‹ Thérapeutique des maladies du cœur et de l'aorteChapitre 50 sur 112 · V. - MKDICAMENTS CARDIAQUES NOUVEAUX OU ENCORE A L'ÉTUDE · texte numérisé non relu

V. - MKDICAMENTS CARDIAQUES NOUVEAUX OU ENCORE A L'ÉTUDE

Depuis quelques années, l'étude des mùtlicainciit> cardiaques nouveaux reste, pour ainsi dire,àrordre du jour. Cependant, malgré de nombreuses recherches expérimentales et cliniques, il s'en faut de beaucoup que nous soyons fixés sur la valeur thérapeulirpic de ces agents nouveaux venus, dont beaucoup i-estent encore à l'état de substance plus propre au laboratoire qu'à la clinique. Cependant s'il est prématuré de recommander au clinicien la plupart d'entre eux, celui-ci doit tout au moins les connaitr(î de nom. Nous croyons donc utile de terminer cetlf. revue des médicaments cardio-vasculaires par niw courte étude des substances nouvellement proposées, ou encore à l'étude, pour le traitement des cardiopathies.

La sapoiiîue est un glucoside extrait de la racine du Poh/gdla somca; on la trouve encore dans le marron d'Inde et dans l'écorce du bois de Panama. Son action physiologique est proche de celle de la cUgitaU. C'esl une poudre amorphe, incolore et soluble dans l'eau ; très âcre et amère, elle arrête le cœur en diastole. File n'est point utilisée.

L'autiaris toxicai-îa, l'ellébore uoir, répythroplilœiim

gaiiiccnse, qui renferment un principe actif: l'antiarine, l'elléborine, etc., ces substances ne sontpoinl employées.

La thévéïine, principe des semences du fhevetia nrreifolia^ est encore non utilisée, mais serait utilisabi:' (Hayem).

L'apocyniiie, extraite des racines de Yapoajnum <anabinum, pourra peut-être entrer dans le domaine de la thérapeutique.

LAURIER-ROSE, CORONILLE, CACTUS d87

Le laurier-rose [Nerium Oleandev) renferme divers principes actifs (Schmiedeberg 1883): \ix nénine qui uf^it comme la digitale, VoUandrine qu'on extrait de ses feuilles, et dont l'action sur le cœur se rapproche beaucoup de celle de la digitale et de celle de la strophantine. Le laurier-rose est très toxique el doit se prescrire avec prudence; Poidoux [Th. 1888) a étudié son action Ionique sur le cœur. On peul choisir la teinture au 1/5, à la dose de cinq à dix i/oiiiîes^ ou mieux Vextrait hydro-alcoolique à la dose de 5 à 13 centigrammes par jour. Cependant la difliculté d'avoir des extraits toujours identiques a (unpêché le médicament d'entrer dans la pratique liabituelle ; rappelons d'ailleurs que c'est un poison ■actif qui ne peut être manié qu'avec le plus grand soin.

La coroniiia varia est une légumineuse. qu'on peut employer en pondre Je /c/«7Ze.s à la dosé de 1 à ± grammes, ou en teinture alcoolique au cinquième, préparée avec la plante entière, à la dose de 2 à ;} grammes par jour. On en extrait un glucoside ou roronilUne, poudre jaunâtre, amère, soluble dans l'eau, peu soluble dans le chloroforme. Son action sur le cœur serait analogue à celle de la digitaline, et sa posologie serait la même. '

Le cactus granciiflora pourrait se prescrire à la dose de deux à trois gouttes d'extrait fluide, ou de deux à cinq gouttes de teinture au cinquième, deux à trois fois par jour.

D'après Horne [Lancet, 1892) qui s'est servi de ce médicament avec beaucoup de succès, il ne s'adresse pas aux lésions organiques du cohu" mais aux troubles nerveux : palpitations, intermittences, troubles cardiaques des dyspeptiques et des fumeurs.

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Tous ces divers agents sont dos poisons violents, ils présentent une action commune à dose thérapeutique : augmentation d'énergie des contractions cardiaques, élévation de la tension artérielle, et action diurétique manifeste ; plus lard survient le ralentissement des mouvements du cœur, l'arrêt de la circulation et la mort rapide avec le cœur en systole, c'est-à-dire fortement contracté, parfois en diastole, c'est-à-dire paralysé.

