‹ Thérapeutique des maladies des l'intestinChapitre 20 sur 79 · MASSAGE · texte numérisé non relu

MASSAGE

élément : car la flexion forcée de la cuisse détermine une sorte de massage de l'abdomen ; l'exercice de la bicyclette peut agir un peu de la même façon.

11 y a d'autres exercices encore qui se font les uns sans les autres avec appareil.

On peut enfin faire faire des mouvements d'expiration forcée en se servant surtout des muscles de la paroi abdominale.

Massage. — Cette gymnastique particulière est, comme utilité, bien inférieure au massage (1).

D'après Berne, il conviendrait de procéder de la façon suivante : tout d'abord, pétrir les téguments abdominaux, puis les muscles abdominaux, presser doucement sur la région cœcale au moyen de l'extrémité palmaire des quatre derniers doigts; ensuite, avec les poings fermés, exécuter un massage de tout le côlon. Ce massage doit être à la fois très doux et très profond. On aura soin, au préalable, de faire uriner le malade et de s'assurer qu'il n'y a ni tumeur abdominale ni calcul de la vésicule biliaire. La durée de chaque séance sera de quinze à vingt minutes. Il sera bon, ajouterons-nous, de faire, le long du côlon, des pressions successives dans le sens même du cheminement des matières du cœcumau rectum.

On a employé quelquefois aussi une méthode de massage à laquelle on pourrait donner le nom de massage à la boule. On se sert pour cela soit d'une boule en bois, semblable aux boules à jouer, recou-

(I) Dujardin-Beaumetz, Hygiène thérapeutique, p. 83, 1888. — Soulier, Traité de thérapeutique, t. II, p. 768. — Hibchsberg, Massage de 1 'abdomen. Bulletin de the râpent., 1887, p. 248. — Berne, Traitement de la constipation par le massage abdominal, 1887. Voir à la fin du volume une note du Dr Cautru, sur la technique et les indications du massage de l'intestin.

verte de laine, soit comme Sahli (1) d'un boulet de de canon de trois à cinq livres. Cette boule ou ce boulet sont roulés sur le ventre par le malade luimême, dans la position couchée. Nous avons quelquefois employé ce moyen, il nous a paru pouvoir être utile, mais il ne réussit pas d'une façon certaine

Le massage est excellent pour combattre la constipation opiniâtre, on le voit réussir alors qu'échouent les autres moyens. C'est du reste un des modes de traitement les plus puissants de l'atonie intestinale ; c'est contre les formes atoniques de la constipation qu'il convient surtout de l'employer.

Hydrothérapie, — L'hydrothérapie peut être utile indirectement : c'est ainsi que les douches en jet, chaudes ou froides, suivant les cas, en combattant la névropathie préalable, serviront du même coup à combattre la constipation. On en fait parfois aussi des applications locales ; si nous ne recommandons pas beaucoup les douches directement infligées sur l'abdomen, nous pouvons signaler les bons effets des applications humides, des compresses chaudes ou froides. Les larges cataplasmes agissent aussi dans le même sens.

Les grands bains sont utiles, surtout si on les combine avec le massage. Bien souvent le malade peut lui-même, dans le bain, se faire un pétrissage méthodique de l'abdomen.

Lavements. — Les lavements peuvent agir d'une façon purement mécanique, mais on peut y ajouter aussi des substances purgatives, ou des substances qui, sans être à proprement parler des purgatifs, exercent sur la muqueuse rectale une irritation qui

(1) CentralbL, f.klin.Med., p. 280, 1888.

amène la contraction exagérée des tuniques musculaires du côlon, et une sécrétion glandulaire plus

; active. , .

Nous ne passerons pas ici en revue toute la série dos lavements évacuateurs ou purgatifs, mais seulement ceux dont l'observation nous a démontré l'utilité. En effet, les lavements ont joui autrefois d'une

! réputation tout à fait extraordinaire ; on sait combien on en a usé et abusé à l'époque de Louis XIV. Les médecins et les apothicaires se sont ingéniés à en varier la formule. De notre temps, après un discrédit total, auquel des railleries, du reste très justifiées, de Molière ont beaucoup contribué, le lavement a repris une juste faveur. Sans avoir comme autrefois la folie du lavement, on y a souvent recours avec avantge, car c'est un des moyens les meilleurs et les plus inoffensifs de combattre la constipation. La formule s'est beaucoup simplifiée.

