MÉDICATION LAXATIVE U
Électricité statique. — Elle convient surtout chez les neurasthéniques (1). Le malade, placé sur un tabourel d'isolement, est mis en communication avec le pôle négatif d'une machine de Carré ou de Winshursl, à grands plateaux. Il suffit le plus souvenl de tirer une série d'étincelles de la fosse iliaque gauche, pour obtenir une selle à bref délai (Vigouroux).
Éléctricitèfaradîqm. — Les courants induits peuvent être employés à l'extérieur ou en lavements électriques.
A l'extérieur, on fait, en somme, avec des courants d'une intensité moyenne, l'électrisation des muscles de l'abdomem. Cela peut être avantageux chez les malades qui présentent une certaine laxité, une certaine paresse des parois musculaires de l'abdomen. On a quelquefois obtenu de bons résultats par ce procédé d'une application fort simple : il ne faut pas toutefois trop compter sur son efficacité.
Quelquefois aussi, on a employé les courants induits à l'intérieur, un pôle étant introduit dans le rectum, et l'autre mis en communication avec la peau, soit dans la région épigastrique, soit à la région lombaire. On ne peut avoir, par l'emploi de ces courants, la crainte de produire une ulcération électrolytique de la muqueuse intestinale. Il est préférable cependant d'avoir recours aux courants continus, dont l'emploi se règle beaucoup plus facilement.
La technique du lavement électrique sera donnée à propos du traitement de l'occlusion intestinale. Médication laxaiive. — La première recommanda-
(1) Vigouroux, Appendice au Traité de Neurasthénie de Levillain.
tion qui doive suivre ce titre. esJ de n'user que le moins possible des médicaments dans le traitemenl de la constipation. Il vaut beaucoup mieux, toutes les fois que la chose est possible, en venir à boul par de simples moyens hygiéniques.
Un autre principe à inscrire en tête de ce paragraphe, c'est que, pour combattre la constipation habituelle, il ne faut pas avoir recours aux purgatifs agressifs. Les drastiques doivent donc être proscrits d'une façon générale. Ils doivent être réservi d'il litres cas, et ils ont leur indication spéciale.
Les purgatifs salins ont aussi leur inconvénient: la purgation qu'ils provoquent es! suivie d'une constipation d'autant plus marquée que leur effet a été plus accentué. La chose est si vraie qu'on utilise souvent cette particularité en thérapeutique et que les purgatifs salins, artificiels ou naturels, sou! un des meilleurs moyens de combattre la diarrhée. Lorsqu'on fait usage des sels contre la constipai ion habituelle, il faut donc en prendre sans cesse de nouveaux, el il n'y a pas de raison pour que l'on puisse sortir de ce cercle vicieux. A notre avis, les purgatifs salins, représentés par les sels eux-mêmes, par les préparations plus ou moins ingénieuses qu'en l'ail la pharmacie, ou encore par les eaux minérales, ne doivent être utilisés contre la constipation habituelle que d'une façon passagère. Lorsque les selles ont l'ail défaut depuis plusieurs jours déjà, on pourra avoir recours aux purgatifs salins, pour obtenir une évacuation première que les autres moyens amèneraient plus difficilement. Cette première évacuation pourra être facilitée par l'usage simultané des lavements ou des suppositoires, si Les lavements ne peuvenl pas être pris. Quand on aura obtenu cette
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désobstruction préalable, c'est à l'hygiène, auxlaveînents et, au besoin, aux divers laxatifs que nous allons passer en revue, qu'il faudra avoir recours.
Dans certaines conditions cependant, il peut être utile de donner pendant quelque temps les purgatifs salins tous les jours, de façon à obtenir une ou deux selles faciles. C'est un des meilleurs moyens de faire disparaître les maux de tête, l'inappétence, le malaise général que l'on constate assez souvent chez les constipés de vieille date. Cette méthode agit-elle en partie en amenant la désinfection de l'intestin et la diminution de l'auto-intoxication? C'est chose possible et probable.
On fait aussi de la même façon disparaître l'entérite muco-membraneuse lorsque celle-ci est peu prononcée. Dans les cas intenses d'entérite muco-membraneuse avec tendance à l'entéralgie, les purgations salines répétées donnent des résultats beaucoup moins satisfaisants ; ils sont beaucoup moins bien tolérés.
Il est aussi un ordre de faits assez communs dans lesquels la purgation saline à jet continu est d'une utilité très grande, c'est lorsqu'il y a des signes d'urémie fruste. M. Dieulafoy, dans une série de publications et de leçons, a insisté avec raison sur la fréquence de l'urémie fruste, du brightisme sans albuminurie. Un assez grand nombre de personnes déjà d'un certain âge, aux environs et au delà de 50 ans, plus ou moins arthritiques, plus ou moins artérioscléreuses, présentent des phénomènes qu l'on attribue volontiers à la dyspepsie ou à la neurasthénie : ils ont de la fatigue générale, de la paresse Cérébrale, un peu de céphalie, de l'inappétence, quelquefois des vertiges, des étourdissements, quelque-
fuis de petites attaques répétées d'angine dé poitrine ou mieux de fausse angine de poitrine, quelquefois encore des intermittences cardiaques. Tout cela est probablement Le fait d'une auto-intoxication, l'une petite urémie. Ils sonl en même temps dyspeptiques et constipés. On fait disparaître tous ces accidents en les soumettant au régime lacté complet ou mixte, et aux purgatifs salins répétés à petite dose quotidienne.
On ne peut pas indéfiniment continuer cette médication. Au bout de 15 joursà 3 semaines, au maximum, il faut l'abandonner. On essaiera alors d'obtenir la régularité des selles par l'hygiène et les moyens physiques, le massage, l'électrisation : malheureusement on n'y réussit souvent que difficilement.
En dehors de ces conditions particulières, c'esl à la série des laxatifs augmentée, accrue incessamment par des substances ou des préparations nouvelles que l'on aura recours.
Comme l'accoutumance se fait assez facilement, il est bon de changer de temps à autre les moyens employés, en restant toujours dans la ligne générale de conduite que nous venons d'indiquer.
Il est bon de savoir aussi que, pour les purgatifs légers, il existe de véritables prédispositions personnelles, que l'expérience seule peut apprendre. Telle personne se trouve bien de l'usage d'une substance qui donne à telle autre des effets insuffisants ou des coliques insupportables. Il faut donc toujours tàler le terrain, au début d'un traitement de ce genre, et chercher souvent, par tâtonnenaen1 ce qui convient le mieux dans un cas donne.
Magnésie. — La magnésie a, d'une façon générale, l'avantage d'être un laxatif doux, facile à prendre a