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CONVULSIONS DU NERF TRIJUMEAU

est agitée plus ou moins fortement et plus ou moins régulièrement, soit dans le sens vertical, soit dans le sens horizontal '. — Verticalement, c'est le claquement des dents, comme on l'observe dans le frisson de la fièvre ou même dans d autres espèces de frisson. Horizontalement, c'est le grincement des dents, qui est un signe fâcheux dans beaucoup de lésions intra-cràniennes, mais qui peut aussi se produire à titre de phénomène nerveux, sans signification aucune. — Enfin, le maxillaire peut être agité de convulsions irrégulières non rythmiques : c'est ce que l'on observe dans quelques grandes névroses, comme l'hystérie ou l'épilepsie.

On peut observer encore d'autres phénomènes concomitants, qui ne dépendent pas de la convulsion elle-même: la névralgie trifaciale, par exemple, des douleurs dentaires, etc.

Consécutivement, on a noté des troubles variés, tels que : inflammation, ulcérations de la langue, des lèvres ou de la bouche, et toutes les conséquences ultérieures d'une nutrition insuffisante.

Étiologie. — Ilya d'abord une série de maladies, comme les lésions cérébrales et certaines névroses, qui produisent le trismus ou les convulsions cloniques du trijumeau, mais au milieu d'un tableau sympfomatique complexe. Nous citerons: la méningite, l'apoplexie, les tumeurs cérébrales; l'épilepsie, l'hystérie2, la chorée, le tétanos, la fièvre à son premier stade, etc.

En dehors de ces faits, le nerf peut être périphériquement et directement irrité par diverses causes: névrite, compression, tumeurs, plus souvent refroidissement.

Enfin l'origine réflexe semble être plus fréquente encore : le point de départ est alors dans un nerf sensitif quelconque, mais plus spécialement dans le trijumeau et la troisième branche du trijumeau : on a vu le trismus sympathique d'une névralgie dentaire et disparaissant après l'avulsion de la dent ; le même phénomène se produit dans la dentition, dans les maladies du maxillaire inférieur (os ou périoste) et de l'articulation temporo-maxillaire, etc. Le point de départ peut être aussi dans des parties plus éloignées : trismus après blessure d'un doigt, symptomatique de vers intestinaux, etc.

Duplay a vu une contracture du facial et du trijumeau après un coup de pied de cheval sur l'os malaire du même côté, et Terrier une contracture des mêmes muscles et du sterno-mastoïdien à la suite d'une plaie siégeant au niveau de la protubérance occipitale externe.

' Hirt (Maladies du Système nerveux, pag. 56J signale le cas d'un de ses clients, souvent atteint de légères attaques apoplectiques, et «présentant chaque jour, des heures durant, des mouvements de mastication qui parfois deviennent si prononcés que, malgré lui, il lui arrive souvent, en fumant, de trancher le bout de son cigare •> .

2 Nous avons eu récemment, dans notre service, un hystérique chez lequel survenait, par crises, un trismus très prononcé, accompagné de sueurs extrêmement abondantes.

Le Diagnostic est en général facile. Le trismus peut être confondu avec l'ankylose temporo-maxillaire ; les antécédents et l'état des muscles permettent la distinction, que le chloroforme trancherait définitivement.

Le Pronostic dépend de la cause: bénin si la convulsion est d'origine rhumatismale ou a frigore, grave si elle dépend d'une lésion cérébrale ou du tétanos.

Le Traitement s'adressera à la cause, quand la névrose sera réflexe (dent cariée, vers intestinaux). S'il s'agit de rhumatisme, les sudorifiques les révulsifs cutanés, etc., seront indiqués.

Directement, contre la convulsion, on a employé l'électrisation ; mais il faut agir avec une grande prudence et préférer le courant continu ; Bénédikta conseillé d'essayer les «alternatives de Volta», c'est-à-dire la mutation fréquente du sens du courant. D'après Eichhorst, on aurait dans quelques cas obtenu de bons résultats (par fatigue musculaire peut-être) d'une faradisation un peu intense. On peut employer les excitants cutanés (sinapismes, vésicatoires '), les narcotiques à l'intérieur (opium, morphine, bromure, cannabis indica, atropine, etc.) ou en injections sous-cutanées ; l'iodure de potassium, le valérianale de zinc, etc.

Dans les cas qui se prolongent, on peut essayer des moyens mécaniques et progressifs pour écarter les dents, mais cela ne réussit pas toujours, et on peut augmenter ainsi le trismus. — On fait prendre au malade des aliments liquides concentrés (lait, œufs, jus de viande, soupe); on les introduit par la sonde, que l'on fait passer par un interstice dentaire ou par le nez, ou bien on fait prendre des lavements alimentaires.

| IL Convulsions du facial5. — Nous dirons d'abord un mot des convulsions toniques, qui dans le domaine de la septième paire sont plus rares que les convulsions cloniques.

La contracture unilatérale du facial est assez fréquente après la paralysie rhumatismale de ce nerf ; elle a été bien décrite par Duchenne dans ce cas, mais elle se présente bien rarement dans d'autres circon-

' Pétrone (Arch. ital. per le mal. nerv., 1882; anal, in Encéphale, i883, III, pag. 389) rapporte sept observations de contractures spasmodiques d'origine et de localisation fort diverses, guéries par la cautérisation ponctuée appliquée surtout au niveau des points d'arrêt.

