‹ Thérapeutique des maladies du cœur et de l'aorteChapitre 41 sur 112 · MUGUET · texte numérisé non relu

MUGUET

C'est une excellente préparation.

Laborde {tSor.. hiolog. 1887) a beaucoup vanté la strophantine. Celle-ci cependant a donné des résultats inférieurs à l'extrait de strophantus ; de plus elle n'est point diurétique, et exerce une action irritante sur le rein. Si on était amené à la prescrire, on, pourrait choisir la

Strophantine cristallisée.

en granules de 1/10 de milligramme

Catit.lon.

Il existe également des sfrophantims anglaises, celles de Ellborne, de Helbing, de Gerrard, et une strophantine allemande, de Merck, poudre amorphe, soluble, devenant opalescente en solution; c'est un produit peu apprécié.

]iliiguet.

Le muguet de mai, Gonvallaria maïalis (Liliacées), était employé anciennement en médecine comme substance purgative. C'est vers la fin du xvi® siècle que Matthiole (1580) (Ed. Labbée, Gaz. lieM., 1884) déclare que le muguet fortifie le cœur et est utile aux malades qui souffrent de cet organe. Beaucoup plus tard, Cartheuser (17.45) reconnaît à cette plante la propriété de calmer les palpitations cardiaques. Malgré ces déclarations importantes, le muguet était tombé en désuétude lorsqu'il fut de nouveau utilisé empiriquement par les paysans russes comme hydragogue et tonique du cœur. Ary, ayant eu connaissance de ces faits, entreprit quelques expériences avec la teinture de fleurs de muguet, et quelques médecins rus.ses, Troitsky et Botkin notamment, entreprirent

MUGl'KT

de leur côté, des recherches expérimentales importantes. En France, l'action thérapeutique du muguet a été étudiée par G. Sée [Acad. deméd., iuW. 188^), qui a déclaré que cette plante pouvait remplir toutes les indications de la digitale dans les maladies du cœur, qu'elle n'avait point l'inconvénient de s'accumuler dans l'économie et ne présentait aucune contre-indication.

ACTION PHYSIOLOGIQUE. — Discutée encore, l'action du muguet, expérimentée sur le chien serait la suivante. Au début, il y aurait ralentissement de.s mouvements du cœur, élévation de la tension sanguine et exagération de l'amplitude des mouvements respiratoires. Plus tard il survient de l'arythmie cardiaque extrême et des vomissements. Enfin, dans une troisième période, la pression sanguine augmente pour s'abaisser bientôt, le pouls est arythmique et imperceptible; les respirations, de plus en plus profondes, se ralentissent considérablement ; le cœur, affaibli progressivement, s'arrête ainsi que la respiration, et l'animal meurt.

Une goutle d'extrait de muguet déposée sur le cœur d'une grenouille agirait comme la digitaline : au bout d'une minute ou deux, le ventricule s'arrête en systole et les oreillettes en diastole. Chez le chien, quatre gouttes de ce même extrait injectées dans les veines amèneraient la mort au bout de dix minutes par arrêt du cœur.

Dans une communication récente, C. Paul [Soc. thérap., nov. 1893) a insisté beaucoup sur les excellents effets qu'il a obtenus du muguet, dans le traitement des maladies du cœur. Il constitue pour lui un tonique du myocarde dontl'efiicacité se fait sentir

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dix à douze jonrs environ après le déi)uL de la médication.

Le muguet a une action diurétique (Peler, Dujardin-Beaumetz), mais elle est fort irrégulière, et trop souvent nulle, aussi ne peut-on guère compter sur ce médicament dans le traitement des hydropisies cardiaques.

PHARMACOLOGIE. POSOLOGIE. — Les parties employées du muguet de mai sont les fleurs et la plante tout entière. On regarde comme plus actifs : i° l'extrait -de fleurs, 2° l'extrait de la plante tout entière (fleurs, feuilles, racines); quant à l'extrait de feuilles seules, son action serait moindre que les autres.

Infasion de lunguet.

Troitsky [Allgem. med. ceiifr. Zeitung, 1881) a préconisé l'infusion de fleurs et de tiges à la dose de .no à 70 centigrammes ; mais cette dose estinsuffisante et le plus souvent il faut employer de 3 à 7 grammes de muguet pour 120 à 180 grammes d'eau.

D'après Kislitchenkoff, les feuilles ont une action inférieure aux fleurs, mais elles seraient mieux tolérées par l'estomac. D'ailleurs, il faut reconnaître que l'infusion de muguet, qui occasionne quelquefois de la diarrhée et des vomissements (action émélocathartique, connue des anciens), est presque toujours sans effet, môme à doses élevées. C'est donc une préparation à laisser de côté.

On a préparé alors des extraits ; 'ûs sont aqueux, alcooliques ou hydro-alcooliques.

Extrait aqacux de muguet.

prépare avec la plante sèche. Dose : 1 à 2 gramme^ par jour.

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