‹ Thérapeutique des maladies des l'intestinChapitre 39 sur 79 · CHAPITRE M · texte numérisé non relu

CHAPITRE M

Indigestion. — Embarras gastro-intestinal.

Par ces termes, on désigne des choses certainemont très différentes; elles oui cependant, au poinl de vue de la séméiologie et de la pathogénie, des points communs qui justifient la confusion faite dans l'emploi de ces dénominations. L'indigestion et l'embarras gastrique, ou mieux l'embarras gastrointestinal, entre lesquels il n'y a pas délimite appréciable, sont des complexus symptomatiques qui correspondent souvent à des phénomènes d'auto-intoxication d'origine digestive.

Il conviendrait peut-être de mettre à part ce qu'on pourrait appeler l'indigestion nerveuse, qui est à l'estomac ce que la diarrhée nerveuse esta l'intestin.

Sous l'influence d'une émotion, d'une secousse morale ou physique, une personne surprise pendant son repas ou quelque temps après est prise de malaise, de pâleur, de sueurs froides, de nausées, d'élourdissements, et cela aboutit rapidement au vomissement, qui met fin à cette scène. Tout peut être lini de la sorte, mais il est possible aussi que des phénomènes d'embarras gastrique succèdent à cet. épisode.

Dans d'autres cas, il n'en est plus de même : ce n'est pas immédiatement, mais après un certain temps qu'éclatent les accidents.

Après un repas plus ou moins copieux, on. s'est

couché et on s'est endormi sans difficulté. Puis, au bout de quelques heures, on se réveille avec un malaise très grand, de la pesanteur gastrique, desnausées, un malaise extrême, de la lourdeur de tête, de l'oppression. Souvent la face est pâle, quelquefois couverte de sueur, le pouls petit, précipité. Tout cela est assez marqué parfois pour inspirer au malade et à son entourage des craintes véritables. Tout peut se terminer par des vomissements abondants,

s quelquefois par de la diarrhée, une évacuation de

-selles copieuses, fétides assez souvent. Le calme se

• rétablit après que la matière peccante a été évacuée ; mais ici encore l'embarras gastrique peut succédera ce début aigu.

Parfois l'embarras gastrique s'installe d'une façon subaiguë, ou même lentement progressive. Il se caractérise par du malaise général, de la courbature,

«Ide la pesanteur de tête ou une céphalée véritable ; il

yy a de l'anorexie, du dégoût pour les aliments, la

liangue souvent est saburrale.

A ces phénomènes du début peuvent succéder des

manifestations plus directement intestinales, des co-

Hiques, de la diarrhée.

Parfois il existe de la fièvre, embarras gastrique fè-

ibrile, et cette fièvre peut être assez accentuée pour :[iie l'on croie au début d'une fièvre typhoïde, et très

-souvent le diagnostic différentiel présente de sérieuses difficultés. Il faut suivre l'évolution de la

i maladie pour affirmer le diagnostic.

Dans certains cas, les phénomènes intestinaux l'emportent sur les phénomènes gastriques ; cela se traduit soit par du ballonnement du ventre avec de la constipation, soit par de la diarrhée et, assez souvent, de la diarrhée fétide.

EMBARRAS fJASTRO-INTKSTINA L

Actuellement c'est à l'intoxication d'origine alimentaire, d'origine intestinale, qu'on rapporte eel ensemble symptomatique. Le complexus séméiologique s'explique dans des cas différents par un mécanisme pathologique analogue, L'auto-intoxication.

Les causes et la nature de cette auto-intoxication sont du reste très différentes suivanl les cas.

Tantôt les aliments ont été ingérés en excès, l'estomac et l'intestin ne suffisent pas à leur élaboration; de là des fermentations anormales et l'auto-intoxication. Parfois, ce n'est pas la quantité qui était excessive, mais la qualité qui laissait à désirer. Les aliments ingérés sont en voie de putréfaction, et ils servent de substratum et de véhicule à des poisons tout formés et à des agents microbiens qui vont devenir la cause de fermentations anormales.

L'intoxication simple donnera lieu à des accidents passagers; l'infection à un état morbide prolongé, souvent accompagné de lièvre. Les intoxications el les infections susceptibles de produire l'embarras gastro-intestinal sont très variées ; très variés aussi sont les ensembles cliniques auxquels ils donnent naissance ou dont ils font partie.

Tous ne sont pas égaux devant les causes d'embarras gastro-intestinal. 11 y a des prédispositions individuelles très singulières, des incompatibilités inexplicables. C'est ainsi que telle personne ne pourra manger du canard sans avoir presque immédiatement des coliques ou de la diarrhée, que telle autre ne pourra manger de poisson froid sous peine d'embarras gastrique, etc. Les mêmes toxines ne produisent pas sans doute le même effet chez des individus différents ; il est possible aussi que, mis en

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