2 Duchenne ; Électrisation localisée ;

Erb; Handb. de Zicmssen;

Troisier ; Art Face, in Dictionnaire encyclopédique ;

Gintrac ; Nouveau Dictionnaire de Médecine et de Chirurgie pratiques ;

Rosenthal ; Maladies du Système nerveux ;

EulenburG; Lehrb. d. Nervenkrank., II;

Strumpell, Eichforst, Hirt, loc. cit.

stances1. Cette contracture apparaît graduellement et envahit successivement les divers muscles de la face, et peu à peu elle dévie ainsi la figure du côté opposé à celui de la déviation primitive produite par la paralysie. — Elle fait également partie de la tétanie, de l'hémispasme glosso-labié des hystériques (Gharcot)2; on peut aussi la provoquer par l'hypnose.

Quand cette "contracture est complète, on observe la raideur ou la déviation d'une moitié de la face, qui reste immobile dans la mimique, dans le jeu de la physionomie ; l'œil est plus fermé que l'autre, etc.

Dans les convulsions cloniques, Erb étudie à part la convulsion diffuse et la convulsion partielle. C'est une division utile à garder, au moins pour la description symptomatique.

La convulsion diffuse de la face constitue le tic convulsif non douloureux des auteurs. Signalé déjà par Arétée et observé par tous les anciens, il a été étudié à part à notre époque. Nous citerons le travail de François de Louvain, en i843, qui a été le point de départ d'une série de Mémoires parus depuis.

Les Causes en sont souvent inconnues et la maladie paraît spontanée. D'autres fois, on retrouve l'influence des éléments pathogéniques généraux des affections nerveuses ; ce qui le prouve notamment, ce sont les cas où l'on constate une hérédité manifeste. Ainsi, Blache a observé trois enfants dans la même famille ; Piedagnel a vu la mère et la fille : Delasiauve, le frère et la sœur; Gintrac, deux frères; Rosenthal, la mère, un fils, une fille et deux autres parents du côté maternel, frappés de la même maladie. — Les émotions et l'imitation ont aussi une influence pathogénique reconnue par tout le monde.

Les causes peuvent encore agir directement ou par voie réflexe sur le facial. Directement, ce sont les mêmes genres d'agents que pour la paralysie du facial, tels que plaies, contusions de la face, surtout à la région orbitaire (peut-être y a-t-il alors action réflexe) ; les traumatismes chirurgicaux : compression par une tumeur, etc. Ainsi, Schuha vu ces convulsions produites par un cholestéatome à la base du cerveau ; Schultze, par un anévrisme de l'artère vertébrale; Romberg, par une inflammation des ganglions lymphatiques au-devant du tronc du facial; Oppolzer, par une carie du rocher ; Rosenthal et Remak, par une otite; Debrou, par l'ouverture d'un abcès à la région parotidienne, par l'ablation de diverses tumeurs à la face. — Du reste, nous devrions repro-

1 Nous avons déjà cité un fait de Duplay et un fait de Terrier de contracture traumatique du facial.

2 Voy. Brissaud et Marie ; Progrès médical, 1888 ;

Belin; De l'hémispasme glosso-labié hystérique. Thèse de Paris, 1889.

Delprat (Nouvelle Iconographie de la Salpêtriere, 1892, n° 1, pag. 38) a récemment observé, dans l'hystérie, une contraction bilatérale des muscles innervés par le facial inférieur.

Grasset, 4e édit., tom. II. 37

duire ici toutes les causes de paralysie du facial, puisque l'un de ces états peut se transformer en l'autre.

L'action réflexe a surtout son point de départ dans le trijumeau Ainsi, le tic douloureux peut se transformer en tic non douloureux ; par suite, toutes les causes de névralgie trifaciale devront être inscrites ici : dents cariées, corps étrangers, etc. — Le froid a une double action possible, par l'intermédiaire de la cinquième et de la septième paire.

Quelquefois l'action réflexe a son point de départ plus éloigné : vers intestinaux, maladies utérines, etc.

L'action centrale sur le facial produira encore des effets analogues, que l'on doit exclure du tic non douloureux vrai, mais qu'il faut connaître pour les distinguer de celui-ci. C'est surtout quand la lésion siégera à la partie inférieure de la zone motrice corticale que ces phénomènes se développeront.

Enfin les causes générales, comme le rhumatisme, peuvent aussi être invoquées, ainsi que les névroses plus complexes, comme la chorée '.

Symptômes . — Le phénomène caractéristique est une contraction rapide des muscles innervés par le facial, d'où une grimace difficile à décrire, analogue à l'effet d'un courant électrique; les lèvres, l'aile du nez, sont soulevées et entraînent une expression de rire sardonique ; les yeux clignotent, le front se plisse... Romberg a môme vu des mouvements dans le pavillon de l'oreille. — Ces phénomènes sont d'autant plus remarquables en général qu'ils ne se produisent que d'un côté, et le contraste est extrême avec l'autre moitié de la figure, qui garde son expression ordinaire.

Chacune des secousses dure très peu de temps, mais elles se succèdent, et par leur réunion constituent un accès. La maladie est ainsi formée d'une série de paroxysmes séparés par des repos. Ces paroxysmes, de durée variable, sont d'abord provoqués par des causes internes, telles que les émotions, une fatigue, un mouvement des muscles atteints, ou seulement l'attention portée par le malade à son infirmité ; mais, plus tard, ces crises surviennent spontanément ou sous l'influence de causes futiles.

