INFLUENCE DES ALIMENTS
Les physiologistes savent qu'on peut faire sourdre la bile en déposant une goutte d'eau acidulée à l'embouchure du cholédoque, ou même en irritant à l'aide d'une sonde l'extrémité pylorique de l'estomac. Ainsi doit agir le bol alimentaire.
16 FONCTION BILIGKNIQUE
Kôlliker et Muller admettent que la sécrétion biliaire, débutant vers la 3" heure après le repas, ail son maximum entre la 4** et la 6** et diminue ensuite, de telle sorte que le minimum soit atteint entre la 18" et la 20« heure. Claude Bernard considère l'influence des aliments comme évidente au bout de 7 heures, Arnold et Voit au bout de 4 heures, Bidder et Schmidt après 13 ou 15 lieures seulement ; Prévost et Binet la supposent beaucoup plus rapide. Pisenti a vu, sur un chien fistule, la bile augmenter jusqu'à la 3* heure et même jusqu'à la 5* heure après le repas, pour baisser ensuite progressivement.
Capemana noté, chez un malade, le maximum de la sécrétion après le second déjeuner. La fistule d'une femme observée par Albu débitait son maximum à minuit, soil dix heures après le repas.
D'après Wolff, il y aurait une première augmentation 2 ou 4 heures après le repas, une seconde au bout de 8 ou 10 heures; d'après Heidenhain, la première période d'accroissement devrait être fixée entre la 3® et la 5® heure, la seconde entre la 13* et la 15® heure.
Dastre pense que la sécrétion biliaire est à peu près régulière et qu'il est bien difficile de l'accélérer ou de la ralentir ; elle ne varie jamais de plus d'un cinquième de sa valeur moyenne. Cet auteur indique deux maxima (9 heures du matin et 9 heures du soir) et deux minima (11 heures 1/2 du matin et 6 heures 1/2 du soir), correspondant aux heures des repas, mais pouvant se produire sans que les repas aient été consommés.
Baldi affirme, au contraire, que la sécrétion biliaire échappe à toute réglementation ; il y a des irrégularités pendant la période digestive ; le moment
i8 FONCTION mUGKMOLE
biluolle, il a constaté que Tingestionde i 00 grammes d'huile d'olive amenait, au bout de 30 à 35 minutes, uue augmentation du ilux biliaire qui devenait considérable au bout de 3 ou i heures. L*huile d'olive, dit-il, est le meilleur des cholalogues; en outre, la bile obtenue sous son intluence est plus fluide que la bile normale, elle contient donc une proportion d'eau relativement élevée.
Acceptées par Thomas, Barbera, V. Schulz, les conclusions de Hosenberg ont été attaquées par Stadelmann qui considère l'huile d'olive comme indifférente et peut-être même modératrice. Doyon et Dufourt reprochent à Rosenberg d'avoir expérimenté sur des animaux à jeun depuis 24 heures, c'est-à-dire bien préparés à subir l'influence d'un aliment, quel qu'il fût. Chezun chien pesants kilogr., ils ont donné jusqu'à 100 gr. d'huile d'olive, sans voir augmenter ni la bile ni la proportion des sels biliaires ; la graisse seule était légèrement accrue.
Chez une malade atteinte de fistule biliaire, Gilbert et Carnot ont vu les lavements d'extrait de foie augmenter l'écoulement de la bile au dehors. Les résultats olUenus par l'injection intra-veineuse d'extrait hépatique chez des animaux fistulisés n'ont pas été constamment positifs.
Wolff attribue une action biligénique au pain et au riz.
C'est l'alimentation mixte qui semble, en résumé, le mieux favoriser la biligénie.