PREMIÈRE PARTIE
Dans cette première partie, nous envisagerons successivement les grands complexus séméiologiques comme la constipation, la diarrhée, les grands complexusphysiologiques comme l'auto-intoxication d'origine intestinale. Après en avoir indiqué l'histoire clinique et la pathogénie dans leurs éléments principaux , nous en exposerons le traitement avec plus de détail, comme il convient dans un ouvrage de thérapeutique. Nous aurons ainsi le devoir d'étudier certaines grandes médications, comme la médication laxative, la médication antidiarrhéique, la médication antiseptique, et, par conséquent, les groupes médicamenteux ou les pratiquesthérapeutiques correspondants. Ainsi se présentera à nous l'occasion de faire connaissance avec le massage, le lavage de l'intestin, etc.
Cette étude préliminaire nous aidera beaucoup lorsque, dans la seconde partie, nous en viendrons à examiner les maladies de l'intestin caractérisées par des lésions définies; nous aurons souvent alors à renvoyeraux développements donnés d'avance dans la première partie.
Dans cette première partie, nous aurons à considérer successivement et au môme titre des syndromes qui sont assez souvent en clinique l'expression prédominante et même parfois tout à fait isolée de l'état morbide, mais qui, parfois aussi, ne sont de toute évidence que la manifestation locale d'une maladie principale avec ou sans lésions anatomiques.
Dans le premier cas, les manifestations intestinales, plus souvent encore gastro-intestinales, paraissent être le seul élément symptomatique, constituer la maladie tout entière et représenter un état dyspeplique primitif.
Pour l'intestin comme pour l'estomac, il est souvent difficile d'établir la distinction entre les manifestations d'origine purement nerveuse et les manifestations attribuables à l'inflammation chronique. Pendant longtemps on a attribué à l'entérite des manifestations qui dépendent certainement de la névropathie. Il faut reconnaître du reste qu'il y a sans doute, dans bien des cas, un mélange complexe de symptômes d'origine névropathique et de symptômes d'origine inflammatoire.
C'est, avec une autre localisation, la question qui s'est posée déjà pour les limites et les rapports de la gastrite et de la dyspepsie stomacale : elle ne nous embarrassera pas plus à propos de l'intestin qu'elle ne nous a embarrassé à propos de l'estomac.
Il est certain que, dans tout état morbide, on doit avant tout chercher à déterminer et à atteindre la cause; on doit autant que possible, en pratique, instituer un traitement étiologique et pathogénique.
Malheureusement, cela n'est pas toujours possible. On est donc forcé démettre au premier plan la médication symptomatique, ou, ce qui vaut mieux encore,
la médication des grands complexussymplomatiques. Cette médication tient encore un rang honorable, et quelquefois même] prépondérant lorsque l'étiologie et la pathogénie sont connues, car on doit se borner souvent, dans l'impossibilité d'atteindre la cause ellemême, à en combattre isolément les manifestations symptomatiques.
Nous envisagerons successivement, au point de vue des indications qu'ils comportent, les éléments suivants :
Les troubles nervo-moteurs ;
Les troubles de la sensibilité;
La constipation et deux de ses principales complications, l'entérite-muco-membraneuse et les hémorrhoïdes ;
La diarrhée ;
L'auto-intoxication intestinale ; L'embarras gastro-intestinal ; L'entéroptose ;
Les hémorrhagies intestinales.
Chemin faisant, à propos de ces grands complexus cliniques ou physiologiques, nous rencontrerons de grandes médications, que nous étudierons en détail. Nous passerons ainsi en revue tour à tour des groupes de médicaments et des méthodes d'intervention physique, par exemple : à propos de la constipation, les médicaments laxatifs et le massage ; à propos des auto-autoxications intestinales, l'antisepsie médicamenteuse et l'antisepsie par voie mécanique, le lavage de l'intestin.