Plus récemment, Rumrao (de Pise) a eu l'idée d'associer certains dérivés de la xanthine, tels que la caféine et la théobromine, avec les iodures alcalins, et a obtenu trois composés : l'iodocaféine, l'iodothéine et l'iodothéobroiniae avec lesquels il a entrepris une série de recherches physiologiques et expérimentales [Sem. médic, oct. 1893) que nous allons résumer. Injectées dans le membre d'une grenouille ou appliquées sur un muscle de cet animal, ces trois substances produisent la pâleur, le raccourcissement et la rigidité musculaire. La striation transversale disparaît, tout en rendant plus apparentes les stries longitudinales. Cette action est plus marquée avec l'iodocaféine qu'avec l'iodothéine ou l'iodolhéobromine.

L'injection intraveineuse d'iodocaféîne chez le chien produit rapidement une amplitude des systoles^ une augmentation de fréquence des battements du cœur, qui ensuite se ralentissent graduellement pour revenir au bout de cinq minutes à leur nombre normal. La pression artérielle augmente peu avec des doses de 4 à S centigrammes par kilogramme du poids de l'animal. Elle s'abaisse sous l'influence de doses élevées. L'iodocaféine produit facilement de l'arythmie et des intermittences du pouls, même aux

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doses de 4 à 5 cenligrammes, eL cela dès le début de l'injection intraveineuse. Chez les animaux à sang chaud, Tiodocaleine agit surtout sur l'innervation cardiaque et beaucoup moins sur la contraclilité systolique du myocarde. Quant à son action sur les vaso-moteurs et les vaisseaux périphériques, ou sectionne le sciatique du chien, et on compare les variations thermométriques survenant sous l'intluence du médicament, dans le membre sain et dans le membre opéré, suivant la méthode de Vulpiau. Or l'expérience a montré que l'injection intraveineuse d'iodocaféine produit un abaissement de la température, de 1° dans le membre sain de même que dans le membre dont le sciatique a été sectionné. Donc l'iodocaféine fait contracter les vaisseaux périphériques.

Les effets physiologiques de l'iodothéobromine en injections intraveineuses sont constants et rapides. A doses petites et moyennes (3 à 10 centigrammes par kilogramme du poids de l'animal), cette substance produit aussi une accélération des battements cardiaques (de dix à onze pulsations par minute, au début) avec augmentation considérable de l'amplilude des systoles, qui doublent presque d'étendue. Cette augmentation de l'énergie systolique est accompagnée d'une augmentation de la pression artérielle d'environ 34 millimètres, qui, ainsi qu'on le voit, est plus prononcée que celle que provoque l'iodocaféine. On observe également du ralentissement du pouls, consécutif à l'accélération initiale, et de l'arythmie. Tous ces effets physiologiques de l'iodothéobromine surviennent môme chez les chiens atropinisés jusqu'à la disparition complète de l'excitabilité des pneumogastriques et du sympathique.

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Donc l'iodothéobromine n'exerce que peu d'acU(ni sur l'innervalion du cœur(elle ne produit, au débiil, ([u'une (;x.ciLaUon modérée des pneumogastriques et du sympathique), mais elle influence surtout l;i contractilité et l'élaslicité des fibres musculaires liu cœur, dont elle augmente l'énergie fonctionnelle. Ainsi donc, au point de vue de son action physiologique, l'iodothéobromine se rapproche de la digitale et du strophantus, médicaments myocardiokinéti<iiies par excellence.

L'iodotiiéîne agit aussi rapidement et aussi sûrement, même à petites doses (2 centigrammes |»iir kilogramme de poids de l'animal). Avec des dfjses petites et moyennes du médicament, l'augmentation de fréquence du pouls ne dépasse pas 12 k 13 i)ulsations par minute. L'amplitude des contractions systoliques varie beaucoup sous l'influence de l iodothéine : parfois, elle augmente du double, d'autres l'ois, elle ne change pas, ou bien elle diminue même de moitié. .L'arythmie et l'inégalité du pouls sont très considérables, même avec de petites doses d'iodothéine. Quant à l'augmentation de la pression artérielle, elle est, en moyenne, de 20 millimètres pour les petites doses, c'est-à-dire que, sous ce rapporl. l'iodothéine occupe une place intermédiaire entre l'iodocaféine et l'iodothéobromine.