Technique des lavements. — Si de nos jours le lavement, injustement abandonné à cause des abus d'autrefois, a repris une partie de son crédit perdu, cela tient en grande partie à l'amélioration des instruments destinés à son administration. A la seringue

accessoire obligé des pièces médicales de Molière

— a succédé l'irrigateur à ressort, le clysopompe inventé par Eguisier. Il a le grand avantage de permettre de prendre seul un lavement et dé rendre inutile le concours indiscret d'une autre personne.

Toutefois cet instrument perfectionné a des inconvénients ; le modèle commun est d'une contenance trop restreinte et son nettoyage présente une certaine difficulté ; enfin il se prête assez mal à l'introduction très lente du liquide dans le rectum.

On a cherché à réduire encore le volume de Tins-

trument et on a inventé des injecteurs dans lesquels le réservoir est supprimé ; l'aspiration et la projection du liquide sont obtenues à l'aide soit d'une poire de caoutchouc, soit d'un petit corps de pompe. Cel appareil se nettoie moins bien encore que le clysopompe- H est plus difficile de graduer la pression du liquide' assez souvent il y a injection d'air en même temps que de liquide.

• Ce qu'il faut préférer pour la prise des lavements, c'est le bock à injection, qui se compose d'un réservoir qu'on peut élever plus ou moins de façon à modifier la pression du liquide, d'un tube en caoutchouc muni d'un robinet et d'une canule. C'est en somme l'entérocliseur dont nous donnons ailleurs le dessin, muni d'un anneau permettant de le susprendre ou de l'accrocher à la muraille à la hauteur voulue. Cet appareil a le grand avantage de ne renfermer aucun piston, aucune poire en caoutchouc et d'être ainsi d'un nettoyage facile.

Les lavements doivent être pris dans la situation horizontale, ce qui diminue la résistance du sphincter anal et rend la pénétration du liquide plus facile ; ils doivent être pris lentement sous une faible pression. Nous dirons plus loin que MM. Dauriac el Lesage arrivent à remplir complètement le gros intestin grâce à l'introduction fort lente du liquide sous une faible pression. Il convient de s'inspirer de cette idée pour la prise des lavements laxatifs. . Il est bonde reconnaître cependant que le lavevement donné avec une pression un peu forte, rapidement, comme cela se fait avec le clysopompe d'Ëguisier, réussit bien à certaines personnes; c'est une sorte de douche rectale limitée, de douche ascendante restreinte. Toutefois l'excitation ainsi produite

s'épuise asssez rapidement chez beaucoup de personnes, et il vaut mieux avoir recours au lavement [pris sous pression faible, lentement et pénétrant, en «conséquence, beaucoup plus profondément.

Le lavement est avant tout un laxatif mécanique; imais on peut y ajouter, pour augmenter son action, do la glycérine, de l'huile ou des substances purgatives.

Lavements simples. — On peut donner des lavements simples, à l'eau chaude ou froide — ceux-ci sont plus actifs, — ou des lavements émollients, à ! l'eau de son, à la racine de guimauve, à la décoction de farine de lin ou de psyllium, etc.

Les lavements aqueux agissent d'autant plus qu'ils •sont plus volumineux. Pour un adulte, il faut em- ] ployer au moins 400 à 500 grammes de liquide.

On peut, pour rendre l'action laxative des laveimentsplus marquée, y ajouter du sel marin, du miel, «du miel de mercuriale ; la substance la plus commode test la glycérine. Elle tend a détrôner toutes les ; autres.

Lavements glycérines. — La glycérine est souvent . ajoutée à l'eau des lavemenls, et avec beaucoup de succès. On peut simplement mélanger une à trois « uillerées à bouche de glycérine neutre à la quantité . d'eau voulue pour un lavement.

On rend ces lavements plus actifs en les prenant • de la façon suivante : la glycérine (2 à 3 cuillerées à I bouche) est délayée dans une petite quantité d'eau (100 à 120 grammes, un demi-verre) et cette eau est prise en lavement. Ce petit lavement est gardé pendant 25 à 30 minutes. On donne alors un grand lavement d'eau tiède. Le premier lavement a provoqué une sécrétion plus ou moins abondante, les matières

fit)

se sont délayées, et le grand lavement n'a plus qu'à les entraîner, mécaniquement en quelque sorte.

Lavements hwleuœ. — L'huile peut remplacer La glycérine. On émulsionne,à l'aide d'un jaune d'oeuf, 2 à 3 cuillerées à bouche d'huile, et cette huile peut être prise, soit dans un grand lavement, soit, comme il vient d'être dit pour la glycérine, dans un petit lavement, suivi au bout d'une demi-heure d'un grand lavement évacuateur.

