent l'excttelton^o^ ^ récemment eonstaté chez un ‘^T^rno'us aurons à
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la^ce^orsalTde^mains^peut-étre aussi un peu plus prononcée au
B. Ta.P.ea; Soc. de Biol. ( Ga,. m èdie., .8 77, a- .,■)
HÉMIANESTHÉSIE. 195
membre supérieur qu’au membre inférieur. La sensibilité des parties profondes revient alors avant celle de la peau ou peut même rester intacte tout le temps. Enfin, la pression circulaire ou sur des points des parties ainsi affectées déterminerait une anesthésie complète sur ce point et sur les parties avoisinantes, particulièrement du côté des extrémités.
Nous avons vu les troubles porter sur tous les modes et toutes les espèces de sensibilité générale (peau, muscles, muqueuses, etc.). Il nous reste à décrire les troubles que la sensibilité sensorielle présente, dans ces cas-là, toujours du même côté.
Tous les sens sont atteints à des degrés variables du côté hémianesthésié.
Poui 1 ouïe , il est lacile de constater qu’il faut approcher à 10 ou 5 centim. de l’oreille une montre que le malade entend, de l’autre oreille à 5o ou 6o centim. ; quelquefois même, le malade ne percevra pas le bruit de la montre mise au contact. La diminution de l’ouïe peut aller jusqu a la surdité complète.
L électrisation, en plaçant le fil négatif, sur un bourdonnet de colon mouille, dans l’oreille malade, ne produit aucune sensation de son Del autre côté, au contraire, l’électrisation produit une sensation auditive et souvent aussi une saveur métallique dans la moitié correspondante de la langue. 1
L odorat est également affaibli ou aboli dans la narine du côté correspondant ; on s’en assurera en faisant sentir au sujet de l’eau de fleurs
oranger, du camphre, de l’essence de menthe, de la teinture de musc du vinaigre de 1 essence de moutarde; ces deux dernières substances
Sé'géné8 ralT qU’dleS 8’adre^t SUrt°ut à la -nsi-
Le goût est également perdu dans la moitié correspondante de la angue le sucre, le sel, le sulfate de magnésie, l’aloès, la coloquinte ne sont pas perçus. L’expérience est concluante quand on promène un pinceau trempe dans la coloquinte, d’abord sur la partie malade puis sur la partie saine. Le sujet ne peut pas dissimuler, au moment où l’on dépassé la ligne médiane, l’impression désagréable qu’il reçoit
atttnlion mèneS °bSerVéS ^ CÔté de la une grande
delaca.lé visuelle * t rétrécissement concentrique du champ visuel
Pour apprécier 1 acuité visuelle, on peut se servir d’une^écbelle Ivno graphique, comme celle de Snellen On AMo • , 1 6 W°"
i96 MALADIES DE L’ENCEPHALE.
numérateur celle distance et pour dénominateur le numéro lu. Ainsi, dans la vue normale, on lit le numéro 20 à une distance de 20 pieds.
L’acuité visuelle est alors 20/20 ou 1 . . , .
Eh bien ! l’hémianesthésique lira à cette distance de 20 pieds le numéro 20 avec l’œil sain, mais il ne lira que le numéro 70, par exemple à la même distance, avec l’œil du côté malade. L acuité visuelle du coté
Q„peHiê<dé sera 2/7 de celle du côté sain.
Quant à l’étendue du champ visuel, voici comment on pourra 1 appré-
C1Qn trace sur un papier des cercles concentriques correspondant à des angles variables. On fait fixer le point central, et, avec un crayon, on parcourt huit rayons de ces cercles. On marque sur chaque rayon le point extrême où l’on aperçoit le crayon, en fixant toujo urste ^Üe,et p on a ainsi une idée de l’étendue du champ visuel (Voy. Pl.V, fig. et 2).