‹ Thérapeutique des maladies de système nerveux (volume 2)Chapitre 34 sur 123 · II. — Lésions en dehors de l’appareil opto-strié · texte numérisé non relu

II. — Lésions en dehors de l’appareil opto-strié

a. Circonvolutions et couronne rayonnante

b. Pédoncule cérébral

c. Protubérance annulaire

d. Bulbe seul •

e. Bulbe avec protubérance ou cervelet

Déjà, en i883, Pierret3 avait étendu à tout le faisceau pyramidal, depuis 1 écorce cérébrale jusqu’à la moelle, la localisation de l’hémicho-

1 II s agit ici des coupes de Pitres, dont on trouvera la description, la nomenclature et la figure au chapitre suivant.

2 Bidon ; Rev. de Méd . 1886.

Pierret ; Soc. des Sc. méd. de Lyon , i883.

MALADIES DE L’ENGÉPIIALE.

rée; Ricoux1, sous l’inspiralion de Démangé, avait, l’année précédente, devancé le savant Lyonnais dans celte voie.

Menguia,dans sa thèse, admet que l’hémichorée peut être observée consécutivement à des lésions : i° de la couronne rayonnante de Reil ;

2° de la capsule interne ; 3° des pédoncules et de la protubérance ;

4° de la moelle, dans toute sa hauteur; 5° des nerfs périphériques3.

Il insiste sur sa fréquence dans les lésions de l’écorce et particulièrement au cours de la paralysie générale ou méningo-périencéphalite diffuse.

En somme, la lésion de la capsule interne ne doit plus être considérée comme le point de départ exclusif de l’hémichorée ; celle-ci peut résulter d’une altération d’un point quelconque du faisceau pyramidal; si le segment postérieur de la capsule interne est le plus habituellement en cause, c’est en raison de la concentration, à ce niveau, des fibres motrices cortico-pédonculaires.

Quant à la Physiologie pathologique, on ne peut rien dire de précis et on est réduit aux hypothèses.

Charcot et Raymond ont émis l’opinion qu’il y aurait dans la capsule interne un faisceau moteur qui, irrité par les lésions de cette région, produirait les phénomènes hémichoréiques. On semble admettre aujourd’hui, contrairement à cette opinion, que 1 irritation, oiganiquc ou réflexe, des centres moteurs corticaux ou celle des tubes nerveux qui en émanent et viennent converger dans la capsule interne, est capable de produire l’hémichorée.

Brissaud a rapproché, à juste titre, le mécanisme de l’hémichorée de celui de la contracture : pour lui, la sclérose complète du faisceau pyramidal provoque une contracture permanente ; — une sclérose moins complète amène une contracture moins violente et permettant encore quelques mouvements; — enfin une sclérose plus légère encore produirait seulement des mouvements involontaires.

Avant de terminer ce sujet, nous devons encore faire remarquer que la névrose chorée peut reproduire symptomatiquement un certain nombre de traits de l’hémichorée cérébrale, et cela sans qu on trouve aucune lésion de la région indiquée. C’est là un fait intéressant que l’on peut rapprocher des faits d’hémianesthésie hystérique simulant absolument l’hémianesthésie d’origine cérébrale, et ne correspondant cependant à aucune lésion de la capsule interne.

Peut-on dire que, dans ces faits de chorée ou d hystérie, il y a lésion fonctionnelle, anatomiquement inappréciable, de cette même capsule interne, qui est anatomiquement lésée dans les cas que nous étudions.

' Ricoux; Th. de Nancy, 188a.

3 Mengui ; Th. de Paris, 1888.

3 Weil; Hémichorée pleurétique, Revue de Mèd., i88/,.

IIUMIGHORÊE.

Ce n’est là qu’une hypolhèse. — Nous devrons du reste y revenir plus tard, à propos de l’histoire des névroses elles-mêmes.

Appendice. — De l’iiémiatiiétose post-hémiplégique et de quelques autres variétés d’hémiciiorée (forme hémiataxiqne, hémiparalysie agitante).

I. Il est important de préciser les rapports avec l’hémichorée et la valeur séméiologique d’un état particulier dont on a beaucoup parlé depuis quelque temps : l 'alhétose.

« Je désigne sous le nom d’athétosc («0;n>ç, sans position fixe) une maladie qui n’a pas encore, que je sache, attiré l’attention des médecins, et dont j’ai recueilli deux observations. Cette affection est caractérisée par un mouvement incessant des doigts et des orteils, et par l’impossibilité de maintenir ces parties dans la position, quelle qu’elle soit, où on cherche à les fixer. Le nom d’athétose m’a paru s’adapter aux symptômes, n’ayant pas encore eu l’occasion de constater par l’autopsie les lésions qui correspondent aux phénomènes que je vais décrire 1 .»

