I. —MODÉRATEURS DU CŒUR
Oi'<>raiii*<'§« skle»linM.
ACTION PHYSIOLOGIQUE. — Ils occupent un des' premières places dans la classe des modérateur du cœur. Gubler a noté que le bromure de potassiui est un puissant sédatif du cœur, qu'il corrige et peu faire disparaître l'arythmie en même temps qu i ralentit la fréquence des contractions du cœur.
Laborde (1867) a constaté également cette actioi paralysante, etPletzer (1868) a vu l'énergie des mou vements cardiaques diminuer progressivement et \< pouls tomber à .oO pulsations. Ce ralentissement e cette régularisation de la circulation cardiaque son la conséquence du triple effet que produit le bromun de potassium, comme d'ailleurs tous les bromures il agit sur les centres nerveux et produit de l'anémie cérébrale et de l'hypnose ; de plus, il diminue h pouvoir réflexe de la moelle (Hayem).
D'après certains auteurs (Falck, Krosz), le bromun agit sur le cœur surtout comme sel de polassiun bien plutôt que comme bromure. Or, les sels de potasse ont une action toxique sur le muscle cardiaque introduits directement dans le torrent circulatoire, ils produisent l'arrêt du cœur ; absorbés par l'esto-! mac, ils ralentissent et aflaiblissent l'action du myo^ carde. En résumé ce sont des poisons du cœur, agissant directement sur la libre cardiaque selon les uns, ou, suivant les autres, portant leur effet sur
INDICATIONS mes lUiO.M l UliS
le cenlre aiilo-moleur du cumu* ([u'ils (léprimeiiL.
Celte aclion toxique a été dénioutrée pur l^odcopaew : S à 10 grammes de chlorure de potassium injectés dans les veines d'un chien du poids de (i kilos le tuent en quelques heures; d'après cette expé-rience, il faudrait de 80 à 100 grammes de chlorure de potassium pour tuer un homme de petite taille.
C. Paul n'admet |)as cette théorie, et remarque qu'on ob tient des effets analogues avec le bromure de sodium , alors que, si ou remplace le bromure de potassium par un sel de potasse, non l)romuré : sulfate, acétate, on n'obtient rien de semblable ; c'est donc en tant que bromure qu'agiraient les bromures alcalins.
Cependant l'action défavorable des sels de potasse sur la fibre cardiaque, admise aujourd'hui par la plupart des auteurs, a fait préférer le bromure de sodium au bromure de potassium. D'ailleurs leur action modératrice sur le cœur parait être à peu près identique; ajoutons enfin que les bromures alcalins sont diurétiques surtout chez les nerveux.
Résumé. — Les bromures alcalins sont des modérateurs et des régulateurs, qui trouvent surtout leur indication dans les cas d'excitabilité du cœur et d'élévation exagérée de la tension artérielle.
Indications des bromures alcalins. — Ils sont particulièrement indiqués dans les cas d'excitation i nerveuse du cœur et dans les palpitations des névropathes. Dans la période hypersystolique des I cardiopathies organiques, les bromures apaisent il'érélhisme cardiaque, modèrent l'impulsion des 1 battements du cœur et l'oppression plus ou moins vive qui les accompagne.
La contre-indication des bromures alcalins est I formelle à la période asystolique, lorsque le muscle
148 BHO.MUUKS ALCALINS
cardiaque est considérablement allaihli ai sf^nvent atteint de dégénérescence graisseuse.
PHAUMACOLO(JIK. J^OSOLOGIK. — LesJjr.,iiiiiies alcalins seront administrés sous la forme li(|ui<h'. (;a solution, sirop, ou mélangés à des potions.
Solntioii (!e liroiuiires alcalins.
Eau distillée )00 gi'.
Bi-oniurc de sodium ou de polassiuin. ... 20
Chaque cuillerée à café représente \ (irammc (h bromure. Dose : 2 à i cuillerées ù café dans les 2-4 heures, dans un verre d'eau vineuse, dans de la bière, ou mieux dans une infusion aromatique (feuille d'oranger).
Sirop de bromureM alcalins.
Sirop dY'covccs d'oranges amèrcs 400 gr.
Bromures alcalins (potassium ou sodium) 20
Chaque cuillerée à soupe confient 1 gramme de bromure; dose : 2 ii A cuillerées par jour.
