‹ Thérapeutique des maladies du cœur et de l'aorteChapitre 98 sur 112 · MÉDICATION INTERNE · texte numérisé non relu

MÉDICATION INTERNE

:!|»|n-écié pa.T Grisollo {Trait, de Path. int., t. II, I». ^207, 9' édii. 1869). « Ce IraiLement presque bar- Itai-e, dit-il, qu'il laut, continuer des mois et môme (les années, répugne au médecin comme au malade, cl rarement il est permis de l'employer jusqu'au l)Out. D'ailleurs, je ne pense pas qu'il ait jamais guéri |)ersonne, et souvent il a hâté la mort, aussi croyonsnous (ju'il est prudent de s'en abstenir. »

La !/I(i.ce (Goupil) en application locale, durant des semaines et môme des mois, n'a donné aucun résultat, elle paraît môme assez mal supportée par certains malades.

Médication interne. — Les médicaments employés ou plutôt proposés sont assez nombreux : Wtcétate de /)/oinb (Dupuylren, Laënnec, Bertin), h la dose de lo centigrammes à 1 gramme, puis l'alun, la grande «•ousoude mélangée h l'eau de Rabel et le sirop de coings (Pelletan). On leur prêtait une action coagulante du sang qui n'a pas été établie, aussi sont-ils maintenant abandonnés de tous. Les injections souscutanées d'en/otim (Langenbeck) sont .restées sans i i'sultat. On a proposé encore ]àdiffitale, dans le but (Iti ralentir les battements de la poche, et favoriser pai- cette action la coagulation du sang, mais on a l'ait remarquer avec raison que la digitale ainsi que l'ergot de seigle, proposé également, élèvent la tension artérielle. Or, sous Tintluence de la digitale, on augmente l'énergie de la force contractile du cœur et, en accroissant la tension artérielle, on favorise la i-ii[)ture de la poche anévrysmale. C'est donc une médication à réserver; cependant, si ou cherche k diminuer l'énergie des battements du cœur, on pourrait donner l'aconitinc ou la vératrine (Mohamed). Dans le traitement des anévrysmes de l'aorte, rindi(;ation

ANÉVUVSMBS DE l'aORTE

principale est, au contraire, de diminuer la tension artérielle. Dans ce but, Mohamed [Brit. Med. JouninL 1878) propose un régime peu azoté, des purgatiuns répétées, et des transpirations provoquées par li's bains d'air chaud, et même le jaborandi. Nous avons déjà dit que ces derniers moyens ne pouvaient êlrc employés qu'avec la plus grande réserve. Il propose encore le nitrite d'amyle et le chloroforme qui agiraient en relâchant la tunique musculaire des artères, diminueraient leur plénitude et par suite donneraient plus d'espace pour le sang qu'elles contiennent.

Mais de tous les médicaments prescrits dans le traitement des anévrvsmes de l'aorte, le seul (iiii jusqu'ici ait donné des résultats réels et durables est Viodure de potassium. Proposé d'abord par Bouilland dès 1859, il a été surtout mis en œuvre par Cluickerbutty, médecin à l'hôpital du collège de (Calcutta (1862), qui obtenait d'excellents [résultats en donnant 23 centigrammes d'iodure de polassinm, trois fois par jour, à ses malades. Plus tard, W. Balfour (1868 et 1872) a publié douze observations dans lesquelles l'iodure de potassium a fourni d'excellenis résultats, de même Byrom Bramwell (1878) a vu deux malades qui, avec ce traitement, avaient éprouvé, à deux reprises différentes, une amélioration notable. En France, Potain a obtenu par c»; moyen la guérison presque totale d'un anévrysnie de la crosse de l'aorte. C. Paul, Dujardin-Beaumelz et Bucquoy ont cité, chacun de leur côté, des faits probants, considérablement améliorés parla médicalion iodurée. La preuve thérapeutique est donc faite, mais comment agit l'iodure de potassium en pareil cas? La réponse est difficile à donner et on a fait à ce sujet de nombreuses hypothèses. D'abord, comme il eslincoii-

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leslable qu'un assez gvand nombre d'anévrysmes onl une origine syphilitique, on a prétendu expliquer ainsi le succès de l'iodure de potassium, mais cette origine spécifique ne peut s'appliquer à tous les cas. On a prétendu alors, avec Andersen et Balfour, que l'iodiu-e agit en diminuant la pression artérielle dans la poche anévrysmale ; on a dit encore que l'iodure agit comme dépresseur de la circulation générale en abaissant la tension ; ou bien invoquant une action louLe 'chimique de l'iodure, on a dit encore, avec Cluu'kerbutty et Grawitz, que cet agent produit la coagidation du sang dans la poche. Or, dans un cas de Hallbur, le malade ayant succombé à une afl'ection intercui'rente, on ne trouva pas le sac oblitéré par des caillots, mais une rétraction considérable de la poche artérielle. Depuis, d'autres faits ont appuyé (;elui-ci; il est donc probable que l'iodure de potassium ne possède aucune action coagulante, qu'il n'agit pas sur le contenu de la poche mais sur la paroi même de celle-ci; cette opinion est soutenue également par Polain. De môme, Dujardin-Beaumetz s'y rangerait volontiers, cependant il croit que l'iodure agit moins sur les anévrysmes avec poche véritable que sur les cas d'aortite avec dilatation du vaisseau.

Quoi qu'il en soit, les heureux effets de la médication iodurée, dans le traitement des anévrysmes de l'aorte, sont indiscutables. On donnera la préférence il l'iodure de sodium sur l'iodure de potassium pour l(;s raisons que nous avons données déjà. La dose quotidienne sera de 60 centigrammes à un i gramme sans qu'il soit nécessaire, en général, d'atteindre les doses massives de 5 à 6 grammes prescrites par quelques auteurs, comme Dreschfeld et d'autres. Ces

TH.MTKMK.NT Cil I ItUltdlCAL

(losos (''l(!V(''f's |)rov()(]iR'iil, des accitleiils f^aslro-inlcslinaux, soiil mal lolôj'éos f;l. ne prodiiisenl poiiil de résultais UiérapeiiUques meillours (Polaiii). Ce Irai- IcinenL sera couliniu'î i)eii(laiil longtemps; bien plus, la rélroeession de l'anévrysme m; doit point faire suspendre délinitivement la médication iodurée, car le malade i-este encore soumis à des altérations ultérieures (]ui pouri'aient être graves. Pendant eette longue période de traitement, il faudra surveiller les eflets du médicament, en observer la U)léranc('. cl remédier aux accidents d'iodisnic (jui pourraiciil se produire.

Si la digitale ne doit être (irescrite qu'avec la plus grande prudence, durant la période d'étal, il n'en csi plus de même dans les slades avancés de la maladie, lorsiiue se manifestent des signes d'astliéjiic cardio-vasculaire. A ce moment, la digitale trouve .'^on indication de la môme manière que dans les cardiopathies valvulaires en imminence d'asystolie.

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