Certains muscles, comme le stylo-hyoïdien, le digastrique et le voile du palais, restent le plus souvent indemnes.

Ces convulsions irradient quelquefois aux muscles voisins appartenant à un autre domaine nerveux, par exemple à l'hypoglosse (langue), au masticateur, au spinal (trapèze, sterno-cléido-mastoïdien).

Les crises ne s'accompagnent d'aucun phénomène douloureux: de là, son nom même de tic non douloureux.

Malgré tous ces troubles de motilité, il n'y a pas de paralysie ; l'ac-

1 Nous nous occuperons plus loin, au chapitre de ln Maladie des Tics, d'une autre variété névrosique du tic facial.

CONVULSIONSjDU FACIAL. 571

tion volontaire s'exerce dans des conditions parfaitement normales sur ces muscles, dans l'intervalle des paroxysmes ; rarement on observe, une légère diminution de motilité. — On ne constate aussi aucune modification sensible dans la réaction électrique du facial et des muscles qu'il innerve, ni troubles vaso moteurs, ni troubles sécrétoires.

Dans un cas, Bouvin a noté un goût salé tout particulier dans la bouche, et, dans un autre, Erb a constaté un bruit dans l'oreille pendant l'accès.

Grsefe, Remak, Hitzig, ont attiré l'attention sur ce que l'on appelle les « points d'arrêt ». Dans beaucoup de cas de convulsion, il y aurait certains points particuliers sur lesquels il suffit de presser pour arrêter les spasmes. Ces points d'arrêt se rencontrent quelquefois dans le tic non douloureux : ce sont les points mêmes de la névralgie trifaciale. Greefe a décrit en outre d'autres points secondaires, qui se développent dans le cours de la maladie, sont plus ou moins éloignés des premiers et ne déterminent qu'un arrêt incomplet.

Les accès peuvent durer même la nuit; d'autres fois, ils disparaissent pendant le sommeil. D'après Jaccoud, cette dernière circonstance prouverait que la maladie est d'origine réflexe.

Nous arrivons aux convulsions partielles. Le tic général, que nous venons de décrire, débute souvent par quelques muscles auxquels il semble limité, et puis il se généralise ultérieurement. En dehors de ces faits, il y a aussi des cas où le sujet a un tic circonscrit dans certains muscles de la face et restant toujours circonscrit à ces muscles. Ainsi, il aura par moments une crampe des zygomatiques et le rire sardonique ; ou bien un spasme dans l'élévateur du nez et de la lèvre supérieure, ou même dans les muscles de l'oreille.

Un mot spécial doit être consacré aux convulsions limitées à l'orbiculaire des paupières: elles constituent le blépharospasme ou le clignotement, suivant qu'elles sont toniques ou cloniques.

Le blépharospasme 1 a été bien étudié par de Grsefe. L'œil se ferme par accès intermittents de plus ou moins de durée, de quelques minutes à quelques heures; la durée peut même s'étendre à des semaines et à des mois, et la cécité peut terminer la scène. Il est difficile de décrire les bizarres contractions, les grimaces que font les sujets pour lutter à l'aide des antagonistes contre ce blépharospasme. L'action de la lumière, les efforts d'accommodation, l'occlusion des yeux ou leur ouverture pour un examen, les émotions, etc., provoquent des crises, qui surviennent tout d'un coup : les yeux se ferment subitement.

Quelquefois, en pressant sur certains points, on peut déterminer la

1 Voy. Foucher ; Thèse de Paris, 1886;

(xlraud; Thèse de Lyon, 1888-89;

Valude ; Revue d'ophtalmologie, mai-juin 1889.

réouverture également brusque de l'œil. On trouve habituellement ces points suspensifs quand on les cherche ; souvent les malades les découvrent eux-mêmes. L'effet de la pression sur ces points d'arrêt se maintient en général quelque temps ; d'autres fois, cependant, il ne dure que pendant la pression.

Ces points sont ceux de la névralgie trifaciale, et spécialement le sus-orbitaire. On peut aussi en trouver au niveau de la colonne cer\ icale ou même au plexus brachial. Le repos sera encore obtenu par la galvanisation de ces points (Remak).

Le blépharospasme est le plus souvent d'origine réflexe, par excitation du trijumeau et de ses branches oculaires. C'est ainsi qu'agissent toutes les inflammations de l'œil, scrofuleuses ou herpétiques ; les ulcérations de la conjonctive et de la cornée ; les traumatismes et les corps étrangers du globe oculaire ; la névralgie sus-orbitaire, etc. — Ainsi encore agissent les ulcérations buccales, les dents cariées et les diverses névralgies du trijumeau. — Quoique la cause soit unilatérale, le spasme se produit en général des deux côtés.

Le clignotement est présenté par bien des gens, même physiologiquement, sous l'influence d'une lumière vive. En général, il précède le blépharospasme et y conduit. L'étiologie est la même que celle des convulsions toniques. Son histoire ne présente rien de spécial '.

A. Robin2 a cité des faits prouvant le rôle étiologique que peuvent jouer la méningite, la chorée, l'hystérie et même l'épilepsie, dans la production du blépharospasme. Les lésions corticales ypli courbe, Féré :I) développent également ce symptôme.

