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PALUDISME

(Paris, i85i) pour finir au travail de Boinet et Salebert (1889), en passant par notre travail de 1876, la Thèse de Vincent (1878J et celle de Landouzy ;'i88o).

Nous avons établi trois grandes divisions dans les hémiplégies paludéennes, divisions qui reposent sur une symptomatologie différente et entraînent une thérapeutique distincte.

1. Dans une première catégorie de faits, l'hémiplégie produite par un accès de fièvre intermittente disparaît avec l'accès qui lui a donné naissance, pour reparaître avec l'accès suivant. La paralysie peut être partielle, paraplégique ou hémiplégique, s'accompagner ou non de convulsions ou de troubles vaso-moteurs 1 .

Toutes ces paralysies ont pour caractère commun d'être intermittentes et d'être justiciables du sulfate de quinine. Elles paraissent dues à une congestion cérébrale, mais bénigne et nullement persistante: en tout cas, cette congestion ne fait pas indication, parce qu'elle est entièrement subordonnée à l'élément intermittent lui-même.

2. Dans un second groupe, nous plaçons les cas de fièvre intermittente entraînant une hémiplégie et en même temps un état apoplectique plus ou moins prononcé.

Comme dans ces cas il y a une forte congestion cérébrale, il arrive souvent que les accidents paralytiques ne disparaissent pas d'une manière aussi régulièrement rythmique que dans le premier groupe ; on les voit souvent survivre un peu à l'accès ; c'est ce qui est arrivé dans l'observation personnelle que nous avons publiée.

La guérison rapide de ces malades ne permet pas d'admettre chez eux autre chose que de la congestion ; ce qui prouve, nous l'avons déjà soutenu au chapitre de la Congestion cérébrale, la possibilité de l'hémiplégie dans cette maladie.

Dans un certain nombre de cas, les accidents apoplectiques ont pris une importance telle que les malades ont succombé.

Un fait important à relever dans ces cas de fièvre intermittente à forme apoplectique, avec hémiplégie, est l'élévation relativement peu considérable de la température pendant l'accès. Ainsi, chez notre malade, le thermomètre n'a pas dépassé 3g0, alors que tous les jours nous le voyons arriver à 4i° dans des fièvres intermittentes bien moins graves.

Enfin, le grand caractère de ce groupe et la raison de sa distinction du groupe précédent se tirent du traitement et des indications thérapeutiques.

1 Westphal a rapporté il y a quelques années (Berl. kl. Woch., août i885 ; Revue des Sciences médicales, XXIX, patr. 112) un cas très net de paralysie périodique, à type irrégulier, des quatre membres, et résumé l'histoire des manifestations de même ordre.

Suckling (Brain. janvier 1S88) rapporte des faits de môme nature.

Dans le premier groupe, le sulfate de quinine suffit à lui tout seul ; il combat le fond et la forme, l'intoxication palustre elle-même et sa mani festation hémiplégique. Dans le second groupe, il n'en est plus de même : il faut toujours donner le sulfate de quinine pour combattre le fond de l'affection, la cause des accidenls; mais le spécifique ne suffit pas. Le paludisme a produit ici une lésion qui devient, elle aussi, sujet d'indication. Aussi tous les cas de cette catégorie ont-ils dû être traités parla médication révulsive en même temps que par la médication quinique.

La distinction de ces deux groupes est donc fondée en clinique et indispensable au praticien. Dans les cas du premier, le fond prime tout et le sulfate de quinine suffit. Dans les cas du deuxième, le fond et la forme sont également sujets d'indication, et il faut associer le sulfate de quinine à la médication révulsive.

3. Il y a enfin un troisième groupe dans lequel la lésion est complètement émancipée de sa cause, dans lequel, par suite, le sulfate devient inutile, et où le seul traitement à instituer est celui de l'hémiplégie elle-même.

Ici le paludisme développe une lésion qui est entretenue parles accès, mais qui ne disparaît pas avec eux. Et, une fois les accès traités et disparus, le sulfate de quinine est, parfaitement impuissant contre l'hémiplégie elle-même.

La lésion persistante du cerveau, ainsi émancipée de sa cause, appartient du reste à des processus variés : les congestions, en se répétant, peuvent aboutir à l'hémorrhagie ; il peut se faire aussi des embolies pigmentaires des foyers de ramollissement2, etc.

1 On sait que le pigment existe en abondance dans le cerveau des paludéens qui succombent dans le cours d'un accès.

«Le cerveau est, après la rate et le foie, l'organe qui présente le plus nettement la coloration ardoisée caractéristique de la malaria. Sur les coupes histologiqucs des circonvolutions cérébrales, les réseaux capillaires apparaissent ponctués par des granules noirs. On croirait, dans certains cas, dit Laveran, que les vaisseaux cérébraux ont été injectés avec une substance transparente tenant en suspension une matière noirâtre pulvérulente. La teinte normale de la substance blanche du cerveau, du bulbe et de la moelle est peu modifiée, parce que les vaisseaux y sont rares. — On constate les mêmes altérations dans le bulbe et dans la moelle. — La pie-mère et la choroïde sont, en général, fortement injectées» (Widal ; arl . Paludisme du Traité de Médecine, 1891).

2 Mickle (Practit., novembre 1SS1 , pag. 338; anal, in Arc/tives de Neurologie, 1882, IV, pag. 104) a publié un cas d'aliénation mentale dans la cachexie palustre (sans antécédents personnels ou héréditaires). — Voy.sur le même point: Lemoinh et Chatjmier; Annales médico psycliologiques, mars 1887.

On a relevé (Voy. G. Guinon; Thèse de Paris, 1889), cl nous avons nous-mêmes observé (Montpellier médical, 1894) des cas d'hystérie développée sous l'influence du paludisme.

Voy. aussi Lijonne ; De l'influence du paludisme sur le développement des névroses. Thèse de Lyon, novembre 1890; Teissier ; lbid., in Bulletin médical, 3o avril 1890.

Nous avons, au fur et à mesure de nos descriptions, insisté sur le rôle qu'on a

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