‹ Thérapeutique des maladies de système nerveux (volume 2)Chapitre 48 sur 123 · ÉPILEPSIE JACKSON MIENNE · texte numérisé non relu

ÉPILEPSIE JACKSON MIENNE

thérapeutique servira presque toujours de pierre de touche a, les cas douteux; en présence d une épilepsie jaeksonmenne de nature mdécise, on devra supposer a priori que sJPhllls est en lou el lrall°' malade en conséquence.

Pronostic. - En dehors de l’état de mal, qui a, dans l’épilepsie jacksonnicnne, la môme gravité que dans le mal comitial propremen dit, l’épilepsie partielle n’a pas de pronostic qui lui soit propre; en an que maladie symptomatique, elle participe au pronostic de affection primitive. Mais, au point de vue fonctionnel, c’est autre chose . la débilité intellectuelle, les infirmités résultant des paralysies pos épileptoïdes, lorsqu’elles persistent à l’état permanent, ressortissen au domaine de l’épilepsie et peuvent être considérées comme la consé-

quence directe des accès convulsifs.

Les crises épileptiformes de l’hémiplégie infantile s atténuent souvent

vers l’âge de 4o à 5o ans.

Enfin, nous devons insister sur la bénignité relative des épilepsies consécutives au trauma ou dépendantes de la syphilis, en raison du bénéfice que l’on peut rationnellement attendre de 1 intervention thérapeutique.

Traitement. — Le traitement de 1 épilepsie jacksonnienne est medical ou chirurgical ' .

Le traitement médical comprend des moyens généraux et des moyens

locaux.

Quand la nature syphilitique de la lésion peut être soupçonnée, et dans tous les cas d’origine douteuse, on aura recours à la médication spécifique, administrée d’une façon intensive (frictions bi-quotidiennes à l’onguent napolitain, usage interne de l’iodure de potassium à haute dose), suivant les préceptes que nous formulerons plus loin.

Dans tous les autres cas, on opposera aux accès convulsifs le traitement bromuré, d’après les mêmes principes et aux mêmes doses que dans l’épilepsie idiopathique Charcot recommande l’usage du polybromure (bromures de potassium, de sodium et d’ammonium associés) ; on a récemment proposé l’emploi du bromure de strontium. Ce traitement a un double avantage : il supprime ou tout au moins atténue notablement les crises, et, de plus, par l’influence heureuse qu’il exerce sur les accès, il affirme la nature comiLiale des accidents dans les cas de diagnostic douteux.

On pourra y joindre l’usage, récemment préconisé, du borate de soude2, l’emploi des toniques, de l’hydrothérapie, etc. Un grand nombre

' Il est inutile d'insister sur la nécessité d’un traitement, général ou local, s’adressant a la cause de l’épilepsie quand celle-ci reconnaît pour point de départ un trouble général (intoxication de nature chimique ou organique, lésions vasculaires), ou l’altération d’un organe plus ou moins éloigné du cerveau (tube digestif, plèvre, oreilles, fosses nasales, etc.).

2 Voy. Mairet; Progrès médical, 1891.

de médications, qui ont joui autrefois d’une vogue prolongée, comme l’usage interne du nitrate d’argent, sontaujourd hui abandonnées.

L’accès ayant la plupart du temps un début périphérique (auia), il était naturel de chercher à agir localement sur le siège initial des accidents, considéré par certains comme un générateur de l'accès. De fait, les tentatives réalisées dans ce sens sont déjà fort anciennes et ont donné quelques succès : Galien, nous l’avons vu, pratiqua cette méthode et guérit un enfant, dont l’accès débutait par le pied, en liant ce membre au-dessus du siège de l’aura et appliquant un vésicatoire au même endroit. Les deux procédés, ligature et vésicatoire, se sont perpétués jusqu’à nos jours.

