‹ Thérapeutique des maladies du foieChapitre 34 sur 103 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Xraitement, clem Ictëre* psendo-^pravea

et. g^ravea.

Ce que j*ai dit de Tictère catarrhal me dispense dlinsisler ici longuement. Même pathogénie, même processus ; mais poisons plus subtils et accumulalion plus grande des doses toxiques. Donc médication dirigée d'après les mêmes principes, mais avec une énergie i)lus soutenue.

Première chose à faire : balayer Tintestin à Taide d'un purgatif antiseptique, le calomel, et pratiquer une irrigation naphtolée à l'aide de l'entéroclyseur. Si les signes gastriques prédominent, un vomitif sera administré.

Ensui te on an tiseptisera Tin testin et Tappareil hépatique en administrant le salol à la dose de 6 grammes par jour, l'acide salicylique mis en liberté par la décomposition de ce médicament devant passer dans les voies biliaires. Prescrire le régime lacté; ce régime est spécialement indiqué ici, car Turine contient de l'albumine. Autoriser les malades à boire abondamment, avec le lait, des eaux alcalines pour augmenter le flux urinaire.

Arnozan recommande les injections sous-cutanées d'acide phénique, à la dose dun centigramme, pratiquées sur divers points.

S'il y eijièvre, c'est-à-dire dans la majorité des cas,

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coïncident avec ThN-perlhermie, elles ne conlre-indiquent pas la balnéalion froide. On les combattra à l*aide des boissons acidulées, de la limoDade citrique, de la limonade tartrique, de l'eau de Rabel, de Tacide gallique, de l'ergoline (i à 4 grammes en 24 heures). du perchlorure de fer à Tintérieur. Le sulfate de quinine est employé comme tonique vasculaire.

Lorsque l'infection a fait son œuvre, lorsque l'atro phie parenchymateuse est complète, lorsqu'à l'insuf ilsance hépatique s'est ajoutée rinsuffisance rénale le mal devient irrémédiable.

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cause de robstruclion. S'il ne réussit pas à lever Tobslacle el à réaliser la cure, il organisera aossi complèleoienlque possible le traitement palliatif.

La suppression durable du flux biliaire a pour conséquences :

i" L'élaboration vicieuse des graisses et lastéatorrhée. On sait que, grâce à la soude qui alcalinisele bol alimentaire dans Tinlestin, la bile émulsionne les graisses, les rend plus absorbables et facilite leur passage dans leschylifères. Le suc pancréatique jouit des mêmes propriétés à ce point de vue. Il serait même, d'après van Noorden, Tagent presque exclusif de la cliylification. S'il ne parvient pas à suppléer à la suppression du flux biliaire ou si le canal de Wirsung est lui-même oblitéré, la graisse se mêle aux matières fécales au lieu d'être utilisée dans l'organisme;

2^ La diminution des phénomènes de transformation de l'amidon en sucre (cette transformation est accomplie surtout par le suc pancréatique) ;

3^ L'absence de neutralisation du bol alimentaire qui arrive dans le duodénum avec une réaction acide. L'action de la bile alcaline sur le nutriment peptonique acide a pour résultat de rendre ce nutriment assimilable; la neutralisation aurait encore pour effet de permettre l'action prolongée de la salive. Ces phénomènes sont contestés par plusieurs physiolo* gistes, d'après lesquels la bile n'arrive dans le duodénum qu'à un moment où le bol alimentaire est déjà partiellement absorbé ou acheminé dans l'iléon, peut-être même dans le côlon (Blondlot). D'après F. Moller, la bile est inutile à l'absorption des matières amylacées ; elle peut être utile à celle des albuminoïdes ;

J20 LES ICTÈRES CBRONIQDES

bile est sans action sur le développement du bacilk typhiquc, du pneumo-baci.U^ de Friedlânder etdn staphyloeoccus aureus ; qu*elle est fertilisante pour le bacille de la morve; la bactéridie du charbon se développe dans la bile, mais meurt au bout de 24à 48 heures.

La bile constitue un milieu de culture pour le colibacille (Michailowitch), pour les espèces microbiennes connues (Lélienne).

