‹ Thérapeutique des maladies du cœur et de l'aorteChapitre 42 sur 112 · MUGUET · texte numérisé non relu

MUGUET

Extrait aqueux de muguet.

Préparé (Langleborl, Bull, tlicraj).^ 1882) avec les fleurs et les tiges, additionnées du 1/3 de leur poids de racines et de feuilles. Dose ; 1 « 2 gramme» par jour.

Cet extrait est constitué par une matière .solide noire, amère, d'une odeur agréable, et soluble dans l'eau et dans l'alcool.

D'après C. Paul (1893), l'e.xtrait aqueux de muguet est la meilleure des préparations. La constance de ses effets, la simplicité de sa préparation plaident pour son emploi. Il le prescrit de la façon suivante ;

Potîou ù l'extrait aqueux de muguet.

Tlivm ,

Faire infuser pendant cinq^ minutes dans :

Eau onn

200 gr.

Ajouter :

Extrait aqueux de muguet 10 <'r

Sirop d'écorces d'oranges amères 90°

^ F. s. a. — A prendre en six Jours consécutifs, soit 50 grammes par jour.

Sirop de convallarla maîalis.

préparé avec l'extrait aqueux. Il représmU par cuillerée oO centigrammes d'extrait de muguet. Dose .• 2 à 4 cuillerées à sonpe par jour. Laxgleueut.

On peut encore prescrire le sirop sous les deux formes suivantes :

Sirop de convalinria maïalis.

Extrait de muguei 10 gr.

Sirop diacodo ' 3q

Sirop d'écorces d'oranges amères 200

INDICATIONS TQÉHAPEUÏIQUES 1:51

Chaque cuillerée à soupe représente un peu moins de I ijramme d'extrait de muguet. Dose : i à ^ miUerées à saiipe 2}arjour.

Sirop de convallarla maïalis.

Extrait de lleurs et de feuilles de conval-

lai'ia 7 ,ri.

feirop des cinq racines 130

Sirop d'écorces d'oranges amôrcs 120

iJose : 3 cuillerées à soupe par jour.

Dujardin-Beaumetz.

Alcoolature de convallaria.

Conseillée par Botkin {Allf/em. Med. Cent. Zeit.^ 1<S81), à la dose de 2 grammes par jour.

Insuffisante à cette dose, elle doit être prescrite à lu dose de 2 à 8 grammes par jour.

Le muguet peut être encore prescrit sous la forme

solide: poudre ou pilules :

Poudre de muguet.

Dose ; 2 « 10 grammes par jour.

Pilules de muguet.

Extrait de muguet 10 gi-.

Poudre de muguei Q. s.

Faire 100 pilules; chaipue pilule renferme 10 centigrammes cV extrait de muguet.

Indications du Convallaria maialis. — Le muguet

est un tonique du cœur et spécialement du myocarde. Il possède certainement quelques propriétés qui le rapprochent de la digitale, et peut par cela môme j'cndre des services dans les cardiopathies, mais de lit en faire un médicament capable de remplir les

132 CONVALLAMARINE

mêmes indications que la digitale, il y a loin. >< L'enthousiasme du premier moment s'est refroidi el

le muguet, essayé de tout côté, s'est montré souveni infidèle » (Hayem). D'après Eichhorst, ses eflets seraient tellement inconstants, qu'il y aurait lieu de lilaisser définitivement de côté. C'est évidemment aller trop loin.

Nous avons dit précédemment que lorsqu'on prescrit la digitale pendant quelques jours, il est bon •d'interrompre ensuite le médicament durant quelque temps, pour le reprendre plus tard si ])esoin esl. Dans cette période de repos, on a conseillé de continuer la diurèse à l'aide du muguet; je l'ai essayé plusieurs lois sans obtenir d'efïet marqué, et j'aime jnieux, dans cette période intercalaire, remplacer le muguet par deux à trois cuillerées à soupe, de vin ■diurétique amer de la Charité, ou, dans d'autres •circonstances, par le strophantus.

Contre-indications. — Il n'y en a pas, car le mugnel est sans effet fâcheux sur le système nerveux et sur les organes digestifs; il ne présente ni effet accumulatif, ni efl'et posthume, et ne séjourne pas longleni])s dans l'économie.

C0NVALL.\MAH1NE

En I8O0, S. Martin a extrait de la fleur du nui- ^nel des bois [Bullet. f.hérap., t. II, p. 128) un alcaloïde qu'il a appelé la Maïalûie; plus récemment Hardy et de son côté Tanret, par un autre procédé, ont retiré du muguet un principe actif, la GonraJlamarine^ encore peu connu et qui n'est peut-être pas parfaitement pur. On le prescrit sous forme de sitlution alcoolique ou plus simplement de pilules. Le

SPAKTKINE 133

FormuUiive pharmaceutique à l'usage des liôpilaux et hospices civils de Paris (1887) indi([uc la dose de 1 à 2 centigrammes.

Spufléîiie.