La Marche de ces convulsions est irrégulière et variable suivant les cas, le plus souvent progressive et chronique. La Durée est quelquefois indéfinie et peut s'étendre à toute la vie ; la maladie peut cependant aussi guérir, La guérison radicale et rapide est la Terminaison la plus rare ; la guérison partielle avec récidives est ce que l'on observe le plus souvent. Le Pronostic varie, d'après ce que nous venons de dire. Le Diagnostic est en général aisé ; la maladie est facile à voir et à reconnaître; le seul point important est d'en déterminer la cause et de savoir notamment si elle est d'origine centrale ou périphérique ''.

1 Nous avons placé parmi les spasmes fonctionnels un fait intéressant, observé par Richey, de convulsions cloniques des paupières supérieures.

2 Robin; Thèse d'agrégation citée, pag. 172.

3 Féré; Anatomie médicale du Système nerveux, 1891, pag. 465.

1 Nous avons insisté dans un des précédents chapitres (pag. 741) sur la difficulté que l'on éprouve parfois à distinguer le blépharospasme de la blepharoptosc et sur le procédé qui, d'après Gharcot, permet de faire le diagnostic. Rappelons que le sourcil du côté contracture est abaissé dans les cas de cet ordre ; en outre, de petites rides verticales se sont substituées aux rides transversales du front dans le voisinage de la commissure interne des paupières ; enfin, les muscles en état de spasme sont souvent le siège de petites secousses fibrillaires (Clinique des Maladies du Système nerveux, tom. I, pag. 325).

Le Traitement s'adressera d'abord à la cause : au refroidissement ou au rhumatisme, parles sudorifiques, les bains de vapeurs, etc.; aux causes périphériques connues, par une action directe : avulsion d'une dent cariée, traitement d'une ulcération, d'une ophtalmie. On a même tenté la névrotomie ', la neurcctomie ou l'élongation du nerf sensitif en cause.

Comme traitement direct, on préconise beaucoup l'électricité. Bénédickt déclare que tous les cas récents sont guéris par ce moyen, mais que les cas anciens résistent. Erba vu, au contraire, beaucoup de cas récents résister à tous les genres d'applications électriques, et il considère une certaine ancienneté de la maladie comme un élément de succès. On emploie de préférence le courant galvanique descendant, allant du nerf au muscle-. — Dans les cas qui s'y prêtent, on peut pratiquer l'électrisation des points d'arrêt. La considération et le traitement du point d'arrêt auraient, d'après de Graefe, une importance toute spéciale dans le blépharospasme.

Les narcotiques (injections sous-cutanées de morphine, chloroforme, atropine), le curare, les antispasmodiques divers, ont été essayés.

De violents efforts de volonté suffisent quelquefois pour faire disparaître un tic ; de Grade en a cité un exemple pour le blépharospasme. Duchenne recommande beaucoup l'intimidation pour arrêter un tic au début, chez les enfants. Si les punitions ne suffisent pas, on pratique une électrisation douloureuse, les yeux bandés, et on menace de recommencer si le tic continue.

On a encore préconisé la section du facial, malgré la paralysie qui en résulte, ou la simple pression prolongée de ce nerf; l'élongation du nerf a également des partisans :i. Dieffenbach a même pratiqué la section sous-cutanée d'un muscle atteint.

1 Voy. le récent travail de Dehenne (Union médicale, 5 mai 1888) sur le traitement du blépharospasme par la section sous-cutanée du nerf sus-orbitaire, suivie de l'application de courants continus.

2 Berger (Neurol. Centr., i8S3 ; anal, in Arclnves de Neurologie, 1884, VIII, pag. 340) a publié l'observation d'une convulsion (d'origine traumatique) des muscles de la face qui servent à la mimique, guérie par l'électrisation galvanique.

3 Eulenburg a fait connaître un cas de prosopospasme grave, qui est résumé par le titre suivant de l'observation : « Blépharospasme et tic convulsif de la moitié gauche de la face, durant depuis plusieurs années, avec hyperalgésie, points douloureux, et par moment irradiations étendues ; galvanisation, injections de morphine, atropine, curare, etc., sans résultats, ainsi que la névrotomie du susorbitaire. Extension du nerf facial (Hueïer); disparition de la convulsion, mais en même temps paralysie totale consécutive de tous les rameaux faciaux; suppression du goût dans la moitié antérieure de la partie gauche de la langue; forme moyenne de la réaction de dégénérescence ; retour des convulsions cloniquestoniques dans les muscles des lèvres à gauche, disparition de la paralysie. >• (Centralbl. f. Nerv., III, pag. n3).

Voy. encore : Sootham ; Lancet, 10 avril 1886 ;

Keen ; Journ. of Amer. med. Assoc, mai 1886 (anal, in Reçue des Sciences médicales, XXIX, pag. 653) ;

§ III. Convulsions de l'hypoglosse. — Les convulsions de ce nerf sont très rarement isolées: elles ne sont assez fréquentes que dans les névroses plus complexes. — On peut observer dans la langue des mouvements variés, dans les divers muscles des contractions Gbrillaires, ou des convulsions toniques déformant la langue d'une manière bizarre.