L'iodothéine étant un médicament qui excite également l'innervation du cœur ainsi que la contractilité et l'élasticité du myocarde, doit, être considérée comme l'analogue du ronvallarùi niaïa/is el de VAdonù vernalis.

■ Quant à Vaction thérapeutique de ces trois substances, elle serait la suivante.

On peut constater les propriétés cardio-vasculaires

ACTION THÉRAPEUTIQUE lîJI

eldiuvéliquesde l'iodocaféineetde l'iodolliéobromine dans les affections organiques du ccur, à la période d'hyposystolie. De même les effets diurétiques de ces mêmes substances ont été observés encore dans les ascites d'origine hépatique ou péritonéale, dans les épanchements pleurétiques et dans la néphrite difluse subaiguë.

Dans tous ces cas l'iodocaféine aussi bien que l'iodothéobromine ont augmenté la fréquence des battements cardiaques. Cet effet a été particulièrement prononcé chez les malades qui présentaient de la bradycardie. Il a été peu apparent lorsque la fréquence des pulsations ne dépassait pas le chiffre normal.

Cette accélération du pouls continue tant que dure l'administration du médicament et persiste même pendant quelques jours après la cessation de son emploi.

Dans les cas de tachycardie, l'iodocaféine et l'iodo- Ihéobromine produisent une diminution considérable du nombre des pulsations, qui de 120 descend, paiexemple, à 90 par minute.

Ces deux médicaments, et en particulier l'iodo- Ihéobromine, augmentent l'énergie et l'amplitude du pouls et en font aussi disparaître l'arythmie et les irrégularités.

Sous l'influence de l'iodothéobromine, la pression dans l'artère radiale s'élève lorsque le pouls est faible au point môme de n'en pouvoir déterminer la pression; l'administration de l'iodothéobromine renforce alors le pouls, et permet d'en évaluer la pression.

L'action diurétique de l'iodothéobromine et de l'iodocaféine est manifeste. Elle se produit même chez les malades qui n'ont pas d'œdème ni d'hy-

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dropisie, alors qu'il existe de la polyurie, comme dans la néphrite subaiguë en voie de résolution.

De même l'action diurétique fut encore manifeste dans un cas de cirrhose veineuse du foie avec ascite et anasarque.

Les doses employées chez l'adulte ont varié do 50 centigrammes à 3 grammes par jour. Jamais le besoin de recourir à des doses plus élevées n<' s'est fait sentir. Le meilleur mode d'adminiâtration du médicament consiste à le prescrire sous forme de poudre, en paquets, ou en cachets.

L'étude comparée des effets thérapeutiques de Viodocaféine et de X'iodothéohromim a montré que ce dernier médicament augmente plus que le premier l'énergie systolique, la pression artérielle et la diurèse.

Autant qu'on peut en juger par les faits cliniques observés jusqu'ici, Viodocaféine semble être indiquée Kurlout dans le cas où — comme dans le rétrécissement mitral — il est nécessaire d'augmenter l'amplitude de la diastole, afin de faciliter le passage du sang dans le ventricule à travers l'orifice rétréci. Quant à ïiodothéohr oinine^ elle doit être préférée à T iodocaféine (qui excite moins les nerfs modérateurs du cœur) dans les cas où il s'agit d'augmenter la diurèse et de renforcer les si/sloles cardiaques. On lui donnera encore la préférence quand il s'agit de malades chez lesquels — comme dans l'insuffisance aortique — l'augmentation de l'amplitude des diastoles pourrait être nuisible, en favorisant le reflux du sang dans le ventricule gauche à travers la valvule insuffisante.

Viodocaféine et Viodothéobroniine n'exercent pas d'action marquée sur la respiration ni sur la température, et sont bien tolérées par l'estomac. Elles sont

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