Dans ces derniers temps surtout, on a recommandé vivement les grands lavements d'huile (1) que conseillait déjà Kussmaul. Le malade étant couché sur le dos, le bassin élevé par un coussin, on injecte lentement dans le rectum, à l'aide d'un irrigateur, 400 à 500 grammes d'huile chauffée à la température de 37° ou 38°. Il faut 20 minutes et plus pour faire pénétrer la quantité d'huile indiquée. Le malade, pour favoriser la pénétration, se couchera d'abord sur le côté gauche, puis sur le côté droit, de façon que l'huile coule dans' le gros intestin, par le fait de la déclivité. Rarement le premier lavement pénètre jusqu'au caecum, et, dans la première séance, on ne peut guère faire entrer plus de 100 à 250 grammes d'huile. Après chaque lavement, on n'obtient de selles qu'assez tardivement, au bout de plusieurs heures. Il faut plusieurs lavements semblables pour que le gros intestin soit complètement débarrassé des matières fécales; on voit alors apparaître des selles liquides colorées par la bile. Il importe d'employer de l'huile bien pure, M. Fleiner recommande l'huile d'olive vierge. L'huile d'amandes douces nous a paru bien préférable.

(1)W. Fleiner, Berlin. Min. Wochenschr., 1893.

Nous avons dit déjà que celle méthode des grands lavements huileux s'appliquait surtout au traitement de la constipation spasmodique. Or la constipation spasmodique s'accompagne facilement d'entérite muco-membraneuse. Ainsi s'expliquent, sans doute, les bons effets des grands lavements huileux dans le traitement de l'entérite muco-membraneuse. Nous nous proposons de revenir plus tard à loisir sur ce point.

Il faut savoir toutefois que les lavements huileux sont parfois assez irritants, surtout lorsqu'on se sert de l'huile d'olive, et qu'on est alors obligé d'en suspendre assez rapidement l'emploi.

Il est bon de savoir que l'huile, introduite en grandes quantités, ne s'élimine pas d'un seul coup ; on en retrouve encore des traces au bout de deux ou trois jours.

Les petits lavements huileux chauds (50 à C0 gr.) peuvent être utiles, comme calmants; c'est un but tout à fait différent de celui que visent les grands lavements de 300 à 500 grammes et plus.

Lavements purgatifs. — On peut ajouter à l'eau nécessaire pour un lavement ordinaire do à 20 grammes de sulfate de soude.

Ce lavement n'est guère plus actif, à la vérité, qu'un lavement à la glycérine. On en augmente beaucoup L'action en ajoutant le séné au sulfate de soude, (pie l'on l'ait dissoudre dans une décoction de 15 à 20 grammes de follicules de séné dans 400 grammes d'eau (1).

Les douches ascendantes très usitées dans certaines .stations d'eaux thermales sont dés lavements donnés

(I) Voir Appendice.

en jet; à L'action du lavement ordinaire, ils joignent celle de la percussion de la muqueuse, comme dans la douche extérieure. Ces douches combattent la constipation, l'atonie du côlon, dont elles réalisent dans une certaine mesure l'antisepsie. Leur description est donnée plus loin au chapitre de {'Antisepsie intestinale.

Suppositoires. — Les suppositoires agissent quelquefois alors qu'échouent les lavements : c'est surtout lorsque les matières obstruant VS iliaque et l'ampoule rectale empêchent la pénétration dans le gros intestin d'une quantité suffisante de liquide. Les suppositoires provoquent une sécrétion plus ou moins abondante, qui ramollit et Lubréfie les matières, et amène leur expulsion.

Les suppositoires au beurre de cacao peuvent être utilisé dans ce sens. Lorsqu'il va des douleurs anales, du ténesme, comme cela est fréquent chez les hémorrhoïdaireSj on peut les additionnel' do 1 à 2 centigrammes de belladone.

Les suppositoires à la glycérine sont beaucoup plus ad ils. On a fait d'abord des cônes creux de beurre de cacao remplis de glycérine liquide. Plus récemment, on a eu l'idée de solidilier la glycérine en l'incorporant à la gélose, et l'on a obtenu ainsi des suppositoires très faciles à manier, etd'unbon effet.

Les selles se produisent 2 ou 3 heures après leur emploi. H vaut mieux les introduire pendant le séjour au lit.

Électrisation. — On peut, pour combattre la constipation, employer l'électricité sous ses trois formes : Electricité statique, É 1 e c tr i cit é f ar ad i qu e , Courants continus.

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