INDICATIONS DE LA SAIGNÉE
Asystolie. — 11 se présente assez fréquemmenl dans les cardiopalliies des cas où la saignée est suivie d'un plein succès. Le plus souvent, il s'agit de malades ayant eu déjà plusieurs attaques d'asystolie, dont la digitale et les agents habituels delà thérapie cardiaque ont toujours triomphé jusque-là. Cepen^ dant il arrive un moment où tous ces agents cardiaques restent impuissants : le malade est alors de nouveau en pleine asystolie : il présente une infiltration œdémateuse considérable, la tension veineuse est extrême, les vaisseaux distendus et encombrés à l'excès, les capillaires comprimés par l'infiltration séreuse, il y a de l'hydropisiedes séreuses, des congestions viscérales, la face est cyanosée, les extrémités froides, la dyspnée extrême. La digitale ne peut rien dans ce cas, c'est en vain qu'elle s'efforce d'exciter la contraction du myocarde, qui s'épuise sans succès contre le barrage insurmontable qui règne à la périphérie ; bien plus, persister à donner ici la digitale, c'est exposer le malade à de graves accidents d'intoxication, car tous ou presque tous ont de l'albumine dans les urines, et sont en imminence d'urémie. C'est dans ces cas qu'une saignée, de 300 grammes environ, trouve son indication par excellence : ladéplétion veineuse va supprimer Ou tout ou moins diminuer la résistance périphérique, et produire une véritable décharge pour le sang vicié par des produits excrémentitiels ; la pression veineuse va diminuer; au contraire la tension artérielle va se relever et le muscle cardiaque reprendre son énergie contractile. Plus tard, lorsque la saignée, aidée utilement dans i)eaucoup de cas par une révulsion intestinale énergique, aura ainsi préparé les voies, la digitale pourra encore produire quelque
31 i VENTOUSES SCAIUI-'IÉES. — SANGSL'ES
(ïlïet utile. Ce triple traitement a opéré quelquefois de véritables résurrections (Thierry).
Dans certains cas d'anrjtne de poih-ine, lorsque l'anxiété et la dyspnée sont considérables, la saignée, au dire de Peter et de Lasègue, a pu amener un soulagement immédiat et rapide. Le fait est important à polenir ; cependant il sera toujours préférable, a mon sens, de s'adresser d'abord aux médicaments dépresseurs de la tension cartérielle, au nilrite d'amylc de préférence ; de même la violence de l'accès sera presque toujours combattue heureusement par une injection sous-cutainée de chlorhydrate de morphine. , Suivant Peter, la saignée générale est le traitement qui s'impose avant tout, dans les troubles graves de congestion intense et de catarrhe suffocant, qui caractérisent les accidents f/ravido-cardwque-'< .
Ventouses scarifiées. — Sangsues.
En dehors des cas précités, la saignée générale mprésente pas d'indications particulières.
Lors donc qu'on aura à combattre des congestions viscérales isolées, sans retentissement grave sur l'état général, c'est aux saignées locales, aux sangsues, aux ventouses scarifiées qu'il faut s'adresser.
Les sangsues sont peu employées aujourd'hui ; la (liflicullé de s'en procurer de bonnes, la longueur de l'application, la difficulté de régler la spoliation san- | guine qu'elles produisent, enfin la répulsion qu'elles inspirent â certains malades, les ont fait remplacer le plus souvent par les ventouses scarifiées. Toutefois, si on les emploie, on se rappellera que les sangsues dites grosses moyennes pèsent i gr. ;25 elles petites 70 centigrammes : que les premières après être tombées accusent à la pesée 6 gr. 70, les se-
CABDIOI'ATIIIES INFANTILES .11'»
condes 4 gr. 70 (Dorvault). Enfin le sang, qui s'écoule de la plaie après la chule de la sangsue, peut être évalué à la même quantité, en moyenne, que celle, qu'elle a sucée.
Les ventouses scarifiées se recommandent par la rapidité et la propreté de leur application, ainsi que par la facilité qu'on a avec elles de régler la quantité de sang k évacuer. Il sera bon, avant l'application, de laver la peau au savon et au sublimé faible, et on entretiendra ensuite une grande propreté autour des incisions produites par les ventouses.
Traitement des maladies dn cœnr chez les enfants.
Chez les enfants, le pronostic des maladies du feœur est moins grave que chez l'adulte ; généralement la tolérance pour les lésions organiques esl plus grande, et souvent, par une hygiène sévère el un traitement rigoureusement suivi, on peut espérer sinon une rétrocession absolue, du moins une amélioration notable.
Quant aux détails du traitement, Jules Simon en a donné lin excellent tableau dans des leçons récentes (1893). Voici, d'après lui, comment il faudrait agir pour traiter une cardiopathie infantile :
1» Au début; contre la lésion ori/anigue, médication locale : petits vésicatoires ou pointes de feu sur la région précordiale, en les répétant toutes les semaines; de plus, en permanence, enveloppement du thorax par line couche d'ouate.
A V intérieur : contre les mouvements fébriles^ accidents fréquents, le salicylate de soude (un demigramme tous les cinq jours); contre {'arythmie^ l;i leinturede digitale (dose quotidienne : 10à20 gouttes