Eulenburg cite quelques observations rapportées par diversauteurs. Ainsi, Fleury ' a vu chez un sujet des convulsions cloniques ou toniques dans les muscles innervés par la douzième paire, toutes les fois qu'il essayait de parler ou que seulement il en avait l'intention ; c'était une espèce de spasme fonctionnel (aphlhongie). Dans le cas de Valleix. c'était une crampe tonique qui fixait la langue immobile contre la voûte palatine. Dans un fait de Pauthel, c'étaient au contraire des convulsions cloniques.

Comme Etiologie, on a noté des lésions de l'écorce cérébrale l'ccntres corticaux) ou du bulbe; des névroses, comme la chorée, l'épilepsie ou l'hystérie2; des réflexes, spécialement de la cinquième paire; l'atrophie musculaire progressive et la paralysie labio-glosso-laryngée.

L'étude spéciale de ces convulsions n'est en somme pas faite, et même ne parait pas possible dans l'état actuel des documents réunis.

Berger3, en 1882, a publié deux cas intéressants de « convulsions idiopathiques de la langue » . Voici la description de la crise du premier : « Sensation de tension sus-laryngienne siégeant immédiatement audessous du menton; puis la langue, qui semble à la malade entier au point de remplir toute la bouche, est parcourue d'arrière en avant par une ondulation : c'est l'aura qui dure une minute et demie. L'organe est ensuite involontairement, irrésistiblement et violemment projeté en avant; il vient frapper les arcades dentaires en produisant un bruit perceptible, ou montrer la pointe entre les lèvres. Ces convulsions rythmiques se succèdent cinquante à soixante fois par minute. » Ouanl au second, « pas d'aura; projections brusques, involontaires, animées d'une grande force, de la langue hors de la bouche plusieurs fois do suite, même pendant la nuit. Le malade, effrayé, ferme involontairement les mâchoires et se blesse ainsi fréquemment. >

Sinkler ; Med. News., 25 septembre 1886 ;

Rernhardt ; Arch. f. Psyc/i. und Nerven., 188G, Bd XV, heft.3, pag. 777.

D'après ce dernier auteur, l'amélioration obtenue par l'élongation du facial serait très passagère ; sur 17 cas qu'il a réunis, le succès n'a été. complet et durable qu'une seule fois.

1 Fleury et Vallin ; Gazette hebdomadaire, iSG5.

2 Le spasme de la langue est associé au spasme facial dans l'« hémispasme glosso-labié » des hystériques, dont nous avons parlé au paragraphe précédent. La langue, recourbée en crochet et fortement incurvée vers le côté contracturé de. la face, est projetée avec peine hors de la bouche ; il est même des cas où le suji t ne peut parvenir à la sortir.

3 Berger; Neurol. Centrait ., 1SS2 (anal in Archives de Neurologie, i8S4, VIII. pag. 85).

Remak' a fait également connaître un fait curieux de convulsion de l'hypoglosse : « La bouche étant ouverte, on voit la langue appliquée contre le plancher de la bouche, animée de mouvements rythmiques produisant tour à tour un rétrécissement, un aplatissement de sa surface et une projection en avant; ces mouvements se répètent cinquante fois par minute » .

§ IV. Convulsions du spinal [torticolis spcisinotlic^ué] ~. — h'Etiologie est très obscure dans la plupart des cas. Tout ce que l'on sait de net, c'est que la cause peut siéger en des points très variés du trajet du neif. Du côté des centres, ce sont les tumeurs, les ramollissements, les hémorrhagies dans le cerveau, dans l'écorce notamment3; d'autre part, les lésions de la moelle cervicale et de la région correspondante de la colonne1; puis enfin des lésions périphériques des nerfs eux-mêmes5.

Le refroidissement, l'humidité, agissant sur le corps en sueur, ont produit ces convulsions; il y a aussi les causes réflexes, comme la

' Remak; Berl. klin. Woc/i., 20 août iS83 (anal, in Revue des Scierices médicales, 1884, XXIII, pag. 1Ç):>.).

Voy. aussi Ganghofner ; Prag. med. Woch., 1882, n° 41; Dochmann ; Saint-Pétersb. med. Woch., i883, n° 1 ; Wendt; Am. Journ. of the med. Se, janvier i885, CLXXVII, pag. 173; Eri.enmeyer ; Centr. f. Nerven., 1886, IX, n0' 5 et 7 ; BiiRNHARDT ; Ibid., 1 juin 1886, n° 11 ;

Seppilli; Rio. sper. di fren. e di med. leg., 1886 (anal, in Revue des Sciences médicales, XXVIII, pag. 128) ; Simon ; La langue névropathiqve. Thèse de Paris, 188g ;

Personali ; Giorn. délia R. Acad. di med. di Torino, mars 1890 (anal, in Revue des Sciences médicales, XXXVI, pag. 525);

Pasquier et Marie ; Séméiologie nerveuse de la langue, in Progrés médical, 7 février 1891 ;

Tout récemment Gallerani et Pacinaïti {Gaz. degli Osped., i8g3, n° 58; anal, in Revue Neurologique, 3o octobre i8g3, pag. 572) ont vu survenir un spasme réflexe glosso-labio-laryngée par suite de la présence d'un corps étranger dans le nerf occipital gauche.

Voy. aussi notre chapitre des spasmes fonctionnels.