Cependant Lindberger fait remarquer que, non antiseptique dans un milieu alcalin ou neutre, la bile devient antiseptique dans un milieu légèremeot acide.

Bufalini, Macfayden, van Noorden considèrent comme antiseptiques les acides biliaires. Charria et Roger attribuent les mêmes qualités aux sels biliaires, spécialement au taurocholate ; la bilirubine n'a qu'une action faible. Pour Maly et Emich Tacide glycocholique est inactif, mais Tacide taurocholique est manifestement antifermentescible : à la dose de 5 p. 1.000 il empêche la putréfaction, à la dose de 2 p. 1.000 la fermentation alcoolique, à la dose de 2,5 p. 1.000 la fermentation lactique.

D'après Michailowitch, en ajoutant au bouillon de veau peptoniséune solution de glycocholate de soude provenant du bœuf à 5 % , on ralentit le développement du vibrion cholérique et du bacille du choléra des poules, on arrête le développement du bacille typhique et du pneumocoque de Talamon-Frsenkel ; mêmes résultats avec la solution de taurocholate de soude à2 % ;pas d'action du glycocholate et du taurocholate sur le colibacille.

Hanot suppose que la bile privée de ses pigments ou d'une partie de ses acides favorisera^ plus que la

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tion biligénique et non Texalter. Si donc- on voulait prescrire le fiel de bœuf, il faudrait Irouver un moyen d'en relarder Tabsorption ; peut-être arriverait-on au but en recouvrant les pilules d*un enduit tardivement décomposé, le salol : on formulerait des pilules saloUsées,

Sur des cliiens fistules Munk a démontré que les graisses à fusion rapide, comme le saindoux, s'absorbaient plus facilement que les graisses à point de fusion élevé, comme la graisse de mouton ; les acides gras s'assimileraient mieux que les graisses neutres.

L'amaigrissement, la dénutrition des ictériques nécessitent remploi des stimulants et des toniques: amers, gentiane, noix vomique, quinquina, kola, coca, préparations martiales. On ajoutera l'hydrothérapie.

Bien que la doctrine de l'insuffisance hépatique ail généralement remplacé celle de la cholémîe, il faut songer à l'intoxication chronique par les sels biliaires et les pigments résorbés. Cette intoxication a paru négligeable à Bouisson, Frerichs, Bamberger, Vulpian, qui injectaient delà bile dans les veines des animaux sans constater d'accident. Au contraire, Bouchard, se servant de bile de bœuf diluée au tiers, reconnut qu'il suffisait d'injecter dans les veines d'un lapin 4 à 6 centimètres cubes par kilogramme pour tuerTanimal. Labileest donc, d'après Bouchard, neuf fois plus toxique que l'urine. Décolorée par le charbon animal, elle perd les deux tiers de sa toxicité. C'est le glycochoiate de soude qui constitue le poison le plus dangereux ; le taurocholate est un peu moins nuisible ; la bilirubine resiérait bien loin en arrière (Bouchard et Taprel).

LES DIURÉTIQUES, LE SALOL 123

Pour favoriser Télimination de ces poisons, il faut exciter la diaphorèse et la diurèse. La dépuralion urinaire pourra être stimulée à Taide du lait et des diurétiques jusqu'à l'heure où la bile aura fait dégénérer les éléments anatomiques du rein. Les inhalations d'oxygène serviront à purifier les globules du sang.

Enfin, la stagnation de la bile étant propice à la culture des microbes dans les voies biliaires (expériences de Netter, Dupré, Létienne, Ehrett et Stolz), il ne faut pas s'étonner si les symptômes de l'ictère infectieux s'ajoutent à ceux de l'ictère chronique, Alors il faudra s'efforcer d'antiseptiser l'apparei' biliaire à l'aide da salol. Le salicylate de soude, élan' trop franchement cholagogue, sera repoussé.

J'étudierai plus loin les indications spéciales à la cholélithiase. C'est contre l'ictère chronique des calculeux que les cures hydro-minérales pourron être dirigées.

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