‹ Thérapeutique des maladies de système nerveux (volume 2)Chapitre 35 sur 123 · VIII · texte numérisé non relu

VIII

HÉMICHORÉE. 223

corticaux. La délimitation à un seul côté du corps plaide encore dans le même sens.

Bernhardt n’accepte pas celle théorie d’Eulenburg : les convulsions limitées que l’on observe dans les lésions de circonvolutions n’ont pas le caractère de l’athétose et notamment sa durée. Pour lui, l’athétose doit être rapprochée des chorées, et tout spécialement de l’hémichoréc post-hémiplégique, dont nous avons parlé plus haut. L’apparition de ce symptôme après des hémiplégies, sa coïncidence fréquente avec l’hémianesthésie', en font une simple variété de l’hémichorée, variété que l’on peut distinguerpar un nom spécial.

Rosenbach a trouvé l’athétose dans un cas d’ataxie locomotrice progressive- (avec autopsie). Il en fait alors un symptôme sans signib'cation diagnostique bien précise, analogue au nystagmus, et pouvant se présenter dans beaucoup de maladies nerveuses distinctes.

Charcot a repris au contraire l’idée de l’assimilation à l’hémichorée post-hémiplégique, et c'est là aussi la théorie soutenue par Oulmont.

Pour nous, nous croyons que le nombre des documents rassemblés est encore insuffisant pour permettre des conclusions définitives, d’autant que tous les faits publiés sous le nom d’athétose n’appartiennent pas

d’une manière certaine au même groupe. Cependant voici ce que l’on

peut dire, croyons-nous, dans l’état actuel delà science.

L athétose est une variété de chorée. Par suite, la pathogénie générale n’en est pas plus connue que celle de la chorée.

Mais il y a parmi les chorées une espèce particulière, l’hémichorée post-hémiplégique, dont on connaît la valeur diagnostique pour le siège de la lésion. De même, il y a parmi les athétoses une espèce particulière, l’hémiathétose post-hémiplégique L qui doit avoir une valeur séméiologique toute spéciale et dont la lésion doit siéger à peu près dans les mêmes régions que l’hémichorée.

' Il a été publié, cependant, un certain nombre de faits dans lesquels l’hémiathétose post-hemiplégiquc s’est montrée indépendamment de toute anesthésie récemment à la -Soc. mèd. des hôpitaux (27 avril iSSS) une jeune fille de ib ans, atteinte depuis l’âge de 4 ans, à la suite d’une hémiplégie

sibditôP 1IfIUe’ d UnC hemiathétose classique, mais sans trouble aucun de la sen-

: Voir, dans le chapitre consacré plus loin à l’ataxie locomotrice ce oui con cerne 1 athétose, ou les mouvements athétoïdes des tabétiques.

, Lest bien dans ce groupe que rentre le fait de Bernhardt (Avch. f. Psuch

m , hT- r ■ m Ardl- dG NeuroL' l83/‘> V11’ 353) dans lequel une hémichorée P t-hémiplegique se transforma en hémiathétose au bout de cinq semaines

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En d’autres termes, de môme que l’athélose prise en général est une variété de chorée, de môme l’hémialhétose post-hémiplégique est une variété de l’hémichorée post-hémiplégique et correspond probablement à la môme lésion.

Nous disons probablement , parce que la chose n’est pas démontrée (PuQg manière bien positive par les autopsies, qui sont du leste encore peu nombreuses.

Ewald* a publié deux faits : dans le premier, il y avait deux petits foyers de ramollissement sur la circonvolution temporale du côté opposé aux membres athétosiques ; dans le second, il y avait une petite masse tuberculeuse sous les tubercules quadrijumeaux. Mais, comme dit Arnozan*, ces deux faits sont si complexes, les symptômes ont été si multiples, si bizarrement associés, qu’on ne saurait apprécier bien exactement la valeur des lésions.

Dans le fait de Rosenbach 3, il y avait, outre la sclérose des cordons postérieurs de la moelle, un petit foyer de ramollissement à l’extrémité postérieure, inférieure et externe du noyau lenticulaire.