2 Guyon; Dictionnaire encyclopédique, 1887;

Vergoz ; Du torticolis spasmodique par contraction et rétraction. Thèse de Bordeaux, 1S88 ; Forchleimer ; Arch. of pediatrics, février 1887;

Tillaux, Clinique médicale, 1887, fasc. II; — Médecine moderne, 11 février i893 ;

Bénédikt ; Wien. med. Press., 27 janvier 1889 ; Booth ; New-York Neurol. Soc, 1 novembre i8g2 ; A.nderson ; Lancet, 7 janvier i8g3.

:1 Voy. le cas récent de Poore ; Brit. med. Journ., mai 1887, pag. îogg.

'< EuLENBURGavu se développer une crampe tonique persistante du spinal droit après une chute de cheval sur la colonne vertébrale.

5 Buzzard (Société Harvéienne, 1889; anal, in Semaine médicale, S mai 1889) a signalé le spasme du spinal consécutif à une adénite profonde.

dentition, les vers intestinaux, les troubles oculaires1, les maladies utérines, les troubles digestifs; quelquefois même l'hystérie2, les émotions morales. — On a décrit aussi un torticolis congénital'' : mais on admet généralement aujourd'hui qu'il s'agit là, non point de contractions, mais de rétractions consécutives à une paralysie infantile; il n'est pas rare de le voir coïncider avec l'hémalrophie faciale. Enfin on a noté l'état puerpéral et le typhus.

Les Symptômes varient suivant que les convulsions sont cloniques ou toniques.

1. Les convulsions cloniques peuvent frapper le sterno-cléido-mastoïdien et le trapèze, d'un côté ou des deux côtés, ou un seul de ces deux muscles.

Si le sterno-cléido-mastoïdien est pris, on observe un mouvement caractéristique de la tête : le menton est tourné du côté opposé au muscle malade et porté en haut; la nuque est abaissée, l'oreille et l'apophyse masloïde sont rapprochées de l'épaule du côté atteint. C'est une forme de tic rotatoire, qui fait exécuter au malade une sorte de mouvement de dédain. Chez un sujet que nous avons observé il y a quelque temps, la tète opérait un mouvement analogue à celui que l'on fait quand on est gêné par son faux-col. Quand le trapèze est atteint, la tête est tirée en bas du côté malade, avec une légère rotation du menton vers le côté opposé et élévation de l'épaule, le scapulum se rapprochant de la colonne vertébrale. Le type varie, du reste, suivant la partie du muscle frappée.

La tête peut même être fortement tirée en arrière, l'occiput et l'épaule se touchant presque, et le menton montant au contraire en l'air. C'est ce qui arrive chez une femme qui était à l'hôpital Saint-Eloi en 1878, et qui est prise, dès qu'elle marche, d'une convulsion complexe des muscles du dos et de la nuque d'un côté, et tout spécialement du tra-

1 Robert Lovett ; Trans. of tlie Am. orthop. Assoc, 1890, II, pag. 23o; Nieden, de Grjefe ; Centr. f.praht. Auge»., novembre-décembre 1892 (anal, in

Revue des Sciences médicales, XLII, pag. 317).

2 Voisin ; Société d'hyjmologie et de psychologie, in Semaine médicale, 19 juillet 1893, pag. 35o.

3 Volkmann; Du soi-disant torticolis congénital, in Centr. f. Chir., 4 avril i8S5; Davis; Du torticolis congénital, in New-York med. Journ., 4 février 1888,

pag. 114 ;

Luning et Schulthess ; Corr. bl. f. sefnoeis. Aerz., 1 janvier 18S8, n° 3, pag. 23 ; Vollert ; Centr. f. Chir., 20 septembre 1890;

Bird ; Guy's Hosp. rep., 1890 (anal, in Revue des Sciences médicales, XXXVIII, pag. 653);

Petersen ; Congrès des Chirurgiens allemands; anal, in Semaine médicale, 11 avril 1891, pag. i56 ; —et Berl. kl. Woch., 18 mai 1891 ; Witzel ; Arch. f. Gyn., 1891, XLI, 1 et 2.

pèze. La convulsion, clonique d'abord, devient bientôt tonique si la malade ne se couche pas '.

Si les deux muscles sont frappés simultanément, on observe les mouvements combinés des deux derniers types, avec prédominance variable de l'un ou de l'autre muscle.

Si la crampe est bilatérale, le plus souvent la tète oscille, branle d'un côté à l'autre, et le menton tourne aussi de gauche à droite et de droite à gauche. Plus rarement, le spasme est synergique des deux côtés et entraîne des mouvements d'inclinaison et de redressement alternatifs delà tête, ce qui constitue une sorte de salutation continuelle-. Ce genre de convulsions s'observe surtout chez les enfants, sous la dépendance de la dentition.

Assez souvent l'état convulsif est continu, à peine interrompu par le sommeil ; quelquefois même il peut troubler profondément le repos de la nuit. — D'autres fois, il revient par paroxysmes de durée et de fréquence variables, avec une ténacité qui constitue une vraie torture pour toute la vie. La marche, la parole, les émotions, provoquent ces crises.

On observe des irradiations musculaires qui se produisent à certains moments, au maximum de la crise : à la face, dans les masticateurs, dans les yeux, les épaules ou les bras.

Souvent les malades éprouvent une grande sensation de fatigue dans les muscles convulsés. Quelquefois ils ressentent une vraie douleur à la nuque, à l'occiput, au bras ou à l'épaule, avec fourmillement dans ces régions. Celte douleur rachidienne existe très nette chez la malade que nous avons observée à Saint-Éloi.

