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CONVULSIONS DES NERFS RACHID1ENS

Dans la contracture du deltoïde, observée par Duchenne, le bras est écarté du tronc, en dehors ; de plus, par le poids du bras s'exerçant sur le scapulum, l'acromion se déprime, l'angle inférieur s'élève et se rapproche de la ligne médiane, le bord spinal s'éloignant en même temps du thorax.

Dans des convulsions cloniques de ce muscle, Erba vu des secousses élevant le bras et le portant alternativement plus ou moins en avant ou en arrière.

Le grand dorsal, le sous-scapulaire, le grand pectoral, etc., ne méritent pas une mention spéciale, qui peut se déduire de leur physiologie ; nous en avons déjà parlé à propos de la paralysie de ces muscles.

Les convulsions des muscles du bras ne nous arrêteront pas non plus. Les généralités, comme étiologie, sont communes et connues : causes centrales, périphériques, réflexes, générales (rhumatisme, etc.) . Les formes symptomatiques sont très variées ; les convulsions peuvent frapper quelques muscles isolés ou en nombre variable, successivement ou simultanément1 .

Quelques mots sur celles du membre inférieur, qui méritent une description spéciale.

La contracture de la hanche est produite par un spasme tonique du psoas iliaque, du carré des lombes2 et de quelques autres muscles de la partie interne de la cuisse, ce qui entraîne une forte flexion de la cuisse sur le bassin : le pied est relevé et le sujet incline fortement en marchant du côté malade. L'extension passive n'est pas possible sans de vives douleurs. — Cette contracture s'observe dans la coxalgie5, la sciatique, lepsoïtis1, par voie réflexe, dans l'hystérie, etc.

La convulsion du triceps fémoral produit la raideur de la jambe en extension sur la cuisse ; Eulenburg et Erb ont observé des cas de convulsions cloniques de ce muscle.

La contracture des adducteurs a été également observée, quelquefois bilatéralement; les membres inférieurs sont accolés l'un contre l'autre, et on ne peut pas écarter les cuisses5.

Remak a observé une convulsion des fessiers : c'était une crampe rythmique synchrone dans le bras droit et la jambe gauche, alternant

1 Hockhaus (Deut. med. Woch., 1886, n° 47, pag. 834) et Laquer (Berl. kl. Woc/t., 27 juillet 1891, pag. 747) ont publié récemment des cas de spasmes cloniques du radial.

Hirt (Maladies du Système nerveux, pag. 374) a vu un cas de convulsion tonique limitée au muscle carré des lombes. 3 Duzéa ; Lyon médical, 1886.

Klemperer (Berl. kl. Woch., 10 novembre 1890) a publié récemment un cas curieux de tic convulsif du muscle psoas-iliaque. Voy. aussi Dillon Brown; Trans. Amer, orthop. Assoc, 1890, II, pag. 38; Von Bergmann et Salzwedel ; Berl. kl. Woc/i., i3 juillet 1891, pag. 709. Voy. Hamelin; Gazette hebdomadaire de Montpellier, iS83, n° 19.

avec la môme crampe dans le bras gauche et la jambe droite ; à la jambe, il y avait crampe des fessiers ; dans la marche, le membre était tiré en arrière et fixe.

Les lléchisseurs de la jambe {demi-tendineux, demi-membraneux et biceps) entraînent la flexion du genou jusqu'à amener le contact du talon avec la fesse.

Duchenne a bien décrit la contracture du long péronier latéral, qui entraîne un pied creux valgus spécial. Les caractères cliniques sont les suivants : 1. Abaissement delà saillie sous-mélalarsienne et augmentation de la voûte plantaire; 2. Diminution du diamètre transverse de l'avant-pied, au niveau des têtes des métatarsiens, et torsion de Pavantpied sur l'arrière-pied produisant des plis obliques à la face plantaire ; 3. Mouvement de valgus dans l'articulation calcanéo-astragalienne ; 4- Relief du tendon du long péronier latéral au-dessus de la malléole externe ; 5. Enfin contracture secondaire du court péronier et du long extenseur des orteils.

Il ne faut pas s'en laisser imposer seulement par l'aspect du pied pendant la marche ; à ce moment, il peut simuler un pied plat valgus. — Duchenne fait ensuite le diagnostic différentiel très soigné desautres espèces de pied creux valgus ; nous renvoyons à son travail sans pouvoir y insister.

Jobcrt de Lamballe a observé des contractions convulsives rythmiques du court péronier, avec un bruit perceptible quand le tendon du muscle contracté revenait dans sa position au moment du relâchement. Produites par le froid, elles furent guéries par la ténolomie.

Erb a vu une contracture dans tout le domaine du nerf péronier. Weir Mitchell a cité aussi des faits remarquables de cet ordre dans le travail dont nous avons déjà parlé à propos des spasmes fonctionnels.

Dans le domaine du tibial, les contractures sont plus fréquentes : les crampes au mollet se produisent dans une série de circonstances, (en particulier dans l'artério-sclérose, le choléra, à la suite d'exercices fatigants, etc.). S'il y a contracture de ces muscles, le talon est très haut, la pointe du pied en bas et les orteils fléchis; le pied est équin.

On peut avoir enfin des convulsions diffuses plus ou moins étendues dans tout le membre inférieur: dans l'hystérie, certaines formes d'astasie-abasie (crampe saltatoire réflexe des Allemands) , l'épilepsie , les maladies de la moelle, etc., etc.

g VI. Muscles respiratoires. — Nous n'avons plus que quelques mois à dire des spasmes des muscles respiratoires, qui méritent une mention spéciale.

La contracture du diaphragme a été décrite expérimentalement, théoriquement en quelque sorte, par Duchenne en i853, et observée ensuite cliniqueuieiil chez l'homme par Valette.

Quand le diaphragme se contracture, la base du thorax s'agrandit

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