La ligature, la compression et l 'extension brusque du membre, qui paraissent agir toutes trois d’une façon analogue, réussissent fréquemment à enrayer la crise. Certains épileptiques connaissent bien cette action et s’empressent, lorsqu’ils sentent venir un accès, de serrer un lien circulaire qu’ils ont eu le soin de placer à l’avance au point voulu. Cependant les résultats de cette méthode sont loin d être complets ni constants; les convulsions seules sont enrayées de la sorte; quant aux paralysies, elles se produisent aussi fréquemment qu’en l’absence d’intervention. Souvent, enfin, à la suite de ces manœuvres, les malades accusent des vertiges et un malaise dépressif, qui les amènent à y renoncer. Dans un cas observé à l’hôpital Saint-Eloi, le malade se sentait très fatigué et longtemps fatigué quand il avait ainsi empêché un accès; il avait fini par renoncer à ce moyen et par laisser évoluer

naturellement la crise. .

Les vésicatoires appliqués au siège de l’aura ont été préconisés par Todd, Récamier, Brown-Sequard.— Buzzard1 et Pitres2 proposent des vésicatoires en forme de bracelet, disposés circulairement autour du membre. — Hirt3 a obtenu, dans un cas, le transfert de l’aura du côte opposé en appliquant une mouche de Milan au siège habituel des phénomènes prémonitoires.

Le traitement médical ne donne guère que des résultats palliatifs. Les

chirurgiens se sont proposés, par une intervention directe sur le cerveau, lorsqu’il s’agit de lésion cérébrale, de supprimer en même temps le symptôme et sa cause.

Nous avons, dans le chapitre précédent, exposé les considéra ions générales relatives à la trépanation. Nous passerons en revue plus loin, ses indications et ses résultats dans un certain nombre d affections cer braies qu’il nous reste à étudier (abcès, tumeurs, sclérose, méningites). Nous nous bornerons à l’envisager dans ses rapports avec 1 epilepsie

1 Buzzard ; Lancet, 188/j.

2 Pitres; in l.lifesc de Crozes, Bordeaux, 1886.

» IIirt; Neurol. Centr.-Bl-, 1884, <)•

ÉPILEPSIE JAGKSO'NNIENNE.

traumatique , l’une des formes les plus fréquentes et les plus curables de l’épilepsie partielle'.

La plus grande partie des détails qui vont suivre sont empruntés à l’excellent Traité de thérapeutique chirurgicale récemment publié par Forgue et Reclus

La trépanation était pratiquée, dans les cas de traumatisme crânien, longtemps avant l’antisepsie. En 1878, Eccheveria 3 lui attribuait, en se basant sur une importante statistique, 65 % de succès. Depuis cette époque, les résultats ont été plus favorables encore.

Walsham4, sur 82 opérations, signale îymorts et 65 guérisons; sur ces 65 succès opératoires, on note 47 guérisons complètes, i3 améliorations, 4 aggravations.

La statistique, encore plus récente, de Seydel, ne relate aucun décès sur 25 trépanations.

Longtemps on s’est borné à l’ablation de quelques rondelles osseuses pour remédier aux accidents produils par une esquille ou un corps étranger. Weissmann et Oliver ont été les premiers à inciser les méninges et à provoquer l’écoulement du liquide céphalo-rachidien.

Depuis quelques années, rendus plus hardis par le succès de certaines tentatives opératoires et les progrès de l’expérimentation physiologique, les chirurgiens sont allés plus loin.

Déjà, en 1877 et en 1881, Schüle 5 et WendtG avaient vu, chez des sujets présentant une cicatrice épileptogène, disparaître les crises convulsives par des injections répétées de morphine au lieu d’origine des accidents et par l’ablation de la cicatrice.

D’autre part, les physiologistes (Munk, Bubnoff, Heidenhain) ont démontré qu une extirpation limitée de l’écorce cérébrale peut supprimer des phénomènes convulsifs, soit exclusivement dans le membre

' Voy. Pitres et Démons; Soc. de Chir., i883, et Covgr. de Chir., 1886. Heydenreich ; Semaine médicale, 1890, pag. i63.

Nous devons citer tout particulièrement, comme ayant pris part à ce mouvement, en France, Le Fort et Lucas-Ghampionnière.

Voir aussi la récente discussion à la Société de chirurgie, 19-26 oct. 1892.

