‹ Thérapeutique des maladies de système nerveuxChapitre 100 sur 114 · L. Guinon ; Traité de Médecine, tom. H · texte numérisé non relu

L. Guinon ; Traité de Médecine, tom. H

phase où les paralysies présentent relativement plus de gravité. Mais les plus fréquentes sont celles de la convalescence.

La paraplégie est la l'orme de beaucoup la plus ordinaire. «Les membres inférieurs paraissent lourds au malade, qui, s'il ne peut soulever les jambes, peut au moins les remuer dans le plan de son lit. Les membres sont le siège de sensations diverses, d'engourdissement, de fourmillements, parfois de douleurs assez vives ayant leur maximum à la plante des pieds. Les réflexes paraissent normaux et la sensibilité intacte. Les membres seuls ne sont pas pris, car la miction est difficile, et parfois même il y a rétention d'urine complète.»

D'autres fois, « au lieu de rester confinée aux membres inférieurs, au rectum et à la vessie, la paralysie peut s'étendre, gagner les muscles abdominaux, thoraciques, puis le diaphragme, prenant ainsi l'allure de la paralysie ascendante aiguë, comme dans le cas de cet homme, cité par Bernhardt, qui fut enlevé en trois jours par des accidents paralytiques ascendants éclos au déclin d'une varioloïde. » Gubler a observé aussi un cas semblable.

On a encore constaté, à la suite de cette fièvre éruptive, la paralysie atrophique de l'enfance (Roger et Damaschino), l'ataxie (Kahler et Pick, pseudo-tabes variolique ') ; la sclérose en plaques (Béhier et Liouville, Long, Marie2, etc.j.

Dans tous les faits qui précèdent, la moelle paraît avoir été atteinte : c'est dans cette catégorie que rentrent les observations anatomiques, comme celles de Westphal, dans lesquelles on a directement constaté la myélite.

Mais, d'un autre côté, Joffroy a décrit avec beaucoup de soin un cas dans lequel la moelle était intacte et les nerfs étaient malades, constituant ainsi un second type d'altération nerveuse post-variolique.

Dans cette seconde catégorie, il s'agit de névrites ; les paralysies sont circonscrites : par exemple, la paralysie du deltoïde observée par Vulpian, les paralysies d'un bras ou d'un avant-bras rapportées par Bailly, etc.

Pour compléter cette nomenclature, il faut signaler des accidents qui sont plus rares que les précédents, mais semblent être du ressort cérébral: c'est l'hémiplégie, avec ou sans aphasie, qui du reste est le plus souvent légère et peu durable. — Enfin, des troubles névrosiques peuvent également survenir.

2. La rougeole est, de toutes les fièvres éruptives, celle qui entraîne le moins souvent des paralysies 3.

Voy. aussi Quinquaud ; Encéphale, 1884, pag. 33.

2 Voy. encore Whipham et Myers ; Brit. mecl. Journ., mars 1886, pag. 584 Castan ; Montpellier médical, janvier 1890; Dujakdin-Beaumetz ; Gazette des Hôpitaux, 12 avril 1892.

3 Sanné ; art. Rougeole, in Dictionnaire encyclopédique, 1877 ;

Grasset, 4e édit., Loin. II. 65

11 y a cependant un certain nombre d'observations de paraplégie (Jame Lucas, Lardier, Larivière, Carier); la malade de Jame Lucas présentait cette particularité curieuse que, neuf années auparavant, elle avait été prise, à la suite d'une variole, d'accidents tout à fait semblables à ceux que développa la rougeole. Dans ces cas, la nalure de la pyrexie initiale joue donc un rôle très accessoire, et la maladie aiguë peut être considérée comme la cause provocatrice pour le développement d'une disposition spinale antérieure.

On a aussi noté quelques faits de paralysie ascendante (Bergeron, Liégeard), de paralysie infantile (Holmes Coote), de paralysie circonscrite à deux muscles symétriques (Rendu), de tétanie, de sclérose en plaques, d'atrophie musculaire (Ormerod); plus rarement, des troubles cérébraux (hémiplégie infantile par sclérose cérébrale : Richardière, Marie, Massalongo avec aphasie (Schepers, Bernhardt, Schwartz, Combemale'2J ou sans aphasie 3. Enfin l'origine périphérique ou névrosique de certaines paralysies est actuellement admise. Adenot 4 a récemment vu survenir, dans un cas, un zona radial.

3. Les paralysies scarlatineuses sont rares, et il est difficile d'en réunir des observations nettes, si l'on veut laisser de côté tout ce qui tient à l'encéphalopathie urémique ou aux complications rhumatismales5.

Elles semblent être plutôt cérébrales que spinales ou périphériques, et comportent un pronostic beaucoup plus favorable si leur apparition est tardive que si elle est précoce. Dans ce dernier cas, il s'agit presque toujours de l'hémiplégie spasmodique infantile6. L'aphasie temporaire avec ou sans paralysie, les troubles mentaux, le pseudo-tabes

Despine ; art. Rougeole, in Nouveau Dictionnaire de Médecine et de Chirurgie pratiques, 1878 ; Peueet ; Cliniques, Lyon, 1887 ;

Bayle ; Paralysies dans la rougeole. Thèse de Paris, 1888 ;

Dénarié ; Thèse de Lyon, 1888-89 >

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