Cliloi-»!.
ACTION PHYSIOLOGIQUE. — Le chloral po.ssède une action dépressive sur le cœur, connue depuis longtemps déjà : un animal intoxiqué par le chloral meurt par suite de paralysie du cœur (Leibreich, J8G9). A dose Ihérajieufiquc, il provoque le ralentissement des contractions cardiaques et abaisse la tension artérielle. La première de ces actions est causée par une diminution de l'excitabilité des ganglions moteurs du cœur (G. Sée) ou encore par la parèsie du centre vaso-moteur bulbaire (Vulpian). Enlin peut-être aussi, agit-il encore sur les vaisseaux périphériques qu'il paralyse et cause ainsi un affaiblissement notable des contractions cardiaques.
C11L(JRA]. 149
Résumé. — Le chloral agit sur le cœur en le déprimant. C'est un modérateur et un régulateur de la circulation.
iNDtc.moNS DU ciiLORAL. — Il produit d'excellents effets pour combattre l'insomnie persistante par congestion encéphalique dans le cas de maladies mitrales. A cause de l'affaiblissement des contractions cardiaques qu'il produit, le chloral est contre-indiqué dans l'asystolie, et dans tous les cas de dégénérescence graisseuse ou de débilité du cœur.
' PHARMACOLOGIE. POSOLOGIE. — Le chloral, qu'on emploiera toujours sous forme d'hydrate de chloral, possède une action caustique manifeste ; aussi est-il quelquefois assez mal supporté par l'estomac, c'est pourquoi Dujardin-Beaumetz préconise toul particulièrement l'emploi du lavement suivant :
Lavement de chloral.
Eau 30 gr.
Hydrate de chloral 5
Dans un vm-e de lait acMitioiuié rV un jaune tïmif.
Ce moyen est bon, mais il est préférable de donner d'abord le chloral à la dose plus faible de 1 à 2.grammes, pour arriver plus tard, si cela est nécessaire, à celle de \ grammes.
Le chloral sera donné également en potion ou sous forme de sirop :
Potion de chloral.
Eau distillée de tilleul 120 gr.
Sirop de fleurs d'oranger 30
Hydrate de chloral 2à4
A prendre en 3 orc 4 fois dans les heures.
VALKRIANK
Sirop de cliloral.
Sirop de fleurs doranger 950 gr.
Chloral hydraté 30
Une millerée h sot/pp (20 urammcsi) reiirhcnie vu 'pci' plus de i fjramnie de chloral hydrutè.
Dose : 2 à A cuillei-êes h soupe.
Sirop de chloral.
Hydrate de chloral 60 gr.
Alcool à 65° 50
Eau distillée 380
Sucre blanc 760
Essence de menthe XX gouttes
Chaque evillerèe à soupe contient i uramme de chloral.
Follet.
A'aléi'îane.
La valériane possède une action niodératrice évi-' dente pour les cas d'éréthisme et de névrose cardiaque ; elle est particulièrement indiquée lorsqu'il n'y a point de lésion organique. Cependant, même dans ce cas, elle rend de signalés services contre les phénomènes de suractivité et d'excitation qu'on rencontre dans la période de compensation avechypersystolie.
La valériane se prescrit sous forme d'extrait (1 à 8 gr.), de poudre (1 à 10 gr.), de teinture alcoolique (2 à 10 gr.). Mais on aura recours surtout aux valérianiques, et principalement au valérianate d'ammoniaque. 11 en existe plusieurs préparations; une des meilleures est le valérianate d'ammoniaque liquide, de Pierlol, à la dose de 2 à 3 cuillerées à café 2)(tr iour.
VKRATRIiNE
loi
"Véi-ati'ine.
