HABITATION
liabilude populaire, en l'associant aux pruneaux, c'esl-à-dire en faisant cuire ceux-ci dans une infusion de séné au lieu d'eau simple, et on obtient ainsi une tisane purgative efficace. Knfin la constipation pourra encore être combattue par l'usage régulier •des lavements : eau froide, gros miel, miel de mercuriale, huile d'amandes douces, glycérine, etc.
Hal>itntion.
Les cardiaques supportent péniblement les brusques changementsde température, il y aura donc plus d'avantage, pour eux, à habiter les vallées abritées des vents que les collines élevées; cependant si l'augmentation de la pression barométrique estmal tolérée des cardiaques, ils supportent bien, au contraire, une diminution de pression : c'est pourquoi, s'ils y sonl obligés, ils pourraient résider dans des pays d'une altitude modérément élevée.
L'habitation devra se composer, si cela est possible, de pièces spacieuses, largement aérées; les malades séjourneront de préférence dans celles qui ne reçoivent point le soleil durant toute la journée, car la grande chaleur est mal supportée des cardiaques, surtout de ceux atteints d'affections mitrales dans lesquelles les poussées congestives vers la face el l'encéphale sont fréquentes; d'un autre côté, beaucoup de cardiaques sont frileux, aussi sera-t-il préférable de leur conseiller le séjour dans un climat tiède, tel que le midi de la France et le littoral de la Méditerranée. Le rez-de-chaussée ou le premier étage seront choisis tout particulièrement, car l'ascension des étages exagère le travail imposé au muscle caraque. La chambre à coucher sera fraîche, presqut-
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toujours sans feu, et les malades devront s'habituer à dormir sur des matelas et des oreillers durs el rembourrés de crin.
Tous les cardiaques en général, el principalemeni ceux qui sont atteints de lésions mitrales, sont exposés à prendre des poussées de bronchite, sous l'influence de refroidissement, même léger. Ils devroTil donc éviter de sortir durant les matinées ou pendani les soirées où la fraîcheur de l'atmosphère pourrai! être un danger; ils se garderont également de s'exposer au brouillard humide el à la pluie.
Au moment de la belle saison, les malades dont la situation sociale le permet, désirent souvent changer de résidence, soit pour eux, soit pour accompagner leur famille ; or le choix de la station n'est point iadifférent pour eux.
Le séjour à la campagne est excellent pour les cardiaques : le calme absolu, le repos donton yjouil,loin du bruit et de l'agitation des villes, sont d'excellents sédatifs du cœur; la lecture, la musique, le dessin, la promenade, les petites occupations du jardinage feront éviter l'ennui.
Les horcls de la mer ne sont point le séjour qu'on préfère pour les cardiaques, encore qu'il soit assez . bien supporté en général, sauf pour les cardiaques névropathes atteintsde palpitations; en pareil cas, en effet, l'atmosphère marine, un peu excitante, ne ferai! '.qu'exagérer l'érélhisme du cœur. Mais si les sujets > atteints de cardiopathies organiques peuvent séjourmer auprès dès plages, ils doivent éviter les bains cde mer qui nécessitent des ^mouvements violents
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pour la nalalion.oL prédisposent aux congestions locales vives, principalement à celle du poumon, qui augmenterait la gêne dans la petite circulation déjà si entravée dans les ailections du coiur. D un autre côté, les cardiaques sont presque tous des rhumatisants, et doivent redouter l'exposition au Iroid humide, capable d'amener une poussée rhumatismale aiguë ou subaiguë, dont l'inlluence est si fâcheuse sur les cardiopathies préexistantes. C'est pourquoi les malades devront préférer aux plages de la Manche, où les variations de température sont si fréquentes, certaines plages de la Bretagne, où l'air est plus tiède, et surtout celles du littoral de l'Océan et du golfe de Gascogne, où le climat est plus doux etle temps moins instable. Les stations maritimes de la Méditerranée ne seront favorables aux cardiaques qu'en hiver, au printemps et àl'automne ; durant l'été la chaleur y est trop vive et son action est défavorable aux malades atteints de cardiopathies.
