‹ Thérapeutique des maladies de système nerveuxChapitre 85 sur 114 · Extrait de belladone · texte numérisé non relu

Extrait de belladone

Oxyde de zinc ! ââ 1 gram'

(pilules n° 40. — 2 pilules par jour, une le matin, l'autre le soir. Jusqu'à 4 dans les

mais non guérir1. De même pour la jusquiame. Les autres narcotiques, comme Y opium, ne peuvent pas faire la base d'un traitement chronique et prolongé, comme il le faut ici 2.

D'autres plantes ont encore été préconisées, parmi lesquelles nous citerons seulement le Cotylédon umbilicus (Fonssagrives) ; elles ne paraissent pas avoir encore fait suffisamment leur preuve3.

Parmi les médicaments nervins, Y antifébrine paraît n'avoir aucune action sur les manifestations convulsives, au lieu qu'elle atténuerait certains troubles nerveux habituels céphalée, névralgies, troubles psychiques) ''. — L'antipyrine, d'après Lemoine5, serait indiquée chez les épileptiques avec troubles menstruels, chez les épileptiques migraineux et dans les formes larvées de la névrose. — h' acide osmique, proposé par Wildermuth0, parait aujourd'hui abandonné.

Nous n'insisterons pas sur les sternuiatoires , recommandés par Laycock d'après des idées théoriques. On mêle 5 gram. poudre d'ellébore blanc et 60 gram. poudre quinquina ; trois fois par jour une pincée dans les narines : il y a des éternuements pendant dix minutes; puis

cas rebelles).

3. Chez les sujets congestifs, employer aussi, comme adjuvants, soit les purgatifs drastiques, soit les saignées, soit les applications de sangsues aux tempes ou derrière l'oreille (Boyé ; Encép/iale, 1881, I, pag. 90; et Thèse de Paris, 1882; — Fusier, Encéphale, 1881, 1, pag. 4a5 ; i883, III, pag. 204 ; et i885, V,

Voy., plus récemment, sur l'emploi de la belladone : Pierret ; Lyon médical, 23 octobre 1892, pag 611 ; — Ray; Thèse de Lyon, 1892-93.

1 Péter et Gowers associaient fréquemment la belladone aux bromures. Kœllner (AUg. Zeitschr. f. Psych. und psyçh-gerichtl. Med., XXXVIII, n°'2

et 3 ; anal, in Arc/tioes de Neurologie, i883, VI, pag. 267) a repris la défense de l'atropine dans le traitement de l'épilepsie, « toutes les fois que l'accès, quelle qu'en soit la forme clinique, s'annonce par un pouls fréquent dont la résistance au doigt s'écarte de la normale chez l'individu considéré (mollesse ou dureté), et concurremment par du myosis. »

2 Voy. aussi, sur l'emploi du sulfonal dans l'épilepsie : Enon, Tuon; Thèses de Paris, 1890. — L'hydrate d'amylè ne a encore été proposé (Blocq ; Revue générale de clinique et de thérapeutique, 22 avril 1891).

3 Citons encore la pilocarpine, employée par Bourneville et Bricon sous forme de nitrate ou chlorhydrate, en injections hypodermiques ou en potion, à la dose de o,oo5 milligram. à o,o5 centigram. Sur 14 malades, il y a eu 7 cas favorables, 2 cas douteux et 5 insuccès. — Kernig {Semaine médicale, 24 février 1892, pag. XLII) a vu la guérison de l'état de mal survenir après l'emploi de ce moyen. — Féré, par contre (Société de Biologie, 14 mai 1892), a nié son efficacité et vu survenir des accès d'épilepsie à la suite de son administration.

4 Lemoxne ; Société de Biologie, 17 décembre 1887.

' Lemoine ; Gazette médicale de Paris, 24 décembre 1887. Voy. aussi Hamilton, Leidy ; New-York med. Journ., 1887; Anderson et Jack; Am. Journ. of the med. Se, mai 1891 (Semaine médicale, îojuin 1891, pag. 240); Kronfeld ; Semaine médicale, 4 janvier 1S93.

6 Wildermuth; Berl. kl. Woch.,$ juin 1884 (Heoue des Sciences médicales, XXVII, pag. 245).

on renifle de l'eau froide pour faire cesser les éternuements. On n'a pas ainsi de succès durable.

Le haschisch, le curare*, ont paru rendre quelques services.

Le biborate de soude2 (Fulsom, Gowers, RusselTaylor), recommandé depuis quelques années, est aujourd'hui entré dans la pratique courante. A la dose de 2 à 6 gram. par jour, seul ou associé aux bromures alcalins, cet agent parait doué d'une réelle efficacité. Les inconvénients de son emploi sont : l'apparition de plaques eczématiformes ou psoriasiformes sur les membres et le tronc, l'herpès labial, les troubles digestifs (vomissements, diarrhée).