I.avéralrine, principe actif de la racine de V ellébore •blaiH- et de la. oêradiTle, est une substance blanche, .cristallisée, presque insoluble dansl'eau, très soluble ,dans l'alcool et dans l'éther; c'est un purgatif violent. I Cette substance possède une action particulière sur le système musculaire bien étudiée par Kolliker et iBezold ; cette action se divise en deux périodes: 11» une période de contraction énergique ; 2° une péiriode de résolution lente, c'est-à-dire que le muscle ;iaprès sa contraction ne reprend sa forme primitive , qu'avec une extrême lenteur, et l'animal en expéi rience est comme exténué et plongé dans une inertie .générale. D'après Bœhm, la vératrine portée direc- Itementsurle cœur y détermine les mêmes efiets ijque sur les autres muscles striés. Cette propriété ssiiigulière a suggéré l'idée d'appliquer cette action 1 modératrice de la vératrine contre les palpitations et i l'impulsion brusque des contractions cardiaques I liées à l'hypertrophie et àl'hypertension artérielle. Bittot [Congrès Association franc. ^ Bordeaux 1872), don- I liait, dans ce but, d'un à dix granules de vératrine de I l milligramme. A vrai dire, cette médication a échoué .complètement entre les mains de la plupart des cli- I iiiciens.
Anciennement déjà, Friedreich, dans le traitement .ide la péricardite aiguë, avait proposé de remplacer la ■idigitale par la vératrine parce qu'elle calme les doubleurs et abaisse la température. Ce traitement n'a pas été accepté. D'un autre côté. Liégeois (Z^er.^'én. de Clin, •fil de Thèrap. 1889) ayant montré que la vératrine à l:la dose de 10 à 13 gouttes de teinture ralentit les
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conlraclions cardiaques et le pouls et diminue la lension artérielle, il y aurait lieu d'expérimenter de nouveau ce médicament énergique.
Nous rappellerons entin que G. Sée et, plus récemment, Guyot ont employé avec quelque succès, dans le traitement de la maladie de Basedow, la teinture de vératrum viride {Hellehorns amerkanus).
A cause de son action irritante, il sera préférable en général de donner la vératrine, non en solution, mais sous forme de granules de 1 milligramme. I.a dose moyenne variera entre 5 et 10 milligrammes.
Diiltoiisine.
La duboisine est une substance jaunâtre, vL-^t queuse, soluble dans l'alcool, le chloroforme, l'étlier eL l'eau; elle est extraite du Duboisia myoporoidefi (Solanacées). C'est un succédané de l'atropine, employé avec un certain succès contre la tachvcardie et les battements violents du corps thyroïde dans la maladie de Basedow. Mais le médicament semble avoir des effets accumulatifs et nécessite des périodes de repos intercalaires.
PHARMACOLOGIE. POSOLOGIE. — La duboisine est employée sous forme de sulfate de duboisine.
Graiinlcs tic duboi.sine.
Sulfate de duboisine 0 gr. 005
F. s. «.20 granules de 1/4 de miUigramme ; dose : \ à 1 -par jour .
Solution de daboisine iioni* iDjections bypoderniiqiien.
Sulfate de duboisine 0 gr. 01
Eau distillée bouillie 20
lODURES ALCALIjNS 153
Une seringue d'un centimètre ciibe renferme i/'i. milligramme de sulfate de duhoisine.
DlMAHDlN-BlîAUMETZ.
ilkiitimoine.
Nous ne citerons que pour mémoire, parmi les modérateurs du cœur, l'antimoine, qui à haute dose peut momentanément diminuer la fréquence du pouls et la dyspnée chez les malades atteints d'affections organiques du cœur.
On a proposé dans ce but des granules d'arséniale d'antimoine contenant chacun 1 milligramme de médicament et qu'on pourrait prescrire à la dose de deux à huit granules par jour. C'est une médication infidèle sur laquelle on ne peut compter.
m. — DÉPRESSEURS DE LA TENSION ARTÉRIELLE. Io<lui*es alcalins.
Les iodures alcalins (potassium, sodium, auxquels G. Sée s'efiforce de faire ajouter les iodures de calcium et de strontium) occupent une place très importante dans le traitement des cardiopathies chroniques et des maladies de l'aorte.
ACTION PHYSIOLOGIQUE.— Les iodures, d'une façon générale, s'adressent plutôt aux vaisseaux qu'au cœur lui-même.: ils possèdent une action vaso-dilatatrice manifeste et ahaissent la tension artérielle ; par cela même ils diminuent les résistances périphériques et facilitent le travail du muscle cardiaque. G. Sée et Lapicque (1889) ont cherché à établir que l'iodure de potassium a, en plus, une action spéciale :