Les points d'arrêt sont assez rares : quand ils existent, c'est sur le trajet du spinal, au plexus brachial ou à la colonne vertébrale, ou même sur les muscles malades.

La maladie peut avoir des conséquences éloignées sur la mastication, l'alimentation, la parole, le sommeil; de là, quelquefois, des retentissements psychiques.

2. Les convulsions toniques frappent le plus souvent le sterno-cléidomastoïdien seul ; quelquefois les deux muscles, mais rarement le trapèze seul.

Elles ont pour conséquence d'immobiliser la tète dans une des posi-

1 Desnos a présenté à la Société médicale des Hôpitaux (5 janvier 1880) une curieuse malade atteinte de spasme du sterno-cléido-mastoïdien gauche. — Plus récemment, Nègre (Thèse de Montpellier, i883, n" 37) a publié une intéressante observation prise dans le service de Dubrueil. — Voy. aussi Tillaux (Académie de Médecine, 3i janvier 1882) ;

Féré; Revue de Médecine, i883; — Progrès médical, i883; Guibert; Revue de Médecine, avril 1892.

2 Voy. sur le tic de Salaam : Gautiuz ; France médicale, 10 février i883, — et Thèse de Paris (sur les Spasmes du cou), 1884.

tions que nous avons décrites tout à l'heure : capat obstipum spasticum (Erb), ou obstipitas spastica. Si les deux sterno-cléido-mastoïdiens sont atteints, la tête est fortement inclinée sur la poitrine Duchenne). En môme temps, on apprécie, à la vue et au toucher, la saillie et le rebord très nets de la masse musculaire contracturée. Il y a de la douleur au début, qui disparaît en général assez rapidement : la contracture est le plus souvent indolente. Le muscle peut s'hypertrophier ', mais le plus souvent il s'atrophie. Chez les sujets encore jeunes, la déviation permanente de la tête entraîne une déviation consécutive de la colonne vertébrale, à convexité du côté sain.

Marche, Durée et Terminaisons. — Le début est graduel et progressif. Quelques cas graves débutent cependant subitement. Quelquefois on observe plus tard un temps d'arrêt dans les progrès du mal, ou même la guérison des formes moyennes ; mais le plus souvent la ténacité est extrême .

La guérison est donc relativement rare; le statu quo est la terminaison la plus habituelle. On observe aussi le passage à une forme convulsive plus grave (épilepsie) ou l'envahissement progressif par la paralysie. D'autres fois, des rétractions définitives succèdent au spasme prolongé -.

Le Diagnostic n'est difficile que dans les cas où les symptômes sont réduits, peu accusés; on en trouvera la caractéristique clans la connaissance exacte du mouvement produit par la contraction de chacun de ces muscles, contraction qu'on peut étudier à tout moment, en la provoquant par l'électricité.

A l'état tonique, on distinguera la contracture de la paralysie des antagonistes par l'impossibilité des mouvements passifs et la présence d'un relief musculaire très accusé.

Le plus difficile est de diagnostiquer la cause, et spécialement la nature et le siège de cette cause.

Le Pronostic dépend des éléments mêmes que nous avons envisagés à l'étiologie.

Le Traitement causal ne présente rien de spécial. Pour le traitement direct, on préconise l'électrisation, et spécialement les courants continus descendants.

Les injections de morphine, d'atropine:!, de curare ; les applications de chloroforme, d'éther, paraissent avoir rendu des services. Il en est de même du valérianate de zinc, du bromure de potassium, du gelsémium4 à hautes doses, etc. — Buscha eu de bons résultats par l'appli-

1 Chez un sujet qui se trouve actuellement dans notre service et dont nous reproduisons la photographie (PI. XXIX), il existe une «hypertrophie fonctionnellenotable du sterno-mastoïdien droit.

2 Terrillon ;' Nouvelle Iconographie de la Salpétrière, îSyi, n° 4» PaS- 2-'i9- 11 Lezinsky ; Neio-York med. Journ., i4 mars 1891.

1 Williams ; Med. News., 16 novembre 1889.

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cation de traits de feule long de la colonne vertébrale : la guérison est survenue dans trois cas, et il n'y a eu aucun effet dans le quatrième. — Nous avons, pour notre part, obtenu une amélioration transitoire par l'application sur le cou de cataplasmes fortement sinapisés.

On a fait la myotomie, la ténotomie (sous-cutanée ou à ciel ouvert) ', la neurotomie et la résection de la branche externe du spinal ; ces opérations entraînent la paralysie et n'ont pas donné grand résultat à Michel et Busch 2; l'élongation a donné jusqu'ici de médiocres résultats*. Enfin Collier '• a préconisé assez récemment la ligature du spinal.