Voisin s'est bien trouvé des courants continus contre quelques symptômes, comme les points hyperestbésiés, en faisant passer le courant par le bulbe. Pour cela, il met une électrode sur certains points de la poitrine et l'autre sur la face ou sur la langue, en arrière du V lingual ou au menton. Ses malades ont guéri ou ont été améliorés.

Cependant la plupart des autres médecins qui l'ont essayé n'ont rien obtenu de durable".

V hypnotisme, préconisé par Voisin, Bérillon, Thomalla ',. n'a donné aucun résultat à Ballet5.

L'eau froide peut donner de l'amélioration. Nothnagel recommande un traitement de six à douze semaines dans un établissement hydrothérapique0. Chapman, Reynolds, se sont bien trouvés d'applications de glace sur la colonne vertébrale.

1 Bournevii.le et Bricon ont consacré un important travail (Archives de Neurologie, i885, IX, pag. 43, 201 et 319) à l'étude du curare dans l'épilepsie: les résultats, concluent-ils, «sont peu encourageants, etnous ne pensons pas quel'on doive maintenir le curare sur la liste des médicaments utiles dans le traitement de l'épilepsie ».

Kiseleff (Vratcli., i8g3 ; Revue des Sciences médicales, XLI1, pag. 255) s'est bien trouvé de l'emploi de V hydrastinine,k la dose quotidienne de 1 à 10 centigr.

Elliot Bâtes (New-York med. Journ., 29 juillet 1893) a récemment vanté les injections de nitroglycérine.

2 Voy. Dijoud ; Thèse de Paris, avril 1890 ; Steward ; Semaine médicale, 23 avril 1890, pag. 148 ; Mairet ; Progrès médical, 10 octobre 1891 et 6 février 1892 ; Cure ; Thèse de Montpellier, 1892;

Welch ; The New-York med. Journ., 26 novembre 1893, pag. 626 (Revue Neurologique, i5 février 1894, n° 3, pag 87).

* Voy. aussi Rockwell; New-York med. Journ., 16 avril 1887, pag. 43i.

La galvanisation de la glande thyroïde o paru donner de bons résultats à Sighicelli (Riv. sper. di (ren.y 1888; Revue des Sciences médicales, XXXIII, pag. 5gi).

On peut en rapprocher les essais infructueux de Bourneville avec les aimants (Thèse de Bricon, Paris, 1882).

4 Thomalla ; Wien. med. Woc/i., 1892, n° 47.

' Voisin, Bérillon, Ballet ; Congrès de l'Hypnotisme, 1891 (Semaine médicale, 29 juillet 1891, pag. 3o4).

s Bourneville (Thèse de Bricon, Paris, 1882) a iraité 54 èpileptiques par

Les cautères, les vésicatoires permanents à la nuque, les pointes de feu sur le cuir chevelu1, les sétons, les purgatifs répétés, sont de bons adjuvants, que l'on peut associer à n'importe quel traitement.

Il y a enfin quelques autres moyens, rarement employés du reste : la gymnastique de chambre, surtout pour les enfants; les vésicatoires volants sur le trajet de l'aura (Récamier Pitres)2; des frictions stibiées sur le cuir chevelu (Mettais) ; le cautère actuel sur la région sincipitale iLebreton); la castration (Frank, et plus récemment les chirurgiens américains) ; la trachéotomie (Marshal Hall); la ligature de la carotide (Preston) ; la ligature et la section des nerfs dans les cas d'aura, etc.

La trépanation, d'abord réservée aux cas d'épilepsie jacksonnienne, symptomatiques d'une lésion localisée de l'écorce (abcès, tumeur, hématome), a été récemment appliquée à l'épilepsie essentielle, surtout p la suite des travaux de Chaslin sur la sclérose corticale dans l'épilepsie vraie3. Keen, Lloyd et Deaver, Horsley, Lucas Championnière, Lénédikt, Girard, auraient obtenu des succès par l'ablation d'une mince couche de substance corticale correspondant aux régions de l'écorce dont l'excitation expérimentale provoque des mouvements convulsifs, ou dont le siège répond aux phénomènes de l'aura motrice lorsqu'elle existe. — S'est-il bien agi dans ces cas d'une action réellement curative ou d'une de ces rémissions que l'on observe si souvent dans l'évolution de l'épilepsie à la suite d'une maladie intercurrente? Il est encore permis de se le demander, et nous serions plutôt tentés, pour notre part, de nous associer aux sages restrictions formulées par Forgue et Reclus"1 dans leur récent Traité de thérapeutique chirurgicale : « Sur les épilepliques, disent-ils, pèse le plus souvent une hérédité indiscutable : fils d'alcooliques, descendants d'aliénés ou de névrosiques, ce n'est pas un trou de trépan qui pourra effacer leur tache originelle... Que, dans un cas d'épilepsie récente, chez un sujet à hérédité favorable, dont les

Y hydrothérapie : 27 ont été améliorés, 10 notablement, les autres légèrement; 17 de ces malades améliorés n'avaient pas d'autre traitement. Il y a eu 18 insuccès. — Magnan, Glatz (Corr. bl. f. schweiz. Aerz., 1 mars 1888, pag. 162) combinent l'hydrothérapie et les bromures alcalins. Voy. aussi Schweinburg ; Blatt.f. kl. Hydrot/ier., mai 1891.