C est ainsi que Hammond annonce et caractérise la nouvelle maladie, qu il a la prétention d observer et de décrire pour la première fois en 1871. Le fait clinique avait déjà été constaté par Charcot (i853) et surtout par Heine (1860) ; mais il n a été décrit à part et nommé que par Hammond. A partir du travail de ce dernier auteur, les observations se sont multipliées, d’abord en Amérique et en Angleterre (Fischer, Cliffoid Allbutt, Cui lie, Ritchie, etc.), puis en Allemagne (Kulenburg, Bernhardt, Rosenbach, etc.), enfin en France (Charcot, Proust, etc.)!

En août 1877, nous avons pu réunir et étudier vingt-neuf observations dans une Revue2 qui est le premier travail d’ensemble paru, en France, sur cette question. Presque à la même époque, Oulmont3 consacrait à l’athétose sa thèse inaugurale, qui est restée la meilleure et la plus complète description de ce syndrome.

L athétose n est pas une maladie. C’est un symptôme ou plutôt un syndrome clinique, qui appartient à la famille des chorées.

Elle se difiérencie des tremblements en ce que les mouvements qui la caractérisent ne sont pas des oscillations rythmiques et régulières de part et d'autre d’une position d’équilibre. Elle se sépare des mouvements ataxiques en ce que les contractions anormales qui la constituent se

produisent au repos et ne sont nullement exagérées par l'occlusion des yeux.

L’athétose appartient donc aux chorées.Mais elle doitêtre distinguée n?quVsp°éck™ gaU'e : 6116 adeSCaraClèreS “Ui ““ f0“l ““ cli-

5 Montpellier médical, août et sept. 1877

3 Oulmont; Thèse de Paris, 1878.

MALADIES DE L'ENCEPHALE.

D'abord les mouvements athétosiques sont en général limités aux doigts et aux orteils. Ils sont très lents, ressemblent par là à des mouvements volontaires, n’ont pas la brusquerie de la chorée vulgaire. Mais ils ont en même temps une très grande amplitude et entraînent des déplacements énormes des divers segments des doigts ; ils produisent presque des subluxations.

Ces mouvements frappent les doigts et les orteils des deux côtés ; ou bien se limitent à un côté du corps : ou encore ne se produisent qu’au membre supérieur ou au membre inférieur, d’un côté ou des deux côtés.

Au poignet et au cou-de-pied, on observe assez souvent un spasme intermittent, que l’on peutà première vue prendre pour une contracture, mais qui disparaît à certains moments et que l’on peut vaincre par certains artifices.

On a noté, dans un certain nombre de cas, une hypertrophie consécutive des muscles de l’avant-bras ; d’autres fois, ces muscles ont conservé leur volume normal ou ont été trouvés atrophiés.

L’athétose n’est pas toujours aussi simple. On voit quelquefois le spasme intermittent se produire aussi dans les genoux et les contractions anormales s’étendre au cou et à la face. Ces laits, qui appai tiennent bien à l’athétose par la nature des mouvements des extrémités, servent de transition entre cette variété et la chorée vulgaire.

Sur quatre cas que nous avons observés à l’Hôpital-Général ', deux

appartiennent à l’hémiathétose limitée à la main, et deux à l’athétose double ; sur ces deux derniers, les extrémités sont seules prises chez un des malades, les extrémités et la face chez 1 autre2.

Quoique la connaissance clinique de ce symptôme soit encoie assez récente, les interprétations sur sa nature, les théories sur sa pathogénie

sont déjà nombreuses et discordantes.

Hammond pensait que dans cette maladie les ganglions intra-crâniens et la portion supérieure de la moelle sont affectés. Peut-être, ajoute-t-il, le processus morbide a-t-il pour siège le corps stiié.

Eulenburg repousse cette idée de Hammond et penserait plutôt à une origine corticale, du côté des centres moteurs de l’écorce grise du cerveau. La délimitation caractéristique à certains groupes musculaires, la coïncidence fréquente de mouvements associés sous forme de contractures (dans l’avant-bras et dans le mollet), la présence d’attaques épileptiques : tels sont les arguments qui, après les recherches bien connues de Hitzig, font penser à un état d’excitation de ces centres

. brousse a publié ces quatre observations ( Montpellier médical , octob. 1879), et nous les avons reproduites dans la 3“ partie de nos Localisai, cerebr., 3° édit.,

E8' G’est’à cette dernière catégorie qu’appartiendrait le fait, d’ailleurs peu précis, de Kirchhoff (Arch. f. Psych. u Nervenkr., XIII, 3.- Anal, in Ardu de Neui .,

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