‹ Thérapeutique des maladies du foieChapitre 22 sur 103 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Réactions physlolosiciue* du Tote, ^■*flia»rormateur de» matières crasses.

Lorsqu'on traite le foie par l'élher, on obtient un extrait élhéré qui contient 5 % de la masse hépatique, et cet extrait contient 40 à 90 % d'acides gras. Ceuxci représentent donc 3 % de la masse totale du foie. Les acides gras s'unissent partiellement au phosphore et à la choline, à l'état de lécithîne. La lécithine contient environ la moitié des acides gras ; elle représente 2,35 % du poids du foie. 1 n'y a que 0,039 % de cholestérine dans le parenchyme hépatique chez le lapin, 0,029 % chez le chat. L'extrait élhéré peut contenir du soufre, provenant de la jécorine (Noël Paton).

On voit, pendant la digestion, les gouttelettes graisseuses s'accumuler dans les cellules qui occupent la périphérie des lobules hépatiques; mais la graisse peut passer dans la bile et former une sorte de vernis protecteur sur les parois des canaux biliaires et de la vésicule (Virchow, Rosenberg).

Pendant la grossesse et lalactation la graisse s'accumule dans les cellules centrales du lobule, constituant ainsi une réserve qui fournira les matières grasses du lait.

Si les graisses émulsionnées, qui passent dans les chylifères, échappent au foie, les graisses neutres

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gras àpoinl de fusion élevée, de telle sorte qu*on peut se demander si les acides gras ne se forment pas aux dépens du glycogéne ^Norl Palon).

Le foie utilise et économise le phosphore organique, combiné aux acides gras, avant de le livrer aux composés nucléiniques (Noi»l Paton).

Au point de vue pathologique, on distingue rinfiltration graisseuse ei la dégénérescence graisseuse du foie. Dans la première, la graisse se déposant dans les cellules sous forme de grosses gouttes, chasserait Teau et les matières solides: dans la seconde, elle se présenterait sous Taspect d'une fine émulsion qui prendrait la place dfé matières solides. Dans la première, simple dépô de matière grasse ; dans la seconde, transformalioi du protoplasma.

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étaient dus à l'action intime des sels de fer sur il cellule hépatique.

La toxicité des sels de cuivre diminue de moitié, celle des sels de fer diminue des deux tiers lorsqu'on les injecte dans le veine porte au lieu de les injecter dans une veine périphérique (Bouchard, Roger).

L*hydrogène sulfuré est arrêté par le foie sain.O faut4 centimètres cubes de cette solution : eau SOO ce. monosulfure de sodium 1 gr., HCl 0,70 centigr., injectés sous la peau du lapin pour que l'air expiré noircisse le papier à l'acétate de plomb qu'on expose devant Toritice buccal. Si le foie est lésé par le phosphore (injection sous-cutanée d'huile phosphorée],il suffit d'une dose moitié moindre pour fournir le même résultat (Roger et Garnier).

Chantemesse provoque la dégénérescence graisseuse des organes en injecttant au cobaye de Thuile contenant un milligr. de phosphore. Que si la même quantité d^iuile a été mélangée intimement avec 50 centigp. de tissu hépatique de cobaye, et laissée en contact pendant 3 ou 4 heures, elle cessera de susciter la stéalose viscérale.

Les alcaloïdes végétaux sont presque toujours arrêtés par le foie. La chose a été mise en évidence par Heger (1873), Scliiff (1877), Jacques (1880), Roger (Thèse de Paris 1886).

• Trois méthodes conduisent à la démonstration.

1" méthode, — On empoisonne un animal et on recherche le poison dans les viscères et les tissus.

2® méthode, — On étudie comparativement la marche de l'intoxication chez un animal à qui on a extirpé le foie (batraciens) ou lié la veine porte (chien). L'hyoscyamine, par exemple, à la dose de 2 déci«

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lion stomacale, Cl. Bernard avait bien compris que Tatténuation ne devaitpas être attribuée au suc gastrique : lorsqu'on mélange le curare au suc gastrique et qu*on Tinjecte ensuite sous la peau/ilcoosem toute sa virulence, car alors il ne rencontre pas cet obstacle vivant qui est le foie.D*après Roger la dose de curare doit être triplée si Ton veut obtenir par rinjection dans la veine porte des effets comparables à ceux que donne Tinjection dans les veines périphériques.

Tandis que la toxicité de la digitaline n*est pas modifiée par le foie ; Roger), le chlorhydrate de cocaïne perd la moitié de la sienne lorsqu'on l'injecte dans le système porte (Gley). Une quantité énorme de cet alcaloïde (50 centigrammes) pent être ingérée sans dommage par la voie buccale chex l'homme, tandis que la même quantité, injectée sous la peau, produirait la mort ; seulement il faut fractionner les doses (Dujardin-Beaumetz). D*après Roger, le foie agit sur les solutions diluées et non sur les solutions concentrées ; de là certaines erreurs d'appréciation dans les expériences.

Faut-il admettre un simple arrêt, une: modification chimique des poisons ou leiir anéantissement par une antitoxine ? Lorsqu'on a trituré un morceau de foie de chien ou de lapin avec quatre gouttes de nicotine, l'extrait liquide est inoffensif; la trituration du poison avec le tissu d'un autre organe, le rein par exemple, ne contrarie pas l'effet toxique (Schiff). L'hyoscyamine ayant été mélangée au suc du foie perd la propriété de faire dilater la pupille ; elle conserve cette propriété si le mélange est pratiqué à l'aide du foie cuit ou d'une solution albumineuse quelconque (Verhoogen).