1 Féré ; Société médicale des Hôpitaux, 23 mars 1888 et 28 juin 1889; Decroizilles ; Revue générale de clinique et de thérapeutique, 23 janvier 1890.

2 Pitres ; Progrès médical, 1 mai 1886.

3 Lucas-Championnière ; Académie de Médecine, août 1889; Dumas ; Thèse de Paris, mai 1889;

Heydenreich ; Revue générale, in Semaine médicale, 7 mai 1890; Girard ; Congrès de Chirurgie, 1891 (Semaine médicale, 20 avril 1891) ; Price, Sachs ; New-York med. Journ., février 1892 ;

Bénédikt ; Wien. med. Pr., 10 juillet 1892, n° 2S (Semaine médicale, 20 juillet

Kelly ; The New-York therap. Review, iSg3;

Thiriar; Revue générale de clinique et de t/iérapeutique, 24 mai 1893, pag. 323.

4 Forgue et Reclus; Traité de Thérapeutique chirurgicale, 1891, pag. 82.

crises vont croissant rapidement en durée et en intensité, on intervienne, surtout quand une aura motrice ou des spasmes limités dirigent le trépan, nous acceptons l'indication devant l'insuffisance des moyens médicaux et la navrante situation sociale de l'épileptique. Mais, chez les vieux épileptiques généraux, issus de souche nerveuse, l'opération est vouée à l'échec jusqu'à plus ample informé » .

Dans les cas où la trépanation ne pourra être pratiquée, Jackson 1 conseille de restreindre l'alimentation du sujet et de le soumettre à un régime débilitant, pour combattre autant que possible l'hypernutrition de l'écorce cérébrale.

La ligature des vertébrales, proposée par Jackson en 1881, réalisée par Alexander, Hallager, Gray2, Bernays (de Saint-Louis) :i, etc., a fait récemment l'objet d'un important travail de Chalot'1, qui associe à la ligature des vertébrales celle des carotides. Jacksch5 rapporte à la destruction simultanée du sympathique l'efficacité de la ligature des vertébrales.

Enfin, tout récemment, Marie" et Lannois7, considérant l'action inhibiloire exercée par certaines maladies infectieuses, comme l'érysipèle, sur les manifestations et même quelquefois sur l'évolution de l'épilepsie, ont proposé de traiter la névrose par l'injection de toxines microbiennes ou par des substances ayant une action analogue, comme le cantharidate de potasse de Liebreich.

D'autre part, Babes s a tenté les injections de substance nerveuse, suivant la méthode de G. Paul, et Giovani, les injections de liquide antirabique a.

1 Jackson; Assoc. med. Britann., 1888 {Semaine médicale, 25 juillet 1888).

2 Gray; Journ. of Am med. Assoc, 14 août 1886 (Revue des Sciences médicales, XXIX, pag. 2i5).

3 Bernays ; Congrès de la Société allemande de Chirurgie, 1888 (Semaine médicale, 11 avril 1888);

1 Chalot ; Association française pour l'avancement des Sciences, 1892 (Semaine médicale, 21 septembre 1892, pag. 374).

voy. aussi Baraez ; Wien, med. Woch., 1889, n° 7 ;

Kummel ; Dent. med. Wocli., 1892, pag. 526 (Revue des Sciences médicales, XLI, pag. 246) ;

Sachs ; New-York. med. Journ.. 20 février 1892, pag. 197 (ibid., pag. 248); Gowing Middleton ; Thèse de Paris, décembre 1892 ;

Telford Smith; Annales médico-psychologiques, septembre 1893, pag. 3o4- ■Jacksch; Wien, med. Woch., 1892 (Revue des Sciences médicales, XLI, pag. 246).

IJ Marie ; loc. cit.

'• Lannois; Société des Sciences médicales de Lyon, i8g3 ; — Lyon médical, 1893, pag. 267 ; — et Revue de Médecine, 10 juin 1893.

s Babes; Deut. med. Woch., 1892, pag. 683 ;— La Roumanie médicale, 1893, I, pag. 28.

9 Giovani ; Gaz. degli Osped., i8g3 (Revue Neurologique, i5 juillet 1893, n° i3, pag. 363).

Eéré (Société médicale des Hôpitaux, 7 juillet 1893) a combattu cette méthode.

Il est difficile de se faire actuellement une opinion sur ces méthodes, qui ne sont pas encore étayées sur un nombre suffisant de faits.

Voici, pour terminer, nos prescriptions les plus habituelles, telles que nous les avons formulées dans nos Consultations :

Page 1