‹ Thérapeutique des maladies des l'intestinChapitre 12 sur 79 · DYSPEPSIE NERVO-MOTRICE GASTRO-INTESTINALE · texte numérisé non relu

DYSPEPSIE NERVO-MOTRICE GASTRO-INTESTINALE

place à l'atonie ou, au contraire, ne faire que se déplacer; le spasme et l'atonie peuvent être plus ou moins marqués : de là, en clinique, des aspects assez différents.

Les phénomènes douloureux sont fréquemment liés aux troubles de la motricité, de telle sorte que leur étude ne peut guère être dissociée et qu'elle prend naturellement place dans le présent chapitre.

Depuis quelques années, l'attention des observateurs s'est volontiers portée de ce côté, et plusieurs systèmes basés soit exclusivement sur le spasme de l'intestin, soit, en même temps, sur le spasme, l'entéroptose et les variations de la pression abdominale, ont eu la prétention d'expliquer non seulement certaines formes de dyspepsie gastro-intestinale, mais aussi des accidents névropathiques plus ou moins généralisés, la neurasthénie par exemple. Nous exposerons et nous jugerons ces conceptions théoriques, lorsque l'occasion se présentera; mais nous renverrons plus particulièrement, à ce propos, au chapitre qui sera consacré plus loin à l'enter ôptose.

Types cliniques. — Les types cliniques auxquels donne lieu le mélange ou la succession l'un à l'autre du spasme etde l'atonie sont assez nombreux. Il n'y a du reste entre eux que des limites conventionnelles et l'on peut très bien les voir associés l'un à l'autre en proportions variables.

Dyspepsie nervo-motrice gastro-iutestinale. — Le type le plus commun correspond à la dyspepsie nervomotrice f/astro-intestinale, que nous avons signalée déjà dans le volume consacré à l'estomac. C'est qu'on effel le trouble fonctionnel, dans ces conditions, porte tout autant sur l'estomac que sur Tintes-

TROUBLES NERVO-MOTEURS

tin. II s'agit de malades arthritiques, névropathes ou anémiés. L'appétit est plus ou moins conservé, satisfaisant dans les formes légères. Un certain temps, 20 minutes, une demi-heure après le repas, les malades éprouvent du gonflement, de la pesanteur au creux épigastrique, du ballonnement abdominal ; ils sont obligés de desserrer leurs vêtements. Des renvois surviennent qui les soulagent; quelquefois il y a des aigreurs et même des régurgitations acides. La constipation est de règle dans ces conditions : parfois on voit apparaître une petite quantité de glaires dans les selles ; c'est la forme et le degré le plus léger de l'entérite muco-membraneuse qui peut, en se développant, prendre une intensité telle que se trouve constitué un nouveau type morbide auquel nous devrons consacrer une étude spéciale.

L'exploration fait voir que l'estomac et l'intestin participent également au tympanisme abdominal. Du côté de l'estomac on constate une distension gazeuse plus ou moins marquée, il y a surtout un développement considérable du grand cul-de-sac, de telle sorte que l'estomac paraît remonter dans la cavité thoraci que en refoulant le diaphragme. Il peut y avoir un séjour un peu plus prolongé que normalement des liquides et des aliments dans sa cavité; mais il n'y a pas de dilatation vraie, c'est-à-dire de stase persistante, du dernier repas du jour au premier repas du lendemain.

L'exploration permet souvent de reconnaître un certain degré de spasme du gros intestin que caractérise suffisamment l'existence de la corde colique ascendante ou descendante, beaucoup plus rarement transversale. Il n'est pas rare de pouvoir constater

DYSPEPSIE NERV0-M0TRTCIÏ G ASTRO -INTESTINALE 19

sur Je gros intestin à la fois des signes de spasme et d'atonie : le spasme représenté par le boudin cœcal ou corde colique ascendante et par la corde colique descendante, l'atonie par la distension de la partie transverse du colon.

Chez certains malades, la flatulence présente une intensité très considérable et le tympanisme devient le phénomème prédominant. Quelques-uns ont des gaz et des renvois en si grande abondance qu'ils en sont fort incommodés. On sait que chez les hystériques ce tympanisme peut se produire avec une grande rapidité, presque brusquement, de telle sorte qu'on est amené à penser que les gaz ainsi accumulés résultent d'une exhalation des gaz du sang à la surface de la muqueuse intestinale. Si vraisemblable qu'elle soit, ce n'est encore là qu'une hypothèse. Dans le plus grand nombre des cas, le défaut de tension abdominale et de tonicité suffit à expliquer que la musculature gastro-intestinale se laisse distendre par les gaz qui résultent forcément des fermentations digestives.

La dyspepsie nervo-motrice peut être à prédominance gastrique ou à prédominance intestinale ; cette dernière forme nous intéresse plus particulièrement ici. Elle est très souvent secondaire. On la rencontre diins les états névropathiques plus ou moins bien caractérisés; elle se constate encore dans un grand nombre d'autres états morbides : dans les intoxications chroniques, particulièrement clans l'alcoolisme, au début et au cours de la tuberculose pulmonaire, dans les maladies du cœur, l'artério-sclérose, les anémies, la convalescence, la chlorose. Elle se voit dans les maladies du foie et du pancréas, par exemple, lorsqu'il y aoblitération des voies biliaires.

20 TROUBLES NERVO-MOTEURS

Il esl possible que, clans certaines de ces conditions, il y ait des lésions légères et superficielles de la muqueuse, de l'entérite dite catarrhale. Évidemment il vaut mieux reconnaître l'entérite lorsqu'elle existe- mais, sa présence on son absence ne modifiant 'pas sensiblement le type clinique, le mécanisme du syndrome reste sans doute le même, el cela ne change rien aux indications thérapeutiques.

Agitation péristaltique. — On peut donner comme line autre forme clinique l'agitation péristaltique de l'intestin. Il y a souvent à la fois agitation péristaltique de l'estomac et de l'intestin. Ce type clinique a été décrit pour la première t'ois par Kussmaul.

L'agitation péristaltique, limitée à l'estomac, se rencontre souvent lorsqu'il y a une grande dilatation el surtout une grande dilatation due à un obstacle mécanique au pylore. Chez les individus maigres, on voit, à travers les parois abdominales, se dessiner des contractions musculaires qui se déplacent assez, lentement au niveau de la lace antérieure de 1 estomac.

Du côté de l'intestin, on peut voir de même des saillies dues à la contraction des parois musculaires se déplacer sous l'abdomen; on les sent se mouvoir sous la main: parfois ce sont des mouvements de reptation, de déplacement des anses intestinales: il y a, en même temps, des grouillements, des grondements, des borborygmes, qui traduisenl plus ou moin s bruyamment au dehors le brassage des matières liquides dans la. cavité de l'intestin.

Les malades ont la conscience de ces mouvements péristaltiques exagérés et déséquilibrés ; souvent ds éprouvent des sensations désagréables, plus ou moins bien définies; parfois ce sont des coliques

Page 1