Landouzy* a publié un cas très remarquable et beaucoup plus net que les précédents, dans lequel la lésion était un foyer de ramollissement englobant un petit calcul et occupant la partie antérieure du noyau lenticulaire, avec léger amincissement du pédoncule cérébral correspondant et intégrité de la capsule interne.

Enfin, Kahler et Picks ont plus récemment observé un autre faitd’hémiathétose post-liémiplégique dans lequel un vieux foyer hémorrhagique siégeait dans la couche optique (moitié externe) et dans cette partie de la capsule interne qui est immédiatement derrière le faisceau compact des fibres pyramidales de Flechsig ; la lésion s’étendait en arrière jusqu’au faisceau sensitif de Mcynert.

Tous ces faits rendent probable, comme nous disions plus haut, l’assimilation de ces cas d’hémiathétose post-hémiplégique à 1 hémichorée post-hémiplégique, suivant l’opinion de Charcot8.

Nous signalerons enfin, en terminant ce paragraphe, les rapports qu’il y a souvent entre l’athétose et l’atrophie cérébrale. Brousse a bien

vent de la chorée post-hémiplégique chez des enfants atteints d hémiplégie spasmodique infantile (Arch. de Neurol., 1882, III, 281): c’est la confirmation de ce que nous dirons plus loin des rapports de ces phénomènes post-hémiplégiques avec

la sclérose cérébrale.

' Ewa ld ; Deut. Arch. [. hlin. Med., 1877.

2 Arnozan ; Gaz. hebdomad., 1879, 2o3.

3 Rosenbach ; Vtrch. Arch., 1876, LXVIII, 85.

1 Landouzy ; Soc. Anat. et Progrès médical, 1S7S.

3 Kahler et Pick ; Pvag. Viertelj., 1879 .-Cenmibl. f Nervenk 1879, 253.

« Citons encore un fait de Lauenstein (Deut. Arch. f. hlm. Med., XX), dans lequel il y avait, entre autres lésions, un ramollissement à l’extrémité anterieure

de la couche optique.

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mis le faiten évidence, dans le travail que nous avons cité, en s’appuyant, soit sur nos observations, soit sur celles d’Oulmont.

Nous verrons du reste, à propos de la sclérose cérébrale, que cette lésion entraîne souvent des phénomènes d’excitation motrice variés : contractures, convulsions, etc1.

II. Nous avons observé, il y a quelques années, un phénomène posthémiplégique que, pendant la vie du malade, nous avions soigneusement distingué de l’hémichorée et que l’autopsie nous a démontré être réellement une variété d’hémichorée (au moins quant au siège de la lésion).

Ce qui caractérise en effet classiquement l’hémichorée, c’est l’instabilité au icpos. Or, chez notre malade, il n’y avait aucun mouvement anormal au repos. Mais, dès qu’il voulaitagir avec le bras paralysé (bras dioit), et spécialement quand il voulait exécuter un acte un peu délicat, exigeant de petits mouvements, les doigts devenaient le siège de contractions irrégulières, qui l’empêchaient de fixer son crayon dans la position voulue pour écrire et quelquefois même projetaient vivement au loin 1 objet qu il voulait maintenir dans les doigts.

Nous avons souvent fait remarquer aux élèves combien ce genre de mouvement post-hénnplégique différait des tremblements, puisqu'il n’y avait pas d’oscillations régulières, et différait aussi de l'hémichorée, puisqu il ne se produisait qu’à l’occasion des mouvements volontaires. 11 paraissait ainsi se rapprocher plutôt des mouvements ataxiques. Cependant i occlusion des yeux ne les exagérait nullement.

A l’autopsie, nous trouvâmes un foyer de ramollissement qui avait etiuit la partie supérieure des deux noyaux du corps strié et de la

etfmn^îp A™6 ^ au niveau des coupes pédiculo-frontale

et hontale. Au niveau de la coupe pariétale, il y avait deux autres foyers

moins volumineux dans la couche optique, dont l’un affleurait la capsule interne dans sa partie lenticulo-optique. 1

Le siège de celle lésion parait indiquer que nous avions affaire à des mouvements post-hémiplégiques appartenant à la famille deshérniclio rees ; seulement les caractères tout à fuit spéciaux que nous avions

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1 ysie agitante. Au heu de se produire, comme le tremblement

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