‹ Thérapeutique des maladies du cœur et de l'aorteChapitre 68 sur 112 · TRAITEMENT DES MALADIES MITRALES · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES MALADIES MITRALES

périodes différentes, dont les indications thérapeutiques sont distinctes.

Dans lapremière période des affections cardiaques, les lésions organiques sont constituées, mais les troubles fonctionnels n'ont point apparu encore et le malade conserve un bon état de santé apparent. On a dit avec juste raison qu'il y a lésion, mais pas encore maladie du cœur proprement dite ; ce premier stade constitue la période à'eusystolie.

Dans la seconde période, le complexus pathologique est plus avancé. La lésion d'orifice a pour conséquence première d'accumuler le sang dans la cavité du cœur et dans les parties du système circulatoire situées en deçà de la lésion ; et peu à peu la cavité se laisse distendre. Les effets nuisibles de l'altération d'orifice se trouvent ainsi temporairement diminués ou compenses^ suivant l'expression habituelle, par l'hypertrophie et par l'augmentation d'énergie contractile de la cavité en deçà de la lésion organique. Dans cette période, dite ^hyinrsxjstolie^ les troubles fonctionnels, encore peu marqués, sont dus principalement à la suractivité du cœur : un peu d'oppression, une impulsion de la pointe plus vigoureuse, quelques palpitations passagères, à l'occasion d'un effort ou d'un exercice musculaire un peu exagéré, quelques poussées congestives, vers la face, parfois des épistaxis, des bourdonnements d'oreille, de la céphalalgie, etc., voilà en quoi consistent, en général, les troubles de cette période.

Cependant, cette suractivité a besoin, non seulement de se maintenir, mais encore d'augmenter chaque jour; bientôt le muscle cardiaque commence à se fatiguer devant ce surcroît incessant d'activité, il lutte et ne tarde pas à fléchir: ses contractions

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s'affaiblissent, ses cavités se laissent distendre, les bruits d'abord plus nK^llemcnt frappés deviennent arytluniques, le ])Ouls se montre très irré^nilier; la compensation a cessé d'être sulUsante, réquilibr(3 est rompu, la tension artérielle diminue alors que celle du système veineux s'élève. Les troubles fonctionnels qui en résultent se manifestent par un peu d'œdèmc qui apparaît temporairement autour des malléoles ef aux membres inférieurs, les urines sont plus rares, rougeâtres, sédimenteuses, quelquefois avec une légère quantité d'albumine, le foie est un peu gros, les poumons se congestionnent aux bases, et le malade a de la toux assez fréquente ; il expectore quelques crachats blancs, mousseux, un peu adhérents au vase. Cette troisième ])ériode, véritable période ti'oiiblépdes maladies du cœur, constitue le stade d'hijjwsi/sMic.

Sous l'inlluence d'une hygiène bien conduite et d'un traitement régulier, ces accidents disparaissent, la tension artérielle se relève, et la diurèse s'établit, les œdèmes ne se montrent plus. Ce retour à la santé n'est malheureusement que temporaire, et dans la suite plusieurs attaques d'hyposystolie se succèdent à, des intervalles plus ou moins rapprochés, séparés par des périodes de repos de plus en plus courts. C'est alors qu'insensiblement le malade s'achemine vers la dernière période des cardiopathies : Vasf/stoîie, caractérisée par une altération plus ou moins profonde du myocarde avec parésie de ses libres musculaires, et alaxie des mouvements du cœur [cardioplégie et cardiataxie de Gubler). C'est alors que vont se montrer les œdèmes persistants, les stases veineusespériphériques, les hydropisies des séreuses, les congestions viscérales, la rareté des urines, le pouls petit, arythmique, incomptable, si l'on peul

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