Le genêt (tribu des Genistées, famille des Légumineuses papilionacées) fournit à la thérapeutique le gênista piinjaas (genêt purgatif) et le spartiim scoparium ou genêt à balais. De cette dernière espèce, Stenhouse, en 1851, isola deux principes différents : iasroparine^ substance colorante, jaune, cristallisable, et la spartéine, alcaloïde liquide et volatil. Le procédé de Stenhouse fut modifié par Mills, et plus récemment Wurtz a donné un mode de préparation plus expéditif. Les feuilles dn spartium scoparium^ desséchées et réduites en poudre grossière, sont épuisées par l'alcool à 60 degrés. La liqueur alcoolique est ensuite filtrée, distillée, puis on reprend le résidu par une solution étendue d'acide sulfurique. La solution de sulfate de spartéine impur, ainsi obtenue, est décomposée par du carbonate de potasse, puis agitée avec du chloroforme qui s'empare de l'alcaloïde. Le chloroforme est de nouveau agité avec de l'acide sulfurique étendu, et la liqueur acide que l'on obtient, concentrée à l'abri de l'air et de la lumière, donne des cristaux de sulfate de spartéine pur. Par décomposition de ce sulfate par le carbonate de potasse, on obtient la spartéine.

La spartéine est un liquide huileux, incolore quand il est pur, volatil, plus dense que l'eau. Son odeur faible rappelle celle de la pyridine. Sa saveur est extrêmement amère; au contact de l'air, elle brunit peu à peu.

134 SPAKTKINE

Peu soluble dans l'eau, elle se dissout dans l'alcool, l'éther, le chloroforme; elle est insoluble dans la benzine. Le chlorure de sodium la précipite de ses solutions. Sa réaction est alcaline et elle neutralisf les acides. Mise en présence de l'acide chlorhydriqiir. elle donne naissance à des fumées blanchâtres épaisses, analogues à celles que produit l'ammoniaque dans les mêmes conditions.

La spartéine se combine facilement avec les acides pour former des sels, qui cristallisent difficilement ; le sulfate est le plus stable et le seul employé (;n médecine. Il cristallise très facilement et se présente sous forme de gros rhomboèdres de couleur vert pàle transparent.

ACTION PHYSIOLOGIQUE. — Effets sur le système nerveux. — Ils ontétébienétudiésparFick(i873 d'abord, et plus tard par de Rymon (Th. 1880) qui résuma le résultat de ses recherches, entreprises dans le laboratoire de Yulpian. Il résulte de ses expériences sur des grenouilles et sur des chiens que la spartéine agit sur le système nerveux central à la façon de la cicutine : elle enlève à la moelle son excitabilité réflexe après l'avoir exagérée. De plus, d après Fick, elle produirait encore une paralysie des nerfs moteurs périphériques; pour de Rymon, au contraire, la spartéine serait sans action sur les faisceaux nerveux. Son action locale est nulle sur les muscles, soit lisses, soit strié'S.

Effets sur la circniation. — C'est Laborde qui mil en lumière {Soc. de Biolog., 1885) l'influence remarquable de la spartéine sur le fonctionnement du cœur ; ses expériences sur les animaux à sang chaud et à sang froid lui donnèrent toutes les mêmes ré-

ACTION PUYSIOLOGIQUK 135

sultals. Il résulte de ses recherches que la spartéine. produit une augmentation d'énerfiie de l'impulsion syslolique du cœur, qu'elle rè(jnlarise et ralentit ses hattements; il ne constate aucun effet sur la pression sanijuine. De ces faits, Laborde a tiré les conclusions suivantes : « L'action prédominante et élective de la spartéine s'exerce sur le fonctionnement du cœur dont elle paraît à la fois augmenter l'intensité et la durée, ou mieux la persistance des contractions. » (".elle action, d'après lui, est d'origine centrale. Legris, {Th. Paris, 1886) et Bochefontaine ont constaté les effets décrits par Laborde, mais ils ont noté en outre, sous l'influence du médicament, une diminution de l'excitabilité des nerfs vagues. G. Sée (1883), qui a expérimenté la spartéine chez un certain nombre de cardiaques, conclut qu'elle produit comme effets caractéristiques : le relèvement du cœur et du pouls et la régularisation du rythme cardiaque troublé. Kn cela il est d'accord avec les- expériences des physiologistes, mais il ajoute que la spartéine produit encore « une accélération des battements du cœur ». Ce dernier effet n'est point admis par Legris.

Depuis ces recherches, la spartéine a été étudiée de nouveau par Gluzinski et par Rummo Ferrannini. Au début {stade thérapeutirjue)., l'action sur des animaux se traduit par une légère élévation de la teijsion sanguine, diminution progressive dans la fré- (fuence des battements cardiaques et augmentation de l'énergie systolique. Plus tard, à un second stade {stade toxique)., il survient de l'arythmie, une diminulion progressive de hi fréquence et de l'amplitude des battements allant jusqu'à l'arrêt du cœur qui se produit en diastole. La mort, chez les animaux

SIURTÉINE

Kupérieurs, serait due à l'arrêl, de la respiration.