' Levrat : Progrès médical, 27 octobre 1888 ;

Bradfort ; Sur la ténotomie à ciel ouveit, in Boston med. and surg. Journ., 11 mars 18S8 (anal, in Revue des Sciences médicales, XXXIII pag. 252); Bédard (ibid.) ; Gazette médicale de Paris, 6 avril 1889;

Kirmisson (ibid.) ; Bulletin de la Société de Chirurgie, 1889, XV, n° 3, pag. 171 ; Uucurtil (ibid.); Thèse de Paris, lévrier 1889;

Phocas (ibid.); Société de Chirurgie, 25 juin 1890; — Gazette des Hôpitaux, 23 octobre 1800 ; — Revue d'orthopédie, 1891, n° 5; Jalaguier, Berger (ténotomie sous-cutanée); Société de Chirurgie, 2juillet 1890; Gross ; Semaine médicale, 24 septembre 1890, pag. 355; Dessirier; Thèse de Lyon, 1890 ; Verneuil ; Revue d'orthopédie, mars 1891 ; Taccorn; Thèse de Lille, 1891 ;

2 Voy. plus récemment, sur la neurectomie du spinal :

Ballance ; Saint-Thomas Hosp. rep., 1886, XIV, pag. 95 (anal, in Revue des Sciences médicales, XXIX, pag. 653) ;

Schwartz ; Société de Chirurgie, 17 novembre 1886;

Page; Brit. med. Journ., février 1888, pag. 245;

Eiselburg; Société des Médecins de Vienne, 10 février 1888;

Dercum; Philad. med. Soc, octobre 1888 (anal, in Revue des Sciences médicales, XXXIII, pag. 616) ;

Southam; Brit. med. Journ., 3i janvier 1891 ;

Lorenz ; Wien. kl. BL, 23 avril 1891 ;

Petit; Union médicale, juillet 1891, n"s 9 à 11, et Revue d'orthopédie, juillet 1891 . — L'auteur insiste sur les procédés opératoires de résection du spinal et rapporte une statistique de 26 cas: sur ce nombre, il y a eu i3 guérisons, 7 améliorations considérables, 2 améliorations médiocres, 3 améliorations passagères, et un cas de mort par érysipèle.

Gould, Maunoury, Owen, Mayor, Appleyard ; Lancet, 18 juin 1892.

Keen (Am. Journ. of surgery, janvier 1891; anal, in Revue des Sciences médicales, XXXVIII, pag. 653), Smith (Brit. med. Journ., 4 avril 1891, pag. 752) et Powers (New-York med. Journ., mars 1892; anal, in Revue des Sciences médicales, XLI, pag. 299) ont pratiqué avec quelque succès la résection des branches postérieures des trois premières paires cervicales.

Voy. enfin Gardner et Giles ; Australian med Journ.. 1892-93 (anal, in Revue Neurologique, 3i juillet 1893, n° 14. pag. 3g8).

3 BËNÉDiKT (Wien. med. Pr., 1889, n° 4. pag. 129; anal, in Revue des Sciences médicales, XXXIV, pag. 691) a toutefois obtenu un succès en pratiquant L'électrisation après l'élongation du nerf, alors que l'élcctrisation employée isolément n'avait point réussi.

1 Collier ; Lancet, 21 juin 1890.

Dans les formes Ioniques, on a quelquefois pu placer un appareil prothétique pendant le sommeil chloroformique ou après la ténotomie.

$ V. Convulsions des nerfs rachidiens. — Les nerfs rachidiens présentent des variétés très grandes de spasmes en combinaisons diverses. Nous analyserons d'abord les signes particuliers de la convulsion isolée des principaux muscles.

Quand le splénius se contracte, la tête est inclinée en arrière et sur le côté contracturé ; on constate le gonflement et le durcissement du splénius en haut, à l'émergence du trapèze. — Celte contracture est différente de celle du trapèze, en ce que le splénius tourne la tête de son côté et non du côté opposé, et aussi par la forme de la position des saillies musculaires.

Duchenne a observé la contracture 1 , et Erb la convulsion clonique de ce muscle.

h' oblique inférieur de la tête entraîne la rotation latérale horizontale de la tête, par secousses itic rotatoire) ou en contracture ; le menton et l'apophyse mastoïde ne sont pas élevés. — Le spasme clonique de ce muscle est très pénible. On pouvait voir il y a quelques années, dans les rues de Montpellier, un individu dont la tête se déviait ainsi graduellement; il était obligé de la ramener avec la main, et puis le mouvement rotatoire reprenait. Quand ils parlent ou qu'ils marchent, ces malades retiennent leur tête avec la main.

Les muscles profonds de la nuque produisent le renversement de la tête en arrière quand le spasme est bilatéral, ou la flexion du côté atteint dans les lésions unilatérales. — Il est difficile d'entrer dans une analyse clinique plus précise2.

Duchenne a bien indiqué les signes de la contracture des rhomboïdes : i° Élévation plus ou moins grande de l'angle inférieur du scapulum, avec rapprochement de la ligne médiane, sans abaissement du moignon de l'épaule ; 2° Direction oblique de bas en haut et de dedans en dehors de ce même bord spinal du scapulum ; 3° Tumeur située en dedans de ce même bord spinal et se prolongeant vers la fosse sus-épineuse ; 4° Quelquefois crépitation appréciable, par l'ouïe et le toucher, de cette tumeur, pendant les mouvements imprimés au scapulum ou au bras ; 5° Disparition de la difformité du scapulum et des tumeurs pendant l'élévation volontaire du bras du côté malade.

Si la contracture de l'angulaire de l'omoplate complique la précédente, il y a en plus inclinaison latérale de la tête.

1 Adamkiewicz (Wien. med. Presse, i883, n° 48 I anal, in Revue des Sciences médicales, i885, XXV, pag. 173) a observé un cas de contracture du splénius qu'il a guérie par l'électrisation du splénius sain, non contracturé.

2 Voy. BobiChon : Du torticolis -postérieur d'origine musculaire . Thèse de Paris, juin 188C.

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