‹ Thérapeutique des maladies de système nerveuxChapitre 88 sur 114 · MANIFESTATIONS NERVEUSES · texte numérisé non relu

MANIFESTATIONS NERVEUSES

qu'en dernière analyse, immédiatement ou médiatement, les névroses doivent se rattacher toujours à un état général constitutionnel, à une maladie vraie.

Nous disons : doivent se rattacher, parce que la démonstration clinique n'est pas encore entièrement faite. D'abord elle est difficile dans les cas courants; puis l'attention n'est pas toujours suffisamment dirigée de ce côté. Mais nous avons dit déjà que cette doctrine était la conviction des grands médecins à clientèle civile, comme le professeur Combal, Teissier (de Lyon), Guéneau de Mussy. Péter, Potain, Bouchard, etc., parce que là on connaît les maladies de famille et les vrais antécédents complets des sujets.

Peu à peu, par l'accumulation des faits et leur analyse soignée, celle étude et cette démonstration se compléteront, nous en sommes convaincus.

Donc, en définitive, toutes les maladies du système nerveux étudiées sont sous la dépendance d'un état général : les lésions anatomiqucs directement, les lésions fonctionnelles médiatement, par l'intermédiaire d'un état anatomique moléculaire probable, qui ne nous échappera peutêtre pas toujours.

Dès lors, nous avons étudié jusqu'à présent les lésions et les symptômes dans les maladies du système nerveux: nous n'avons pas étudié les vraies maladies de cet appareil, nous en avons fait ïanatomie et la physiologie, la séméiologie, mais non la nosologie.

Reste donc à faire cette nosologie. — ■ Il faut, pour cela, prendre les grandes maladies aiguës ou chroniques : les diathèses, les maladies infectieuses (dont le rôle paraît aujourd'hui si important), les intoxications, etc., et montrer ce qu'elles produisent en se localisant sur le système nerveux, montrer comment elles réalisent précisément les divers actes morbides, fonctionnels ou analomiques, que nous avons déjà passés en revue.

Cette étude est très importante, mais elle est très difficile.

Elle est très importante, d'abord parce qu'elle fixe la doctrine que nous avons exposée, et puis parce qu'elle synthétise l'étude du système nerveux et représente bien mieux le problème clinique. Certes il est capital de savoir distinguer la lésion des cordons latéraux et celle des cordons postérieurs, l'altération du lobe cérébral antérieur et celle du lobe postérieur, la paralysie agitante et la sclérose en plaques, etc., comme nous avons cherché à l'indiquer ; mais il est bien plus important de distinguer le groupe syphilitique, le groupe rhumatismal, le groupe infectieux et les autres, chacun de ces groupes fût-il complexe et composé d'une série de localisations diverses. C'est là la vraie étude clinique et thérapeutique.

En même temps, nos descriptions précédentes nous ont habitués à une séparation nécessaire pour l'exposition, mais qui n'est pas réalisée au lit du malade. Les groupes que nous formerons dans celte dernière

DES MALADIES GÉNÉRALES. 931 partie sont beaucoup plus vrais et vivants. Si l'on parcourt les salles de l Hôpital-Généra! on verra chez l'un la paralysie labio-glosso-laryngée associéeà l'hémiplégie, chez l'autre l'hémianesthésie cérébrale avec l'ataxie locomotrice, chez un troisième la sclérodermie et l'asphyxie locale des extrémités, etc. Il faut apprendre à réunir et à synthétiser ce que nous avons analysé et disjoint par nécessité, pour les besoins île l'exposition didactique.

Cette étude est donc capitale, et elle mériterait de nous arrêter pendant plus longtemps que nous ne pouvonsle faire ; une chose cependant nous console un peu du développement trop restreint que nous donnerons à ces questions.

D'abord, ce sont là des sujets qu'on retrouve en pathologie interne dans d'autres parties, dans les chapitres particuliers consacrés à chacune des maladies générales que nous passerons en revue. Nous n'avons donc qu'à indiquer, à tracer un plan, sans insister beaucoup sur chaque étude spéciale. De plus, et c'est une raison qui à elle seule dispenserait de toutes les autres, c'est là une étude qui est encore très peu faite. Les livres comme celui de Gros et Lancereaux sur les affections nerveuses syphilitiques sont rares, et il en faudrait beaucoup ; il en faudrait plusieurs pour chaque maladie. C'est là une voie d'études que nous avons déjà signalée et que nous signalons toujours aux élèves qui demandent des sujets de travaux et de recherches '.

Il y a donc très peu de fait sur toutes ces questions. De plus, on rencontre souvent desimpies affirmations pour étayer une conviction, ou bien inversement on tombe dans le simple récit d'observations fastidieuses. De telle sorte que tous ces sujets -là sont fort difficiles, ce qui nous excusera si nous n'insistons pas et si nous sommes obligés de passer rapidement.

C'est donc un cadre que nous allons indiquer plutôt qu'un tableau complet. Chacun y mettra ultérieurement, soit les travaux à venir, soit les résultats de sa propre expérience.

Nous commencerons par les diathèses, et d'abord par la syphilis, parce que c'est la maladie la plus nette, la plus claire comme cause et comme évolution, prêtant moins le flanc à la critique et à la discussion que toutes les autres. «La syphilis, a dit Lancereaux, est un type morbide que l'on ne peut trop étudier. Pour le clinicien, elle est le point de départ d'affections variées, dont la connaissance est une source d'indications diagnostiques et pronostiques de la plus grande importance; pour le pathologiste, elle est un modèle qui lui permet de mieux comprendre les autres maladies »

1 Un des élèves les plus distingués et les plus regrettés de notre Faculté, le Dr Raymond Caizeegues, a répondu à cet appel, et a fait, un des premiers, sur les Localisations spinales de la syphilis, un très remarquable travail dont nous parlerons longuement plus loin.

ARTICLE PREMIER

Diathèses.

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