‹ Thérapeutique des maladies du foieChapitre 33 sur 103 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Xraiiemenl de l'état bilieux.

Lorsque Stoll décrivait, à Vienne, en 1777, la constitution médicale bilieuse^ il se préoccupait de VéM gastrique beaucoup plus que de Tictère qui, bien souvent, faisait défaut. La même constitution a été signalée à Paris en 1836 et de 1856 à 1860. Nous ne connaissons plus aujourd'hui lafièvre gastrique bilieuse^ ni Xb. fièvre bilieuse rémittente nostras^ et, lorsque nous sommes en présence d'un embarras gastrique bilieux^ nous cherchons toujours à le rattacher à une maladie générale, telle que la grippe ou la pneumonie. A la place du catarrhe qui jouait un si grand rôle dans Tancienne médecine nous voyons des toxines et des microbes.

Puisque nous avons renoncé aux conceptions pathogéniques de Stoll, il convient de réserver Tépithète bilieuse aux maladies caractérisées par l'ictère ou tout au moins par la surcharge bilieuse de l'urine.

Entre les fièvres bilieuses des pays chauds et les formes bilieuses qu'affectent les maladies de nos climats il n'y a pas de différence essentielle. Certains poisons, certains microbes s'adressent plus spécialement à l'appareil hépatique, mais ce n'est qu'une question de degré. Les principes sont analogues. L'infection biliaire peut dépendre d'agents pathogènes variés ; elle s'effectue toujours par le même

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puis tout rentre dans l'ordre. Rien k craindre si le mouvement fébrile du début sesl apaisé. S*il y a de la ûèvre, redouter l'évolution ultérieure d*une maladie infectieuse. Examiner toujours la gorge au point de vue des angines. Surveiller Turine.

Pour éviter le retour des accès bilieux, surveiller le régime, défendre les excès d'alcool, les excès d'iadiments et même les excès d'eau, chez les dyspeptiques de tout ordre. Les arthritiques, les goutteux devront prendre des précautions particulières contre la polycholie. On ne saura jamais trop, chez eux, favoriser la diurèse.

iiO L*1CTÈRIS CATARRUAi.

biliaires étant le résultat du catarrhe de rinlestiB propagé. Chauffard (1) a porté le premier coupàh doctrine ancienne en montrant le rôle Joué parles ptomaïnes, par les alcaloïdes intestinaux quoDEvait déjà accusés de faire naître l'ictère grave (SchaltieB et Hiess, Brieger): d'après lui, le catarrhe du cholédoque, résultait de la résorption de ces produits putrides. Kelsch alla plus loin en déclarant que rietère catarrhal (épidémique ou sporadique) était di1 à un agent infectieux développé ^» dehon et Corganisme : il ne constituait plus une autotoxémie, mais une maladie miasmatique comme la malaria et la lièvre typhoïde.

J^oison formé <lîins l'organisme, ou poison formé en dehors de l'organisme, peu importe ; FindicatioD thérapeutique est bien celle que je signalais tout à l'heure. Les toxines (existant dans l'intestin, il faut les détruire ou les expulser.

Donc antisepsie intestinaleet purgatifs. Le calomel est ici le médicament de choix : on peut commencer par l'administrer à la dose d'un gramme el renouveler au bout de deux ou trois jours si l'effet n'est pas suffisant. Les purgatifs salins sont recommandés par un grand nombre de médecins.

C'est d'abord à titre d'antiseptique intestinal que le lait doit être prescrit; on ne donnera pas d'autre aliment pendant les premiers jours. Le lait agira utilement aussi comme diurétique.

La pilocarpine, injectée sous la peau à la dose de 0.01 centigramme, serait presque, d'après Wilkowski, un spécifique de l'ictère.

Les cholagogues ont peu de chance de réussir tant

{\.) Revue de médecine, 1883,

LES LAVEMENTS FROIDS iii

que la décoloration absolue des matières révèle Tobstruclion complète du cholédoque. Dès que le bouchon muqueux semble disposé à céder, Tévonymin, la coloquinte (purgatifs cholagogues) méritent d'être employés.

Les alcalins, s'ils ne sont pas cholagogues, modifient avantageusement Tétat catarrhal du tube digestif et des voies biliaires.

En faveur des grandes injections d'eau chaude on invoquera les expériences de Rôhrig et de Peiper et les résultats cliniques de Mosler.

Les lavements froida ont été préconisés par Krull en 1877. Ce médecin faisait administrer aux ictériques, tous les jours, un grand lavement d'un à deux litres d'eau froide (13° Réaumur le premier jour, puis élévation progressive à 18°). Onze malades, chez qui rictère existait depuis un temps variant de cinq jours à 18 mois (?) et qui avaient pris sans bénéfice appréciable de l'eau de Carlsbad, furent rapidement améliorés. Les matières fécales reprirent leur coloration habituelle du second au quatrième jour et la guérison complète fut obtenue sans retard.

Hugo Lôwenthal a réuni, en 1886, quarante et un cas d'ictère dans lesquels quatre lavements, parfois deux (jamais plus de dix), avaient suffi pour ramener la bile dans l'intestin. A la même époque la méthode réussissait entre les mains d'p]. Kraus chez les enfants, et d'Eichhorst chez les adultes.

Chauffard (1) a publié à son tour sept observations favorables: une seule fois la désobstruction a été retardée jusqu'au huitième jour; chez les six autres ictériques la coloration des matières et la disparition

(l) Bévue (le jnédecine, 1887.

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de la biliverdiiie urinaire se sont manîTesU^es di deuxième au sixième jour. Aussi Chauffard Gxe-t-0 six jours comme durée moyenne de la cure, qoelk (]ue soit d'ailleurs la date du début de la maladie.Ses malades onl reçu deux lavements quotidîensdedeai litres au lieu d'un seul : ils les ont supportés sansse pl.'iindre, les conservant de cinq à dix minutes et éprouvant ensuite un réel sentiment de bien-être ;la (lésobstruction du cholédoque était accompagaée et suivie de polyurie et d'azoturie.

< )n comprend aisément que la restauration des mutations di^eslives et celle de Taclivité uropoiétique du foie soient suivies d*une ascension brusque de l'urée. Quand à la polyurie, elle s'explique d'abord par ce fait que l'urée constitue, d'après Bouchard, un diurétique physiologique; en outre, Teau froide introduite dans l'abdomen, vidant le système porte pour augmenter la tension artérielle, met en jeu la fonction rénale, et, d'après le même auteur, peut même, dans certains cas, triompher d*une anurie grave. Aussi Chaullard se croit-il autorisé à attribuer aux lavements froids la polyurie azolurique qui accompagne la guérison. Les lavements étant supprimés, dit-il, et l'équilibre de l'absorption intestinale étant rétabli, la polyurie et i'azoturie décroissent bientôt pour revenir au taux physiologique.

Quoi est le mode d'action des lavements froids? Krull admet que les ondes de la contraction intestinale périslaltique etantipéristaltique, qui ont provoqué la pénétration deTeau froide, se propagent jusqu'au duodénum . Chauffard pense que l'excitation de rintestîn détermine un spasme réflexe des voies biliaires et peut-être aussi une hypersécrétion de la bile. Gequile confirme dsms cette opinion, c'estPob

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