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PARALYSIE DU GRAND HYPOGLOSSE

puis on emploie l'électricité, ainsi que nous l'avons indiqué. Dans les cas anciens, invétérés, on prescrit l'orthopédie, la gymnastique active et passive, laténotomie et les appareils de soutien.

§ IV. Paralysie du grand hypoglosse [Glossoplégie)1. — Né dans le sillon qui sépare l'olive et la pyramide antérieure, par plusieurs racines, le grand hypoglosse sort du crâne par le trou condylien antérieur, descend au cou, y décrit une grande courbure à concavité antéro-supérieure, et va se distribuer dans les muscles de la langue.

Nous n'avons pas besoin d'insister sur les détails anatomiques ou physiologiques : c'est le nerf moteur de la langue.

Étiologie. — La paralysie de l'hypoglosse est fréquente dans les lésions cérébrales: elle est rarement de cause périphérique. Ainsi, dans les hémiplégies complètes, la langue est déviée ; quand la lésion siège dans la région corticale des circonvolutions, il faut, pour que la langue soit intéressée, que l'altération siège à la partie inférieure de la région motrice, dans le voisinage delà scissure de Sylvius2. Dans le bulbe se trouva le noyau d'origine même du grand hypoglosse3; c'est ainsi qu'on voit ce nerf intéressé dans diverses formes de paralysie labioglosso-laryngée ; dans l'atrophie musculaire progressive (quand elle s'étend au bulbe) ; dans quelques cas de fabes (faits de Vidal, Cuffer, etc.. que nous avons cités ailleurs) ; dans la paralysie générale4, et môme dans la sclérose secondaire descendante, quand elle s'étend aux cellules grises motrices (comme nous en avons publié un exemple5'.

Nous ne faisons qu'indiquer cette catégorie de lésions, n'ayant à nous occuper réellement que des paralysies périphériques, qui sont du reste très rares .

Weir Mitchell a observé un fait curieux dans ce genre. Un sujet reçoit un coup de revolver à la gorge; la balle pénètre au côté gauche

1 Eeb; loc. cit. — et Deut. Arcli. f. kl. Med., i885, Bd XXXVII, pag. a65 ;

POINCARÉ, ROSENTHAL, ElCHHORST, HlRT ; loc . cit.;

Duchenne ; Électrisation localisée; Sauer ; Inaug. Dissert., Gôttingen, 1886 ;

Testut et Jaboulay; art. Hypoglosse, in Dictionnaire encyclopédique, 1889.

2 Voy. plus haut (pag. 3o8 du tom. I et pag. 11 du tom. II) notre étude sur la paralysie de la langue dans les lésions cérébrales et dans les lésions bulbaires.

J Gerlach, Meynert et Huguenin distinguent dans les origines de l'hypoglosse, à côté des libres radiculaires d'origine nucléaire : 1° des libres cominissurales, reliant les noyaux des deux hypoglosses ; 20 des fibres directes, partant du raphé et se portant dans les îaisceaux radiculaires, sans passer par les noyaux d'origine de ce nerf. M. Duval n'a pu retrouver ces dernières.

1 Féré ; Nouvelle Iconographie de la Salpêtrière , 1889, pag. i53.

6 Montpellier médical, juin 1878;

Souques (Nouvelle Iconograpliie de la Salpêtrière, 1891, n° 5) a récemment publié une observation intéressante de glossoplégie associée à une hémiplégie alterne (type Millard-Gubler) et à un strabisme interne bilatéral.

du cou, à 3,5 centim. en arrière et au-dessous de l'angle de la mâchoire: il en résulte une paralysie motrice d'une moitié de la langue, avec conservation de la sensibilité.

La cause la plus fréquente de la paralysie de l'hypoglosse est la compression du nerf par des lésions de nature variée. C'est ce qui esl arrivé notamment dans quatre faits cités par Poincaré : dans l'un, la compression interrompait la continuité (Jobert) ; dans un deuxième, il y avait une tumeur hyclatique (Choisy et Montaut) ; dans un autre, une tumeur probablement cancéreuse (Clarke), et dans le dernier, un séquestre dont l'extraction guérit toute la maladie (Bayet). Féré cite, dans son anatomie, un autre fait curieux, observé par Gendrin, dans lequel un kyste hydatique intracrânien avait poussé un prolongement dans le trou condylien gauche, d'où compression de l'hypoglosse avec hémiatrophie de la langue.

Symptômes. — Dans la paralysie unilatérale, quand la langue est au repos dans la bouche, on ne voit habituellement rien. Si on la fait tirer au dehors, elle est déviée vers le côté paralysé, ce qui est dû à l'action du génioglosse sain, lequel dirige toujours la pointe de la langue du côté opposé au sien (Schiff, Heidenhain). Les mouvements de la langue sont en même temps difficiles dans le côté malade, aisés dans le côté sain.

Si au contraire la paralysie est double, la langue est comme collée, immobile, au fond de la cavité buccale ; elle présente quelquefois de légères contractions fibrillaires à sa surface et entre en tremblement dans les mouvements. Si la paralysie n'est pas complète, les mouvements s'exécutent encore, mais avec peine et secousses.

Il y a, de plus, des troubles importants du côté de la mastication et de l'articulation des sons. C'est l'acte intermédiaire entre la mastication et la déglutition qui est tout particulièrement gêné : )a langue ne peut pas ramasser et réunir, balayer et refouler dans le pharynx les aliments égarés eutre les arcades dentaires et la joue ; de plus, elle ne peut pas s'appliquer au palais, ce qui est utile pour empêcher les aliments de refluer en avant et faciliter par suite l'acte même de la déglutition.

Les sons tout d'abord mal articulés dans la paralysie légère sont : s, sch, l, e, i; et plus tard: k, g, r, etc. Dans les cas plus sérieux de paralysie bilatérale, la parole devient complètement inarticulée et inintelligible. Il faut savoir bien distinguer ces faits, quand le malade ne peut plus parler, de ceux dans lesquels il y a aphonie, aphasie, mutité, etc.; c'est l'appareil moteur de l'articulation des sons, et non le centre de la production des mots ou de la voix, qui est altéré et gêné. — Dans les degrés plus légers de paralysie, la parole est encore possible, mais on ne peut pas la régler et la diriger aussi bien : le chant devient impossible.

Il peut y avoir atrophie musculaire : la langue apparaît alors toute

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