‹ Thérapeutique des maladies du cœur et de l'aorteChapitre 52 sur 112 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

H¥eiÈ]\E DES CARDIAQUES

L'hygiène des cardiaques soulève un grand nombre de problèmes. Elle a pour but de régler, au mieux de la santé du malade, toutes les conditions concernanl l'alimentation, le séjour, l'habitation, la vie sociale du cardiaque, d'indiquer les professions qu'il doil éviter, de faire connaître les précautions spéciales que comportent les cardiopathies suivant l'âge et le sexe, suivant l'état de grossesse, d'allaitement, etc., etc. Nous examinerons chacun de ces points avec quelque détail.

F&éj^inie «limentaîre.

1° Alimentation générale. — Le régime alimentaire des malades atteints d'afiections du cœur doit être substantiel et tonique, sans être très copieux. C'esl là le point capital qui doit régler toute l'alimentation ; en s'y soumettant, on évitera d'une part, le retentissement si fâcheux des digestions laborieuses sur le cœur et le poumon (palpitations, anhélation, etc.), et, en second lieu, l'obésité si préjudiciable aux cardiaques. Dans ce but, on ne donnera à l'organisme

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que la ration d'enlrclien, pour mettre les tissus à l'abri de la surcliargo graisseuse.

Le malade devra donc d'abord restreindre la quantité des liquides absorbés et ne point dépasser la dose de 200 à 250 grammes de pain dans les vingt-quatre heures; on se rappellera k ce sujet que, quoi qu'on en ait dit. le pain blanc, dit de première qualité, est très nutritif, et que la croûte semble plus nourrissante que la mie (Violet, 7%., Paris, 1876).

Le repas du matin se composera de lait ou de laitages, de cacao, ou même d'un peu de café noir léger, avec ou sans lait, et additionné de pain grillé avec ou sans beurre. Au déjeuner et au dîner, on peut faire usage de toutes les viandes, blanches ou rouges, de préférence rôties, grillées ou braisées; d'œufs, d'huîtres et de poissons (sauf dans les cas d'albuminurie). Les poissons à chair blanche (sole, truite; merlan) sont les plus digestifs, mais peu nourrissants; ceux à chair rose (saumon) le sont davantage, mais d'une digestibilité plus laborieuse; enfin, les poissons à chair grasse, comme l'anguille, sont très nourrissants, mais souvent mal digérés.

On a dit que quelques cardiaques à estomac paresseux se trouvaient bien de l'usage du gibier un peu faisandé, c'est-à-dire qui commence à subir un certain degré de putréfaction; or, celle-ci est une sorte de fermentation un peu analogue, par certains points, à la peplonisation, et par ce côté favorise le travail de la digestion stomacale. Je ne pense pas que cette alimentation doive être conseillée à la légère, car dans certains cas la dyspnée chez les cardiaques, surtout les aortiques, paraît être entretenue par les ptomaïnes de l'alimentation ; ce serait là, en un mot, une véritable dyspnée toxique (voir p. 296).

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