Le trépan doit être appliqué au niveau du point où l’on constate un vestige du traumatisme ^cicatrice, fracture, enfoncement), ou bien dans la région de la voûte cramenne correspondant au centre physiologique de l’organe (face, membre supérieur, membre inférieur) par où débutent les convulsions. v'rfT® et Reclus; Traité de Thérapeutique chirurgicale, 1892, 3g. On trou- D CC hvr,c’ dc® renseignements précis sur les indications et les résuliiV"SeS ma‘adieS °érébraleS J-tables de n„ter-

3 Eccheveria; Arch. gën. de méd., 1878.

Walsham; St. Barthol. Hosp. Reports, XIX, pag. 127.

“ f°HÜLE 5 tJandb. der Geisterkranhh., 1877, pag. 289.

” Wendt; AU. Zeit. f. Psych., XXXI, 1881.

correspondant à la zone enlevée, soit dans une moitié du corps ou dans

le corps tout entier L 0

Partant delà, plusieurs chirurgiens, parmi lesquels Ilorslcy-, von Bergmann3, Keen*, Hochenegg 8 ont proposé, pour les cas de traumatisme crânien suivi de formation d'une cicatrice mén.ngo-corticale,

l’extirpation des « reliquats cicatriciels, et aussi 1 ablation de la /.one

d’écorce attenante. , ,

Actuellement, quelques opérateurs (Keen, Nancrède et Deaver ) ne craignent pas, en l’absence de lésions du cerveau ou des méninges chez un épileptique trépané, d’enlever, malgré son intégrité apparente, la zone corticale « dont l’excitation physiologique reproduit les mouvements dominants ou précurseurs de l’épilepsie observée » . Ils s appuient sur ce fait qu’un organe sain en apparence peut être le siège d altérations histologiques qui seraient la source des phénomènes convulsits.

Cette méthode ne compte encore que de rares partisans : souv°n ’ en effet, dans les cas de ce genre, une paralysie prolongée ou définitive se substitue aux convulsions— Cependant quelques résultats favorables ont pu être publiés : Keen1 a vu disparaître, sans paralysie aucune, tout phénomène convulsif chez un sujet, malgré l’ablation d un lambeau de dure-mère et d’une zone corticale kystique. Reeve a cite cas analogue. Lloyd et Deaver9, Hochenegg19 ont obtenu, dans des cas d’épilepsie jacksonnienne sans lésion manifeste, la suppi ession co plète des accès, sans paralysie permanente, par l’excision ce a régi

correspondante de l’écorce. , , , . m -e

Ces faits méritent d’être retenus, bien que la méthode

réclament ne paraisse pas destinée à devenir d’une application couran^ dans le traitement de l’épilepsie traumatique. «Le plus somenl’ déclarent Forgue et Reclus, à qui nous empruntons leurs sages con\sions — le plus souvent il faudra se contenter d enlever une rondel osseuse, de supprimer une exostose ou une esquille saïUaute d enleym un corps étranger irritant, de libérer une dure-mère adhérente rigueur d'exciser une cicatrice méningée ou corticale superficie , sans pousser l’intervention plus loin et jusqu à 1 ecorce sain

i Ces con closions ne sont pas admises par tout le monde ; François -Franck et Albertoni, en particulier, ne les acceptent pas. ,r0UVCPa dans l’ouvrage

5 Horsley ; Brit. med. Journ.. l886, Pag- des travaux ultérieurs

déjà cité de Forgue et Reclus (pag. 4» et 4i), 1 cnumeiai o

dC. Vos BeaOMXN»; Deutsche mil». le»., ,88,, XVI, pag. a, 3.

< Keen ; Am. Jour, of med. Sc., oct. 1888.

. Hochenegg ; Soc. imper. -roy . des méd. de Vienne » mars « nâncrède et Deaver; Am. Journ. of med. Sc , nov. iSSG, paD. 477

■ Keen ; W ien.med. Bl., 1888, n"' 4~> et 4*»- « Reeve ; Neio York med. Journ., 29 mars 1890, pag^.S.

» Lloyd et Deaver; Am. Journ. of med.Sc., nov. 1888.

10 Hochenegg; loc.cit.

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