04 fo.n<:tion toxicidk

a Si Torganisme, dit Bouchard, fabrique des poisons et pourtant no s^empoisonne pas, c'est que le foie en arrête une partie et que le resle est éliminé. La sauvegarde réside dans un organe d^arrét et dans les émonctoires. »

Les toxines susceptibles de mettre à TépreuTe l'énergie destructrice du foie ne sont pas seuiemenl introduites par Taliinentation. Elles sont aussi fabriquées dans Torganisme vivant.

On leur reconnaît quatre sources.

Ce sont d'abord les ptomaïnes qui proviennent des substances animales ingérées.

Ensuite les produits de putréfaction qui prennent naissance à enté des peptones; ici interviennent les fermentations liées aux lésions gastrointestinales . Ces produits se modifient dans le parenchyme hépatique : l'indol, le scatol, le crésol, le phénol sont oxydés (indoxyle, scatoxyle, crésoxyle, etc.), puis s'unissent à l'acide sulfurique ; d'où Tindoxylsulfate, le scatoxylsulfate, le phénylsulfate, c'est-à-dire les sulfo-conjugués, corps peu toxiques, et qui s'éliminent partiellement dans Turine.

En troisième lieu, les poisons microbiens, tels qu'on les rencontre par exemple dans TintesUn des typhiques et que les sécrètent certaines bactéries pathogènes.

Enfin les produits de la vie cellulaire; Gautier a montré, en effet, que la cellule organique fabriquait des toxines au même titre que la cellule végétale et ces toxines trouvent dans l'intestin une voie d'élimination ; la bile entraine d'ailleurs au dehors une partie de ces toxines.

La bile elle-même, dont la toxicité est connue

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(Bouchard, de Bruîn), est partiellement reprise par le foie (Schiff).

D'après Tarchanoff, Vossius, Feltz et Ritter, la bilirubine injectée dans les veines est arrêtée par le foie et ne passe pas dans Farine.

Ainsi donc le foie n'est pas seulement le grand grenier d'abondance de l'organisme ; il est aussi la place forte principale avancée contre Tauto-intoxication. Il assure la vie de l'élément pendant toute son évolution, de l'entrée à la sortie, du commencement à]a£D (Hanoi).

Roger a démontré le rôle antiseptique ou toxicide du foie de deux manières.

Il a prouvé que le sang défibriné du chien était beaucoup plus toxique pour le lapin lorsqu'on l'empruntait à lafeine porte que lorsqu'on le puisait dans les veines sus-hépatiques, c'est-à-dire lorsqu'il avait subi l'épuration dans le foie. La toxicité dû premier serait trois fois plus grande que celle du second.

Il a comparé, d'autre part, comme il l'avait fait pour les poisons minéraux et les alcaloïdes végétaux, la toxicité des substances d'origine animale, suivant qu'elles étaient inlrodaites par la veine de l'oreille ou par la veine porte, chez le lapin ; et, pour la résistance de la grenouille, il a apprécié ramoindrissement produit par l'extirpation du foie.

Le tableau suivant résume les résultats principaux de Roger :

la toxine du tétanos (Camara Pestana). Sil'on injecte 2 centimètres cubes de cette toxine dans la veine jugulaire d'un chien de forte taille, l'animal meurt

en six jours; injectée dansla veine porte d'un chien du même poids, la même dose de toxine tétanique ne tue l'animal que le 12' jour {Teissier (1) et Guinard].

(1) J.Tetsscer admet cependant que certaines lozineBmlerobieii-

LES SYNERGIES FONCTIONNELLES 67

Très importante est la notion fournie par Roger de l'union intime qui existe entre Tintégrité de Taclivité glycogénique et celle de Ténergie destructrice des poisons. Un foie qui ne contient plus de glycogène cesse, par cela même, d'agir sur les substances toxiques qu'il doit arrêter ou transformer. Roger a démontré la chose chez les animaux soumis à l'inanition, chez ceux dont le glycogène avait été supprimé par la ligature du canal cholédoque ou la section des nerfs vagues au cou.

Donc pour apprécier, en clinique, l'intégrité de la fonction toxicide du foie, on se préoccupera tout d'abord de l'activité glycogénique : on recherchera la glycosurie expérimentale.

Viendra ensuite la recherche du coefficient toxique de Turine, telle que Ta instituée Bouchard.

Est-il possible d'augmenter Tactivité toxicide du foie ? On devrait pouvoir le faire en stimulant la fonction glycogénique à l'aide des procédés que j'ai indiqués et parmi lesquels plusieurs sont à la portée des médecins. Roger a démontré que la stimulation du foie par les injections d'éther dans la veine porte exaltait le rôle protecteur de l'organe.

D'Amato administre du sucre aux animaux pour

nés, introduites dans la veine porte, acquièrent dans le foie une virulence plus grande et déterminent des accidents plus rapidement mortels que si elles avaient été injectées, à dose égale, dans le système veineux périphérique. Il invoque les résultats d'expériences pratiquées à l'aide de la pneumobacilline. Courmont et Doyon, ayant injecté des toxines diphtéritiques dans la veine porte, virent l'animal succomber plus vite que s'il avait reçu l'injection dans la veine jugulaire. C'est pour les toxines à pouvoir diastasique intense que le foie jouerait le rôle d'organe de renforcement (J. Teissier, Congrès de Bordeaux, 189o).

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augmenter leglycogène hépatique :dès lors ils réi tent mieux à rinfection charbooneuse.

Je reviendrai sur les applications cliniques ett rapeutiques.

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