La villégiature dans les statwm de monhigm. recommandée par Stokes, peut être utile ; mais là encore il y a lieu de redouter les changements brusques de température, caries pluies et les brouillards y succèdent brusquement aux plus chaudes journées.
Exercice.
Les cardiaques doivent éviter tout effort violent, mais le repos prolongé et l'immobilité ne leur sont pas moins préjudiciables, car ils mènent à l'obésité. Tous les jours les malades devront faire, au grand air, une ou deux promenades, d'une durée variable qui ne dépassera pas cependant une heure et demie en moyenne. Après les repas, ils resteront au
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repos durant, deux lieures environ. Les malades devront marclier sur des terrains peu accidentés t>l ne point faire de longues courses sans arrêt. Les exercices du corps qui nécessitent un efl'ori
. s:outenu seront proscrits. L'escrime, la danse, les sauts, la natation, le canotage, le patinage, le cyclisme, la gymnastique avec appareils (perches, lial-
• tères, anneaux, trapèzes, barres parallèles, cordes ii nœuds, etc.), la course, devront être évités.
La gymnastique suédoise, dite gymnastique de Ling, qui consiste ù. faire contracter certains muscles
. en leur opposant une résistance avec la main, néces-
. site des efforts puissants; aussi, quoiqu'onen ait dit. je la crois peu favorable aux cardiaques.
Le jardinage, le billard, ne sont pas défendus ([uand on en use avec mesure; la chasse .peut être permise jusqu'à un certain point, et à condition d'éviter les longues marches; quant à l'équitation, elle ne peut être tolérée qu'à titre d'exception.
Le jeu des instruments de musique comme le piano, la harpe, le violon, qui ne fatiguent guère que les membres thoraciques, n'est point interdit. Au contraire, celui des instruments à vent ne peut être autorisé : il nécessite des efforts et, à la longue, pré-
. dispose à l'emphysème.
On permettra encore les exercices passifs, la voilure, les voyages en chemin de fer ou en mer. La culture des arts, la peinture, la sculpture, ne sont point refusées au cardiaque; dans cette dernière cependant, le sujet évitera de rester trop longtemps debout, celle station étant défavorable à la circulation veineuse.
Dans ces dernières années, quelques médecins, surtout des Allemands et des Autrichiens, ont rompu brusquement avec la tradition, en recommandani
MÉTHODE d'CERTEL
d'une façon expresse les exercices physiques et la marche aux malades atteints de maladie du cœur : la méthode la plus connue, sur laquelle on a fait grand bruit en Allemagne, est connue sous le nom de traitement ou de méthode (ÏCErlel. Disons de suite qu'elle avait déjà été indiquée, avant ce dernier, par Corrigan et plus tard parSlokes.
« Les symptômes qui accompagnent la débilité du cœur, dit Stokes [Trait, des malad. du cœur et de raorte, traduc. Sénac, p. 362, 1863) disparaissent souvent sous l'influence d'exercices gymnastiques réguliers, ou par la marche, même dans les pays de montagne, tels que la Suisse, ou les parties élevées de l'Écosse ou de l'Irlande... »
MÉTHODE d'oERTEL
OErtel, de Munich (188o), a proposé une méthode complexe, comprenant à la fois un régime alimentaire spécial, le massage, les bains de vapeur et d'étuve, ainsi que la marche progressive et ascensionnelle sur un terrain de montagne. Le but qu'il se propose est :
1" De diminuer, par la sudation et la restriction des boissons, la quantité de liquide existant dans l'économie, et par cette déshydratation des tissus, de faire disparaître les stases veineuses, les œdèmes périphériques, et de diminuer l'obésité ; en agissant ainsi on diminue le travail du cœur.
2° Il se propose encore, par l'exercice méthodique et la marche ascensionnelle, de relever la force contractile du muscle cardiaque et d'en augmenter l'énergie.
Pour atteindre le premier point, il recommande un