‹ Thérapeutique des maladies des l'intestinChapitre 59 sur 79 · PROPHYLAXIE · texte numérisé non relu

PROPHYLAXIE

rables, insuffisamment nourries; elle est le fléau des armées en campagne, surtout sous certaines latitudes, dans les colonies. Son éclosion est favorisée par certaines conditions : la fatigue, le surmenage, une alimentation malsaine capable, par elle seule, de provoquer l'entérite, par le refroidissement, et surtout, par le refroidissement nocturne.

Il n'y a pas dans les colonies pour l'Européen d'acclimatement à la dysenterie, au contraire.

De ces notions découlent un certain nombre d'indications bien nettes pour la prophylaxie et le traitement.

Prophylaxie. — C'est surtout du côté des eaux des boisson que l'attention doit se porter. Ces eaux seront bouillies et filtrées. La filtration complète à l'aide du filtre Chamberlan serait la meilleure façon de combattre la dysenterie (Calmette). 11 serait, du reste, beaucoup plus facile de la prévenir que de la combattre.

Comme moyen secondaire, on surveillera l'alimentation ; pour les troupes en campagne, on a pu attribuer une certaine importance à l'abus des fruits verts, des aliments de mauvaise qualité, à l'usage trop exclusif des vivres de conserve ; mais ce ne sont là [que des causes secondaires qui, en gréant une entérite banale, ouvrent la porte à l'infection.

On conseillera d'éviter le refroidissement, surtout le refroidissement nocturne; il n'estpas rare de voir la dysenterie éclater brusquement chez des troupes qui ont passé la nui t à la bel le ("toile avec des moyens d'abri insuffisants; aussi les médecins militaires conseillent-ils l'usage de la ceinture de flanelle, surtout dans les régions tropicales, dans lesquelles la

transition du jour à ta nuit est brusque, cl la différence de température très accentuée.

Contrairement à ce qui se fait pour la lièvre typhoïde, les troupes atteintes de dysenterie reviendront de la campagne a La ville.

En cas de dysenterie épidéniique, surtout dans les milieux militaires, il faudra traiter a\ec soin les simples diarrhées qui ne sont souvenl que 'les diarrhées prémonitoires.

Il conviendra toujours de soustraire les malades aux conditions et aux milieux dans lesquels ils ont contracté la maladie. Comme il n'y a pas d'acclimatement vis-à-vis de la dysenterie, les médecins des expéditions coloniales en sonl arrivés à mettre le rapatriement en première ligne pour les convalescents et pour ceux qui présentent une tendance à la chronicité. Cette façon de faire, actuellement érigée en principe, a sauvé la vie à bien des soldais et des marins, et diminué notablement le nombre des victimes des expéditions coloniales.

Dans des tonnes même graves, on voit assez souvent l'amélioration et la guérison se produire pendant la traversée. Si quelques malheureux succombent en route, ('puisés, d'autres arrivent au port convalescents, presque guéris, qui, si on les eût laissés dans les colonies, y eussent infailliblement péri.

Traitement. — On a conseillé contre la dysenterie un très grand nombre de médications et de pratiques thérapeutiques : celle richesse apparent! dans les moyens employés indique, en réalité, un^ bien grande pauvreté en moyens réellement efficaces. Cependant, il est à remarquer que l'entenK tend à se taire dans une certaine mesure, et la ma

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jorité dos médecins de la marine tend à mettre nu premier rang un nombre assez restreint de modes d'intervention : cela est de bon augure.

Nous ne pouvons mieux faire, pour exposer le traitement de la dysenterie, que de prendre pour guide l'artiple écrit par M. Colin dans le Dictionnaire ilrs sciences médicales. Nous n'insisterons que sur les médications qui semblent vraiment d'une réelle utilité, et nous dirons à quelle forme et à quelle période de la maladie elles conviennent. Il est curieux, en prenant comme point de repère ce consciencieux travail, de voir, d'après les publications plus récentes d'auteurs également autorisés, quels sont les moyens tliérapeutiques que l'expérience et les théories modernes ont amené à préférer.

La médication émolUente ne mérite qu'une courte mention : les cataplasmes, les fomentations, les bains de siège ouïes bains généraux ne peuvent être, en effet, que des moyens accessoires destinés à calmer la douleur.

Médication anlidinrrliciqne. — Il n'y a lieu de traiter la diarrhée que dans la première période de la • dysenterie, lorsqu'elle n'est encore qu'à l'état de ■ diarrhée simple plus ou moins bilieuse. On pourra avoir recours aux différents moyens que nous avons indiqués pour le traitement de la diarrhée en général.

Colin conseille de commencer tout d'abord par la | prescription suivante :

Laudanum X à XXX gouttes.

Sous-nitrate de bismuth S à 10 gr.

Il y ajoute des lavements amidonnés laudanisés. A cette première période, en même temps que l'q-

pium, on pourrail prescrire les antiseptiques, résorcinc, salicylate de bismuth, derrnatol, benzonaplitoi; plus lard, ils n'auront plus de raison d'être el deviendront parfaitemenl inutiles.

Médication émétique el purgative. — L'emploi des vomitifs contre la dysenterie remonte aux origines de la médecine ; il est indiqué déjà dans Hippocrale. Autrefois, les vomitifs étaieril donnés surtout au début; depuis qu'on s'est servi de l'ipéca, c'est dans le cours môme de la maladie, pendant sa période d'état, que cette médication a été employée. L'ipéca, il esl vrai, a fini par être considéré comme une sorte de spécifique que l'on donnait un peu à La façon dont on donne le sulfate de quinine contre la lièvre intermittente.

Cette racine esl devenue surtout célèbreen France à partir du jour où Daguin, auquel Selvétius avail communiqué le secret de son remède, guéril delà dysenterie Le Dauphin fils de Louis XIV. L'ipéca, à partir de ce moment, mérita la dénomination de /<■'dix antidysenterica .

Le tartre stibié, que quelques auteurs voulurent Lui substituer, ne put Le détrôner.

L'ipéca, donne comme médication curative, pe être administré par la méthode brésilienne. Voici comment la décril Delioux de Savignac :

« On prend une quantité donnée de poudre d'ipéca 2 à 8 grammes suivant L'énergiedes effets à produir ou la gravité des cas: ordinairement, el terme moyem 4 grammes. On la dépose au fond d'un vase de verre et l'on verse par-dessus 250 à 300 grammes d'eau bouillante ; on laisse l'eau el la poudre en contact pendant iO à 12 heures. Au boul de ce temps, ofl décante avec précaution Le liquide qui surnageet l'ofl

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