Effets sur la sécrétion nriiiairc. — L'efï'et diurétique de la spartéine a été indiquée par Léo etPrior. Cette action n'a été retrouvée ni par G.Sée, ni par Masius. Peut-être est-elle capable d'entretenir jusqu'à un certain point la diurèse digitalique, mais cela moins sûrement que la caféine, ou le strophantus.

Résumé. — La spartéine à dose thérapeutique augmente l'énergie contractile du cœur, régularise et diminue la fréquence du pouls, elle est sans effet sur la tension sanguine, ou l'élève fort peu.

PHARMACOLOGIE. POSOLOGIE. — Les applications thérapeutiques de la spartéine dans les maladies du cœur se limitent au sulfate de spartéine, qui est seul employé suivant les cas, à la dose de o à io centigrammes en moyenne par jour. Son intervention se manifeste très rapidement, au bout de deux heures, une heure, quelquefois une demi-heure (Legris) après l'ingestion du médicament et se maintient deux ou trois jours après la suppression. On n'observe pas d'effet accumulatif etle sulfate de spartéine s'élimine rapidement par les urines, même dans les cas de néphrite chronique.

Le meilleur mode d'administration du médicament consiste à le donner en solution agiieiiso^ mais l'amertume de celle-ci, quand elle est un peu concentrée, nécessite l'adjonction d'un sirop : sirop de sucre simple, de gomme, de framboise, de cerise, de groseille, etc. On peutencore dissoudre le sel dans une petite quantité de bière oud'infu.sion de café torréfié. On notera que le médicamenl a provoqué dans quelques cas rares une diarrhée peu abondante qui disparaît d'ailleurs rapidement.

l'OSOLOGIlî 137

Solution aqueiiitiC ile Nulfatc de spartôinc. i

Eau distillée 100 gr. ' '

Sulfate de spartoiiio 1

Oliaqiie cuillerée à café représente 3 cerduirammes de

médicament; dose : de 1 à 3 cvillerées à ca/é dans les 2i heures.

Sirop de spartéine»

Sulfate de spartéine 0 gr. 30

Sirop d'écorces d'oranges auiores .... 300 gr.

Chaque cuillerée à souj)e contient 2 centigrammes de spartéine. ''

HOUDK.

Potion de spartéine.

Eau distillée 45 gr.

Eau distillée de lauri^ji -cerise l.'i

Sirop simple 20

Sulfate de spartéine.' 0 gr. 30

Chaque cuillerée à soupe renferme 73 milliyrammes de. viédicament; dose : une ou deux cuillerées par jour.

Bardet.

Potion de spartéine.

Eau do tilleul TO gr.

Sirop de tolu 30

Sulfate de spartéine 0 gr. 30

Dose ; 1 à 2 cuillerées à soupe ptctr joUr.

Pilules de spartéine.

Sulfate de spartéine 1 gr. ;

Poudre de guimauve 0 gr. 50

Extrait de chiendent Q. s.

Faire pilules. Chaque pilule renferme o centigrammes, de médicament; dose ; 2 à 3 par jour. ^

Le sulfate de spartéine est facilement administré,

138 INDICATIONS TIIÉRAPECÏIOUKS

en injections hi/podei-)niques ; dans ce but on aura rticours, par exemple, à la solution suivante :

Solntîon de spartcinn ponr injections liypoderuilqiie!^.

Kau distillée gr.

Sulfate de spartéine 1

Une serinffue de i œntimèlre cube renferme 2 rentifframmes de sulfate de sjKxrtéine.

Il existe une solution plus concentrée de Houdé qui représente exactement 4 centigrammes pour une seringue tout entière de i centimètre cube.

Indications de la spartéine. — Le sulfate de spartéine complété par l'action diurétique de l'infusion de genêt, dont nous parlons un peu plus loin, paraît une assez bonne médication dans les cas d'asystolie avec arythmie, hydropisie, congestions viscérales et rareté des urines. Il faut reconnaître cependantque ses indications ne sont point encore posées avec précision; en effet, G. Sée déclare qu'il est indiqué dans la faiblesse du myocarde avec ralentissement de la circulation; au contraire Prior pense que son action est surtout manifeste lorsque le myocarde est intact. Pour Clarke, c'est dans rinsufTisance mitrale que la spartéine, à doses petites et renouvelées, présente son maximum d'action utile.

La spartéine a été comparée à la caféine, mais alors qu'elle intluence surtout l'excitabilité neuromuSculaire, la caféine paraît agir surtout sur la contractilité du muscle cardiaque. La spartéine n'agi! pas dans les périodes avancées des cardiopathies: lorsque le muscle cardiaque est dégénéré et que les œdèmes persistent, c'est à la digitale, dont l'action d'ailleurs ne tarde pas à s'épuiser, et encore mieux à

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